‹ Port-RoyalChapitre 57 sur 94 · Voir au tome I , p. 187 et 205, livre 1, chap. VIU · texte numérisé non relu

Voir au tome I , p. 187 et 205, livre 1, chap. VIU

2. « Le Père Des Mares ayant prêché le jour de la Purification « (2 février 1648) à Saint-Herry que Notre-Seigneur ayoit donné n un nouyeau commandement à ses disciples de s'aimer l'un l'autre, « il dit : « Voilà quelque chose de nouveau que ce commandement; « tnaàs si ce sont là les nouveautés qu'on m'accuse de prêcher.

avec un archevêque et surtout uu Coadjuteur ami, en face d'un pouvoir royal affaibli et divisé, avant la condamnation de Jansénius à Rome, après la non-condamnation, c'est-à-dire le procès gagné du livre de la Fréquente Communion , Port-Royal , regorgeant de sœurs et flanqué de ses solitaires, se trouvait en assez bon état, même au temporel, en meilleur qu'il ne s'était jamais vu* .

Chemin faisant pourtant, il y avait des pertes ; je ne les enregistre pas toutes. M. de Séricourt mourut le 4 octobre 1650, n'ayant pas quarante ans; sa sainte mère, madame Le Maître (sœur Sainte -Catherine de Saint- Jean), le suivait de près (22 janvier 1651).

La seconde guerre de Paris , plus menaçante que la première, ne permit pas aux religieuses de rester aux Champs ; elles durent rentrer au monastère de la ville en avnl 1652. Cette maison ouvrit en même temps son hospitalité charitable aux religieuses de tout Ordre qui

« vous en entendrez bien d'autres ce carême. » On fut dire à la c Reine-mère qui étoit déjà indisposée contre lui, que le Père Des c Mares avoit dit qu'il prêcheroit bien des nouveautés ce carême. < Elle envoya aussitôt un exempt à Saint-Gloud, où il s'étoit retiré, «c pour travailler à ses prédications, dans la maison de M. le pré- « sident Le Goigneux^ avec ordre de le conduire à Quimper-Corentio. « Le Père Des Mares, en ayant eu avis, se sauva, et puis demeura K à Paris en silence cbez M. de Liancourt : car tout ce que ses en» « vieux demandoient étoit qu'il ne prêchât pas, parce qu'il les effaçoit tous. Du reste on n'a jamais pu rien rapporter de lui qui ne fût très-bien dit ; et M. Floriot avoit coutume de remarquer « à ce sujet qu'il en disoit plus que le Père Des Mares, mais parce (C qu'il ne le disoit pas si bien, on le laissoit prêcher et on fermoit « la bouche à ce grand prédicateur. » {Mémoires de M. Feydeau.) 1. En mai 1651 , par exemple , la totalité de ce petit monde dans les deux maisons, tant dehors que dedans, se montait à deux cent vingt-huit personnes, y compris les pensionnaires et les ermites ; et ce nombre augmentait chaque jour. — Le 22 novembre 1653, la mère Agnès écrivait, au retour d'un voyage à la maison des Champs : « Nous avons laissé soixante-quinze personnes, et nous en avons retrouvé ici (à Paris) plus de cent quinze. » En tout, plus de cent quatre-vingt-dix, tant religieuses que novices.

affluaient k cette époque dans les murs de Paris ; il en passa en peu de mois plus de quatre cents. Elles étaient reçues en sœurs, et les préventions, que beaucoup nourrissaient contre les filles de Saint-Cyran, tombèrent : quelques-unes même voulurent rester *. Port-Royal fleurissait ainsi et fructifiait au^in de l'affreuse misère de ces temps. Quant à ce qui se passa aux Champs après la sortie des religieuses, on en a des récits très- variés chez Fontaine et ailleurs. M. le duc de Luines, qui venait de se lier étroitement avec Port- Royal, et qui faisait b&tir pour lui le château de Vaumurier à cent pas de Tabbaye, s'occupait, dès 1651, ainsi que M. de Bagnols, de procurer de meilleurs logements aux sœurs; leur départ y servit. Tout un double étage du cloître s'éleva. Quand la guerre courut le pays, qu'on apprit que Pomponne avait été pillé, et que les Lorrains menaçaient, on se mit à fortifier k la hâte les murailles, et on. les flanqua de petites tours comme pour un siège. Ce furent, durant cette année, une maçonnerie et un maniement d'armes continuels. On avait beau y appliquer des versets de FËcriture, la truelle d'wne main et Vèpée de C autre*: M. de Saci, qui était déjà préposé à la direction par M. Singlin, gémissait tout bas de ces dérangements, et cpielquefois il en réprimandait assez haut. Tous les fusiliers qu'on levait parmi ces Messieurs ou chez les paysans n'étaient pas également adroits, et, un jour, M. de Luines faillit être atteint par nin coup de fusil d'un de ces apprentis tirailleurs. Et puis tous n'étaient pas novices, et cela devenait un autre danger. On posa

1. « Nous avons gagné à la guerre douze Bénédictines, qui ont toutes bonne volonté de bien servir Dieu. > (Lettre de la mère Angélique à M. Le Maître.) Le revenu ordinaire du monastère, pour tant de dépenses, n'était alors que de dix mille livres de rente ; mais il y avait les bienfaiteurs.

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