‹ Port-RoyalChapitre 59 sur 94 · Saint Matthieu, ch. VI · texte numérisé non relu

Saint Matthieu, ch. VI

a. Ecciésiastique, chap. XXXYIII, 17 et 18.

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traduites, et les prit à la lettre plus que dans leur yra> sens, j'aime à le croire; il se consola, mais d*une consolation selon le monde. H y rentra, se remaria en 1661, moyennant dispenses, avec mademoiselle Anne^ de Rohan, fille de M. de Montbazon, et par conséquent sa propre tante ^, et de plus sa filleule : ce qui parut cumuler toutes les chutes. Cette tante n'était qu'une enfant auprès de lui, mais, à ce qu'on nous dit, bien belle. A la mort de celle-ci (1684) et dès Tannée suivante, il se maria une troisième fois ; il aimait chacune de se& femmes, vir uxoriuSy mais surtout il aimait le mariage» Les historiens de Port-Royal, après avoir justement dénombré les bienfaits du duc de Luines, les généreuses libéralités de ce Joseph (tArimathie^ courent vite sur cette fin et la dissimulent de leur mieux. Il mourut en 1690, et demeura de loin en fort bons termes d'ailleurs avec Port-Royal '. Ses filles du premier lit y avaient été postulantes et y auraient pris le voile, si on l'avait permis : ses filles du second lit y furent placées comme

1. Ou à peu près^ madame de Chevreuse, mère de H. de Luines^ étant fille également de M. de Montbazon^ mais d'un lit précédent, et ainsi demi-sœur de sa nouvelle belle -fiUe. — On lit dans les Mémoirei de Fontaine (au tome II, p. 246-251) toute une conversation de madame de Longueville et de M. Singlin sur ce mariage qui les affligeait; M. Singlin en parle à cœur ouvert.

2. Un mot d'AmauId, dans une de ses Lettres, donne bien la mesure du genre de services que Port-Royal continuait d'attendre de M. de Luines, et aussi de la réserve prudente qu'il s'imposait quelquefois. Il s'agissait d'un dessein qu'on prêtait alors à M. Colbert, qui était de donner aux deux maisons de Port-Royal réunies sa sœur, abbesse du Lys, pour supérieure : « J'ai pensé, écrivait Amauid à la mère Angélique de Saint-Jean (23 avril 1680), si on ne pourroit point engager M. de Luines à le détourner de cette entreprise. Est-ce que les gens qui font profession de piété ne reconnottront jamais l'obligation qu'ils ont, et que l'Écriture leur marque en tant d'endroits, de travailler autant qu'ils peuvent à empêcher que les innocents ne soient opprimés? » Ârnauld ne se le faisait pas dire deux fois pour taxer les gens de tiédeur et de mollesse.

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pensionnaires, et s'en montrèrent filialement reconnaissantes. Une circonstance singulière et à noter se rattache encore à ce château de Yaumurier, depuis qu'il l'eut laissé à l'abbaye. Bien des années après le moment où nous sommes, M. le Dauphin, un jour qu'il chassait aux environs, s'aperçut de ce château qui n'était d'aucun usage, et il résolut d'en faire la demajide au roi ; son dessein était d'y mettre une personne qu'il aimait^. La mère Angélique de Saint-Jean, alors abbesse, fut avertie, et elle prit sur elle d'envoyer à l'instant des ouvriers au château pour le ruiner de fond en comble. Le roi le sut et l'en loua.

Une remarque générale a pu se faire à travers tout ceci, c'est que nous avons passé l'une et l'autre Fronde au sein de l'un et l'autre Port-Royal, sans saisir encore ime trace d'intrigue, sans même trouver jour pour l'y placer. Petitot a voulu signaler le duc de Luines comme l'un des chefs et des intermédiaires. Gela est faux. Le duc de Luines ne tenait en rien de sa mère, il avait furieusement dégénéré^ dit Tailemant; c'eût été un mauvais meneur; et puis, durant cette année 1652, la douleur de son veuvage l'accablait, et les soins d'ime activité pieuse étaient seuls capables de l'en distraire. Il ne figure au plus que dans la première Fronde, et avant son étroite liaison avec Port-Royal. Politiquement, nos amis restent jusqu'ici tout à fait à part et en dehors ; car ils ne pouvaient communiquer avec Retz que par MM. de Bernières, de Bagnols ou de Luines, et il n'y parait pas. C'est après coup, et par la persécution, que ce genre de zèle leur vint; Gui Joly leur a rendu cette justice sous forme de reproche^ lorsqu'il parle du voyage de M. de Saint-Gilles à Rotterdam, et des offres

1. Non pas la Chouin, les dates s*y opposent, mais peut-être une madame d'Ëspagoy^ femme de chambre de la Daupbine.

de « ces Messieurs, qui, n'ayant rien dit dans h temps, ne se mettoient alors en mouvement que pour leurs intérêts particuliers^. » La plus grosse velléité factieuse de nos solitaires à cette époque, c'a encore été avec DescarteSy à Yaumurier.

Mais la sœur de Pascal est déjà entrée au monastère. Je me hâte vers M. de Saci, qui devient le personnage indispensable, celui qui tient les clefs dans le gouvernement de Port-Roy d pour toute une longue période. SquI, il peut nous conduire par la main à Pascal, en nous imposant patience, conmie il convient, avant d'atteindre à ces Provinciales où nous aspirons : Italiam! Itaiiam!

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