Isaîe, LXYI
gracieuse image : «... Quand le plus sage homme du monde auroit entrepris l'instruction d'un enfant que Ton voudroit élever pour Dieu, il n'y réussiroit pas, si Dieu même ne préparoit auparavant le fond de son cœur. Les peintres choisissent le fond pour faire leurs plus belles peintures et le préparent auparavant : c'est à Dieu, et non à nous, de former le fond des âmes et de faire cette première préparation '. > Mais, cela étant, il ne croyait pas permis de sonder le mystère de Dieu sur les âmes, et il travaillait comme si tout restait à faire, sachant bien (pie ce qui nous est demandé, ce n'est paa le succès, mais le travail même*. £t il disait ainsi à M. Le Maître en achevant :
ff II faut toujours prier pour les âmes des enfants, et tou- « jours veiller, faisant garde comme en une ville de guerre. • Le Diable fait la ronde par dehors ; il attaque de bonne f heure les baptisés ; il vient reconnoltre la place : si le « Saint-Esprit ne la remplit, il la remplira. 11 attaque les « enfants, et ils ne le combattent pas : il faut le combattre « pour eux. Une ivraie, jetée d'abord lorsqu'on s*endort, lui € suffit. Il ne cherche que de petites ouvertures dans les € âmes tendres, rimulas^ dit saint Grégoire. » •
L'entretien était à sa fin ; M. de Saint-Cyran demanda qu'on fit venir M. de Séricourt, qui n'avait point paru encore. Tandis que M. Le Maître et ces Messieurs l'accompagnaient au départ jusqu'au carrosse,