‹ Port-RoyalChapitre 91 sur 94 · M. Aoisson était à la tête de l'imprimerie Royale · texte numérisé non relu

M. Aoisson était à la tête de l'imprimerie Royale

U l'accorda aoz instances réitérées qu'on lui en fit. » Le jésuite, qui na se seroit pas attendu à cela, en fut fort surpris, et pas moins mortifié. On a su ce lait d*original. •

Je ne suis nullement disposé à nier qu'il ne paraisse quelque dureté en tout ce procédé, et que les Jansénistes ne se réjouissent un peu trop visiblement d'avoir un archevêque qu'ils croient i eux et qui foit sentir son autorité aux adversaires. Cela se volt encore dans une lettre du 3 septembre 1699 :

• Voici une chose fort plaisante. Il y a un Père de TOratoire, né Turc, qu*on nomme le Père de Byzance. Il est habile. Il a traduit rAlcoran en françols et l'a réfuté par un commentaire si excellent que notre archevêque le presse de pubUer cet onvrage, pendant quil remet les Jésuites comme aux calendes grecques pour la secoude partie de la version du Nouveau- Testament du Père Bouhours, un grand vicaire de Paris lui ayant dit à luimême que le prélat regrettoit assez d'avoir été si facile à lui donner sa permission pour les quatre Évangélistes. De sorte qu'un homme de la Ck>ur, qui savoit tout ce détail, dit ces jours passés & Monseigneur (le fils du Roi) qui lui demandoit des nouvelles & son retour de Paris : « Vraiment, Monseigneur, U y en a une fort singulière : c'est que notre archevêque aime mieux l'Alcoran des Pères de l'Oratoire, que l'Évangile des Jésuites. »

C'est assez spirituel; mais^ encore une fois^ je ne puis caclier qu'il y a en tout ceci quelque venin. Tous les partis en ont. Malheur aux triomphants 1 Car ils ont les occasions de nuire, et ils en osent.

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