PRINCIPALES DI\'ISIONS DE LA TERRE
Après avoir considéré le globe terrestre dans ses rapports généraux avec les corps 'célestes, il nous reste à examiner les grands traits qui distinguent les diverses parties de sa surface, et à définir les termes qui composent la nomenclature géographique.
Çiikcr.qiie a jeté les yc-iix sur un gh be lij-réscr.ini;! celui de la ferre, eu sur une mappemonde, ne peut aMir \u, sacs ctor.nement, que les (tires occupent be;:ucoiip moins d'espace que les eaux, en sorte qu'on peut assurer, sans crainte de se tromper, que le quart seulement de la sui-face du globe terrestre est réservé au séjour de l'homme, tandis que les trois autres quarts sont le domaine des cétacées, des poissons, des mollusques ''") et des zoophyles '''■•■) ; disposition singulière, et dont notre faible intelligence ne pourra jamais saisir la raison, pour l'accorder avec les vues du souverain ordonnateur de tout.
Comme le globe terrestre est composé de tehre et d'f.AU , on l'appelle autrement le CLOiîE TERRAQUÉ; conséquemmeiil à celte composition, la géographie, pour nous le faire connaître, le divise d'abord en terre et en eal.
La terre forme les mondes, les continents et les îles. Les grandes pazties de terre environnées d'eau de toutes parts, sont les continents; les parties moins considér-ablts sont les ÎLES.
L'ensemble des continents et des iles peut se partager en trois monpes, qui se suL» divisent en huit parties.
L'ancien jionde s'étend dans THEMisi'HiiRE oriental du Sud-Ouest au Nord-Est, et comprend deux continents, I'afriijie et I'asie avec I'ecroie, qui, sous le rappoit naturel, n'est qu'une prolongation de l'Asie, mais qui, cependant, ainsi que l'Asie et l'Afrique, forme une partie distincte dans l'ancien monde.
Le NOUVEAU monc'e, qui, dans l'HÉiMisPHÈRE occidental, s'allonge du Nord au Sud, est formé pareillement par deux continents, I'amérkjue septentrionale et l'A.iiÉnK.JtE ^rÉRi- BiONALE, qui sont deux parties de la terre aussi distinctes et même mieux séparées que l'Asie et l'Afrique.
Au Sud-Ouest de l'Asie, et dans I'hémisphère austral, se présente une terre presque aussi grande que l'Europe, j^u'on nomme notasie otj kotj\ elle-hollande, qui est entourée de plusieurs iles, surpassant en étendue les plus grandes iles du globe. Dans l'intervalle de ces grandes îles se trûu\e une qiiantilé immense de petites iles, sommets de montagnes sous-marines *'""") qui forment une suite de petits archipels ou groupes d'îles, et s'étendent vers l'Est, jusq-ue dans le voisinage du nouveau monde.
On nomme monde mariïi.me cette grande division du globe, qui ressemble à un vaste coiilineiit submergé, et dont la découverte est encore plus récente que celle du nou-
) Ai;iiiiaus invcrlcbrés, que les naluia'.istcs paiT;igcnt eu liei.x scclioiu; les MOLLVsçfis cÉfH.uis sus; tels soiii le calmar, le poulpe^ la limace hrune etc., et les ciphalés coKCHvniiBEs, appelles testacis, par ce qu Us sout t'ouverts d'uue enveloppe osseuse, uoiDnice test ou coquille,
"**) Âuiuiaux piaules, les polypes etc.
*"J II faut se rcpréscutcr le fi.nd de l'Océan cnninie partagé par une foule de monlagues, qui le fout crrespoudre eutièrcmcnt avec les divers coiitiuenls, qu'au premier coup-d'ail il semblait diviser. D'ordiraire le sommet de ces montagues s'élève au-dessus des mers, <t telle est l'origine des ilos. Les moiilapnes encore cachées daiLs le sein des ilôts, forjuent les lianes et les écucils, qui rendent tant de parages inv ccisiijlcs aux na. igateurs.
veau monde. Le monde maritime se compose de frois parties distinctes: I'adstralie, qui comprend la notasie ou kouvelle-hollande, et les grandes terres on îles adstraliennes qui l'entourent à l'&t ; le grand archipel de notasie ou les nombreuses îles situées au Sud de TAsie ; et enfin les petits Archipels épars sur le grand océan, qu'on désigne par le nom collectif de Polynésie. On réunit aussi TArchipel d'Asie, l'Australie et la Polynésie, sous la dénomination générale d'ocF-ANi'ouE.
Dans les divisions indiquées ci-dessus, se trouvent compris tous les continents et presque toutes les iles de la terre. Les îles ou les Archipels qui sont prés des continents, en sont justement considérés comme des dépendances: c'est ainsi que les îles britanniques appartiennent à I'europe,' celles du japon à I'asie. celles des Antilles à l'AMitRiocE, Madagascar à l' AFRIQUE; mais il est quelques autres îles ou Archipels qui sont isolés sur le vaste Océan, et qui doivent être considérées comme des parcelles de la terre, distinctes des huit grandes PARTIES que nous y avons remarquées. La description de ces petites portions de terre, nommées péiagiennes par Mr. ^^'alckena•r . appartient à celle des mers qui les renferment, et dont elles ne sont en quelque sorte que des accideus.
Comme ces trois mondes se rétrécissent vers le Midi et s'élargissent vers le Nord, il en résulte que I'hémisphère septentrional renferme la plus grande masse de terres, et pourrait être appelle aussi I'hémisphère terrestre. L'hémisphère austral, qui, dans sa plus grande partie, est recouvert par les eaux de l'Océan, pourrait, à juste titre, être nommé hémisphère maritime.
Les continents et les îles offrent un assemblage d'élévations et d'enfoncemens, qui se combinent d'une inlinité de manières différentes. Les plus grandes élévations ou les chaînes DE MONTAGNES donnent naissance aux plus grands flel\'e?, qui coulent dans les mers et forment des cavités ou des bassins, dont les fleuves marquent le fond. De chaque cote de ces imjienses cours d'eau s'élève à une distance plus ou moins grande, d'autres hauteurs, qui sont sillonnées elles-mêmes par des bassins secondaires, où coulent les rivières qui se versent dans les* fleuves, et ces bassins secondaires sont subdivisés eux-mêmes parles bassins tertiaires des ruisseaux et des torbens qui afîluent dans les rivières; enfin chacun de ces écartemens des montagnes et des collines forment des vall'jes, dont la réunion coucourt à composer un bassin. Quelquefois un grand nombre de ces bassins, qui s'élèvent graduellement, sont surmontés par de grands espaces ou des contrées entières, qui prennent le nom de plateaux: <!j leurs flancs s'étendent des montagnes dans toutes les directions. Les plateaux sont, en quelque sorle, les tromvs, dont les chaînes de montagnes sont les branches. Le plus vaste et le plus célèbre de tous les plateaux, est. le grand plateau du TIBET, au Centre de l'Asie; des monts qui le forment, découlent les grands fleuves de la Chine, de l'Inde et de la Tartarie. La chaîne de montagnes la plus élevée du globe est celle de quito*) dans les Cordilliéres de I'amérique méridionale; elle donne naissance à Famazone ou mar\nnon, ie fleuve le plus considérable de tout le globe. Notre Europe s'enorgueillit de ses alpes et de ses pyrénées; les Alpes donnent naissance au danibe, au RHÔNE et nu rhin; les Pyrénées à l'EB.-iE et à la Garonne.' Ces points de vue généraux
*) Tovez la planche représentant les pi'incipalcs hauteurs du gIoi>e.
ne sont point fies règles invariables, que la nature s'esl prescrite. Le ^iolra. le pius grand fleuve de I'europe, a sa source dans de légères collines, sur nu plateau peu élevé,. et d'où cependant coulent plusieurs autres fleuves considérables: tels que le don, le dnieper, la DTriNA et la huna. Le fleuve du paii.\guav, dans l'AMÉRiQnE méridionale, sort des marais de XARAvÈs. En asie, I'oby et le jenissei traversent rimmense chaîne alvaïque, qui ne forme pas les limites de leurs bassins. En Afrique, le ml coule jusque dans la mer dans un bassin formé par une étroite vallée, bordée de chaque côté par des déserts stériles.
On distingue dans une montagne ou mont, sa base, ou le pied qui est l'endroit où elle commence ù se sép:ircr de la plaine; le flanc, qui forme la pente, et est au-dessus de la BASE; la CROUPE, qui surmonte le flanc; le sommf.t, qui repose sur la croipe; la cime, qui couronne le sommet, et le point culminant, qui est l'extrémité de la cime.
Les montagnes, au lieu de s'élever de la base au sommet par une pente insensible, sont souvent taillées en gradins réguliers, qui se nomment assises. Quand le sommet d'une montagne est conique ou pointu, on le nomme pic,, ou ptton,, ou puy; et un mont se trouve souvent désigné par la forme de son sommet; c'est ainsi qu'on dit le pic de tércniffe et le pur de dôme. Un sommet prismatique ou anguleux, prend le nom d'AicuitiE , de dent ou de CORNE; s'il est détaché, on le nomme rrèchk. Un sommet arrondi, comme la plupart de ceux de la chaîne des vosges, s'appelle ballon ''). Si le sommet est aplati, on le nomme table ou PLATEAU. Une suite de sommets aigus ou de pentes rapides, prend le nom de crête ou d'ARÈTE; cette crête est souvent dentelée ou en scie, comme sierr.\-moréna en Espagne. Les montagnes sont ou isolées ou assemblées en chaînes ; plusieurs chaînes se réunissent en noîlds. Quand une chaîne se divise, elle forme des emkranchemens , où elle jette des rajieaux; quand ceux-ci sont courts , et que leur direction est à peu près perpendiculaire à celle de la chaîne, ils se nomment contreforts. Lorsque l'arètc (iui unit les sommets des chaînes de montagnes, s'abaisse en devenant conca^ e, elle forme alors des passages ou défiles, qui se nomment COLS, PORTS, portes OU PVLES. Les montagnes, soit isolées, soit en chaînes, ont le plus souvent leur pente la plus roide du cité de l'Ouest, quand leur direction est du Sud au Nord; et quand elles s'étendent del'Est à l'Ouest, leur pente la plus roide est fréquemment du côté du Midi.
Les montagnes sont aussi classées d'après l'époque présumée de leur formation, ou d'après la nature des terrains dont elles sont formées. Les plus hautes sont ordinairement primaires ou GRANITIQUES; les plus élcvécs après elles sont calcaires ou secondaires; les montagnes tertiaires sont plus basses encore ; les petites élévations du sol se nomment collines, et mamelons lorsqu'elles sont arrondies et isolées. On rencontre assez souvent dans les montagnes des excavations naturelles, qui se nomment grottes, cavet.nf.s, lartrinthes, souterraijjs, souvent ornés par des pilastres d'albâtre, qu'a construits la main lente des siècles et dont les parois façonnées par la lillration de feau , présentent ces surprenantes cristallisations qu'on nomme stalactites, quand elles restent suspendues à leurs voûtes: et 3Talag- MITB3, lorsque les gouttes qui tiennent la niatière calcaire eu dissolution, sont tombées et ont formé les colonnes ou les pyramides, dont les bases reposent sur le sol. Queique-
) C'est ainsi <ju'ou Jit le Balloa de Su\z. \oyez la plauche XV.
fois ces cavernes oEFrent ua des plus beaui puéaoïuènes du monde glacial. D'énormes glaçons en forment la co>ipole, le fronton, les colonnades et le péristile, et éblouissent les yeux de Téclut dont les fait briller le soleil, qui y verse toutes les couleurs, tous les arcs-en-ciel, et mille configurations qui varient suivant le point de vue où l'on se place. Telle était la caverne au pied du Moutanvert d'où sort l'Arveron, avant que l'explosion d'une arme à feu eut fait crouler ce palais de glace sur deux victimes d'une fatale imprudence, c'est dans les montagnes que se trouvent les riches mines des métaux; ces immenses carrières de granit, de marbres de couleurs diverses, et qu'on recueille les diamans et les pierres précieuses. C'est enfin du sein des montagnes que sourdissent les eal'x siiNÉftALE;, souveut si salutaires à la santé.
La nature déploie dans les montagnes ses plus étonnans aspects, et tous les charmes de ses heautés pittoresques; des vallées riantes ou fertiles, asiles de l'industrie et du bonheur, contrastent avec les sommets nus et stériles qui les entourent, avec ces vastes croupes revêtues de neiges éternelles, et avec ces glaciers resplendissons ou ces amas de montagnes de glaces, séjour du silence et de la mort*). C'est de ces hauteurs sublimes des montagnes qu'on respire un air plus pur, qu'on éprouve un sentiment plus vif et plus délicieux de son existence; que l'on contemple les nuages et le tonnerre roulant loin au-dessous de ses pieds, et qu'on embrasse par la vue cet immense horizon, où des royaumes entiers paraissent rapetisses et aplatis comme sur nos cartes. Mais c'est aussi dans les montagnes que les forces de la nature semblent dans une lutte conti- Duelle, et menacent le plus rexibtence des hommes et des animaux. La neige ou les pierres s'agglomèrent en tombant, se grossissent en roulant, et forment ces terribles ava- LAj^GES ou AVALANCHES, qui eugloutissent des villages entiers; des rochers se brisent tt s'écroulent, écrasent les habitations, remplissent des lacs, ou obstruent des rivières qu'ils font déborder. C'est enfin dans 'les montagnes, ou près des chaînes qu'elles forment, que J'on contemple avec effroi le plus étonnai;t, le plus majestueux, le plus terrible de tous les phénomènes naturels, celui des volcans (voy. la pi. Xlll.) Des tourbillons épais d'une'noire fumée, une flamme lugubre, des nuages massifs de cendre- ou de pierres jaillissent d'un cratère bouillonnant '^■*), et manifestent au-dehors le mouvement convulsif
*) Celui du GRi5DEi.WiiD à 20 lieues de Berne, près d'un village qui pnrte son nom et celui de rcRCA, auquel le Rhône doit sa naissance, sont rangés parmi les plus remarquables. Ce dernier surioui s'élève dans toute sa beauté. C'est une niasse immense de glace qui s'étend en ampbiihéàlre entre deux piles de rochers hérissés. Quand le soleil darde perpendiculairement ses rajons sur ce glacier, il lui donne l'éclat et la transparence du cristal, tandis que les ombies de ses vastes fragmens, admirablemcul coloriés, coupent sa blancheur par toutes les teintes d'un bleu vraiment céleste. En génér.il on ne peut mieux donner une idée de l'immense quantité de glace hérissée de pointes irrégulières et coupée de profoiiJes crevasses, que présentent les GLACims , qu'eu la représentant comme une nier qu'une gelée subite aurait surprise au fort d'une violente tempête.
**) Cette cavité de forme conique, change d'étendue à chaque éruption du volcan. En 17S0 le cratère àa Vésuve avait 2^oo pas de tour, sur 200 pieds de profondeur. Celui de l'Etna est beaucoup plus grand» Ou peut descendre dans ces caiités, mais non sans danger.
dfes entrailles de la terre; des flots brùlau' de laves s'en échappent, s'épanchent, et recouvrent un sol riche et fécond d'une croûte pierreuse et stérile, qui laisse d'éternelles empreintes de ces affreuses éruptions''"). Souvent plus terribles encore, elles sont accompagnées de TREMBLEMENs DE TER.RE; le soi d'uue vastc contréc s'agite, tremble, s'élève, s'abaisse, tournoie, s'entr'ouvre, et engloutit en un instant des villes entières *'•').
La plus longue chaîne de volcans est celle que présentent les akdes dans l'Amérique méridionale.
C'est toujours rcLiiivement au niveau des mers qu'on évalue les hauteurs respccti\ es des montagnes. Lus plus hautes qu'on sit mesurées jusqu'àprésenf sont dans le nouveau monde. Le chimborazo dans la NOUVELi.E-ciir.NADE, est la plus élevée de toutes celles que l'on connaisse (voy. la pi. XIV.) Cependant on a tout lieu de présumer, que les hauts sommets qui sont près de la faz, dans le nœud principal de la con.rni.Lifcr.E des anbes, sont encore plus élevés, et ils sont peut-être surpassés par les montagnes de la chaîne qui, en ASIE, sépare le 'jihet de I'inde. La (.imite iM-rr.ir.unE des neiges perpétuelles, ou de celles que la chaleur du soleil en été ne peut fondre en totalité, varie selon le degré de latitude et selon l'exposition des inonlagnes.
La nature suit, dans la direction des principales chaînes de montagnes, une loi dont elle ne s'écarte point. Les chaînes de montagnes les mieux liées, les plus étendues, les plus élevées, dirigent toujours dans le sens des plus grandes dimensions des continents
*) Souvent ces fleuves embrasés se prolongent jusqu'à I.i mer. La lutte qui s'cng.ige alors entre les deui cléraens, fait frissonner d'horreur. Imaginez, dit Brvdone, un torrent de dis milles de largeur, et «levé à une hauteur énorme, roulant sur le flanc de l'Etna, et versant tout-à coup ses flammes dans la méditerranée. Le fracas de la chute égale les éclats du plus fort tonnerre; à l'instant l'onde écumante se retire, décroit devant le feu, et semble avouer la supériorilé de cet élément. Pendant ce combat effroyable, des nuages de vapeurs obscurcissent la face du soleil, et couvrent toute cette scène d'un voile de ténèbres et d'horreur. Les ruines de Torre del Greco et du Val de Pass)- attestent les desastres qu'entraînent ces lorrcns de laves embrasées.
■**) Les plus terribles trcmblenicns de terre rjue l'on connaisse, sont celui de 17//), qui engloutit les villes de LIMA et de cii.LAO en Pérou;, celui de 1755, qui ravagea Lisbonne; et celui de 1783, qui dévasta presque toute la Calabre. L'histoire ne fait aucune mention des éruptions antérieures à celle qui arriva sous Titus l'an 79 de notre Ere, ou 832 de R.)U]e. L'embrasement du Vésuve fut si violent, qu'il ruina des villes entières avec une grande étendue de pavs. Les cendres en volèrent, dit on, jusque dans l'Afrique, l'Egvpte et la Syrie. l'iine l'ancien ou le naturaliste, périt dans celte éruption. Ce jour aflVcux, ce jour funeste vit engloutir en un quart d'heure la ville de pompéia, tandis que ses liabitans étaient plongés dans le sommeil, sûbeixil-, stibije ou stabies et herculakim qui étaient voisines, subirent le luême sort , avec une foule de villes et de villages. Les descendans de ceux qui avaient péri à powpÉiA, avaient replanté sur ces cendres, de la vigne, des mûriers, des figuiers, de sorte que les toits de cette ville étaient des vergers et des champs. Au . commencement du 18.' siècle on voulut bêcher. On enfonce la pioche plus avant, <|uclque chose résiste; c'était une ville, Pouipéia. On se promène aujourd'hui dans quelques rues de cette ville qui a été eiliumée , ainsi qu'riERcuLASUM, par un roi de Naples, secondé par le zèle éclairé de son premier ministre, qui avait rassemblé dans le superbe palais de Portici , bâti sur les ruines mêmes de cette dernière ville, les morceaux précieui; que rcnfei^ matent ces villes souterraines. Ou a dit avec vérité, que les hommes ressemblent aux fourmis, qui, après qu'un accident a détruit leurs fourmil Itères, le momcut d'après la refont.
ou des lies: les phis hautes ensuite, dans les sens des presqu'îles ouvertes ou fermées qui les tei-miuent; et les moindres chainei se subordonnent, duns leur direclioc, à jclle de la plus grande dilatation des terres qu'elles traversent.
Les intervalles qui séparent soit les pics entr'eux, soit les plateaux, sont des vallées quelquefois très-profondes, mais qui ne descendent pas jusqu'au niveau du sol général, sur lequel prend naissance la niasse entière des montagnes qui composent une même chaîne. La vallée prend le nom de vallon ou de val, quand elle est plus resserrée. Si elle s"élè\ e entre deux contreforts, vers le sommet d'une chaîne, ou l'appelle gorge; elle conduit alors au col. Quand c'est une déchirure, c'est-à-dire, une excavation dont les parois sont verticales, ou lu nomme ravine ou ravin; le fond en est alors occupé par uu cours d'eau', soit permanent, soit accidentel.
Les vallées forment un système d'embranchemens qui correspondent à celui des montagnes; leur fond ou la rencontre des pentes qui les comprennent, est la ligne la plus basse du terrain, que les Allemands appellent thalweg, et qu'où a proposé de nommer
Fil d'eAL.
Les enfoucemeus remarquables sont indiqués par la réunion des eaux, qu'il faut distinguer en EALX COURANTES et en eaux stagnantes. Les bassins de celles-ci qui reçoivent les premières, occupent un espace relevé de tous côtés, forment des étangs, des LACS, des MERS INTÉRIEURES. Lcs ÉTANGS diffèrent des LACS, eu ce qu'ils sont moins grands, souvent marécageux, peu profonds, que généralement ils n'ont point d'écoulement, et ne reçoivent point d'eau courante. Les jieîis intérieures sont des lacs immenses, où se rendent des tlcuvcs considérables.
Les divers cotas d'eau qui ornent, rafraîchissent et fertiliseat la surface du globe, se nomment sources, immé liatement à leur sortie du sol à travers lequel ils filtrent; les sources produisent les ruisseaux, qui prennent le nom de torrlns, lorsqu'ils coulent avec rapidité; on donne aussi ce dernier nom à uu cours d'eau passager qu'aucune source n'alimente, mais que produisent temporairement de grandes pluies ou la fonte des neiges. Les ruisseaux et les torrens, en se réunissant dans un terrain plus bas, donnent naissance aux Rivii^RES, et les rivières, par leur réunion dans le fond d'un même bassin hydrographique, forment les fleuves. Le mot fleuve semble désigner une grande rivière ; mais l'us-ige n'a jias pu établir, malgré les définitions des géographes, une distinction bien préclie entre ces deux mots, et l'cm dit encore la RivicaE des amazones, quoique cette rivière soit le plus grand fleuve du monde. La cavité qu'occupe un cours d'eau, en est le lit; les bords s'appellent rives, quand ils sont peu élevés et que le cours d'eau n'est pas encaissé; dans le cas contraire, ils se nomment berges. La rive d'un cours d'eau qui se trouve à la droite de celui qui le descend, est la rive daoite, et la rive opposée, la rive gauche: ainsi cette dernière se trouve à la droite de celui qui le remonte, et la rive droite est alors à sa gauche. L'endroit où un cours d'eau décharge ses eaux dans un autre, ou dans un lac, ou dans la mer, se nomuiC embouchure; et le lieu de jonction de deux cours d'eau se nomme confluent. Quand un confluent est formé par les côtés allongés d'un angle aigu, il prend le nom de bec; tel est le bec d'ambjss à la jonction de la c.^ronne et de la dordogne, etc.
Les ik'uves et les grandes rivières se déchargent souvent dans la mer par plusieurs BRAS et plusieurs embouchures; ils forment alors un delta, comme celui du mt, du GANGE, du RHIN ctc. ; Textrêmité des dififérens bras du delta, formés par un fleuve, à son EMBOUCHURE, prennent le nom de bouches; telles sont les bouches du rhône, du NIL, etc. Les fleuves et les rivières ont souvent aussi des cnibouiliures tellement évasées, que l'eau y pénètre par le flux et qu'elles ressemblent à un golfe allongé; on nomme estuaires ces sortes d'embouchures. Le fleuve saint laurent, celui des amazones et de RIO DE LA PLATA, sont au nombre des plus vastes estuaires qui soient sur le globe. Le RHIN, le waal et la meuse réunissent leurs eaux dans un grand estuaire, avant de les verser dans la mer. L'estuaire de la Garonne se nomme Gironde. Souvent le flux de la mer, en pénétrant dans l'estuaire, s'oppose à l'écoulement des eaux des fleuves, ou des rivières, et produit un flot ou une barre d'eau; c'est ce phénomène que dans la Gironde on nomme le jiascaret, et que les Indiens du fleuve des amazones ou du MARANNON appellent la tororoca. Un bruit cifrayant annonce la pororoca à deux lieues de distance. Ce bruit augmente et devient terrible, lorsqu'elle s'approche; bientôt on voit une montagne d'eau de 12 à i5 pieds de liauteur, qui s'avance avec rapidité; d'autres la suivent successivement, et les flots pressés occupent toute la largeur de ce vaste estuaire, et forment une immense muraille liquide, qui se précipite avec une vitesse prodigieuse, brise et rase, en passant, tout ce qui lui résiste, entraîne les arbres, les rochers, et des grands espaces de terre qu'elle a détachés.
Quelquefois les eaux d'un ou de plusieurs fleuves ou ri\ières, avant de s'écouler dans la mer, s'épanchent sur un rivage plat, peu profond, et ofîrent à leurs embouchures des espèces de golfes qu'on désigne par le nom de lagunes. Au fond du golfe adria:tique, le TAGLiAMENTO, I'adige, le FÔ etc. et leurs affluens forment les lagunes de Venise, et toutes celles qui l'avoisinent. Les lagunes sont en partie produites par des' barres de sable et par des dépôts successifs, que les grands fleuves forment à leur embouchure. Quand le lit d'un cours d'eau change brusquement de niveau, il forme une chute ou un SAUT. Si ses ondes se précipitent d'une grande hauteur, se brisent sur des rochers, écument et rejaillissent, ce saut se nomme cascade. Si un fleuve ou une grande rivière tombe en formant plusieurs cascades de suite, et fait entendre au loin le fracas de ses flots boiidissaiis, cette suite de cliùtes ou de cascades se nomme cataractes''').
Les extrémités des terres ou des continents et des iles que baignent les eaux de l'Océan, se nomni-eiit côtes. Les côtes sont nommées écores ou acores, quand elles s'enfoncent rapidement sous l'eau; basses, lorsqu'elles s'abaissent par des pentes insensibles; elles sont bordées par des falaises, c'est-à-dire, par des rochers coupés à pic ou par de petites collines calcaires; par des dunes ou monticules sablonneux; par des grèves ou plaines sablonneuses, qui sont presque de niveau avec la surface des eaux. Enfin les côtes sont saines, lorsqu'elles ne sont point hérissées d'écueils; escarpées, lorsqu'un sol
) Parmi les cataractes, la plus remarnuahle et l'une des plus fameuses du monde, est le saut de kiagara dans le haut Cauada. A cet endroit le Ileuvs, large de :;,ooo pieds, tombe de i^2 pieds de hauteur perpendiculaire.
de roche s'étend à découvert, ou sous l'eau jusqu'au rivage; dentelées, lorsqu'elles sont ceintes de rochers, qui quelquefois forment un labyrinthe d'iLOis ; bordées de récifs, lorsque les écueils les entourent à une certaine distance, et en interdisent l'approche aux vaisseaux. Les côtes sont ordinairement escarpées du côté de l'Ouest, tandis que vers l'Elst elles s'élèvent en pente douce; ce qui est dû probablement au mouvement général des eaux de l'Océan , d'Orient en Occident.
Une position de terre qui avance dans la mer et qui ne tient au continent, ou à Tile dont elle dépend, que par un terrain étroit, se nomme presqu'île ou péninsule; la portion resserrée de terre qui l'empêche d'être entièrement entourée d'eau, est un ISTHME. Il est cependant deux isthmes célèbres qui n'appartiennent à aucune presqu'île, savoir I'isthme de panama, qui unit l'Amérique méridionale à l'Amérique septentrionale, *t I'isthme de suez, qui réunit l'Afrique à l'Asie et à l'Europe.
Une petite avance de terre dans la mer se nomme promontoire, et les parties simplement saillantes des cètes, se nomment caps; les saillies les moins considérables et peu élevées s'appellent pointes. Ainsi les côtes, en se resserrant, forment des isthmes, projettent des péninsules, qui présentent plusieurs promontoires, terminés par plusieurs CAPS, où l'on distingue diverses pointes.
Les CAPS les plus remarquables sont ceux qui terminent les continents au Sud, et ceux qui servent à établir les limites des Océans, savoir: le cap born à l'extrémité de la terre de TEC; le cap de bon ne -espérance, qui termine I'afrkjue; le cap comorin, qui termiu€ I'inde: le cap de romanie, à l'extrémité de la péninsule de malakka; et enfin le CAP sud, dans la tasmanie ou la terre de van-diemen, qui de même que celui de la TERRE DE FEU, présente un front âpre et prononcé aux régions glacées du pôle austral. On nomme bras de terre l'espace de terre qui s'avance dans la mer. mais qui tient au continent par un côté très large, tel que l'EiiAGNE, I'italie, I'araeie, I'asie- mineure, I'inde et la contrée entre I'inde et la chine.
PRINCIPALES D I ^M S 1 O X S DE L' E A U. Nomenclature hydrographique.
Jusqu'àprésent nous n'avons observé le globe que dans son élément solide ou terrestre, il est tems de le considérer dans les eaux qui l'envirounent, le coupent et le traversent. L'eau se divise en océans, mers, golfes, détroits, etc. Quoiqu'il n'y ait à proprement parler qu'une seule mer, un seul fluide continu, répandu autour de la terre, et qui vraisemblablement s'étend d'un pôle à l'autre, en couvrant à peu près les \ de la surface du globe, tous les golfes, toutes les méditerranées ne sont que des parties détachées, mais non pas séparées de cette mer universelle quou nomme océan. Ce n est que pour plus de commodité dans l'usage journalier que l'on distinge différentes sections de l'Océan.
Les massifs de glace qui entourent les deux pôles, ont jusqu'ici interdit à l'homme l'accès à ces deux extrémités du globe. Ces portions de l'Océan, ces deux empires de
l'hiver, forment les mers glaciaies arctiques et antarctioues. Les continents cernent presque entiérenient la mer glaciale arctique, et plusieurs fleuves s'y déchargent; tandis que la mer glaciale antarctique est ouverte de toutes parts, et ne semble qu'une continuation de l'Océan, qui se rétrécit vers le IVord , et s'élargit vers le Midi, où les extrémités des terres marquent les points de pariagê des trois grandes divisions qu'il faut y reconnaifre: I'océan atlantique, le grand océan '■■), Tocéan indien. Les deux premières divisions s'étendant du Sud au Nord, jusqu'aux mers glaciales, se subdivisent en trois parties; on désigne par le nom d'ÉQuiNoxiAtE , celle qui est comprise entre les deux tropiques; les deux autres par les noms de boréale et d'AusTRALE.
L'Océan, en pénétrant dans l'intérieur des terres, forme des mers mlditerranées, qui sont autant de subdivisions des trois grandes divisions que nous venons d'indiquer, et qu'on désigne aussi par les noms
j." de méditerranëes proprement dites, lorsqu'elles sont presque entièrement entourées par les terres des continents, et qu'elles ne communiquent avec l'Océan que par une ouverture peu large , que l'on nomme détroit. Telle est celle qui est séparée de l'Océan par le détroit de Gibraltar, et qu'on nomme exclusivement la mer Méditerranée, la MER NOIRE, la MER BALTIQtE, CtC.
2." MÉDITERRANËES PERCÉES, locsquc Icur enccintc est formée par des continents et des ÎLES, ou par plusieurs rangées d'iles, et qu'elles communiquent par conséquent à l'Océan par plusieurs détroits. Telles sont les mers d'ocHOisK ou de la.ma; de tartarie ou du JAPON, etc.
3." méditerranées ouvertes, lorsqu'elles ne sont que des enfoncemens très-larges de l'Océan, entre des côtes très-écartées. Telles sont la mer de clinée, sur la cote d'Afrique; celle de panama entre les deux Amériques, etc.
Lorsque l'Océan ou les mers pénèlreiit dans les terres, et forment des enfoncemens trop peu considérables pour mériter le nom de mers , ces enfoncemens ou ces avances se nomment golfes ; et comme les golfes ne sont que de petites méditerranées, ils doivent être de même divisés en golies proprement dits. Tels sont le golfe ARAEiyiE, le
GOLFE PERSlyUE. Ell GOLFES PERCÉS; tcls SOUt CCUX de I'aRCHIPEL, de MARMARA .etc. Eu
GOLFES OUVERTS, tcls Sont CCUX de GASCOGNE, de siam', de CARPENTARiE au nord de la