OCÉANIE OU MONDE MARITIME
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Entre le 55e. de latitude N., et le 5oe. de latitude S., le 95e. de longitude E*r et le 102e. de longitude O.
Si l’on joint les deux hémisphères de manière a reproduire l’arrondissement du globe, on verra le nouveau monde à droite et l’ancien à gauche, un immense océan égal en surface au reste du globe. Vers le milieu et des deux côtés de la ligne surnagent d’irinonbrabies lies, dont l’ensemble a mérité des géographes modernes le titre de CINQUIEME PARTIE DU MONDE. Les uns veulent que ce soient les débris d’un monde englouti; d’autres, au contraire, un monde naissant qui s’élève du sein des eaux. L’esprit s’égare sur la mystérieuse existence de ces lies comme sur le vaste océan qui les environne. Il faut donc laisser les systèmes qui ne sont trop souvent que les chimères de la science, et ne s’arrêter qu’aux faits qui seuls en sont la réalité.
L’océan pacilique, dont le nom exprime si bien la douce tranquillité, baigne les bords de ces îles fortunées; un léger zéphir y tempère sans cesse les ardeurs brûlantes du soleil des tropiques. La végétation la plus riche les couvre de Heurs, de feuilles et de fruits. A chaque pas, une verdure éternelle, des sources jaillissantes, des ombrages délicieux y multiplient les sites enchanteurs. Là sont des nuances cuivrées; une belle population déploie gaiement des formes et des traits qui ne le cèdent en rien à ceux de notre continent. Au milieu d’elles croissent partout et sans culture, l’igname, le coco, la banane, l’arbre à pain et mille autres fruits nourrissans. La nature en fait tous les frais, et l’heureux habitant nourri sans travail, n’est pas réduit à chercher à la sueur de son front le soutien d’une pénible existence. Que lui manque-t-il pour être encore dans l’âge d’or. Hélas! il a ses fureurs, ses guerres, ses maladies. Car, où pénètre l’homme qu’il n’y soit suivi de ses passions et de ses maux! E11 effet sur presque toutes les îles du grand océan, la population se trouve divisée en plusieurs tribus commandées par des chefs envieux presque toujours armés pour leurs querelles particulières.
L’Angleterre en profite pour asseoir sa domination sur ces nombreux archipels qui. des côtes de la Nouvelle- Galles du sud, s’avancent dans le grand océan jusqu'aux rivages occidentaux de l’Amérique, et qui, d’après le fameux acte de possession , doivent être successivement occupés à mesure que les circonstances pourront l’exiger ou le permettre. Ce que vancover a fait pour l’archipel des îles Sandvich, dont une (owhyhée) a été cédée à la Grande-Bretagne, se renouvelle chaque jour" au milieu de ces vastes régions; et Ion pourrait assurer que la moitié des îles du grand océan, est déjà, ou sera bientôt plus ou moins directement, sous la domination de l'Angleterre.
A mesure que de groupe en groupe on approche de l’Asie, il semble que le voisinage de l'ancien monde détruise et gâte un si beau tableau. Les îles qui les bordent sont couvertes de volcans sans cesse en fureur; des ouragans affreux régnent aux Philippines» le poison le plus terrible à Célèbes, un air infecté désole Java. La misère la plus affreuse assiège les Zéclandais , et des écueils sans nombre embarrassent les parages de la Nouvelle-Hollande. Dans ce dernier pays la nature semble avoir pris plaisir a rassembler les animaux les plus bizarres. C’est la Kangourou aux pattes inégales, le chien au bec de canard, le poisson aux nageoires élastiques, sautant sur la terre, etc. (voy. la note 25, page 63 ). Avec cette île immense, les Hébrides et la Guinée , finit la belle race Malaie et commence la race nègre. On se demande par quelle bizarrerie celle de Malakka n'est pas parvenue dans les lieux voisins ; par quel phénomène s’y trouve celle d’Afrique en dépit de l’éloignement et des vents toujours contraires. C’est aux nouvelles observations des voyageurs a nous en apprendre d’avantage.
Pour étudier les détails de ce vaste tableau qui, sur une ligne de 3ooo lieues, développe un labyrinthe d’iles, un immense archipel, au milieu duquel nous distinguons une vingtaine de grandes terres, dont la principale semble égaler même l’Europe entière eu étendue, il faut le décomposer en plusieurs groupes ou divisions. Le tableau synoptique ci-dessous est destiné à cet usage.
La population de l'Océanie est difficile à évaluer; quelques géographes la supposent de 1 6 millions; elle se compose de trois races, de malais, à demi - civilisés , de colons civilisés, originaires d'Europe, ou d’iN digèn es de l’intérieur, presque partout entièrement sauvages, (voyez page 7 3 et suivantes ). Quelques iles n’ont d’autre religion qu’un grossier fétichisme; d’autres ont reçu du continent, par les Malais, ou d’autres étrangers, les dogmes du Mahométisme (voyez page 80 et suivantes).
Les mers intérieures sont celles de java, entre les îles de la Sonde et celle de Bornéo; de célèbes, entre l’ile de ce nom, Bornéo et les Philippines: de mindanao , entre les Philippines et Bornéo.
Les golfes et baies sont le golfe de carpentarie, entre la Nouvelle -Hollande et la Nouvelle - Guinée , le golfe Spencer (ou Bonaparte), sur la côte sud-ouest; la baie des chiens marins, à l’ouest de la terre d’Eudracht et de la terre d’Edels ; la baie du géographe à l'ouest de la terre de Leuwin ; celles de Halifax et de hervey sur la côte orientale; — dans la Nouveile-Zéeiande, la baie de plenty, au nord-ouest de Pile Eaheinomawe ; celle de geelwink au nord de la Nouvelle- Guinée , etc.
Les détroits sont, dans la Notasie, ceux de la sonde, entre Sumatra et Java; de macassar , entre Bornéo et Célèbes; — dans l’Australie, ceux de dampier, entre la Nouvelle- Guinée et la Nouvelle -Bretagne; de torres entre la Nouvelle - Guinée et la Nouvelle - Hollande ; de bass et de banks entre la Nouvelle -Hollande et la terre ou l'ile de Diemen, séparés entre eux par les îles Fourneaux et autres; de lacépede, entre la côte sud -ouest et l'ile des Kangourous que les Français ont seuls reconnue en entier. Elles parait inhabitée; les Kangourous en sont les véritables possesseurs; ils y forment de nombreux troupeaux, et c’est là qu’on a trouvé les plus grandes espèces de ce singulier
genre de quadrupèdes, du genre des didelphes ou sauteurs. Il y en a qui pèsent 149 livres; la chair en est tendre et très bonne à manger. Quand la femelle est blessée, elle témoigne un courage admirable, et une sollicitude vraiment touchante pour sauver ses enfants, qu’elle porte dans une poche située entre ses cuisses. On a remarqué que ses derniers efforts étaient donnés à la conservation de ses petits. — Le détroit de coox , entre les deux îles que forme la Nouvelle -Zéelande, etc.
Les cats sont, dans la Nouvelle-Hollande, ceux de yop.k, au N. delà terre de Carpentarie ; de lÉoben , au N. O. de la te rre d’Arnheim ; de William , à l’O. de la terre d'Endracht; la pointe ESCARPÉE, à l’entrée de la baie des chiens marins; le cap du naturaliste (Gosselin ), à l’entrée de la baie du Géographe; la pente d’ENTRECASTEUX, au S. de la précédente; le cap pesaix , au S. en face de l’ile King; le cap sud, au midi de l’ile de Diemen; le cap howe , au S. E. de la Nouvelle-Galles du sud; le cap des sables, au-dessous du Capricorne; — dans la Nouvelle-Zéelande, le cap sud, dans l’ile Tavai -Poenammoo ; dans l’ile Eaheinomawe, le cap nord , etc.
TABLEAU SOMMAIRE DE L’OCÉANIE ou MONDE MARITIME.
^L’archipel
de
Notasie, qui embrasse . *
Iles Philipfikes. (i) Cet archipe est un groupe triangulaire, qui s’allonge vers le N., entre Bornéo et Formose,
Grandes.
Moyennes ou archipel des Bissayes.
Petites,
Iles SuMATRiETfflES ou îles de la ' Sonde. (5) Cet archipel décrit de FO, * à l’E. une ligne courbe entre la
côte occidentale de Malakka et la grande terre des Papous.
Iles Born ÉErtrtES. Cet archipel s’étend parallèiueut à celui des îles
Luçon. (2)
Mindanao. (3)
Palavan.
Mindoro. Négros, Leyte.
Mactan. (4) Zébu.
Panay, Samaw.
Marindique. Masbate.
Tablas. Ticao.
Burias, Bohol,
Sumatra. (7)
Java. (8)
Madura, (8’)
Bally. (9)
Lumbock.
Sumbava. (10)
Sumba.
Ende ou Flores.
Sandel -bosch.
Timor. (11)
Timor -Laut.
Arrou.
Bornéo. (12) Mangola, Célèbes. (i3> Oby.
Gicolo, (14) Mysol.
Mortay. Bouro.
Xulla. Céram. (i5)
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