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FIL D'EAU

Les enfoncemens remarquables sont indiqués par la réunion des eaux, qu’il faut distinguer en eaux courantes et en eaux stagnantes. Les bassins de celles-ci qui reçoivent les premières, occupent un espace relevé de tous côtés, forment des étangs, des lacs, des mers intérieures. Les étangs diffèrent des lacs, en ce qu’ils sont moins grands, souvent marécageux, peu profonds, que généralement ils n’ont point d’écoulement, et ne reçoivent point d’eau courante. Les mers intérieures sont des' lacs immenses, où se rendent des fleuves considérables.

Les divers cours d’eau qui ornent, rafraîchissent et fertilisent la surface du globe, se nomment sources, immédiatement à leur sortie du sol à travers lequel ils filtrent; les sources produisent les ruisseaux, qui prennent le nom cle tcrrens, lorsqu'ils coulent avec rapidité; on donne aussi ce dernier nom à un cours d’eau passager qu’aucune source n’alimente, mais que produisent temporairement de grandes pluies ou la fonte des neiges. Les ruisseaux et les torrens, en se réunissant dans un terrain plus bas, donnent naissance aux rivières, et les rivières, par leur réunion dans le fond d’un même bassin hydrographique, forment les fleuves. Le mot fleuve semble désigner une grande rivière; mais l’usage n’a pas pu établir, malgré les définitions des géographes, une distinction bien précise entre ces deux mots, et l’on dit encore la rivière des amazones, quoique cette rivière soit le plus grand fleuve du monde. La cavité qu’occupe un cours d’eau, en est le lit; les. bords s’appellent rives, quand ils sont peu élevés et que le cours d’eau n’est pas encaissé; dans le cas contraire, ils se nomment berges. La rive d’un cours d'eau qui se trouve à la droite de celui qui le descend, est la rive droite, et la rive opposée, la rive gauche; ainsi cette dernière se trouve à la droite de celui qui le remonte, et la rive droite est alors à sa gauche. L’endroit où un cours d’eau décharge ses eaux dans un autre, ou dans un lac, ou dans la mer, se nomme embouchure; et le lieu de jonction de deux cours d’eau se nomme confluent. Quand un confluent est formé par les côtés allongés d’un angle aigu, il prend le nom de bec; tel est le bec d’ambes à la jonction de la Garonne et de la dordogne, etc.

Les fleuves et les grandes rivières se déchargent souvent dans la met pal* plusieurs bras et plusieurs embouchures; ils forment alors un delta , comme celui du un,, du GANGE, du RHIN etc. ; l’extrémité des différens bras du delta, formés par un fleuve, à son embouchure, prennent le nom de bouches; telles sont les Louches clu rhoue, du NIL, etc. Les fleuves et les rivières ont souvent aussi des embouchures tellement évasées, que l’eau y pénètre par le flux et qu’elles ressemblent à un golfe allongé; on nomme estuaires ces sortes d’embouchures. Le fleuve saint laurent , celui des amazones et de Rio de la plata, sont au nombre des plus vastes estuaires qui soient sur le globe. Le rhin, le waal et la meuse réunissent leurs eaux dans un grand estuaire, avant de les verser dans la mer. L’estuaire de la Garonne se nomme Gironde. Souvent le flux de la mer, en pénétrant dans l’estuaire, s’oppose à l’écoulement des eaux des fleuves, ou des rivières, et produit un flot ou une barre d’eau ; c’est ce phénomène que dans la Gironde on nomme le mascaret, et que les Indiens du fleuve des amazones ou du marannon appellent la pororoca. Un bruit effrayant annonce la pororoca à deux lieues de distance. Ce bruit augmente et devient terrible, lorsqu'elle s’approche; bientôt on voit une montagne d’eau de 12 à i5 pieds de hauteur, qui s’avance avec rapidité; d'autres la suivent successivement, et les flots pressés occupent toute la largeur de ce vaste estuaire, et forment une immense muraille liquide, qui se précipite avec une vitesse prodigieuse, brise et rase, en passant, tout ce qui lui résiste, entraîne les arbres, les rochers, et des grands espaces de terre qu'elle a détachés.

Quelquefois les eaux d'un ou de plusieurs fleuves ou rivières, avant de s’écouler dans la mer, s’épanchent sur un rivage plat, peu profond, et offrent à leurs embouchures des espèces de golfes qu’on désigne par le nom de lagunes. Au fond du golfe Adriatique, le tagliamento, I’adige, le pô etc. et leurs afïluens forment les lagunes de Venise, et toutes celles qui l’avoisinent. Les lagunes sont en partie produites par des barres de sable et par des dépôts successifs, que les grands fleuves forment à leur embouchure. Quand le lit d’un cours d'eau change brusquement de niveau, il forme une chûte ou un saut. Si ses ondes se précipitent d'une grande hauteur, se brisent sur des rochers, écument et rejaillissent , ce saut se nomme cascade. Si un fleuve ou une grande rivière tombe en formant plusieurs cascades de suite, et fait entendre au loin le fracas de ses flots bondissans, cette suite de chûtes ou de cascades se nomme cataractes *).

Les extrémités des terres ou des continents et des îles que baignent les eaux de l’Océan, se nomment côtes. Les côtes sont nommées écores ou acores, quand elles s'enfoncent rapidement sous l’eau; basses, lorsqu’elles s’abaissent par des pentes insensibles; elles sont bordées par des falaises, c'est-à-dire , par des rochers coupés à pic ou par de petites collines calcaires; par des dunes ou monticules sablonneux; par des grèves ou plaines sablonneuses, qui sont presque de niveau avec la surface des eaux. Enfin les côtes sont saines, lorsqu’elles ne sont point hérissées d'écueils; escarpées, lorsqu'un sol

*) Parmi les cataractes, la plus remarquable et l’une des plus fameuses du monde, est le saüt pe kiagara dans le haut Canada. A cet endroit le fleuve, large de 2,000 pieds, tombe de 142 pieds de hauteur perpendiculaire.

de roche s’étend à découvert, ou sous l’eau jusqu’au rivage; dentelées, lorsqu’elles sont ceintes de rochers, qui quelquefois forment un labyrinthe d’iLOTs ; bordées de récifs, lorsque les écueils les entourent à une certaine distance, et en interdisent l'approche aux vaisseaux. Les côtes sont ordinairement escarpées du côté de l’Ouest, tandis que vers l'Est elles s’élèvent en pente douce; ce qui est dû probablement au mouvement général des eaux de l'Océan , d’Orient en Occident.

Une position de terre qui avance dans la mer et qui ne tient au continent, ou à File dont elle dépend, que par un terrain étroit, se nomme presqu’île ou péninsule; la portion resserrée de terre qui l’empêche d'être entièrement entourée d’eau, est un isthme. Il est cependant deux isthmes célèbres qui n’appartiennent à aucune presqu’île, savoir I’isthme de panama, qui unit l’Amérique méridionale à l’Amérique septentrionale, et I’isthjie de suez, qui réunit l’Afrique à l’Asie et à l’Europe.

Une petite avance de terre dans la mer se nomme promontoire, et les parties simplement saillantes des côtes, se nomment caps; les saillies les moins considérables et peu élevées s’appellent pointes. Ainsi les côtes, en se resserrant, forment des isthmes , projettent des péninsules, qui présentent plusieurs promontoires, terminés par plusieurs caps, où l’on distingue diverses pointes.

Les caps les plus remarquables sont ceux qui terminent les continents au Sud, et ceux qui servent à établir les limites des Océans, savoir: le cap horn à l’extrémité de la terre de feu; le cap de bonne -espérance, qui termine I’afrique; le cap comorin, qui termine I’inde ; le cap de romanie, à l’extrémité de la péninsule de malakka : et enfin le cap sud, dans la tasmanie ou la terre de van-diemen, qui de même que celui de la terre de feu, présente un front âpre et prononcé aux régions glacées du pôle austral. On nomme bras de terre l’espace de terre qui s’avance dans la mer, mais qui tient au continent par un côté très large, tel que I’espagne, I’italie, I’arabie, I’asie- mineure, I’inde et la contrée entre I’inde et la chine.

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