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NOTASIE OU NOUVELLE-HOLLANDE

Lorsqu'un golfe percé a une forme très-allongée, que scs sorties sont larges, et non resserrées par des détroits, il prend le nom de bras de mer, ou de manche, ou de canal; tels sont le canal de mosambique, le canal de saint-george, le canal de la manche, etc. Lorsque dans un canal, les terres se rapprochent beaucoup entre elles, l'étroit passage de mer qu’elles forment, se nomme détroit; mais quand, en se rapprochant, elles restent encore écartées, l’endroit le moins large ou le plus resserré du canal prend le nom de pas, tel est le pas de calais. Le nom de manche est synonyme de canal; la manche de tartarie est l’extrémité nord de la mer du Japon. La manche

*) C'est à tort qu'on lui a donné le nom de wsa bu sud ou ricinque , qui ne convient qu’à quelques-unes de ses parties.

proprement dite, est le canal ou le bras de mer qui sépare la France de l’Angleterre. Les deux détroits les plus remarquables, sont celui de Gibraltar, entre l’Europe et l’Afrique, et celui de bering, entre l’Amérique et l’Asie.

La plage est un rivage de la basse mer, où l’on peut ancrer à quelque distance de la terre. La rade est un espace de mer renfermé entre deux portions de côtes, situées de manière que les vaisseaux puissent y ancrer, sans être trop exposés aux vents ou à la mer de large.

La baye est un enfoncement plus profond de la mer, mais trop petit pour mériter le nom de golfe, cependant assez considérable pour recevoir un grand nombre de vaisseaux. C’est par un abus extraordinaire de ce mot, que les grandes mers méditerranées cI’hudson et de baffin , d’oMAN et de Bengale ont été désignées sous le nom de bayes. Un enfoncement de mer demi -circulaire, et peu profond, plus petit que celui de baye, se nomme anse; une cale ou calanque est une petite anse; et une crique est une calanque très-étroite, où de très -petits bàtimens seulement peuvent pénétrer. Un petit enfoncement de la mer dans les terres, où les vaisseaux peuvent séjourner à l’abri des vents et de l’agitation des flots , se nomme un port. Pour ne rien laisser à désirer, un port doit être précédé d’une bonne rade, où les vaisseaux puissent, dans toutes les saisons, ancrer avec sûreté, et y attendre la circonstance favorable, soit pour entrer, soit pour gagner la pleine mer. Le mot havre désigne un port peu vaste et peu profond.

L’eau de la mer est salée *), et parait d’un bleu-verdâtre, lorsqu’une cause quelconque n’en altère point la couleur. La profondeur de l’Océan varie , et n’est guère connue que dans le voisinage des terres; mais il est probable qu’elle n’égale pas la hauteur des montagnes, les plus élevées; la sonde **) n’a jamais atteint à plus de 780 toises de profondeur. Les grandes différences de profondeur qu’offrent les eaux de l'Océan, font reconnaître que la portion du globe qu’il recouvre, a comme la terre ses montagnes et ses vallées. Les terres escarpées indiquent une mer profonde; un sol bas, au contraire, marque que la terre se projette sous l’eau par une pente douce. Dans quelques endroits, non seulement la mer permet, par son peu d’épaisseur, d’apercevoir son fond, mais elle laisse, par intervalle, à découvert, son lit, qui forme des bas-fonds, ou des écueils, ou des bancs de sable. Ces derniers sont souvent fréquentés par d’énor-

*) Les physiciens s'exercent depuis longtems sur la cause la plus probable de la salure de l’Océan, et sur la manière de désaler l’eau de la mer. Hallay croit avoir résolu la première question. Mook a inventé un instrument pour découvrir quelle est la salure de la mer, à quelque profondeur que ce soit; et Hanton est le premier qui ait trouvé le secret de rendre douce l’eau de la mer. L’eau de la mer est plus pesante que l’eau de rivière; un pied cube de la première pèse 72 livres, et la même quantité d’eau douce ne pèse que 70 livres.

La sonde est un gros plomb oblong , en forme de prisme ou de pyramide tronquée, auquel ou attacKe une longue corde appelée ligne seconde , et que l’on jette dans la mer pour en connaître la profondeur. La base du plomb est cave, pour recevoir une boulette de suif, aGn qu’il s’y attache quelque partie du fond, pour en connaître la couleur et la qualité; s’il 11e s’y attache rien, le suif reste net et pointillé, et alors on connait que le fond est de rbche; le nombre des brasses du fond et sa qualité servent à déterminer le parage où l’on se trouve. La brasse est de cinq pieds.

35es cétacées et pa? des logions innombrables de poissons, dont la pêche devient une source de richesses. Un vaste banc de sable est celui de terre-neuve.

Les bancs DE sable, les écueils et les ÎLES doivent être considérés comme les sommets des montagnes que la mer renferme.

L’Océan a quatre sortes de mouvemens, qu’on peut distinguer d’après les causes qui les produisent. Les mouvemens sydériques, qui dépendent de 1 attraction de la lune et du soleil. Les mouvemens propres, dont l’origine est dans l’élément même qui estagité, et qui forment les courans généraux et les courans particuliers. La troisième sorte de mouvement des mers comprend ceux que lui communiquent l’impulsion des vents, ou les mouvemens atmosphériques. La quatrième sorte peut être appelée mouvemens accidentels ou mouvemens intermittans , par ce qu’ils sont produits par les ébranlemens que les volcans ou d’autres causes impriment à la surface du globe. Les mouvemens sydériques altèrent la forme de l’Océan, et produisent les marées, qui sont l’élévation ou l’abaissement successif des eaux répété deux fois dans chaque intervalle de tems compris entre deux retours consécutifs de la lune au méridien supérieur. L’élévation ou marée montante, se nomme flux ou flot. L’abaissement ou marée descendante, s’appelle aussi reflux ou jusant. Le moment de la plus grande élévation est la pleine mer, et la basse mer celui du plus grand abaissement. Comme la lune agit sur toute la masse des eaux, il en résulte que le flux et le reflux sont nuis ou imperceptibles dans les mers, où les eaux de l’Océan ne parviennent que difficilement, et par des détroits' resserrées, comme dans la mer Méditerranée, la mer Baltique, les mers d’HUDSON et de baffin. Les eaux de l’Océan se portent, par un mouvement général ou propre, d’Orient en Occident, dans une direction contraire à celle de la rotation du globe, mais semblable à celle des vents alisés ou constans, qui sont une des causes de ce grand courant équatorial. La chaleur du soleil, en fondant journellement une grande quantité de glaces polaires, produit un autre mouvement, qui porte les eaux de l’Océan des pôles vers l’équateur. Ces deux mouvemens généraux et directs, modifiés par les obstacles particuliers et par les mouvemens réfléchis, donnent naissance aux courans particuliers, qu’on observe dans différentes mers.

Les vents inégaux et partiels font naitre des ondes et des flots, qui s'élèvent en montagnes écumantes, roulent, bondissent et se brisent l’un contre l’autre; un vent fort, égal et soutenu, produit la lame; celle-ci souvent s’avance en masse et sur un même front comme une montagne liquide, se précipite sur le rivage, se rompt, rejaillit, et, en rétrogradant, cause le ressac, qui repousse les navires que le vent favorise, et porte vers la terre. Si le vent tourbillonne, la lame sera courte, la nier dure, ou il y aura au moins du clapotis *). Lorsque la vague, poussée par le vent, rencontre quelque obstacle et rejaillit contre les rochers, elle s’élève alors quelquefois à 180 ou 200 pieds de hauteur. Enfin, quand les courans se trouvent comprimés contre des détroits, et

*) Le clapotis est un mouvement vif de la mer, lorsqu’elle s’élève en petites lames courtes et serrées les unes contre les autres; de manière qu’elles se succèdent vivement eu venant des côtes, et donnent des mouvemens désagréables aux vaisseaux.

que le vent souffle en opposition avec le x’eflux qu’ils produisent, alors les vagues luttent contre les vagues, les flots se soulèvent, forment de bruyans tourbillons, et entraînent dans l’abîme les poissons, les bateaux, et même les grands navires qui s’en approchent; tels sont le célèbre malstrœm, non loin des côtes de Norwège, et le fameux gouffre de charybde dans le détroit de Sicile, qui a été parcouru par le fameux plongeur PESCECOLA.

Le plus singulier de tous les phénomènes qu’offre la surface de l’Océan , est la phosphorescence de ses eaux, qu’on observe partout, mais plus fréquemment entre les tropiques. Ici, la surface de la mer étincelle et brille comme une étoffe d’argent; là, les vagues se déploient en nappe immense de soufre et de bitume embrasé; ailleurs on dirait une mer de lait, dont on n’aperçoit pas l’extrémité; quelquefois des étoiles brillantes semblent jaillir par milliers du fond des eaux, ou elle parait rouler sous ses vagues des masses rouges incandescentes, tantôt carrées, tantôt globuleuses, tantôt se déployant en guirlandes éclatantes, ou s’échappant en serpentaux lumineux. Souvent même des jets de feux étincelans s’élancent au-dessus de la surface de l’Océan, et quelquefois ou le voit comme décoré d’une immense écharpe de lumière mobile, onduleuse, dont les extrémités vont se rattacher aux bornes de l’horizon. Ces phénomènes, dont plusieurs écrivains ont essayé de développer les véritables causes, paraissent entièrement dûs aux mollusques et aux zoophytes, qui flottent à la surface de l’eau, et qui peuvent à chaque instant modifier leurs formes déjà irrégulières et bizarres. Quelques espèces, telles que le Salpa , réunies en nombreuses légions, composent des bancs de 3o à 40 lieues d’étendue, qui resplendissent dans les ténèbres de couleur de rose, d’azur et d’opale. Les mers blanches ou de lait ont été observées par les anciens et par les premiers navigateurs modernes, sur les côtes occidentales de l’Inde; et ce phénomène, ainsi que celui de la mer de feu, est fréquent dans l’espace de mer compris entre les îles célébrés, papou et les îles moluques. Souvent aussi la présence d’une seule espèce de crustacées microscopiques sur la surface des flots, leur donne une couleur rouge, sans les rendre lumineux, et produit ces mers de sang, dont plusieurs navigateurs ont parlé. Quelquefois les œufs de certains animaux marins , semblables à mie poussière grisâtre, ou à de la sciure de bois, recouvrent dans l'Océan des espaces de plus de 20 lieues. Ces mers de poussière ont été vues aux environs de la nouyellegüinée ou de papou, et près des côtes de la notasie ou nouvelle-hollande.

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