GRANDS-JOURS DE
Sceau. Sig|u.llm] regium pro diebis Trecensibis ordixati m. Contre-tceau. Contrasig[ili.i m] dierim Tre(:es[siiii].
Ces légendes peuvent donner lieu à plusieurs remarques . 1" Hugues prend le titre de comte absolument et sans autre désignation. 2* Thibaut II se qualifie de comte palatin, sans nous dire à quel fief ce litre s'applique.
3° Thibaut IV est le premier qui se dise comte de Champagne et (Je Brie; Henri I", Marie, Henri 11, Thibaut III, Blanche de Navarre, prennent seulement le titre de comtes et comtesses de Troycs.
i" Nous ne voyons pas que ces derniers aienl nulle part exprimé ce rapport géugraphiquc par le nominatif singulier Trecemh; mais partout où l'espace a permis
MUlLLUOrUMHE. , 29
d'employer un nombre de lettres suffisant pour préciser rigoureusement la lecture, il est évident que l'on se servait du fçénitif pluriel Trerensium.
S* Henri 1" et tous ses successeurs, sauf Marie de France, ajoutent, comme Thibaut II, à leur iilre de comte celui de palatin , imlitixis. Mais, chez eux, ce titre est accompagné d'une désignation de licfqui manque dans le sceau de Thibaut II.
(»• Le cri de guerre de la maison de Mois figure sur les contre-sceaux de Blanche de .Navarre, de Thibaut IV, de Marguerite de Itourbon et de Thibaut V.
Chacune de ces remarques mérite quelques mots d'observation.
Nous disons d'abord que Hugues, dans la légende de son sceau, prend le titre de comte absolument (.). On aurait tort d'en conclure qu'il en ait agi partout de la même manière ; il s'intitule :
I* Excellent mimtu Came* Tncauium dans une charte de 1122 !*t, et Dei gratta t'omet Trecauinus dans une charte sans date 3 ;
*• Carnet Dei tjracia Trecenti* ou Treeenuit dans deux chartes, l'une de \ 1 03 (4), l'autre de H 04 (8);
:r Excellenliuimu» Treeattinœ ciritatit Corne» dans une charte de M 00 6 ;
i° l'omet Trecemit atqne Barrent» dans une charte de 1 101 (7) ;
•">* Cornet Trecarum dans une charte de 1113 8; ;
(j* Carnet Trictuiima dans une charte de 1 100 (9).
Il s'est même qualifié de Carnet Campante, comme on le voit dans des diplômes émanés de lui et qui appartiennent aux années 1093 (10 , 1 100 (11), 1 102 [18),
; i ) D«M le coIImûmi C-aigairree, a U KiMi :,ihi'i|ue impériale, Jjm le tdNm qui porte U B* 1^1, — trouer, l* {gî, U ru|»> d'un* eliarl* il* u piincc datée de 1118. U r S . ,i.lr du tenu aérait air.» conçue : HgOUêm Nugonù camùit / Vrmuu. Mai» cette lecture cal- elle eucle*
{.) Cuiut, l'romptummm muit/nilUm* Triifuiiur nànnu.f 186, r-; CeurrUT, S. thrnmnti gtnm lllmlrt aittr- 5;., trtrft chrùi.MI, l»«r.col.>5 7 E.
(3) C««ui,M<.i,r.
(t) Canviat, Mu», r»; Chotut, p. SCj-S;*. l/urif>»l n.ue au» artkiïre d. lAubr.
[SJ Cm Dut, (» m, CalL citm. XII, InaL i55 C Lutiginal niate lu. arcttivr* de TAube.
(0) Ci ht, f» »86, i".
(;) Cairn.tr, p.5J;-5J8. Buaincaoi, fftH.afc Uimtt flirwrtu , f, »»,
(*) Caimn.p. 5i6.
(10) IWrirr, p. SJ8.
(■■) B.ce.tL, p. «19, note A.
(1 j) Muui, liùt. Je Vtr.nu, prrmrfre e'diliu», T. II, p. lia.
PvrUfrwlU «rtUi.M» , Otap. VIII.
30 CUFITBI Vlll.
1104(1], 1110 (S), 1114 3. II2I [1); il prend le litre de (omet Cnmpanientit dans une charte de 11 03 (.">;,.
Mais en général ses prédécesseurs, comme un grand nombre de leurs contemporains, ne joignaient aucun nom de fief à leur titre de comte.
Eudes, premier comte de Troycs de la maison de Blois, s'intitule (orne, palatinus Franconm régit, 1032 6). Cornet palaliuut, 102!. 1032 7 . Comet Francorum{8\, ou plus brièvement Cornet, 1007. 1017, 1027, 1028 ;9Ï. 1034 10.
Etienne II, son second lils, Comet Frantitr, 1042 Ht.
Eudes II, son petit-fils. Gracia Dci cornet, vers 10V8 1 2 .
Thibaut I", (ils aîné d'Eudes I". successeur d'Eudes II au comté «le Troyes. Comet, 1048, 1070, 1081. 1082 [13'. hei gracia comet Comet palacii \QH:\ lo . Comet patatinut ou palacii, 1082, 1083 [1C|, Comet Franew 17 . On trouve aussi ce dernier qualifié de Prerlarixtimut contul. 1081 ' 181, de Major Homut reyi(r, 1072. 1077 (19), de Piut prinrrpt (201, dans des diplômes contemporains. Mais nous ne l'avons vu qu'une fois désigné par le nom de son lief dans un document olliciel. C'est dans une charte du roi Philippc'l" 21) 1071, confirmant . dit celte pièce , une donation faite par Cornet Trecouince ricitati* Theulutudut.
0 D'Acat», jpwitfgr ,1V, »J<>. «iMiiruf, p. 5»; [,) C«fl« ckrùuana **tm. IV. 1J8.
(3} Màuot, U, p. v] (i) Mulot, H, p. >8o.
(5) M..WT, II, p. -S.
(6) D'Août. S^miH&t, XIII. >B..
(;) Hmtd dt, IUa.de fr..X,6a\. D'Acm.i, SpKihgt, XIII, iS j.
;s) drukxérf. u. dmu,. Ed. ,-*\, II, es, mL ».
(y) Hecuttl dtt Mu. dt Fr , X, Jo.> 6m, 6ii, 6i«. Vw >»ui I. mort|0l» •!<• I» l.»eu»<- lnir< >■ n-i ftuWtt, M.rléoc. r*«. «w»/. I, i 5| ; BnuwL, p. 33;. /?«-. rf« W«l. .fc A r X, i.. . .
(10) C«fl. C»rû». FUI, InMr. iiî. B.
Dtcuni, Hùl. *mi*l. tir la Maimn dt Garnit, rtt-, p. Jo.V.
(11) D« Euteilikt. #u/. de CkAtont-utr- Morue, p, 3m.
(.3) G<dL Cir.u- FUI. Iwir. S|» C. D. fl-r. </« /Ai». fr. XIV, &«•«, I» >., iiW *™«Ac. V. 6j,
Cartataire de f I oniw, I, i;S- (<5) /J» r» p. 5*7.
;ifi) Dtredifd^ p. 58;. Àmt. trittd., V.iip.
(■-) DvCHUSC, //|V/. ffènraL de ta MdtJIWI f?WMr< , rlr.. p. 3uî.
(18) Ciicut, I" 3;j, r.
( 19) Co/i CtriW. AV, Jgi A , X , ln«r. g» B.
(>o) OtnwaMiiiflfi! c»o-«i«. dt la MMUMf MI rt..«l,, T. |, fol. t>l) CiUMAT. f- >3. ••.
AiGiuor.iurniK. 31
Eudes III, fils de rhilmut, prédécesseur pmliable de Hugues au comté de Troycs, est appelé Odo cornet, sans adjonction d'aucun nom de lieu, dans une charte de son frère Hugues, datée de 1097 (I).
Les comtes de Champagne de la maison de Vermandois pourraient donner lieu aux mêmes observations. Herbert II se dit: Chriotut Francorum comet, 969 \î\, Francorum corne» inclitut, 980 3' , ou simplement Comet dans une charte de la même date ]jp roi Eothairc l'appelle Cornet palatii nottri, 980 (3). Ce qui n'empêchait pas qu'en parlant d'Herbert on ne joignit à son non» lepithète géographique lorsque la clarté l'exigeait, et qu'on ne l'appelât Heriherlus cornet Trecattinut (6), ou plus brièvement Hcrihertut Tricattinut, Herhertut Trecamnvt, comme on le voit dans les lettres de son contemporain Gerbcrt 17].
Etienne I". successeur d'Herbert II , dans la charte accordée sur sa demande à l'abbaye de Lagny par le roi Robert, 1019, est qualifié de \obilit<Uc et patrniitt cornet clarittimut, sans désignation de lieu !8>-
l/indication géographique manque également à la suite du nom dans les documents ofliciels où il est question des comtes qui ont précédé la maison de Vermandois, tels que Aledrannm, 837 9| . 859 (10) . 864 III) ; Orfo. 864 U2i ; Ro dulfu,, 86 H 1 3 ; Doto, 877 (1 41, 969, Il 31 ; Adelerinm, 89 1 (16; : FAduimt, 89fi 17.
>ous disons en second lieu que , dans la légende de son sceau. ThilNiut II se qualifie de comte palatin , sans désignation de tlef auquel ce titre s'applique .
(i) Oiirrut, p. 68 1.
(i) C..c»t, fi M. ef. A»». m. Sg\.
(i) *«. J»ff»«..f> fr..JX. 7 35.
(5) CrouT, fi «>.
(fi) Herbert I" rtl nommij daat un» ck«rw <1« 978, émanée de LeiUf « de, u Elit. Galba CkrUt. ,*f^ I, 1 S9.
(7) Sre. Je» Hiu. <U fr. IX, i 7 J->7«.
(») De re Jfrt W , p. Mi. Gatt. ckrùl. Vit, Inatr. 39.
(9) GmJL Ckrùl. Xll, ln*tr. s| 7 C P. D. CuintT, fi so.
(m) Cimiiir, fi si, AledrniBui élut mort • celle époijuc.
(11) CmcuT, f s«3, s*. GalL ckrùt. Xll , liulr. s{8 D.
(u) CureuT,r»*S3, f. GM. chrut. Xll, lut. s,» A.
(i3) Chow, (• -A\, CttcArù»., lut», sfo A.
(■4) Cucut, fi si.
(i5)C t «ruT, fi 85. Box» tuil morl è c«tU dtU. (ifi) Ci«mr,P 396,1*.
'\~) Ducian, Tlùt.dt Fergj, Preuve*, p. 19.
M CIUPITRE VIII.
Dans lu suscription de la plupart de ses diplômes, cl même somonl dans se> souscriptions , il se donne le titre de comte de Blois, Cornes BlePnstM, et cela sans aucune addition, notamment sans celle do l'adjectif jmltttinut. Nous pouvons citer comme exemples des chartes de II 10? (Ij, 4 131 \ï\, 1 132 [3) , 1 134 (4), 1 138 5), 1141 [6), 1143 (7). 1 I47 (8!. 1148 (9), 1149(10;. 1150 [11), qui ont été publiées, et nous pourrions grossir beaucoup cette liste au moyen des chartes inédites. Thibaut a cependant quelquefois joint à ce titre la fameuse formule « par la graVc de Dieu ». Dans une charte déjà publiée de 1 140 112) , il s'intitule, par un équivalent, Dti miseralinne Blrsentis Cornes; et dans une autre qui est inédite et qui n'a point de date , mais que l'on peut attribuer à l'année 1 1 30 ou environ , il se dit littéralement Dm gratta Blesensis Cornes (13). Je n'ai vu nulle part qu'il se soit donné lui-même le titre de Cornet Biesensium . si ce n'est dans la charte qui constate l'hommage fait par lui au duc de Bourgogne, 1 143 (14). Henri, évèquede Troyes, le lui donne aussi dans une charte de 1131. Quant au titre de comte de Troyes, Cornes Trecensis, il parait, chose fort singulière, l'avoir pris dans un diplôme daté de 1 1 09 (loi, et on le lui attribue, en sa présence, dans un autre diplôme daté de 11*3 (16); c'est-à-dire, la première fois quatorze ans, et la seconde deux uns avant son avènement au comté de Troyes. Nous ne connaissons qu'une charte |n»stérieure à son avènement où il se donne ce titre (17). Reste à savoir si ce n'est pas le résultat d'une faute de copiste. Ajoutons qu'une charte d'Eudes , vicomte de Saint-Florentin, constate une donation faite in presenlia Theobaudi BtMMtt*. comiVi'i Sanrli Flt>renlini (18). Mais c'est encore un fait exceptionnel.
(I) C-ttrfrùtVllI, hM.J.1.
(») Coll. cAr.it X. W .6S-.67.
(3) Doc. med. «,«,„ de h Bdl.lmp. II. .4 ;!!..».■.. Ml. ,1- Moi, , pr. p. IX. (t) V«l«t 01 VmvH..!, Atck. hiu. de rA»U.
(5) GK de Aol,r-/W de P»r„, I,
(«) mi. c j,ri«. x. i«h. ■:■ E. r«f.</,rja„«,,i, r . 353.
(;) Bimiu, Hi.,. de Mo,,, pr. p. XIX ; CM cUUt. VIII, lu,.. ', ,1. (8) Cri. de I Tonne, I.43J.
GMchriu. VIII, W 33. C ;..) CtH. de nom», | , 44, , Mu^t, Thm. mvr. Ut, ia3o.
(il) Hl lMIl , HU. d, Mm.. pr. P .XI.
CM. <-WX, Un. .i4 G (il) Cart . de Ci»,,,,, C««.ilM C.nip»i,i», l]]I. (.i) Mu», p. 1 K .
(.5) Art de ,tr,fi„- l„ dau,. II , 6, T , «|, ,. Col/, chùl. IV, -3, C (.6) dnUm ado,,», de la .ille de Reiou % I ,
(■;) Ck.rt* d, ,,5,, Mémoire, de U S*: .r Ag,ic.,elc. de tAube, S«i«, T.l.p.S.o. (,-) fofl.4fj ( .,,,, 3$0 .
SIGILLOGRAPHIE. 33
La seule charte, à notre connaissance, dans la suscription de laquelle il prenne, comme dans la légende de son sceau , le titre de comto palatin, est de l'année H23 jj).
Il est fort rare qu'il se soit dit simplement Cornet dans la suscription d une charte (2; .
Malhilde, femme de Thibaut II , se conforme aux habitudes de son mari et se qualifie de Dlc*en$is Comitùta.
Nous disons en troisième lieu que Thibaut IV est le premier qui , dans la légende de son sceau, se dise comte de Champagne et de Brie. Henri I". Marie. Henri II , Thibaut III , Blanche de Navarre , prennent le litre de comte et de comtesse de Troyes.
Les noms de Champagne et de Brie remontent plus haut que le XIII* siècle, auquel appartient le règne de Thibaut IV. Ils étaient usités dès les premiers temps qui suivirent la chute de l'Empire romain [31. La Champagne mérovingienne surtout dut à ses ducs une certaine célébrité. Mais elle perdit ensuite cette existence officielle , et dans les premiers temps de la féodalité elle ne subsistait plus que de nom , comme aujourd'hui les provinces de l'ancienne monarchie survivent au fractionnement de la France en départements. La maison de Blois sut la reconstituer. Ayant réuni à son vaste patrimoine les comtés de Troyes et de Meaux , vers l'an ' 020 ; celui de Bar-sur-Aube à la fin du même siècle ; devenue par-là maltresse des quatre villes où se tenaient les fameuses foires de Champagne'», elle joignait à des domaines d'une grande étendue des revenus très-considérables pour cette époque, cl dont elle lira, pour accroître le nombre de ses vassaux, un admirable parti.
Hugues est le premier qui ait pris le litre de comte de Champagne. Mais il ne le fit que d'une manière accidentelle |5). et n'y put joindre celui de comte de Brie, car la Brie ne lui appartenait pas. Aucun de ses successeurs, avant le XIII* siècle,
(i) Gatl. thriti. X , Inu. no. ThtaiaUw Dm gratùt comtt pototinm. Jt a'ai pat uwré dana la eartulair* dt li ataladtrit dtt Drua-Eaua dt Tmyn la ctiarw «4, mirant Dacaagc, il m acrait quaLlit dt gbrmm Frmnetvm rtgmi
comtt poUtùUU.
(») Volt wittidaBi Coll. chrùl. VIII, Inu. 33o.
(3) Voit Hadma dt Valait) Mta, aux mot. »„un Paon H Caitraau, et Ktc dt, Hit. dt fr. II, .«5, 337. J ''> »», H i, 565, tic, tic.
(4) L.aj»j rt Proria» faiaaitnt parti* du comte de M eaux.
(5) Voîrploahaiit, p. ig.
Porufnull, arcAtW» g ,,« , d,.p. VIII. 9