‹ Portefeuille archéologique de la ChampagneChapitre 62 sur 82 · CHAPITRE ï · texte numérisé non relu

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briques de leurs temples cl de leurs palais ; cependant les Romains , qui avaient recueilli tous les procédés plastiques de l'ancien monde et fait faire à l'art de l'érnailleur des progrès considérables, semblent avoir négligé de s'en serv ir pour le pavage de leurs édilices etdc leurs splcndidcs demeures, attendu que leurs parquets se composaient presque uniformément de dalles incrustées de pièces représentant toutes sortes d'animaux (i ), ou de petits morceaux de marbro blancs et noirs assemblés dans un ciment solide, de manière à former des ornements et des dessins variés (2).

A quelle époque précise le moyen-âge connut-il les carrelages émaillés î Nul ne le saurait dire, malgré les investigations des sociétés savantes et la mise en lumière des chartes locales et des nombreux documents se rattachant à cette période de notre histoire. Nous pouvons cependant établir qu'au XI* siècle les pavés formés de pièces en terre cuite étaient déjà usités, puisque l'église romane de Mousson, qui date du XI' siècle, et celle de laitre-sous-Amance, en Lorraine, consacrée en 1076, renferment de beaux échantillons de carrelages qui n'étaient ni émaillés ni vernissés, mais chargés d'ornements imprimés en creux (3} avant la dessiccation de l'argile. C'était un premier pas vers les carrelages émaillés.

Toutefois, l'art des pavés historiés était resté longtemps stalionnaire. Lorsque les chrétiens eurent la liberté de construire des églises, ils se servirent des procédés alors en usage pour l'ornementation des édifices. Ije inonde entier, orbtt romanus, avait reçu l'empreinte de Rome ; il avait subi ses lois, s'était façonné à ses usages et avait adopté ses beaux-arts ; à l'imitation de la métropole, les temples étaient partout ornés de pavés-mosaïques : les chrétiens se les approprièrent pour la décoration de leurs monuments religieux. L'n grand nombre d'églises d'Italie possèdent encore de ces parquets appelés, dans les anciens auteurs, tantôt opvt Alexandrinum ou vermic ulatum , tantôt opus mwiearium. et qui sont composés d'enroulements, d'entre-lacs, de cordons tressés ou de figures de géométrie formées de morceaux de marbre de diverses espèces, de toute forme et de toute grandeur. Ces pavésmosaïques figuraient de riches tapis réunissant à l'éclat des couleurs une solidité à l'épreuve du temps. C'est pourquoi Prudence, décrivant au IV* siècle le pavé de l'église de Mérida en Espagne, avait pu dire :

(i) Lccn.il», i«, uijri.

(>) Pua-, »lir, i.

(1) Di ('imojt, Bulkl. motmmrnlnl, aiuice i»)*, |i. ; ji cl »u«».

ART CÉRAMIQUE. 5

Saxaque ca?sa solum variant FJoribus, ut revolula putes Prata rubesecre multimodis.

Carpite purpurcas violas, Sanguineosque crocos metile [().

Un peu plus lard les mosaïques se simplifièrent, et, vraisemblablement par économie, on adopta ces pavages composés de petits cubes noirs et blancs entremêles de morceaux de marbre rouge. Les deux planches de mosaïque faisant partie du chapiire XI du Portefeuille Archéologique (2) donnent une idée complète de ce genre de pavage, et nous dispensent de nous y arrêter plus longtemps.

Après la conversion des Francs, de nombreuses églises s'élevèrent dans la Gaule conquise et fuient toutes ornées de mosaïques. Ainsi la petite basilique construite sous Clovis sur le mont Sainte-Geneviève, à Paris, en possédait une (31. L'église de Saint-Gcrmain-des-Prés. balie par Childebert I", au milieu du VT siècle, pour remercier Dieu de ses victoires sur les Visigoths, était ornée, suivant Gislcmer. d'un pavé-mosaïque (4).

Au VIT siècle, lorsque saint Berlin bâtit dans le pays de Thérouanne une église, il l'orna à l'intérieur de mosaïques : nec miné» intérim oratorii pavimenta multicolore junctura, guœpluribui in loci* aurea infigunl lamina décerner adornavit (5).

Charlemagne, en construisant son église d'Aix-la-Chapelle, n'oublia pas pour sa décoration les pavés de mosaïque, dont il avait pris le goût en Italie (6).

Larl roman, d'une .si riche ornementation dans ses moindres détails, no pouvait pas abandonner ces splendides pavages, qui s'harmonisaient avec sa magnificence. Il ne nous reste plus que la description du pavé qui décorail le sanctuaire et le chœur de l'abbatiale de Sainl-Rcniy de Reims, mais elle suffit à nous donner une idée de ce que devait élre une église romane à cette époque. Co pavé, entrepris à la fin du XP siècle par le moine Widon, trésorier du riche monastère do Saint- Rcmy (7), se divisait en deux compartiments, l'un consacré à la glorification des

(i) l*acot»T. «prra. l'ara», i-W.

(l) Att ' • -, pl. 1 (a \,

(3) Mouin, Rut. «r/ri. — Rrcmit da hiu. dt Frtaet, u m, p. -j.

(5) Crtolanua FoJ,onu, p. ,,. ' ' P

(6) D'Aciacovar. plue «ni, peints m, fij . , 9.

t;) Blacixa, Hiaaeire des grands chemina de l'Emp. romain.

PotKftuitU ar<KMegi\,ut, Chapitre X. |

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