DE LA SURFACE DU CHEMIN
rain, les rails seraient exposés à de perpétuels dérangements.
Nous dirons plus loin, en traitant de la construction de la chaussée, comment, sur le chemin de la rive gauche, on est parvenu, en l'établissant d'une certaine manière et Tasséchant au moyen de fossés profonds, à traverser un terrain aquifère des plus mous.
Les dimensions des fossés dans une grande tranchée du chemin de Versailles (rive gauche), dite tranchée de Clamart, sont : largeur en gueule, o'^qo, largeur au fond, 0*24, profondeur, o"6o. Le talus du mur en pierre sèche qui borde le fossé du côté de la voie est incliné à raison d'un dixième de base pour un de hauteur^ et le talus du côté opposé, étant taillé dans le terrain , est incliné à raison de un de base pour un de hauteur.
Cette tranchée ayant 1,700 mètres de longueur et une profondeur maxùnade i6"86,ces dimensions sont insuffisantes.
On doit dégorger les fossés aussi souvent que le nécessite leur capacité et que le permettent les localités. Dans notre grande tranchée de Clamart on a foncé quatre puits absorbants ou puisards sur la longueur de I1700 mètres. En augmentant le nom-
bra de ces puisards^ on eut pu suppléer à I1nsu£-' ûsance de grandeur des fossés et leur conMnmr do petites dimensions.
Le terrain des environs de Paria se prête admif* rablement^par la nature des couches quile cooipo« sent, à rétablissement des puits absorbans. Tous les terrains ne possèdent pas cet avantage.
En général, il est de la plus haute importance de préserver aussi bien que possible par des moyens quelconques tous, les ouvrages d'un chemin de £ér et notamment la voie, du contact des eaux, soit sou* terraines , soit pluviales. On ne doit rien épargner pour atteindre ce but. Nous verrons plus tard par quels moyens on y parvient*
Sur les remblais les eaux provenant de la voie s'écoulent presque toujours le long des talus. Les fossés, s*il y en a, sont placés au pied du remblai , et ordinairement il n'en existe que du coté où les eaux du dehors, coulant sut un sol incliné, pour* raient venir en délayer la base.
Sur quelques chemins de fer cependant, celui de Liverpool à Manchester, par exemple, et celui de Birmingham à Liverpool, on a élevé, des deux côtés des remblais, des cavaliers, afin de prévenir autant que possible la chute des locomotives sur les talus
9M, UL SOmFAGB DO CHBMllI. 15
lorsqu'elles sortent de la voie , ou au moins , afin d'amortir le choc qui a lieu dans ce cas. On creuse alors des fossés dans le remblai, contre le cavalier du côté de la voie, et Ton dégorge de distance eu distance les fossés, au moyen d'ouvertures pratiquées dans les cavaliers.
Nous ne pouvons indiquer d'autre règle pour le calcul de la largeur des autres parties des fossés au pied des remblais, que de proportionner à la quantité d*eau qui doit être détournée du remblai.
Les fossés ouverts au pied des remblais sur le chemin de Versailles (rive gauche) devaient avoir^ d'après le cahier des charges remis à l'entrepreneur général du chemin, i"6o de largeur en gueule, o"3o de laideur dans le fond et o™5o de profondeur.
Le talus du remblai ayant reçu l'inclinaison con- Ur($cur du
, , . 1 ' I I I sentier le long
venable , un sentier de i nietre de largeur entre le des barrières. remblai et la barrière qui sert de clôture au chemin de fer nous paraît suffisant pour la circulation le long du remblai et pour préserver les propriétés voisines de la chute des pierres qui peuvent se détacher du remblai.
M. Séguin aîné, dans son ouvrage sur les chemins opinion de defer ', s'exprime de la manière suivante sur l'espace surTéiendue
1. De rinffvence des chemins de fer, et de l'art de Us tracer el de Us construire^ par Séguin atné. 1 vol in-S^. 1839.
16 DIMBIISIONS BB LA 8UBFACB DU CHEBON.
de la portion Je terrain que les compagnies doivent acheter le
acheter pour long des srandes tranchées :
les tranchées. ^ ^
« Il est indispensable que la compagnie soit pro» priétaire d'une portion de terrain en amont des grandes tranchées et dans toute leur étendue , sur une largeur de a ou 3 mètres et plus , s'il est besoin. Cet espace est destiné à établir pour l'écoulement des eaux un fossé qui doit toujours être entretenu avec le plus grand soin, car on conçoit que le moindre filet d'eau parcourant un espace de i2y i5, ao mètres sur un plan si incliné^suffît pour raviner, corroder le terrain, encombrer le fossé inférieur et la voie, causer des éboulements et par suite desaccidents. La compagniedoitaussiacquérir, surtout lorsqu'ilssont de peu de valeur, tousles terrains supérieursaux tranchées qui offrent de grandes probabilités d'éboulements ; car, soit par malveillance, par ignorance ou par besoin réel, le propriétaire, maître chez lui, peut faire tels travaux que bon lui semblera, sans s'inquiéter s'ils cpurent le risque d'être détruits par le fait des ouvrages que la compagnie a fait exécuter, et lorsqu'il arrive un accident qui le prive de son terrain , de ses constructions, etc., on doit peu espérer que les arbitres ne prendront pas en considération et ne feront pas payer à raison de l'augmentation de valeur que les propriétés ont gagnée à l'ouverture de la nouvelle communication, v
DB l'inclinaison DES TALUS. ' 17
« Le fossé des grandes tranchées entraîne, principalement du côté d'amont, dans un énorme surcroit de déblai , sa largeur et sa profondeur devant être plus grandes , à mesure que les parements de la tranchée sont plus élevés. »
S 3. De rinelinaisoD des talus des tranchées et des remblais.
Les règles qui servent à déterminer Tinclinaison des talus des tranchées ou des remblais pour les routes ou pour les canaux s'appliquent aussi aux chemins de fer. Nous devons seulement faire observer que sur un chemin de fer les conséquences d'un éboulement sont bien autrement graves que sur une route ordinaire , bien plus difficiles à réparer, et que les dépenses pour modifier les talus d*une tranchée , une fois le chemin en activité , sont bien plus considérables. Il est donc important sur un chemin de fer de déterminer l'inclinaison des talus avec assez d'exactitude pour qu'il ne devienne pas nécessaire de les retoucher après l'ouverture du chemin.
Sur le chemin d'Alais à Beaucaire, l'éboulement d'un talus dans une tranchée a occasionné, en barrant la voie , la rupture d'une locomotive et de plusieurs vagons chargés de charbon. Sur le chemin de Londres à Bristol, un accident du même genre a eu pour conséquence la mort de plusieurs
18 DE t'iKCLINAISÔN
voyageurs. Sur le chemin de Versailles (rive gauche), dans la grande tranchée de Clamart , la rectification d'une partie des talus après Touverture du chemin a eiigé une dépense double de celle qui eût été nécessaire pour le même travail, s'il eût été fait auparavant. Cette rectification , lorsqu'elle n'avait pas lieu la nuit, nécessitait, en outre, un redoublement de surveillance de la part des cantonniers.
es ^ndes ^^ convient, dans les grandes tranchées, de ména-
iranchées. g^j.^ ^ ^^^^ petite hauteur au-dessus du fossé, une
banquette d'environ o"3o de largeur, sensiblement
inclinée contre le lalus, comme l'indiquent les
fig. a et 3, série A, pi. I.
Cette banquettesert à empêcher les petites pierres qui se détachent des talus, surtout par l'action de la gelée et du dégel, de descendre dans le fossé et de l'obstruer. Elle est aussi fort utile comme lieu de dépôt des boues que l'on enlève en nettoyant les fossés.
Dans le haut des grands talus, il est souvent nécessaire d'intercepter, au moyen de cavaliers ou de fossés, les eaux qui, coulant à la surface, pourraient les endommager. I^a fig. 3, série A, pi. I, indique les dimensions qu'il convient de donner à cette portion du chemin.
8 remblais. L*incIinaison des talus des tranchées varie entre
DBS TALUS* 19
des limites fort écartées. Celte des remblais est ordi* nairement de un et demi de base sur un de hauteur. Lorsque le remblai pose sur un terrain mou , on augmente la largeur de sa base, sans augmenter proportionnellement celle de la chaussée ; Finclinaison de ses talus peut alors devenir beaucoup plus faible, mais elle peut aussi ne pas changer si Ton ménage une banquette à une certaine hauteur du remblai, comme fig. ta, série A, pi. I. Nous ver* rons plus loin quel empâtement il convient de donner aux remblais, eu égard au plus ou moins de solidité du sol sur lequel on doit les élever.
Sur le chemin de Londres à Birmingham, les talus sont très plats. Tous ceux des grandes tranchées ont deux de base sur un de hauteur. Ceux des remblais ont la même inclinaison.
L'extrait suivant de l'ouvrage de M. Séguin aine, déjà cité , trouve naturellement sa place après les considérations que nous venons de présenter siur Hnclinaison à donner aux talus des tranchées ou des remblais.
«r On ne peut guère prévoir à Tavauce soœ quel Tdns angle il convient de tailler les tranchées pour se d'après m. sé mettre à Tabri des éboulements. Il est des terres qtll ^^* ^^ M soutiennent parfaitement à 45 degrés et d'autres qui coulent sous des angles bien inférieurs , parû6 qu'elles sont ttièlées de couches argileuses et dé^
SO DE l'inclinaison
layées par les eaux souterraines. En général, la partie d'aval des tranchées est toujours plus solide que celle d'amont, par la raison qu'elle est toujours privée d'eau.
a Quelquefois, pour aller plus vite, et dans l'incertitude de savoir sous quel angle un déblai pourra se soutenir, on s'en remet ainsi au temps, aux pluies et à la gelée pour les former sous l'angle qui convient à la nature du terrain, et Ton charge les cantonniers d'enlever les déblais à mesure qu'ils arrivent dans le fossé. Ce moyen m'a assez bien réussi, lorsque les déblais se trouvaient sablonneux ou caillouteux et propres à servir d'engravement à la voie. Mais j'ai remarqué que, lorsque les terres végétales se mettent en mouvement, les éboulements se font avec une grande irrégularité, et les talus, au lieu de prendre une inclinaison propice à leur stabilité, ce qui semblerait devoir être le résultat d'un mouvement naturel, affectent au contraire une forme on ne peut plus défavorable au maintien des terres. Les parties supérieures DD (voyez la jQg. 3, page 5q) restent toujours taillées à pic , l'éboulemeut en E s'enfonce dans le terrain au milieu du déblai 9 le pied A est mis en mouvement; on se trouve ainsi forcé , en dernier résultat, de déblayer beaucoup plus de terrain, et l'on n'a jamais un talus aussi solide et aussi régulier que s'il eût été taillé de prime-abord dans un plan convenable.
0B8 TALUS. 3i
et Le talus que Ton doit donner aux déblais est
relatif non*seulement à la nature du terrain , mais
encore à sa position eu égard à sa hauteur. S'il
coupe une élévation de terrain à sa partie la plus
élevée,
Fia. 1.
on peut donner plus d'inclinaison au talus, parce que Ton n'a à craindre ni les eaux supérieures provenant des pluies, ni les sources; mais si le déblai coupe la montagne sur un de ses flancs, il est convenable de bien calculer l'inclinaison, et de ne pas craindre de la rendre très-faible pour se mettre plus tard à Tabri des accidents qui pourraient interrompre le service. On doit aussi se défier des amas de terres qui existent quelquefois dans les parties supérieures des grandes tranchées, et qui, sous une inclinaison plus ou moins grande, ont toujours de la propension à couler dans la tranchée et à y déverser leurs eaux de pluie ou de source ; car l'ouverture de la tranchée détermine souvent des suintements d'eau qui atteignent des bancs d'argile et occasionnent plus tard des éboulements.
«Le climat, enfin, doit être pris en considération,
n DE L'INGLUTÂISOK DES TALUS.
et, sous ce rapport, celui du midi est, sans comparaison, bien plus désavantageux que celui du nord. C'est surtout dans les contrées élevées et monta* gneuses du midi que Ton doit s'attendre à éprouver de fréquentes avaries, car elles se trouvent sous la double influence des climats opposés.
<r Ainsi, le chemin de fer de Saint-Etienne à Lyon est, à sa partie supérieure, élevé de 5oo mètres audessus du niveau de la mer; or, on sait qu'en moyenne une différence de hauteur de i6o mètres en représente une d'un degré dans la température, et répond à une distance de 56 lieues plus au nord dans les limites comprises entre le 3o^ et le 60^ degrés de latitude. Les travaux ont donc à résister aux inconvénients qui peuvent résulter d'un froid tel qu'il a lieu à aoo lieues plus au nord en même temps qu'ils éprouvent les détériorations qui sont la suite des pluies d'orage^ des débordements de torrents, etc., si communs dans les contrées méridionales, o
^Iu8 diaprés L'ouvrage de M. Minard sur les ouvrages quiéta-- *ê!'Bro«fc"* Glissent la navigation des ris^ières et des canaux^ contient un excellent chapitre sur les grandes tranchées et sur Tinclinaison à donner aux talus. L'auteur, dans ce chapitre, passe en revue les talus suivant lesquels se sont tenues diverses espèces de terrains; mais il entre à cet égard dans des détails