DE LA FORMATION DES GRANDS UIÎMBLAIS
Le dessèchement du marais était facilité en certains points par la hauteur de sa surface au-dessus de celle des terrains environnants. Cette circonstance est la seule qui ait favorisé cette opération.
§ 2. De la construction des grands remblais , et des moyens d'en prévenir la dégradation ou l'éboulement.
Dans l'étude des projets de roules et de canaux considéraon cherche à combiner les déblais et les remblais „^.,'îfraîcs. de manière à ce cpie, aulant que possible, leurs volumes se compensent et que par conséquent In terre extraite des tranchées puisse servir à former les rem!) lais
Il ne convient pas toujours dans l'étude des chemins de fer de remplir cette condition. On ne pourrait y parvenir dans ceitains cas qu'en admettant des remblais d'une hauteur excessive, d'une construction ou d'ini entretien fort coûteux, ou des tranchées extraordinairement profondes, difficiles à percer ou au moins à sécher. Dans d'autres cas, les terres devant être transportées à de très-grandes dis'ances, il en résulterait une grande augmentation de frais occasionnée non-seulement parla longueur du trajet à parcourir , mais aussi par le relard apporté à l';:clièvcment du chemin. T.es capitaux engagés dans la constiuclion d'un chemin de fer, sont tellement considérables , presque à partir de son origine, qu'on ne saurait trop se hâter de les rendre productifs.
li est d'ailleurs très-imporlant que les grands remblais, si fréquents sur les chemins de fer, soient, ainsi que nous le prouverons plus loin , le plus rarement possible composés de terres glaiseuses; plus important encore qu'ils ne reposent pas sur des terrains mous; et ce n'est pour ainsi dire que par exception que l'on peut éviter l'un et l'autre de ces ijiconvénienJs en compensant les déblais par les remblais.
Nous insistons sur ces considérations, afin que l'on comprenne bien que , malgré l'analogie qui semble exister entre les terrassements des routes ou des canaux et ceux des chemins de fer, il doit y avoir une différence sensible dans les procédés Tkmhiiiib employés. Aussi la méthode des dépôts et des em-
execiiles par " '
1.1 tnéihocle prunis est-elle bien plus souvent appliquée dans
dos dépôts et : . ^ .
desemprunts. la Construction des chemins de fer que dans celles des autres voies de communication. On en a fait très-fréquemment usage sur les chemins anglais, sur les chemins belges et sur ceux des environs de Paris. Les excavations qui bordent un grand nombre de remblais et qui malheureusement se convertissent souvent en mares d'eau infectes dénotent assez leur origine.
Sur le chemin de Haie a Strasbourg, presque tous les remblais ont été exécutés au moyen d'emprunts, maison a évité de donner aux excavations une profondeur telle que le sol ne pût être rendu à i'agri-
culture. Une partie de la terre végétale a été déposée sur le bord et rejetée dans le fond.
Au chemin de fei* de Versailles (rive giuiche), des carrières qui bordaient le chemin sur une partie de la hgne ont fourni gratuitement les matériaux pour la formation de certains remblais. Les exploitants de ces carrières ont même supporté une partie des frais de transport de la carrière au chemin.
D'après le rapport belge déjà cité, on aurait projeté d'exécutei', au moyen de wagons, luie partie importante du chemin de fer deCourlrai à Mouscron. Effrayée de la lenteur des transports par wagons, l'administration a eu recours à la méthode desdépols et des emprunts, et elle a eu lieu de s'en applauiHr sous tous les rapports, car, fait au moyen d'emprunts, le remblai qui, exécuté avec les terres de la tranchée, eut été de la plus mauvaise qualité possible, est au contraire de la meilleure espèce.
Les remblais des routes ordinaires et des canaux s'élèvent ordinairement par couches successives que Von prescrit quelquefois de pilonner, et qui dans tous les cas sont comprimées parles roues des tombereaux et par les pieds des chevaux.
Sur les chemins de fer il serait trop long et trop Q,,a,ijs i dispendieux d'élever de grands remblais par cou- ^'^.'^ '^'i'^ ^.'^^'
• o i „i,,,s de 1er
ches pilonnées ou même simplement nu moyen des faits auwaf^on
em-
tombereaux sans pilonnages; ces grands remblais, si ce n'est dans ceitains cas particuliers, se font en masse sur toute leur hauteur à la fois, c'est-à-dire qu'une petite portion de remblai, voisine de la tranchée, étant achevée sur toute sa hauteur, on la continue en déposant des terres à l'extrémité jusqu'à la crête. Ce n'est qu'en procédant de cette manière que l'on pent employer le chemin de fer au transport des terres; la pose de la voie se fait alors sur le remblai au fur et à niesu! e de son avancement. Les wagons de terrassement viennent se décharger à l'extrémité de la voie, cjui est aussi celle du remblai.
s M>.Tiori!é Nous entendons pnrler ici de remblais qui, étant (Ic^ remblais ,, ' ^ '
niiis;ni d une grande hauteur, sont aussi d une certaine lon-
lombcreaii. , , ,
gueur, car, lorsque la terre n est portée en remblai qu'à une petite distance, il est souvent plus économique de se servir, pour les terrassements, de tombereaux que de wagons. Les remblais exécutés au tombereau sont d'ailleurs plus denses et sujets à de moins grands tassements que ceux que l'on a formés avec les wagons. Néanmoins, il ne faut pas oublier, lorsqu'on est appelé à fixer son choix sur les moyens de transport, que l'emploi des tombereaux devient à peu près impossible dans certains terrains après de grandes pluies, tandis que le service avec les wagons ne souffre aucune interruption.
Quand les remblais sont conduits avec précipi-
DES GUANDS REMBLAIS. 59
tation et par masses d'une grande hauteur au-dessus p,.,-.cati lions et autour des ouvrages d'art, il arrive fréquemment ^ ;l^/)o"(is'ii;ls^ que les maçonneries se fendent ou se gauchissent, ^"['y^.^'^'' Ils doivent alors être faits avec beaucoup de précau- : lion,ét)e montés en même temps des deux côtés des voûtes en maçonnerie, et étendus uniformément sur ces voûtes par couches pilonnées d'environ 1 5 centimètres d'épaisseur.
Lorsque de grands remblais posent sur des ter- Grands
W-i . ' -1' 1 1 remhlais sur
es, il est nécessaire d employer des terrains com-
précautions analogues pour ne pas écraser le 1er- P'"^'^^'^ ' ^'^•
rain et le rompre en en chargeant certains points
tout d'un coup d'une masse excessive.
Il convient aussi, lorsque ces terrains compressibles sont composés de couches inclinées qui peuvent glisser les unes sur les autres, de commencer le remblai en descendant les terres dans le fond de la vallée, au lieu de le mettre de suite à hauteur au sortir de la tranchée.
Un accident très-grave de ce genre s'est manifesté Accident nu sur le chemin de Versailles (rive gauche) à la tra- YaUFieury' versée du Val-Fleury. Le remblai, qui devait atteindre la hauteur de 3o mètres, n'avait encore que i3 mètres lorsque le terrain, composé de couches calcaires solides et de couches argileuses inclinées amollies par des courants d'eau, commença à se crevasser. On eût dû cesser alors de prolonger le remblai avec
leswagons;maisl'entrepreneur, par suite de contestations avec l'adminislralion de la comp.ignie, ne crut pas devoir déférer aux invitations de l'ingénieur. Les crevasses du terrain augmentèrent en nombre et en largeur. Certaines portions trop chargées s affaissèrent, tandis que les portions voisines qui l'étaient moins se soulevèrent. En d'autres points, ce fut le terrain calcaire qui glissa sur le terrain argileux qu'il recouvrait. Des maisons placées à une petite dislance s'écroulèrent. Force fut bien alors de cesser l'usage des wagons. On recourut au tombereau, on étendit les terres sur toute la largeur du remblai, en commençant par la partie au fond de la vallée, et les mouvements du sol devinrent presqise insensibles.
Moyens On reconnut toutefois que, même en prenant ces
employés , . ^ i u rr •
i.ouri.rrvL'iiir precautions, on ne pouvait empêcher 1 attaissement
la com!)res- , , , • i j i i • i •>
sionciu sol ciu sol soiis le poids du remblai lorsqu on parvenait
sous le poids < ^ • i .
des grands a une certaine hauteur.
remblais :
1" sur le ]^e moyen le plus simple d'arriver à ce but,
chemin de la . , , ,
rive gauche, moyen qui a été employé avec un succès complet
sur d'autres parties du chemin, était d'élai'gir la base du remblai de manière à diminuer la pression sur l'unité de surface, autant que la compressibililé du sol l'exigeait, et de pilonner les terres. Mais le terrain autour du remblai étant couvert de maisons, et très-précieux, il fallait chercher un autre expédient.
DES GRANDS UIÎMBLAIS. fit
On imagina de dessécher le terrain et de le rendre ainsi incompressible. On ouvrit à cet effet des puisards ou puits perdus, et l'on réunit ces puisards par des canaux souterrains; mais cette opération n'ayant pu s'effectuer qu'incomplètement, le terrain, déjà fracturé dans tous les sens, a conservé une grande partie de sa mobilité, et l'on a du renoncer, pour le moment du moins, à achever le remblai, dont la partie supérieure a été remplacée par une estacade en charpente.
On peut augmenter la base du remblai, ainsi que nous l'avons déjà indiqué plus haut, soit en diminuant l'inclinaison de ses talus, soit en épaulant le pied au moyen d'un petit remblai additionnel pilonné, et dont la crête devient une banquette le long du talus du remblai principal. (Voyez fig. 2, série A, pi. i.)
En diminuant l'inclinaison des talus, on les rend propres à toute espèce de plantations. On n'obtient pas le même avantage en prenant le second parti; mais, si la banquette ne se trouve pas à une grande hauteur au-dessus du sol, on n'augmente pas autant la masse totale du remblai.
lAisage du remblai additionnel avec banquette doit encore être recommandé comme moyen de soutènement des remblais qui, posés sur le flanc
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des collines, tendent h glisser sur leur ligne de plus grande pente.
2" an pont de Un terrain pareil à celui que nous avons ren-
Cub/ac. ^ ^ >■
contré au Val-Fleury s'étant présenté aux abords du pont de Cubzac, on a, pour diminuer la charge sur celte masse compressible, composé le remblai de matériaux laissant entre eux un grand nombre de vides.
3» au canaille Dans le midi delà France, au canal de Beau- Deaucaire. ^aire, on a intercalé entre le remblai et le terrain mou un lit de fascines^
t" sur le D^s remblais qui avaient jusqu'à ii pieds de
ilivL'rp'ooi^à ^^^'-^t devant être élevés sur le terrain marécageux Mauciiester. ^^ Chatmoss, dont nous avons parlé plus haut,
M. Georges Stephenson a procédé de la manière
suivante.
Il creusait des deux côtés du chemin de profonds fossés , puis élevait le remblai sur la bande de terrain desséchée par ces fossés.
II réussit de cette manière à n'employer pour la composition dece remblai que quatre fois la quantité de terre nécessaire pour un remblai de même dimension posé sur un terrain résistant. Dans un autre marais de 20 pieds de profondeur, où l'on avait suivi
I JITOS
slaisfiises.
DES GRANnS REMBLAIS. 63
la méthode ordinaire pour la foniiatiou des remblais, on avait employé pour un remblai de 4 pieds de hauteur une quantité de terre qui eût élé suffisante pour monter un remblai de 24 pieds de hauteur sur un terrain solide *.
Quel que soit du reste le moyen préféré pour diviser la pression sur un sol compressible, il est essentiel de ne pas négliger de dessécher ce sol aussi bien que possible, ainsi que nous avons indiqué plus haut avoir tenté de le faire au Val-Fleury.
Les tranchées des chemins de fer de Versailles rc;i,!,i ,is en (rive gauche et rive droite) ont fourni des quantités considérables de terres sablo-argileuses qui ont dû entrer dans la compoi>ition des remblais. Ou a reconnu que ces remblais, quel que fût le terrain sur lequel ils reposaient, étaient sujets à s'ébouler, si on ne les construisait avec certaines précautions.
Ces précautions consistent principalement dans l'emploi de certains moyens pour préserver l'argile du contact des eaux coulant à la surface du sol ou des eaux pluviales; l'argile n'étant pas délayée, n'est pas, plus que toute autre espèce de terre, sujette à se déplacer.
1. L'auteur anglais auquel nous empruntons ce paragraphe, ne dit pas que M. Georges Stephenson ait élargi la base des remblais au passage des marais, mais il y a lieu de le penser.
fiV ht LA FOit.MAJION
Moyens oni- M. Delaserre, pour préserver des eaux pluviales
picjés pour , i i • i ■ i i . i , .
prévcnirré- l^s remblais glaiseux, sur le chenun de la rive des talus gaucue, les a enveloppes d une couche aussi épaisse
(les remlihiis i i j i . i • i
glaiseux au que possible de bonne terre, bien pilonnée, asso-
cheniin ■ > i . i
de Versailles ciee au novau argileux au moyen de redans prati-
(rive eaiiche). ' i , < •
"^ *^ ' ques dans ce noyau, et a gnzonne soigneusement
les talus. Quant aux eaux coulant à la surface du
sol, elles ont été détournées du pied du remblai au
moyen d'aqueducS;, de fossés ou de pierrées.
L'épaisseur de la couche de bonne terre a été fixée pour les remblais de 1 2 mètres à 1 5 mètres de hauteur, à o™5o au sommet, et on arrêtait le corps du remblai glaiseux suivant un talus de 45 degrés, tandis que le talus extérieur était à un et demi de base pour un de hauteur. La couche de bonne terre augmentait par conséquent d'épaisseur du sommet vers le pied.
Pour des motifs d'économie, on employait la glaise en couche mince bien corroyée, alternant avec le sable. Outre l'économie, on y a trouvé un autre avantage : les eaux de pluie, tombant à la surface du remblai, ne pouvaient s'infiltrer à travers le sable et opérer une solution de continuité entre les deux natures de terrain.
les petites couches de glaise s'arrêtaient à une petite distance de la surface du talus de bonne terre,
en sorte que leur tranche même n'était pas exposée au contact de l'air.
Sur un remblai de i6 mètres de hauteur, exécuté à Cliaville , l'épaisseur de l'enveloppe a été très-notablement réduite. La base du talus en sable, sur S""©© à 4™oo de largeur, a seule été pilonnée avec soin. Le reste n'a que o™5o à l'^oo d'épaisseur, et ne produit guère d'autre effet que de soustraire les glaises au contact de l'air et à l'influence de la gelée, ce qui a suffi pour les préserver de tout accident.
Les glaises non-seulement sont sujettes à couler lorsque, une fois en place, elles sont délayées par les pluies ou par les sources naturelles, mais encore se dessèchent difficilement quand elles ont été mouillées avant de les employer. M. Delaserre a obtenu d'excellents effets, dans ce dernier cas, en mélangeant avec les couches de glaise, dans le corps même du remblai , des couches minces de sable sur une épaisseur de ©""oS à o™io pour o"'4o à o'"8o de glaise.
Une portion du chemin de 800 mètres de longueur est tout entière exécutée en remblai de glaise assez sèche. Ce remblai a été fait a*u wagon et sans aucune précaution particulière; seulement, les talus ont été saupoudrés de sable sur ©"^oS en-
viron d'épaisseur pour faciliter la végétation et atténuer l'effet des pluies. Ce remblai , qui a 4"oo à Ô^oo de hauteur, a assez bien tenu. Néanmoins, il est prudent de n'employer les glaises que par couches horizontales, dressées et pilonnées, ou bien exécutées au tombereau; et, lorsque la hauteur du remblai dépasse 5'°oo à ô^oo, il est indispensable de recourir à des précautions semblables à celles dont nous venons de parler ^.
Tassement Tous les remblais tassent. Les matériaux qui les es rem aïs. composent se rapprochent et se condensent; le volume, et, par suite, la hauteur des remblais diminuent. Le tassement varie principalement suivant la nature des matériaux qui composent le remblai, le procédé suivi pour le construire et sa hauteur. Certaines espèces de terres tassent beaucoup plus que d'autres. Les remblais faits au v^agon, qui n'ont pas été pilonnés, tassent plus que les remblais pilonnés. Enfin le tassement du remblai, toutes circonstances égales d'ailleurs, varie à peu près proportionnellement au cube de sa hauteur.
Ce tassement dure souvent plusieurs années. Il va en diminuant jusqu'à ce qu'enfin il vienne à cesser complètement.
1. Ces détails sont extraits d'un mémoire de M. Delaserre inséré dans les Annales des Ponts et chaussées.
Il faut, lorsqu'on construit les remblais, ne pas oublier de l'apprécier aussi exactement que possible et d'en tenir compte. Si donc les remblais ne tassaient pas, on leur donnerait, dès l'origine, la hauteur qu'ils doivent avoir d'après le profil en long du chemin, déduction faite de l'épaisseur de la chaussée (5o centimètres environ); mais il convient de l'augmenter de toute celle du tassement. Il en résulte que, cet excédant à ajouter à la hauteur des profils variant d'une extrémité à l'autre d'un remblai comme le cube de la hauteur au-dessus du sol, les chemins de fer posés sur les remblais nouveaux présentent une série de pentes et de contrepentes, même dans les portions dont, en définitive, la pente doit être uniforme. Mais ces pentes et ces contre-pentes ayant peu de longueur, ne nuisent pas à l'exploitation, et leur effet tend chaque jour à diminuer.
Si, au contraire, on élevait le remblai à la hauteur des profils, il en résulterait non-seulement une dépense à cause de l'augmentation successive d'épaisseur de la couche de sable ou de pierres concassées qui forment la chaussée, mais aussi par suite du travail que l'on est obligé de faire continuellement pour relever progressivement la voie à mesure que le sol s'affaisse.
Il est essentiel d'observer, que dans le calcul de
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l'excédant de hauteur qu'il convient de donner au remblai pour tenir compte du tassement, il vaut mieux risquer de se tromper en moins qu'en plus, car il est beaucoup plus facile et , par conséquent, beaucoup moins dispendieux de relever la voie en ajoutant du sable que de la baisser en creusant sous les traverses.
Le mouvement de tassement des remblais est quelquefois tellement sensible qu'ils se fendent longitudinalement. Dès que l'on aperçoit le plus léger indice d'une crevasse se formant de cette manière, il faut enlever la chaussée et faire pilonner des terres dans la crevasse , afin que la solidité du remblai ne soit pas compromise par l'eau et par le sable s'introduisant dans cette fente.
Éviter de II serait sage de ne livrer à la circulation que porîions^^en l^s portions de chemins de fer en remblai qui ont ^dmUaUon^f fïéjà subi une partie de leur tassement. Il faut, ^rienuasséf autant que possible, conduire les travaux de manière à remplir cette condition sans retarder l'ouverture de ces voies de communication.
Le désir bien naturel de satisfaire le public ayant entraîné l'administration des chemins de fer belges à exploiter le chemin de fer de Bruxelles à Mons , lorsque à peine il était achevé, il n'en est résulté , grâce à l'extrême prudence des chefs de l'exploita-
tion, aucun accident pour les voyageurs. Mais Tentretien de ce chemin a été fort coûteux, et, tout récemment, la voûte d'un viaduc sur la section de Braisne-le-Comte à Manage s'est écroulée sur une étendue de 2 5 mètres environ, sans doute parce que les maçonneries avaient été fatiguées par le passage des convois avant d'avoir pris toute la consistance nécessaire. L'empressement des localités à entrer en possession des chemins de fer, dit le Journal des Chemins de fer belles en rendant compte de cette circonstance, a coûté des sommes énormes au trésor.
En Angleterre on prescrit dans les cahiers des prescriptions charges, pour les terrassements, l'emploi des plus ''*^^£S''" grandes précautions pour la confection des rem-g„j.^J=onfccblais et pour les préserver de la pénétration des „rands mueaux, soit pendant leur construction, soit après leur '^^^'^• achèvement. Nous terminerons ce chapitre sur les terrassements par l'extrait suivant d'un des cahiers de charges du chemin dej^ondres à Birmingham :
« Les talus de tous les remblais mentionnés dans ce cahier de charges doivent avoir une inclinaison de deux de base sur un de hauteur. La largeur du remblai au niveau de la ligne rouge sera de 23 pieds (5'°75), après que le gazon ou la terre auront été placés.
« Chaque reuiblai sera exécuté avec la hauteur et
la largeur fixées au cahier des charges , en ayant égard aux tassements du terrain, et conformément aux instructions de l'ingénieur. En quelque circonstance que ce soit, cette clause devra être strictement observée, afin d'éviter de se trouver par la suite dans la nécessité d'ajouter soit à la hauteur, soit à la largeur des remblais, pour les mettre au niveau convenable.
(( La surface du remblai sera toujours convenablement dressée et entrecoupée de rigoles , de manière à empêcher les amas d'eau et à assurer l'assèchement des remblais pendant leur construction.
« Les talus n'ayant pas l'inclinaison ordonnée, l'entrepreneur sera tenu de les dresser, et cette opération devra se faire au fur et à mesure de l'avancement des travaux.
« Le remblai se consolidant, on donnera à leurs accotements la pente indiquée dans la coupe jointe à ce cahier de charges , et on les recouvrira d'une couche de gazon de 8 pouces d'épaisseur, dont la partie verte devra se trouver à l'extérieur.
« Le gazon sera pris sur le terrain que doit occuper le remblai. On empruntera également à ce terrain la terre destinée à être plus tard élendue en couches de 6 pouces sur les talus.
«Les talus dans cet état devront être ensemencés de trèfle et de luzerne mêlés en quantités égales. L'ensemencement aura lieu aussitôt que la saison le permettra et s'effectuera à raison de i kil. 68 de graine par hectare de talus.
(c Lorsque parmi les matériaux composant un remblai il s'en trouve d'im volume de plus de 6 pouces de diamètre, on sera tenu de les casser. »