DES PLAQUES
il ne faut pas négliger de ménager des conduits pour donner écoulement à l'eau.
Les parois verticales de la fosse sont maintenues par des murs en pierre de taille , par des arcs en fonte ou par des murs en moellons que couronnent des cercles en bois.
Ancienne plaque du chemin de Saint- Germain.
Les secousses au passage des locomotives jointes à celles que produisent les arrêts ou verrous désagrègent bientôt la maçonnerie et détachent les scellements des coussinets. Les ceintures en bois sont de beaucoup préférables à celles en pierre. Nous en avons été très-satisfaits au chemin de Versailles (rive gauche).
La plate-forme de Saint-Germain, pi. E,, imitée des anciennes plaques anglaises, est trop légère et les rails coulés d'une seule pièce avec le bâti s'usent promptement, surtout au point où étant interrompus pour donner passage aux rebords des roues ils reçoivent des chocs qui les égrènent. Ces rails usés, la plaque est hors de service.
Nous ne pouvons également que critiquer les galets fixes, par les raisons donnés plus haut, la couverture en fonte, comme trop sujette à se rompre par lechocd'une machine qui déraille ou d'un objet quelconque, et les fondations en fonte comme trop
coûteuses, surtout eu France, où ce métal se vend encore à un prix élevé.
Le mode de construction de la plaque du chemin puques du de Londres à Birmingham, représentée fig. i et 2, LondresàBÎp> pi. Es , est plus satisfaisant. mingham.
Les rails en fer forgé sont directement soutenus par de fortes nervures, et solidement fixés à la plaque au moyen de boulons.
Le grillage qui couvre le bâti est en fonte comme les plaques et joue le même rôle que dans le modèle précédent. Les fondations sont également en fonte.
Les galets sont mobiles dans les deux platesformes de la pi. Es, mais dans celle de petite dimension ils ont la forme arrondie que déjà nous avons blâmée.
Le bâti de ces plaques est suspendu au pivot par quatre boulons , comme on peut le voir dans les fig. 2 et 6, pi. Eg. On règle, au moyen de ces boulons, la charge que supportent le pivot et les galets.
Cette disposition est excellente et a été adoptée pour presque toutes les plaques récemment construites. Non-seulement elle en rend la manœuvre plus facile, mais encore elle empêche qu'elles ne se
260 i>ES PLAorES
rompent par suite du porte à iaux lors du passage
des locomotives.
Plaque des Dans la plaie-forme du chemin de fer de Ver- ''vc?'aî?.f sailles (rive droite), pi. Ei, adoptée également sur le chemin de Versailles (rive gauche), les galets sont plus rapprochés du centre que dans les précédentes. Nous avons déjà signalé le vice de cette disposition.
Les fondations pour les plaques de ce genre étant aussi coûteuses que pour celles dont les galets sont placés au pourtour, l'économie sur Fensemhle de l'appareil n'est pas d'une grande importance.
Il est d'ailleurs impossible, en conservant le mode de construction de ces plaques, de les disposer pour une double voie. Car dans ce cas les rails en fer qui sont prolongés en porte à faux au delà du cercle des galets , ne pourraient être coupés pour laisser passer le rebord des roues qu'en perdant toute leur solidité.
Il faut signaler aussi parmi les inconvénients que présente la plate-forme que nous examinons, les difficultés que l'on trouve à y fixer solidement un plancher et un verrou pour la maintenir en place.
Le pivot à crapaudine renversée de cette plaque, nous paraît digne d'être imité. On évite, en le dis-
rODRNANïES. 261
posant de cette manière, que l'eau et les scories ne tombent dans les crapaudines.
La charge de la plate-forme est réglée comme dans les plates-formes précédentes.
Observons enfin que la pièce en fonte s' qui sert à fixer le pivot à la pierre de fondation et qui est représentée fig. .2 et 11, est d'une forme qui en rend le scellement très-difficile, car on ne peut ni introduire aisément ni mater la matière que l'on doit couler entre la fonte et la pierre, en sorte que l'on est obligé de retoucher souvent au scellement, qui prend toujours du jeu.
Le cercle sur lequel roulent les galets est en fonte, d'une seule pièce, et se fixe directement sur des dés en pierre de taille, scellés dans le massif en maçonnerie. Il est tourné ainsi que celui qui est fixé à la plaque et que les galets eux-mêmes.
Les galets des anciennes plates-formes du chemin Anciennes d'Orléans, pi. Ej., sont encore plus rapprochés du ciiemin du centre que ceux des plates-rormes des criemms de Versailles. Le porte à faux étant alors considérable, un simple scellement n'eût pas suffi pour maintenir le pivot. Aussi l'a-t-on placé dans une crapaudine faisant corps avec un disque de grand diamètre, portant les galets qui sont fixes.
i02 DBS PLAQUES
Les rails de cette plate-forme sont en fonte et coulés avec la plate-forme d'une seule pièce.
La charge du pivot est réglée par des clavettes qui nous paraissent d'un usage moins simple que celui de boulons, toujours placés à la portée de l'ouvrier.
Ces plates-formes viennent d'être remplacées par d'autres qui ont beaucoup de ressemblance avec celles à galets mobiles du chemin de Londres à Birmingham.
Plaque j^^ platc-forme du chemin de Bristol, pi. E3,
du chemin * 7 1 07
de Bristol, nous paraît se trouver dans de très-bonnes conditions.
La grande largeur de ce chemin a permis d'adopter une disposition très-convenable pour les bras qui supportent les points de jonction et le milieu de chacun des rails. La voie est ainsi très-bien soutenue et la répartition du métal est très régulière.
Le pivot coulé d'une seule pièce avec la plaque de fondation , est fixé à la maçonnerie par des boulons, mode d'assemblage très-solide et très-facile d'exécution. Le graissage s'en opère très-aisément.
Ces plates-formes sont recouvertes de forts ma-
driers en chêne , sur lesquels les rails sont fixés. Ce genre de plancher nous paraît très-convenable, car il amortit les secousses que reçoivent les rails , soit lorsque les machines passent de la voie sur la plateforme, soit lorsqu'elles traversent les joints, et les empêche de réagir d'une manière fâcheuse sur les diverses parties de la plaque et sur les scellements.
Quant au cercle de fonte qui couronne la maçonnerie autour de la plaque , nous pensons qu'il doit être promptement ébranlé par les secousses qu'il reçoit du verrou d'arrêt. Nous préférerions qu'il fut en bois. •
Dans la plaque du chemin du Gard, imitée Plaque
, du chemin
d'un modèle anglais, la fonte ne nous parait pas du Gard, sagement répartie; les bras de cette plaque se brisent fréquemment à leurs extrémités voisines du centre.
La fonte, dans celles de Liverpool à Manchester, Plaque
' 'du chemin
représentées sur la même planche , est beaucoup de Uverpooi à
^ ' 11-' Manchester.
mieux distribuée; mais on se trouve oblige, pour
éviter de donner à l'ensemble trop de poids, de
diminuer les dimensions de chacune des parties au
point de les rendre fragiles. C'est sans doute ce qui
a fait renoncer à ce modèle.
La plaque du cheminMe fer de Bâle à Strasbourg,
26'i- DES PLAOUES
Plaque pi. Eg , coiiime celle du chemin de Londres à
du chemin de ... , d i i i i .
Bàie à liristol , est recouverte d un plancher de madriers en bois sur lequel les rails sont fixés.
La couronne sur laquelle roulent les galets est en fer forgé : elle est fixée sur un châssis en bois , fig. 2 et 3.
Les galets sont à jante arrondie; en général , ils ne sont pas tournés , non plus que les cercles entre lesquels ils roulent ; il en résidte que les plates-formes sont très difficiles à manœuvrer. Le cercle en fer n'ayant que peu de résistance par kit-inème, se courbe. Enfin, les galets, quoique maintenus par de très-fortes tringles, se dérangent fréquemment, de telle sorte qu'on a été obligé d'ajouter à toutes les plates-formes un second cercle pour les maintenir, ce qui ne suffit pas encore.
La plate-forme représentée pi. Ee est destinée au service des locomotives. Celles qui sont placées sur les lignesoùpassentles convois, etaveclesquelles on manœuvre les wagons, n'ont que 3 mètres de diamètre. Elles sont de même forme, mais il n'y a pas, comme dans les premières, de bois interposé entre les rails et la fonte, et comme elles fatiguent beaucoup, il arrive fréquemment qu'elles se brisent.
Les encadrements des plates-formes sur le chemin
TOUBNANTES. 265
de Bâle à Strasbourg sont en pierre ou en bois. Les encadrements en bois font un beaucoup meilleur service : on les substitue à ceux en pierre à mesure que ceux-ci se détériorent.
Les planches E- et E^ représentent les fonda- Fondation lions de plaques tournantes dans des cas particu- yiuciiém'ms liers; la planche Eg indique celle d'une plate-forme rho Sachet placée au centre d'une remise circulaire. On a ré- à sirâsiKulrg. serve dans le massif de maçonnerie un égout circulaire recevant l'eau de la plate-forme et de toutes les fosses qui y aboutissent. La fig, i en représente la coupe, la fig. i indique le plan de cette fondation avec une portion des fosses et le croisement des différentes voies qui aboutissent à la plate-forme.
La planche E^ représente des espèces de tours évidées en maçonnerie sur lesquelles sont fondées les plaques tournantes du chemin de Versailles ( rive gauche), dans la gare de Paris, à 7 mètres de hauteur au-dessus du sol. Les tours sont enfermées dans un remblai de même hauteur. C'est pour éviter de fonder sur la crête du remblai qu'on les a construites.
La planche Eo donne les détails d'une plate- piaquo
p .V I . , , I , . en l)ois
lorme entièrement en bois , exécutée sur le chemin du ciiomin de fer de Versailles (rive gauche) pour le service des rive yauche! w^agons ; les galets sont fixés à la partie supérieure
et roulent sur un cercle en fer. Le mouvement de cette plate forme est assez doux , et elle s'est bien maintenue ; les assemblages de la couronne en bois de la partie supérieure sont faits de manière à ce que les pièces L L', fig. i , qui forment coin, soient placées en dernier lieu et serrent tous les assemblages. Les supports des galets sur lesquels portent ces pièces les maintiennent à leur place.
Plaque Sur le chemin de fer de New-Caslle à Carlisle on
en bois
ducbemin a employé des plates-formes en bois non-seulement de Newcasile i j i
à Carlisle. pour les voitures, mais aussi pour les machines (pi. E,o). 11 faut alors que la construction en soit trèssoignée et très-solide , et il est rare qu'avec d'aussi grandes dimensions l'eau qui se répand toujours des machines ne les gauchisse pas.
Plaque ^n Autriche, on a également employé des plates-
de v'ienne foï'rnes en bois , représentées pi. £,„. Ces plates-for-
à Brùnn.
mes sont à galets mobiles; la construction en est un peu légère, il y a lieu de penser qu'elles manquent de solidité.
S 3. Chariots pour changer de voie.
Les plaques tournantes ne sont pas le seul moyen employé pour faire passer les voitures ou les machines d'une voie sur une autre parallèle; on fait aussi usage dans le même but de chariots qui por-