Tome II. ig
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quatre-vingt mille hommes sous les ordres du général russe Barclay de Tolly. Un nouvel allié, que la France surtout était loin de pouvoir compter parmi ses ennemis, arrivait aussi à Prague. Le 10 août, le prince d'Eckmùlh écrivait au prince major-général. « Monseigneur, une lettre que je reçois a l'instant d*e M. le baron Alquier méfait connaître positivement l'arrivée du général Moreau le G août à Elsinborg, sous les honneurs militaires. Le même jour il s'est mis en route pour Istadt, afin de rejoindre le prince royal de Suède à Stralsund. M. Alquier ajoute qu'on sait à Copenhague, de bonne source , que c'est sur les instances du prince royal que le général Moreau a été sollicité par les cours de Pétersbourg, de Londres et de Berlin. » L'arrivée du général Moreau au quartier-général des-alliés indigna l'armée et la France, et justifia le procès de i8o5. Dès ce jour, il ne put être douteux pouraucun Français, que le général, qui venait demander aux ennemis de la France des armes contre elle, n'eût, dix ans auparavant, conspiré pour la trahir. Cet ennemi manquait à la France et à Napoléon ; il venait de rompre son ban d'exilé pour reparaître en ennemi , et pour ne pas laisser Bernadotte porter seul le poids de l'accusation nationale. Le républicain Moreau fuyait la terre de la liberté pour siéger au conseil des rois armés pour la destruction de sa patrie! Il y eut dans cette détermination quelque chose
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d'insensé qui peut faire jeter sur un tel crime le voile de la pitié.
Le plan des coalisés était de profiter de l'avantage que leur donnait la position géographique dé la Bohème pour porter les premiers coups et les plus grands efforts dans le cœur de la Saxe, sur les derrières de l'armée française. Ce plan était bien conçu, et fut attribué au général Morcau.En conséquence , le général Blùcher dut rester en Silésie avec trois corps d'armée formant cent vingt mille hommes. Les autres corps, ceux du prince Gorzacolf, du prince Eugène de Wurtemberg et de Kleist, formant cinquante-huit mille hommes, et les réserves combinées sous les ordres du grand- 1 duc Constantin, marchèrent par la Bohème septentrionale pour se réunir aux corps de l'armée autrichienne, rassemblée déjà dans les environs de Prague. Cette jonction d'une partie de l'armée prusso-russe avec les Autrichiens , avait été décidée et préparée pendant les deux mois d'armistice avec une telle précision , que le mouvement eut lieu le 10 août, jour delà dénonciation. Toute cette armée se déploya entre AussigetKommotau , ayant sa réserve à Lowositz ; la réunion de ces forces présentait une masse de deux cent mille hommes sous les ordres du prince de Schwartzenberg, nommé généralissime. Il était, juste que le médiateur eût le premier rang dans cette guerre, et qu'il donnât pour chef aux alliés le générai
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qui avait le premier traité avec eux de la défection
autrichienne à Minsk, en 1812.
Le prince royal de Suède campa, le 14 août, son armée sur la Sprée et sur le Havel ; elle occupait Mûnchberg , Berlin , Brenienburg , Spandau , Brandebourg et Plauen. Six mille hommes furent laissés au blocus de Stettin : cinq mille à celui de Custrin, et neuf mille devant Magdebonrg.
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