ToME II
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nitive , qui sont prêts à se rendre soit à Prague, soit au lieu qui sera indiqué par les puissances belligérantes. Elle a pensé que la conclusion d'un armistice ou suspension d'armes entre les armées belligérantes, soit pendant la durée des négociations, soit pendant un temps limité, est propre à faciliter les moyens de s'entendre et à opérer un rapprochement si désirable. Sa majesté vous ordonne en conséquence de vous rendre au lieu indiqué par les plénipotentiaires nommés par l'empereur de Russie et le roi de Prusse ; là , vous neutraliserez une maison ou un village , qui d'un côté sera gardé par un piquet des troupes alliées, et de l'autre par un piquet des troupes françaises , et vous procéderez à la négociation et à la conclusion d'un armistice entre les deux armées , en prenant pour base la position qu'occupent les diverses armées au moment de l'échange des pleins-pouvoirs.
» Sa majesté vous autorise également à faire cesser sur-le-champ les hostilités sur tous les points. Vous trouverez ci-joint un ordre signé de moi , dont vous ferez faire autant de copies collationnées par vous qu'il sera nécessaire, et que vous enverrez à tous les généraux commandans des corps , par un officier, accompagné d'un officier russe, pour annoncer la suspension des hostilités , et ordonner que chacun se tienne en repos , jusqu'à la signature de l'armistice. Les
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généraux respectifs conviendront de se prévenir six ou douze heures avant la reprise des hostilités, si, ce que Dieu ne veuille, la rupture de l'armistice devait avoir lieu.
» Le présent ordre vous servira de pleins-pouvoirs que vous pourrez échanger contre les pleinspouvoirs dont seront munis les plénipotentiaires alliés de la part de leur général en chef.
» Recevez, monsieur le duc, l'assurance, etc.
» Le prince vice-connétable, major-général.
» Alexandre.
>> Ier. juin 1 8 1 3. »
La seconde lettre que Napoléon avait annoncée au grand-écuyer ne se fit pas attendre.
» Monsieur le duc de Vicence, je n'ai point de lettres de vous depuis celle de trois heures après minuit. Je vous ai réexpédié le même officier pour vous annoncer les pleins-pouvoirs du prince de Neufchàtel. Le prince de Neufchâtel vous a envoyé ses pleins-pouvoirs par un de ses officiers, et peu de temps après je vous ai expédié mon officier d'ordonnance Desaix avec une longue lettre de moi. Comme je vais monter à cheval , pour me porter sur la route d'Eisendorf , j'espère y trouver de vos nouvelles. Je désire être instruit sur-le-champ, aussitôt que vous aurez échangé vos pleins-pouvoirs et qu'on aura donné de part et d'autre l'ordre de cesser les hostilités.
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Vous sentez l'importa née que je sois instruit de cela, parce que, s'il n'y avait pas suspension des hostilités, il y aurait des dispositions militaires à faire pour la journée de demain. Je suppose aussi que si vous entendiez le canon du côté de Jaùer, vous m'en instruiriez. Actuellement que nous sommes bien en possession deBreslau, si l'on pouvait admettre Breslau en compensation de Hambourg , il me semble que cela finirait tous les différens et tout se trouverait arrangé. ïl faudrait avoir soin alors que la ligne de démarcation passât sur le couvent de Liegnitz, pour former une position militaire et passât à une lieue des deux petites villes de Goldberg et de Lowemberg. Il me semble que j'évacuerais un bien grand espace de pays depuis Breslau jusqu'à une lieue de Liegnitz pour compensation de Hambourg, qui peut-être dans ce moment est même dans ma possession. D'après les renseignemens que j'ai reçus , il parait que ce sont les Suédois, qui doivent se rendre du côté de Hambourg. Je vous recommande toujours de préparer quelque ouverture directe. Je désire la paix , je la désire solide, mais il faut quelle soit négociée et honorable. C'est spécialement sous ce point de vue que j'attache de Vimportance à un armistice. Je nai rien à vous répéh r sur la longueur de ï armistice ; je le voudrais de deux mois , ajin d'à-
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voit un temps raisonnable pour discuter et signer la paix. Sur ce , je prie Dieu , etc.
» Napoléon.
» Neumarck , le ier. juin i8i3, à trois heures après-midi.
» P. S. Je viens de recevoir les députés de Breslau. Le bourgmestre était à leur tête; il parait que les autorités principales sont restées dans la ville : elles en ont obtenu la permission du roi. Il serait fâcheux de perdre par l'armistice cette ville , à moins que ce ne fût pour terminer les affaires de Hambourg. »
Les deux lettres de l'empereur à son plénipotentiaire, et surtout la première, qui se ressent d'une dictée rapide et de cette expression si vive , que les choses qu'il dictait lui-même donnaient à ses paroles, prouvent clairement, que de cette négociation toute militaire dont les alliés qualifiaient celle de l'armistice, Napoléon cherchait à faire une négociation toute politique. La défense des plénipotentiaires alliés fut à cet égard aussi vive que l'attaque ; mais ils avaient affaire à un esprit d'une trempe toute particulière , à un caractère qui se grandissait par les difficultés même qu'il faisait naitre , et qui loin de croire au découragement de ceux qu'il semblait devoir fatiguer par l'expression de ses volontés, prenait d'autant plus de confiance en lui-même, qu'il avait peutêtre plus de certitude de leur opposition. Ainsi
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quoiqu'une armée russe et suédoise combinée fût en marche pour défendre Hambourg et menacer les villes anséatiques et la puissance danoise , Napoléon argumentait avec l'inspiration du succès pour que la trente-deuxième division militaire lui fût rendue, et par l'inspiration d'une politique généreuse pour son allié le roi de Danemarek, il désirait que son plénipotentiaire trouvât le moyen de faire comprendre la Norwége dans l'armistice. Napoléon ne s'attachait point, dans ses réponses aux dépèches très - détaillées que lui adressait exactement son plénipotentiaire, à réfuter toutes les objections des alliés; il n'en saisissait que quelques-unes, qui heurtaientplus directement et plus vivement sa pensée : quant aux autres , au lieu d'y répondre , il faisait connaître à son plénipotentiaire ses intentions sur d'autres objets et lui prescrivait de les présenter aux conférences. Il voulait dominer et il dominait réellement cette négociation par la marche naturelle de son caractère et de son esprit.
Cependant deux points étaient fort remarqua-' blés dans les envois que le duc de Yicence avait reçus le icr. juin; c'étaient d'abord, dans les pleinspouvoirs, le silence absolu de Napoléon sur la médiation de l'Autriche. C'était ensuite les derniers mots de la seconde lettre au duc de Vicence : Je vous recommande toujours de préparer quelque ouverture directe. Je désire la peux , etc. Il était
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donc positif pour le duc de Vicence que Napoléon ne voulait traiter qu'avec la Russie secrètement, et refusait toute intervention autrichienne , parce qu'avec raison il regardait déjà l'Autriche comme une portion de la ligue du Nord. C'était donc avec le chef de cette ligue qu'il voulait s'entendre, sans passer par un intermédiaire dont la partialité n'était plus douteuse. Mais cet intermédiaire insupportable à Napoléon était la condition sine quel non des alliés.
Aussitôt la réception des ordres de l'empereur, le duc de Vicence avait communiqué aux plénipotentiaires alliés les nouvelles propositions dont il était chargé , et le même jour il écrivit à l'empereur qu'elles avaient été toutes refusées, et que les plénipotentiaires n'avaient cessé de lui répéter qu'ils 7i étaient pas diplomates et quils ne pouvaient répondre à aucune question hors de la. ligne militaire de Varmistice. Ainsi la proposition de comprendre Breslau et Hambourg dans la cession à faire pour l'armistice était déclarée absolument inadmissible. On n'accordait qu'un mois pour l'armistice, et six jours pour la dénonciation. . . L'échange des pleins-pouvoirs avait eu lieu par pure condescendance des alliés, qui avaient rejeté la forme de ceux du duc de Vicence, et on était convenu de neutraliser un village, celui d& Plesswitz, pour les conférences.
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