Tome II. ao
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la ville, il peut par conséquent employer toutes les troupes sur les deux ailes. La jeune garde a l'honneur de la première attaque. Le maréchal Ney, avec les deux divisions Decouz et Roguet, débouche par la porte de Plauen sur la gauche de l'ennemi; en même temps, le maréchal duc de Trévise sort par la porte de Pirna avec les divisions Dumoustier et Barrois , et attaque l'aile droite. Le roi de Naples , avec la cavalerie de la garde et celle de Latour-Maubourg, est chargé de pousser l'ennemi sur la route de Wilsdruf.
Ces attaques simultanées ont un plein succès. En un moment la face des affaires est changée. La redoute de Freyberg est reprise : le général Gros y est blessé d'un coup de baïonnette. L'ennemi se retire de toutes parts. Les Français ont repris les positions qu'ils occupaient le matin; les Autrichiens sont rejetés sur l'Obda, Plauen et Rocknitz; les Prussiens, chassés du grand jardin, sont ramenés, la baïonnette dans les reins, surGruna et Strehlen. La nuit met fin aux combats. La perte de l'ennemi peut être évaluée à cinq mille hommes tués et deux mille prisonniers, celle des Français est de trois mille hommes. Les généraux delà garde Dumoustier, Boyeldieu, Tyndalle et Combelles , sont au nombre des blessés.
De part et d'autre, la nuit se passa à faire des dispositions pour le lendemain. Le temps était affreux, la pluie tombait par torrens ; les deux ar-
mées couchèrent dans la boue et dans l'eau. Napoléon dispose ainsi son armée : il donne au roi de Naples le commandement de son aile droite, formée avec le ♦deuxième corps , qui se déploie devant l'Obda, appuyant sa droite à Kosa, et avec la cavalerie de Latour-Maubourg, placée en réserve en avant du faubourg de Friedrichstadt. Le centre, commandé par Napoléon en personne, est composé des sixième et quatorzième corps : le premier est placé à cheval sur la route de Dippoldiswalde, s'étendant jusqu'aux maisons rouges, et le second se déploie en arrière de Strehlen, et occupe le parc. Les grenadiers et chasseurs à pied, et la cavalerie de la garde, sont en réserve un peu à droite des maisons rouges. L'aile gauche, sous les ordres du maréchal Ney, composée des quatre divisions de la jeune garde, est en bataille entre le parc et l'Elbe , appuyée par le quatrième corps de cavalerie placé en avant dEngelhardtz. Le prince de Schwartzenberg , malgré le mauvais succès de sa tentative sur Dresde, compte ses troupes et accepte avec joie la bataille pour le lendemain ; il déploie son armée dans la plaine et sur les hauteurs où elle s'est repliée la veille. Le corps russe deWittgenstein s'étendait depuis l'Elbe jusqu'à la chaussée dePirna. Le terrain compris entre cette route et le village de Strehlen est occupé par le corps prussien de Kleist. Le corps autrichien de Coiloredo remplissait l'intervalle de ce village b
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Ilocknitz. Les troupes du marquis de Chasteler s'établissent sur la ligne de Rocknitz à Plauen, et la division. Bianchi en réserve derrière ce village. Les grandes réserves russo-prussiennes sont derrière Strehlen. L'aile gauche, s'étend loin du vallon de Plauen, au delà de la petite rivière deWesseritz, et le corps de Giuiay, jusqu'à Wolfnitz. L'infanterie légère du général Metsko se prolonge dans la direction de Priesnitz ; elle forme l'avantgarde du corps de Klenau , qui doit arriver par la route de Freyberg. Le retard que ce corps éprouve dans sa marche laisse cette aile gauche sans appui , forme un vide dans la ligne de l'armée combinée, et l'empêche de s'étendre jusqu'au Bas- Elbe.
Ordre du in août.
« Ordre à toute la cavalerie , celle de la garde exceptée , de revenir sur ses pas , de traverser la ville, et daller se réunir dans les faubourgs de Friedrichstadt : le roi de Naples en prendra le commandement. Il lui est prescrit de faire un grand mouvement sur laile gauche de l'ennemi, de le déborder , et de chercher à lui couper toute retraite par la route de Freyberg.
» Ordre au maréchal Victor, duc de Bellune, de se placer, avec son corps d'armée, en avant des barrières de Freyberg. Il attaquera de front, avec toute son infanterie, les ligues autrichiennes , que le roi de Naples essaiera de tourner.
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» Ordre au duc de Iiaguse, maréchal Marmonl, de s'établir, avec son corps d'armée, au centre de notre ligne de défense , entre les barrières de Dinpoldiswalde et de Dohna, au pied des collines de Rocknitz : les réserves de l'artillerie et de la garde seront placées sur ce point.
» Ordre au maréchal Saint-Cyr de réunir son quatorzième corps autour du grand jardin.
» Ordre enfin au prince de la Moscowa et au duc de Trévise de déboucher sur la route de Pirna, avec les quatre divisions de jeune garde. Le général Nansouty , qui commande la cavalerie de la garde , soutiendra l'infanterie j ils s'empareront vivement de l'offensive, et feront de ce côté la même manœuvre que le roi de Naples va exécuter sur l'aile opposée. »
Cet ordre est exécuté dans la nuit du 26 au 27. Le 27 , à la pointe du jour , les deux armées sont en bataille et prêtes à en venir aux mains. Un coup d'œil suffit à Napoléon pour voir la position défectueuse de l'aile gauche ennemie , et tout ie profit qu'il peut en tirer. Les tirailleurs s'engagent sur toute la ligne. A sept heures , la canonnade commence sur tous les points; à neuf heures , le deuxième corps s'avance de front sur celui de Giulay , tandis que le roi de Naples , avec la cavalerie de Latour-Maubourg, débouche au-dessus de Kosa , et charge en liane la division Metsko. Les cuirassiers français, avec une rare bra-
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voure, chargent les divisions de Giulay, et les aeculent sur la Wesseritz, pendant que la gauche du deuxième corps occupe le vallon et la partie du village dePlauenqui est à gauche de la rivière, et coupe toute communication entre le centre et l'aile gauche. Napoléon, instruit du succès de sa droite, fait redoubler la canonnade au centre, et manœuvrer ses troupes et la cavalerie de la garde pour occuper toute l'attention de Chasteler, et l'empêcher de secourir l'aile gauche. A l'aile droite, la jeune garde gagne du terrain, fait reculer le corps de Wittgenstein , et le pousse sur Blasewitz. De toute part l'ennemi rétrograder il évacue successivement les différentes positions. Malgré l'arrivée du corps de Klenau, qui débouche enfin par Kohlsdorf , le généralissime instruit que ses deux meilleures communications, la route deFreyberg et de Pirna, sont menacées par le roi de Naples et le général Vandamme qui poussait devant lui le général Osterman , ordonne la retraite en Bohème; il juge sa position trop mauvaise pour risquer une seconde bataille, maigre la grande supériorité numérique de son armée. A l'entrée de la nuit , l'armée alliée est en pleine retraite sur trois colonnes, se dirigeant par Furstenwald , Marienberg et Astenberg , sur Tœplitz. Dès le matin, les Français se mettent à sa poursuite dans toutes les directions. Cette bataille coûte à l'ennemi prés de trente mille hommes,
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dont dix à douze mille prisonniers, vingt-six pièces de canon et dix-huit drapeaux. Il eut aussi plusieurs généraux tués et blessés; le général Metsko fut fait prisonnier avec presque toute sa division. Le général Morcau eut les deux jambes emportées par un boulet, et mourut quatre jours après à Lahn , en Bohème. Ce boulet était parli des batteries de la garde. C'était une singulière justice du sort, défaire périr Moreau par celui qui l'avait proscrit. Tué sous les yeux et pour la cause de l'empereur de Russie et du roi de Prusse, par un boulet de la garde de Napoléon , Moreau aura à jamais dans l'histoire le triste privilège d'une immortalité particulière. La brave cavalerie de Latour-Maubourg se couvrit de gloire ; c'est à elle qu'est dû en grande partie l'honneur de cette dernière journée de la fortune française en Allemagne. Napoléon continue son mouvement îe 28 , poussant les différens corps qui couvraient la retraite. Le 29 , le roi de Naples arrive à Lichtenberg , le duc de Raguse à Falkenhayn, et le maréchal Saint- Cyr à Reinhardsgrimma. Napoléon se disposait lui-même à prendre la route de Pirna avec sa garde à pied et à cheval , lorsque les nouvelles arrivées de la Silésie le firent, changer d'avis ; il crut sa présence plus nécessaire sur les bords du Bober que sur les rives de l'Elbe.