M. DROVETTI
« Jusqu’à présent, j’ai parlé de nos consuls dans le Levant avec la « reconnaissance que je leur dois; ici, j’irai plus loin, et je dirai que j’ai « contracté avec M. Drovetti une liaison qui est devenue une vérita- « hle amitié. M. Drovetti, militaire distingué, et né dans la belle Italie, « me reçut avec cette simplicité qui distingue le soldat, et cette cha- « leur qui tient à l'influence d’un heureux soleil 2. »
Ainsi s’exprime l’immortel auteur de l’ Itinéraire; ainsi disait le comte de Forhin ; ainsi pourrions-nous dire, nous tous qui avons passé sur les rives du Nil si longtemps habitées par notre habile et excellent consul. 11 fut l'ami fidèle de Méhémet-Ali, et présida aux débuts de son élévation et de sa puissance. Il fut l’explorateur le plus infatigable et le plus heureux de l’antiquité égyptienne. Et quand, retiré dans sa silencieuse patrie, près de ces monts neigeux, aux pieds desquels il combattit pour nous, M. Drovetti tourne encore ses regards vers l’Orient tel qu’on nous l’a fait, il soupire comme nous aujourd’hui, en voyant s’éteindre la haute influence politique que nous devions à nos armes, et la prépondérance religieuse qu’avaient fondée saint Louis el François Ier.
Un mot encore. Peu de temps avant de quitter la terre orientale et ses fonctions, M. Drovetti voulut rendre à la France un dernier service, et quel service! . Par son organe, le vice-roi d’Egypte offrit
JovU.feuif£î
au gouvernement français de s’emparer seul, avec cette môme armée qui devait plus lard camper sur le Taurus, de la province d’Alger, de tout le littoral africain, et d’exterminer la piraterie dans la Méditerranée... Dieu, dans ses sévères et immuables décrets, ne permit pas que la voix qui venait de l’Égypte lût entendue !