PRISE DU COUVENT DE TERRE-SAINTE
Du haut de ce pieux belvédère où les Religieux de Terre-Sainte veillent sur la mer qui leur apporte d’Europe leurs frères de pèlerinage , et sur la route de Nazareth qui mène ces mêmes pèlerins à Jérusalem, le regard distingue au loin le Liban , dominateur de toute cette riche Palestine, dont Saint-Jean-d’Acre est le centre et la clef. Tout près du saint asile, on aperçoit les bains et le sérail du voluptueux Abdallah , dernier pacha à demi indépendant de Ptolémaïde ; puis les rues étroites et les khans de la ville; enfin ses remparts, plus célèbres encore pour avoir résisté, dans l’autre siècle, à l’armée française, que pour avoir cédé, dans celui-ci, aux assauts des Égyptiens et des Anglais.
Telle est la cité des croisades, qui subit tant de sièges et attira tant de guerriers à la conquête de la tombe divine, dont elle garde une avenue. Reine de la Palestine, elle brilla dans les temps de vaillance et de foi, époque de chevalerie oubliée, dont nous lisons les annales sans mettre à profit les enseignements.
« En disparaissant des monarchies modernes, dit Victor Hugo, la « merveilleuse institution de la chevalerie y a laissé l’honneur comme « une âme : l’honneur, cetînstinct de nature qui est aussi une su- « perstition de société; cette seule puissance dont un Français sup- « porte patiemment la tyrannie ; ce sentiment mystérieux inconnu aux <( anciens justes, qui est tout à la fois plus et moins que la vertu1. »
Et cependant, comme pour nous presser d’imiter nos ancêtres, la fortune vient de ménager à notre siècle l’occasion d’une nouvelle et dernière croisade. Jérusalem a pu être affranchie, et le Saint-Tombeau délivré, !
« Ah! se il plasoit à notre tressainet Père le Pape de Rome ( car
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Vue de Damiette prise du haut de la Mosquée.
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à Dieu pleroit-il bien), que li Prinches terrien fuissent de bon acort, et avec eeux aucune de lor communes, volsissent prendre la « crois et entreprendre la Saincte-Voieage oultre mer, je cuide estre « bien certain qu’en brief temps, seroit la terre de promission « réconcilyée, et mise ès mains de notre mère saincte Église L »