‹ Portefeuille du comte de Forbin, directeur général des musées de France, contenant ses tableaux, dessins et esquisses les plus remarquablesChapitre 20 sur 48 · JAFFA · texte numérisé non relu

JAFFA

« Joppé, cent fois détruite et cent fois rebâtie,

« Joppé, môle célèbre où les peuples d’Ophir « Portaient à Salomon la pourpre et le saphir. »

Barth. et Méry. Napoléon, c. 6.

Jaffa, l’antique Joppé, a une renommée pour toutes les époques. « Bâtie avant le déluge, » ainsi disent Pline et Pomponius Mêla, « elle repose sur une colline défendue de la mer par un rocher où l’on « montre l’anneau et les fers d’Andromède.» Ceci est de la Mythologie.

A Joppé, débarquèrent les cèdres descendus du Liban à la voix d’Hiram pour construire le temple de Jérusalem. De- là le prophète Jonas partit pour la Cilicie; de là s’échappèrent, après le miracle de saint Pierre, Madeleine, Marthe et Lazare. Tels sont les souvenirs bibliques.

Dévastée d’abord parVespasien, Joppé fut ensuite occupée par Omar; puis, prise et reprise par les Croisés et les Sarrasins, elle devint le comté de Japhe, pour redevenir le pachalik de Jaffa. Voilà de la grande histoire; passons aux annales modernes.

Réduite à un château et à quelques grottes, Jaffa se repeupla bientôt aux dépens de ses voisines ; elle soutint des sièges plus nombreux que longs pendant les guerres de Daher, et fut emportée d’assaut par les Français en 1798.

Maintenant, avec ses jardins toujours verts, ses bosquets de bananiers et de palmiers, ses fruits odorants, et ses limpides fontaines, Jaffa

aux écueils dangereux, aux rues sombres et tortueuses, n’est plus qu’une ville sans renom, pleurant sur ses propres ruines. Esclave dédaignée, elle baisse sa tête chargée de corbeilles de fleurs, et languit, triste et solitaire, à la limite du désert.

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