RAMLÉ L’ANCIENNE ARIMATHIE
Ramlé est la halte obligée du pèlerinage, et sépare en deux parts presque égales l’espace inhabité qui s’étend entre le port de Jaffa et les murs de Jérusalem. Elle est située à une extrémité de cette longue plaine de Saron qui touche aux sables de Gaza, et aux solitudes de Césarée : après elle viennent les collines pierreuses, et les ravins sans arbres et sans eaux qu’on appelle Vallée de Judas. Mais, dans ce vestibule du désert, croissent, au milieu des champs les plus fertiles, les plus hauts palmiers deJ’Idumée, et des forêts de grenadiers et de figuiers.
Là, attirées et grossies par la merveilleuse fécondité du sol , deux villes ont pris place l’une à côté de l’autre, divisées par des remparts de nopals.
La première, Lydda, l’antique Diospolis, .cité des temps [historiques : la seconde, Ramlé, l’ancienne Arimathie, aux bibliques souvenirs, patrie du pieux Joseph, où la maison de Nicodème, [acquise par Philippe[le Bon, duc de Bourgogne, offre encore aux pèlerins fatigués une bienfaisante hôtellerie et un saint asile.
Le dessin de M. de Forbin donne une ifiée parfaitement exacte d’Arimathie, et de sa riche végétation. C’est à propos de cette esquisse et de certains autres traits aussi fidèles que madame de Vintimille lui écrivait :
« Vos dessins ont l’avantage de communiquer à la personne qui les « regarde l’enthousiasme que vous avez ressenti vous-même en les « traçant ; et je défie les voyageurs en Orient d’avoir, après bien des « fatigues, mieux vu que moi, ce que votre portefeuille m’en a mon- « tré sans me faire quitter mon fauteuil. »
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