‹ Portefeuille du comte de Forbin, directeur général des musées de France, contenant ses tableaux, dessins et esquisses les plus remarquablesChapitre 33 sur 48 · ENTRÉE DU BAZAR A ATHÈNES · texte numérisé non relu

ENTRÉE DU BAZAR A ATHÈNES

« 0 Hellènes, « disait aux Grecs un de leurs modernes etde leurs plus élégants poètes, « vous êtes les fils ardents du soleil méridional, vous « êtes la race spirituelle de : la Méditerranée, pourquoi donc vivez- « vous au milieu de vos ruines, immobiles et muets comme les statues < antiques de votre patrie 1 ? »

Ces cris de liberté ont retenti au loin. Le temps a marché : ces Turcs qui en 1817, reposaient nonchalamment dans le Bazar d’Athènes, et qui sont les principaux et graves auteurs de la paisible scène développée sous nos yeux, ont fait place à ces Grecs à la tête nue, relégués dans un angle du kiosque oriental. Les descendants d’Osman parés du turban asiatique, et même ce derviche hurleur, reconnaissable à sa face amaigrie et à sa ronde coiffure, ont fui enfin devant les enfants de Périclès.

« Venez à l’Agora, maintenant le Bazar, me disait M. Fauvel, c’est « la même chose qui seulement a changé de nom; c’est encore là que « sont les boutiques, mais vous n’y rencontrerez plus ces marchandes « d’herbes dont Alcibiade craignait les railleries, et qui firent rougir « Théophraste de.ii’ être pas athénien.... Voyez-vous, ajoutait-il, cette

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tour carrée à horloge, neuve, massive et sans grâce, qui domine le marché? Elle vient d’être élevée par lord Elgin, comme une espèce d’amende honorable de ses rapines. Ne semble-t-il pas plutôt que chaque heure qui sonne, doit les rappeler 1 ? »

C’est, en effet, derrière ces pampres et cette fontaine, que le moderne Àlaric, victime des mordantes épigrammes de lord Byron, avait en expiation de ses sacrilèges entreprises contre le temple de Minerve fait dresser un clocher : Monument ignoble et de triste mémoire, que les Grecs ont déjà sans doute balayé du sol classique de leur Agora.

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