‹ Portefeuille du comte de Forbin, directeur général des musées de France, contenant ses tableaux, dessins et esquisses les plus remarquablesChapitre 35 sur 48 · CHEMIN DE JÉRUSALEM A LA MER MORTE · texte numérisé non relu

CHEMIN DE JÉRUSALEM A LA MER MORTE

Le pèlerin qui va de Jérusalem à Jéricho, après avoir traversé le Cédron et dépassé les oliviers de Gethsémani, arrive à Béthanie, patrie de Lazare, où il ne trouve plus d’arbres, mais encore quelques fleurs sauvages arrosées par la fontaine des Apôtres; puis, il atteint le désert où finit toute végétation.

. . . La terra intorno è nuda d’ erba

E di l'ontane stérile, e di rivi ;

Né si vede fiorir lieta, e superba D’ alberi, tare schermoai raggi estivi. 1

Là, commence l’empire des tribus voleuses; c’est dans ce lieu au sang, Adomim, que l’Évangile place la touchante parabole du Samaritain. Et, quelle solitude, en effet, peut mieux favoriser les entreprises des Arabes! De petites collines séparées par des gorges étroites, s’élevant en étages comme des forteresses naturelles; des espèces de tours de craie durcie aux rayons du soleil ; des grottes creusées par le temps dans un sable solide, et dominant la route! Les soldats turcs euxmêmes n’y passent qu’en tremblant, après avoir visité leurs pistolets, et pris en main le long roseau de l’Euphrate qui leur sert de lance.

C’est un de ces défilés redoutables que le crayon du voyageur a dessiné, en animant de sa présence et de celle de son escorte ces ravins éternellement arides.

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