LE PONT D’AVIGNON
Le pont d’Avignon , et le pont du Saint-Esprit construit un siècle après, furent longtemps, de Lyon à la mer , les seuls vainqueurs d’un fleuve réputé indomptable. A en juger par ses débris, celui-ci, moins long peut-être que son rival, était d’un style plus hardi et plus noble; ce pont fut presque entièrement ruiné en 1660. De ses dix-neuf arches il n’en reste plus que cinq; mais sur l’une d’elles on admire encore la petite chapelle dédiée à saint Benezet, berger delaMaurienne, quien est à la fois, dit la chronique, le maçon, l’architecte et le patron. Frappé du danger que présentait le passage du Rhône, ce Saintrésolut d’établir à Avignon un pont sur le fleuve, et mille légendes miraculeuses qui ont accompagné l’origine de cette construction, lui ont aussi survécu.
M. de Forbin ne revoyait jamais sans un vif plaisir ces ruines du pont d’Avignon qui lui annonçaient sa chère Provence ; et l’esquisse que nous en donnons ici est une de celles où il a le mieux retracé le caractère de l’architecture du moyen âge.
« Dans vos dessins, » lui écrivait M. de Coupigny ( auteur de romances si remarquées à une époque où on exigeait de la romance sinon une action, tout au moins un sens), «je trouve l’intérêt d’un al- « bum complet; et le talent du peintre embellit les souvenirs les plus « variés. Sur ces terres classiques de l’histoire, de la religion et des « arts, tous vos sentiments sont d’un homme de goût : et vous savez
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