UNE BASTIDE EN PROVENCE
Il s’en faut de beaucoup que toutes ces petites maisons connues sous le nom de bastides, disséminées entre Aix et Marseille, et surtout celles qui se groupent autour de la ville reine du commerce de l’Orient, aient l’apparence pittoresque si remarquable dans la bastide qui est sous nos yeux. Celle-ci même sort du genre commun, et par sa terrasse et sa situation, se rapproche un peu du casino italien. Je me figure d’ailleurs qu’elle domine la route de Nice, route qui rappèle les merveilles de Gênes et y conduit par l’élégante avenue de la Corniche.
Au reste, les fils de la Provence ne sont pas les seuls à aimer leurs prairies petites, mais si vertes, leurs arbres rares, mais si beaux, enfin leurs roches devenues si fertiles; les dessinateurs de tous les pays y distinguent encore bien des traits dignes de leur crayon; et le naturaliste y retrouve avec joie tout près des marbres brillants et variés des montagnes, les plantes les plus parfumées, le pin maritime à qui suffisent quelques pouces d’une terre rougeâtre, les robustes yeuses, et tous ces arbustes croissant dans les fentes des rochers qui gardent si longtemps leurs feuilles sous cette heureuse température.
foÛJfkMiït ^ GU,e %vS
ïâ
pca
Le C*
Forbiu p\Tix.
PttLlu par ûfazUanuf fl & ’flUaye
Victor Petit del
m S mm k
Je m’en souviens, dans ces bocages «où l’hiver indulgent attiédit son « haleine. » J’ai vu le lilas trompé par le soleil fleurir en décembre, etlacassie odorante se couvrir d’autant de houppes jaunes qu’à Naples.
« . O vallon fortuné !
« Tel j’ai vu ton coteau de pampres couronné,
« Que la figue chérit, que l’olive idolâtre ,
« Étendre en verts gradins son riche amphithéâtre. »
Delille.