‹ Portefeuille du comte de Forbin, directeur général des musées de France, contenant ses tableaux, dessins et esquisses les plus remarquablesChapitre 47 sur 48 · LE CLOITRE DE SAINT- SAUVEUR A AIX · texte numérisé non relu

LE CLOITRE DE SAINT- SAUVEUR A AIX

Saint-Sauveur, antique église, dont le bon roi René fut nommé cha noine.

J'ai lu quelque part que Charles-Quint entra à cheval dans l’église de Saint-Sauveur, accompagné de sa cour et des chefs de son armée, que le chapitre le reçut avec les honneurs dus au rang suprême, et lui lit présent d’une statue de la sainte vierge, en argent, dont l’empereur avait admiré le travail.

Enfin, Marie de Médicis fut reçue dans cette même église, le 16 novembre de l’année 1600; et pendant que l’archevêque conduisait la reine au trône préparé pour elle, le maître du chœur, par une allusion plus galante que canonique , chanta l’antienne Speciosa facta es et suavis : « Vous avez été créée belle et pleine de douceur. »

Voilà ce que je sais de l’église; voici ce que disait du tableau un critique anonyme qui, à son style et à la justesse de son appréciation, passa pour M. Gustave Planche.

« La vue intérieure du cloître de Saint-Sauveur, à Aix, est vrai- « ment remarquable, on voit tout d’abord qu’on est dans un pays « chaud : partout ailleurs cet espace étroit et renfermé entre de hautes murailles serait humide, noirci, verdâtre; là, tout a une apparence de sécheresse. Les ombres sont transparentes, les demiteintes lumineuses. Il y a sous un citronnier une fontaine qui raffraîchit l’air sans tremper le sol ; les constructions n’ont rien de dégradé ni de mousseux; la lumière est claire, pénétré partout, illu—

mine les derniers recoins. Cependant les plans sont distincts, le champ du tableau a toute la profondeur de l’espace : il y a là des difficultés de métier dont ne se doute pas le vulgaire des spectateurs, et qui sont vaincues sans que l’effort paraisse. »

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