‹ Portefeville de mil huit cent treizeChapitre 19 sur 34 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

€o Ogres dé Prague. — - Dëdaration de gaeirede i'Âutrichg à la France. •— Correspondance de Napoléon.

La découverte de la conspiration de Reicheiobach .^ . mise en œuvre à Tracheiliberg et à Péterswaldad^ avait enfin déchiré le voile qui dérobait encore aux yeux de Napoléon la perfidie de la maison d'Autriche, Ce prince en avait manifesté le ressentiment au comte de Metteraieh et avait ainsi y par un imprudent outrage^ placé tout à coup le ministre du médiateur dans une hostilité légitime vis-à-vis de lui. A la suite de cette conférence de Dresde , où Napoléon n'avait eu pour réponse que le silence de M. de Metternich, l'acte de médialion avait eu lieu. Par cet acte , l'alliance avec l'Autriche avait été détruite. Cet acte lui-même n'était qu'un faux matériel entre les deux puissances ; car, d'un côté, il était pour l'Autriche et ses nouveaux alliés là véritable garantie, le moyen authentique des engagemens secrètement contractés, et de l'autre. Napoléon, peu de jours après, gardait un silence absolu sur le médiateur, dans les pouvoirs de ses plénipotentiaires de Prague, ain^i qiji'il l'avait fait, et alors avec raison.

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dans ceux de ses plénipotentiaires de Plesswitz. Cependant c'était l'acte de médiation qui faisait ouvrir le congrès, dont la convocation était un article de cette convention, A chaque pas le cercle devenait plus vicieux, et les difficultés naissaient des stipulations. Les alliés voyaient et dé-> elaraient voir un arbitre dans le médiateur» Napoléon ne lui accordait que l'influence d'un couciliatdur désintéressé. Les intérêts opposés le voulaient ainsi. Les alliés l'emportèrent : car ils se tinrent toujours sur la ligne que le plan de campagne politique, arrêté à Trachemberg, avait établie. Us venaient d'eu donner une preuve jHés^ agréable à Napoléon dans la négociation de Neumarck, où ils n'avaient pas craint de déclarer, après un retard passablement injurieui:^ qu'ils ne conseiitaient k la prolongation de l'armistice , que par l'effet de leur condescendance pour l'Autri** che. L'Autriche ainsi placée ne perdit pas un moment pour faire sentir à Napoléon qu'il n'était plus pour elle qu'un client, attendant les décisions d'un arbitre. M. de Metternich se souvint ,de l'injure de Dresde. Par la convention du 3a juin, qui avait prolongé l'armistice au lo août, la réunion des plénipotentiaires avait été fixée au 5 juillet. Le 5 , M. de Metternich avait proposé que la réunion n'eût lieu que le 8. Le 8, il l'avait ajournée au 12. Ainsi, sur les trente-cinq jours, §ur ce faible espace de temps donné pour stipuler

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Ae la paix de TEurope, le ministre du médiateur en avait arbitrairement retranché sept. Leg, le' comte de Narbonne , ambassadeur près la cour de Vienne^ et plénipotentiaire au congrès /était allé se mettre à la disposition de l'empereur d'Autriche et de son ministre. Celui-ci avait répondu que son maître était incognito et en fààiille dans son château de Brandeis^ et que M. de -Narbonne était bien placé àPragjie. Alors le comte de Narbonne continua à Prague sa mission , et demanda les réponses aux questions convenues. Dans l'intervalle eut lieu la négociation de Nèu- 'inarck, où les alliés ne voulaient proroger l'armistice que jusqu'au 4 août; et, ce qu'ils voulaient encore , ce fut l'arbitrage de l'Autriche , qui le fit proroger jusqu'au lo^ Cette affaire deNeumarck, difficulté créée à dessein par les alliés pour prendre encore sur le temps accordé pour la paix dont ils ne voulaient peint, traîna en longueur jusqu'au 25 juillet. Il était donc impossible^ avant que le terme de l'armistice ne fût décidé, de constituer légalement les plénipotentiaires dans leur mission. M. de Narbonne reçut cependant ses pouvoirs et s«s instructioiis datés du 21^ ; et d'ailleurs , en sa qualité d'^ambassadeur, il avait titre suffisant pour négocier au moins avec le ministre de la puissance près laquelle il était accrédité. Mais son séjour à^ Prague, depuis le 9 juillet jusqu'au 29, date de h première note de M. de Metternich aux pléni-

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potenilaires fr^inçais ^ avait été totalement inutile et comme incon)[iù des plénipotentiaires russes et prussielis qui arrivèrent le 12, trois jouts après M* de Narbonne. Le retard de l'arrivée 4u duc de Vieence, qui ne put partir de Dresde que le ^, avait ^é motivé par le duc de Bassano au comte dé M etternich , sur ce que le grand^uyer remplissait eaeore auprès de Tempereur^ depuis la mort du duc de Frioul^ les fonctions de grand-* maréchal. On était donc au 2Q juillet. Oii avait perdu ^ depuis le 5^ vingt--quatre jours. Il n'en restait plus que ^us^e ponr décider de la paix dU monde.

Telle est scœimairement la première époque du* congrès de Prague.

D'après cet état de choses^ il' n'y avait aucun prétexte plausible pour se jouer ainsi de l'Europe en ouvrant le congrès de Prague ^ qiii s'aimonçait pour n'être qu'une chambre ardente^ oèu deux partis exhaleraient une haiûe qui lie p)ûrrait éitre satisfaite que par un cpmbat à outrance. Napoléon fut mal inspiré, quand il proposa l'ar-^ mistice après Lutzen; il le fut bien plus mal, quand, après Wurschen, il n'eut pas la pensée de le refuser à l'intervention dangereuse de M. de Stadion. II eut aussi une illusion bien étrange, quand il crut qu'il pourrait traiter séparément avec l'empereur Alexandre , et qu'une mission au quartier - général russe partagerait le monde en

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deux. Mais son génie Favait bien concilié ^ après tant d'inutiles avances faites pour la paix , quand il s'obtinaît à refuser d'accepter k médiaticwÉ de rAutriehe. Ce refus, dont l'opiniâtreté fut blâmée alors, étaîï le grand secret d'une iiaute pensée. Ce refus enlevait à l'Autriche le titre que hiî avaient préparé ses eniiemis. Il em^ péchait cette puissance d'être l'arbitre de la paix ou (^ }a guerre. Il épargnait à la fierté de Napo léon de Jirendre une place de victime daiis une conspiration, dont cette médiation était contré lui le gage oifieiel. Il savait bien que, depuis la trêve de Hesswitz , les provinces autrichiennes voisines des tentes ennemies servaient de magasins et de ^ssage aux troupes qu'elles attendaient. A IKresde , désabusé qu'il' était sur la possibilité de la paix par les dispositions signalées aux confé^ renées de Plesswitz , il eût été de sa grandeur de suivre toute l'impulsion de sa volonté , de rompre cet infidèle armistice, où se cachait, depuis la lettre de M. de Stadion le pacte des trois pttissaâces, de s^en rapporter à l'aétive correspondance du Comte deNarbonne , qui , en huit jours, 1» arait révélé les intelligences de l'Autriche avec la Russie , la Prusse et l'Angleterre , et enfin de monter à cheval, après avoir demandé à M. dé Mèltepnich, combien t Angleterre lui aidait pro^ mis pour lui faire lu guerre !

Il était impossible de revenir de part et d'autrq

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sur une semblable parole ; et, malgré Fespèce de correctif qu'avait pu lui donner le ton avec lequel elle fut proférée , et cette sorte de coquetterie de repentir qui adoucit la suite de la conversation , Napoléon ne pouvait croire que cette parole fût tombée dans un terrain stérile : il devait donc rompre alors pour l'armistice et non pour la négociation.

Cette conduite eut épargné à l'Europe le ^ectacle, et à l'histoire le récit decettedétestable machination, qui donna le nom sacré de congrès, de réunion pour la paix , aux préparatifs d'un nieurtre, où pendant sept mois coula le sang de trois à quatre cent mille hommes. Et qui sait si le refus de la médiation autrichienne n'eût pas rendu ce meurtre moins sanglant? Qui sait si l'Autriche, malgré les engagemens qui faisaient dire à M. de Metternich, qu'elle ne pouvait plus rester neutre , n'eût pas trouvé dans son intérêt de bonnes raisons, et dans sa mémoire plusieurs exeipples, doQt un bijen récent, ppurêtre, dans cette guerre encore obligée , une alliée presque invulnérable? Le Tugendbund prussien se recrutait en Allemagne des universités ^ mais l'Autriche se recrutait des cabinets, et elle avait deux cent mille hom. mes sous les armes. Elle était dpne, en tout état decai)se,.la modératrice nécessaire des événemens, de ceux même d'une guerre acharnée. Elle était, iiiévilable aux deux partis. Elle pouvait toujours

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choisir sa victime , ou arrêter le char de la destruction des hommes. Mais, sa médiation une forai reconnue par la France , elle était entraînée dans la carrière, où elle s'est précipitée. Cette condition concpiise sur l'opiniâtreté pleine de raison de Napoléon , fut le piège le plus habile et le plus fatal que la politique anglaise , cachée à Prague sous un habit de voyage, ait tendu à l'indécision de l'Autriche et à la confiance de Napoléon dans son influence sur son beau-père. ^

Une telle question pourrait êjre prise encore de plus haut; mais il est temps de revenir au terre-à-terre de la politique du congrès de Pra-t gue, dont la dernière époque vient de commencer

; par les instructions du duc de Bassano et par la • • •

note du comte de Metternich du 29 juillet.

Les instructions du cabinet de France à ses plé- * nipotentiaires ne se ressentaient nullement de la rigueur des circonstances où elles étaient données. Elles prescrivaient au début une discussion étudiée sur la remise des pouvoirs, sur la rédaction du protocole , sur le mode de négocier , même

sur le cérémonial et s^r la prééminence du rang; elles leur dévoilaient en outre des obligations a remplir , pour servir les intérêts d'une contrepolitique qui éludait la médiation, et pour appuyer l'intention fortement exprimée de punir le médiateur. On trouve dans les instructions ce$ passages

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que le médiateur surtout consentirait à Tadoptei' pour lui-même.

Les instructions' portaient encore : w.En général la négociation ne peut marcher que lente^ ment. Le moment de la véritable négociation ne doit arriver que dans les dix ou douze derniers jows du temps dont la convention de Dresde as.$ure la disposition. Jusque-là, il faut de la part des plénipotentiaires de la tenue, de la mesure^ de la réserve; dans le moment opportun, ils rece-^ vront de§ instructions ultérieures pour le pariidé^ finitify qui ne peut être aperçu et arrêté , que quand la négociation aura parcouru sa première période et approchera de son terme. » C'était tenir à Dresde, en i8i3, le lendemain du désastre de Moskou , et la veille de celui de Leipsiek , le fier langage de Campo Formio , de Vienne , de Tilsit , de Presbourg , où des victoires déciwves avaient mis le temps de la négociation à la ^iisposition de la France^ Il était toujours question et seulement question de traiter avec la Russsie, quoiqu'on n'eût reçu à cet égard aucun encouragement. Mais, peu de jours après, la réponse des plénipotentiaires français à la note du 29 juillet du comte de Metternich , réponse également émanée du cabinet , changea tout-à-fait la la position où l'on voulait être avec cette puissance, et ce parti définitif ^ que Napoléon avait tenu en

réserve dans le secret de *^sa pensée , sera bientôt révélé.

Le 29 juillet, M. de Metternîch donna, par une note , le signal de l'ouverture du congrès.

u Le soussigné, etc., désirant se voir ouvrir dans le plus court délai les négociations qui, d'ici au terme très-rapproché de l'armistice , doivent con-» duireà la pacification des puissances belligérantes, a rhonneur de s'adresser à LL. EE. MM. le duc de Vicence et le comte de Narbonne , en les invitant à se concerter avec lui sur le mode à adopter pour la négociation. Il ne s^en présente que deux : celui des conférences et celui des trans-* SK^tions par écrit. Le premier , où les négociateurs sfassemblent en séances réglées, retarde par des embarras d'étiquette, par les longueurs inséparables des discussions verbales , par la ré- \daction et la confrontation des procès verbaux , et autres difficultés, la conclusion bien au delà du temps nécessaire : l'autre , qui a été suivi au congrès de Tescbeli , d'après lequel chacune des cours belligérantes adresse ses projets et propositions en forme de note au plénipotentiaire de la puissance médiatrice , qui les communique à la partie adverse , et transmet de même et dans la même forme la réponse à ses projets et propositions, évite tous ces inconvéniens. ......

Sans préjuger les instructions que LL. EE. les plénipotentiaires de France peuvent avoir reçues

Tom II. il

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sur un ohget sur le iequel TAutriche a déjà d'avance fixé l'attention de leur cour , le soussigné à rhonileur de proposer de son côté ce mode , par le double motif de Favantage énoncé plus haut', et de la brièveté du temps fixé pour la durée des négociations. La cour médiatrice se trouve surtout portée à préférer cette voie abrégée^ -par la considération que les hautes puissances ^ actuellement en négociation^ sont les mêmes dont les plénipotentiaires ont été réunis pour le congrès de Teschen , et elle se plaît à voir dans l'heureuse issue des transactions d^alors, le gage d'un résultat satisfaisant des présentes.

«Le soussigné, etc.

» Comte DE Metternich.

«Prague, a9JQilIet ï8i3. »

Le 5i juillet M. de Metternich envoyait aux plénipotentiaires français copie des deux notes en réponse des plénipotentiaires russe et prussien , qui s'étaient empressés d'accéder à la proposition du mode de la forme écrite sans s'adresser à leur cour. Les plénipotentiaires français, qui n'avaient pas les mêmes raisons pour être aussi faciles , en référèrent à leur cabitiieL

La correspondance du duc de Vicence avec l'empereur et avec son ministre futtrès-active. Déë le lendemain de son arrivée, il écrivait à Tempe-

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i*elir : a Les affaires sont ici plus uaûres qu'on ne le croit à Dresde. Le résultat de tout ce que m'a dit M^ de Metternich, est que l'Autriche fera tout pour la paix , mais qu'elle est sérieusement préparée à la guerre , et qu'elle y est même décidée^ dans le cs^soù la paix ne se ferait pas. Selon lui^ l'Autriche est dans une situation qui ne lui permet pas d'être neutre. Il parle de la fermeté que l'Autriche opposerait aux prétentions exagérées des alliés. // ne cache cependant pas que c'est contre nous que F Autriche est armée ^.... IL m'a. répété plusieurs fois ce qu'il avait, m'a-t-il dit, déjà annoncé à M. le^uc de Bassano et à M. de Naii)Oiine, et qu'il regardait ^comme un devoir d'honneur de répéter encore à votre majesté , c'est que, le 10 août, si les. bases de la paix n'étaient pas signées, u^e dée&ration accompagnerait né^ cessairement la dénonciation de l'armistice;.,., que, jusqu'au lo, l'Autriche ne prendrait pas d'engagenaent^ mais qu'il y avait deux points sur les-^ quels il ne pouvait nous laisser de doutes , c'est qu'elle ne serait pas neutre et qu'elle ferait la

guerre, si elll ne pouvait obtenir la paix »

(( Nous ne pouvons , disait le duc de Vieence dans une autre dépêche , que nous louer des for^ mes et du ton de M. de Metternich et de tout ce qui est autrichien. Il y a même de la recherche. Je crois cependant devoir répéter à votre majesté que tout ce que je vois, c<»nme tout ce que j'en-

tends ^ me prouve que ces gens-ci se croient trèsforts et quils ont pris leur parti sur la guerre, n Dans une conversation avec M. de Vicence , M. de Al etternich lui avait dit a que des batailles perdues par les alliés ne leur feraient pas signer une paix différente de la paix honorable qu'on pourrait faire aujourd'hui , tandis qu'une seule bataille perdue pour nous changerait totalement la question... » Ce raisonnement était une fatale prophétie ; mais il était facile de prophétiser une seule victoire de la part de ceux qui allaient faire la guerre avec des armées du double plus fortes que celles de Napoléon. De ces (||épêches et de ces conversations , il résultait pour Napoléon , qui allait au fond des choses et qui les voyait habituellement de très-haut , que l'Autriche était le véritable et le seul ennemi à conquérir. Il en fut bien plus convaincu par les paroles de M. de Metternîch , transmises aussi par le duc de Vicence, « Je prévois bien des lenteurs. Nous ne connaîtrons peut-être que le lo la pensée de l'empereur Napoléon. Cette pensée sera la guerre ou la paix , et j'espère que le génie de l'empereur trouvera encore , au dernier moment , le moyen de tout concilier. » En effet le génie de l'empereur avait conçu ,de bonne heure l'idée cTun parti définitif. Ce parti , si bien indiqué par M. de Mettemich, fut décidé par la communication que les plénipotentiaires français firent de la note du 29 juillet

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à leur cabinet , et en attendant que soh exécution fat commencée , la note suivante , qui fut calculée uniquement pour son succès , fut remise , le 6 août , par les plénipotentiaires français , au ministre du médiateur.

« Les soussignés 9 etc., ont l'honneur de répon. dre aux notes qui leur ont été remises par S.Ëxc. le comte de Metternich.

» La convention du 3o juin, par laquelle la France accepte la médiation de TAutrk^e a été signée après que l'on fut convenu des deux points suivans : i^. que le médiateur serait impartial, quH n'aidait conclu et ne conclut ait aucune convention même és^entuelle as^ec une puissance belligérante pendant tout le temps que dureraient les négocia- Uons ; 2". que le médiateur ne se présenterait pas comme arbitre mais comme conciliateur , fowv arranger les différens et rapprocher les partis. »

La forme des négociations fut en même temps Fobjet d'une explication entre M. le comte de Metternich et M. le duc de Bassano. Il fut jugé convenable de s'entendre d'avance à cet égard, parce que , dès la négociation de V armistice du 4 juin , la Russie avait manifesté ses intentions , il donne à connaître quelle voulait ouvrir des négociations non dans le but de la paix , mais dans la vue de compromettre V Autriche , et d'étendre les les malheurs de la guerre. On s'arrêta à la forme rtès conférences.

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Il était clair > par cette accusation, que Napo-. léon venait d'abandonner ses bonnes dispositions pour la Russie , et que le parti définitif allait être bientôt connu de ses négociateurs, La note continuait ainsi :

« Les soussignés ne peuvent que témoigner leur ëtonnement eMeur regret de ce que, depuis plusieurs jours qu'ils sont à Prague, ils n'ont pas enèore vij les ministres russes et prussiens, et que lès cod^rences n'ont pas encore été ouvertes par . l'échange des pouvoirs i^spectifs , et enfin de ce qu'un temps précieux a été employé à discuter des idées aussi imprévues qu'incompatibles avec te but de la réunion d'un congrès , puisqu'elles tendent à établir que les plénipotentiaires doivent négocier sans se connaître, sans se voir et sans ^♦parler.

. >j La question posée par le plénipotentiaire du médiateur dans ïa note du 29 juillet, lorsqjji'il invite lès soussignés à se concerter avec lui sur le môjde \ adopter pour la négociation , soit celui -des conférences, soit celui des transactions par : écrit, a été résolu d^avance par lès exptications ^ qui ont accompagné la con^>ention du 5ojurn.

» Toutefois, voulant, autant que cela dépend d'eux , lever toutes lés difficultés et concilier toutes les prétentions, même les moins fondées, les soussignés proposent aux plénipotentiaires du médiateur de n'exclure ni l'un ni l'autre mode de

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négociatioa^ et de les adapter conctirremiiifeatACHils les deux,

>i A cet effet, on traiterait dans des conférences régulières qui auraient lieu une ou detil fois par ' jour, soit par notes remises en séances, soit par des explications verl>ale6 qui seraient ou ne se^^ raient pas iosérées au protocole, selon la demande ou la réquisition des plénipotentiaires respectife. Par ce moyen , l-usage de tous les temps serait suivi ^ et si ^e plénipotentiaire russe persistait à i^auloir négocier la paix sans parler , il en sérail le maître > et pourrait faire connaître par dps notes les intentions de sa cour.

» Les soussignés se flattent que leur proposition oondiliera tout, et que les conférences ne taràoront plu^ à s'ouvrir,

» Caulàincoùrt,

» Duo de Vicedce. * • ' .

» Louis NarboNne. »

M Prague, 6 aput i&i3. » .

Cette réponse, pleine de raison, de vétité^ de dignité, est remise le 6 août. Il ne reste plus que quatre jours pour la paix. En attendant, va commencer une terrible guerre de plume.

Le mihistre du médiateur s'est empressé de

donner communication de la note française aux

plénipotentiaires allié$ , et des notes fulminantes

- répoivdetit au passage 1)ù la note française disait :

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QuCf, dès r armistice du 4 jtiin , la Russie a^Mt manifesté ses intentions , et donné à connaître quelle {voulait ouvrir des négociations , non dans le but de la paix , mais dans la vue de compro^

' mettre V Autriche et d'étendre les malheurs de la guerre. Ces notes partent des deux camps comme deux guets-apens improvisés par la plus étrange susceptibilité , dans le seul but de rendre toute^ négociation impossible : on n'en était pas depuis Tai^mistice à garder récîproc|uement la sévérité des convenances. Trop d'exaspération régnait dans les conseils, et la correspondance du duc de Vicence, directe avec l'empereur pendant les

^ conférences de l'armistice, ne lui avait pas caché les expressions outrageantes dont avaient pu se servir plusieurs fois les plénipotentiaires russe et prussien , en discutant les conditions proposées par ce souverain. La Russie avait joué son jeu en cherchant et en parvenant à compromettre l'Autriche, comme Napoléon cherchait depuis Lutzen à compromettre la Russie pour traiter séparément avec elle.

Note de M. dJnsteU au comte de Mettemich,

H Le soussigné, etc.... Il est une dignité en affaires comme dans la discussion d'intérêts majeurs, dont il n'est point permis de s'écarter, quelle que puisse être la provocation. La Russie sait ce qu'elle se doit à tïle-mème, et le soussî-

gné ne reléTera ici ni les fausses assertions ^ ni les formes de la pièce française^ dont chaque paragraphe est ou une inculpation pour la puissance médiatrice^ ou une injure pour la Russie^ une contradiction ou un faux-fuyant. Cependant il faut que l'Europe sache d'où sont venus les obstacles qui ont empêché l'accomplissement d'une œuvre aussi salutaire que celle qui des^ait s'achever à Prague. C'est sous ce rapport exclusif que le soussigné réclame la publication des faits , publication qui intéresse également la dignité d'une médiation que S. M. l'empereur des toutes lès Russies a acceptée d'une manière si franche et si positive. Quant à l'accusation que la Russie n'a cherché dans les négociations qu'à compromettre l'Autriche , personne ne sait mieux que le ministre de sa majesté impériale et royale apostolique par qui l'armistice a été proposé et comment il a été accepté ; de sorte qu^on ne voit pas qui l'injure touche de plifc près, si ce n'est une cour sage^ puissante, éclairée, qui ne se serait pas aperçue d'un pareil stratagème, ou la Russie, qui a prouvé par des faits, depuis que se$ armées ont passé la Vistule et l'Oder, qu'elle ne demandait pas mieux que de donner les mains à tine paix raisonnable et solide , et de se prêter à tout arrangement qui aurait pour résultat le bonheur et la tranquillitédespeuples.L'Âutricheen avait préparé les élémens en se chargeant de la médiation ;

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mais il parait qu'il n'éiait point dans les întea^ tiens de S, M, l'empereiir des Français d'en per^ mettre le développemeût* Ces vérités n'ont pas besoin de démonstration , et le soussigné se bornera à avoir l'honneur de répéter ofBeiellement à Son Ekc. m. le plénipotentiaire médiateur, ce qui a déjà fait le sujet de ses o0ices précédens, qu'étant cotivenu d'un mede de négociation > qui est sévèrement conforme , quoi qu'en puissent dire les plénipotentiaires français, à ce qui s'c»t fait au, congrès de Teschen , et l'ayant solennellement accepté , il y persiste. Il . demandera en même temps, pour détruire, par une seule remarque, le vain et sophistique étalage de la note française, quel est le parti qui voulait la paix, et quel est celui qui ne la voulait pas. Dèç le 12 de juillet, ;le soussigné s'est trouvé à Prague et s'est doublement légitimé §ur s«s pou voies, et c'est le 6 août, c'est-iàrdire , quatre fours avant lé terme final j «que les plénipotentiaires fraraçais ouvrent des négociations actives , et cela pour établir des ft)rmes : iQontradictoires par elles^'Oiémês , afin d'écarter de fait le grand objet qui semblait les avoit' conduits

à Prague. '

M Le» soussigné n'en a pas eu d'autre pour la présente note, que d'exposer à la puissance médiatrice la manière dont il envisage les questions du moment dans leurs rapports visH-à-^vâs d'elle , parce que. sa cojriduite, comme la contihuation de

sen séjour à Prague , ont été irrévocablement ré-^ ^ giées sur les obligations de sa cour efivers celle dont elle as^ait accepté la médiation, >) Il profite de cette occasion , etc.

>) D'AWSTETT, ï> Prague, i>6 juillet ( 7 août) i8i5. »

Tel était le factum de M. d'Anstett. Sans doute la dernière phrase de cette note compro-^ mettait, aux yeux de rEuix>pe , le cabinet d'Autriche d'une manière gratuite ; car il en résultait que les trois puissances n'aspiraient qu'à voir arriver le terme final , passé lequel elles se hât^raiebt de ratifier, sous le mémç drapeau^ les eh* l^gemens stipulés à Trachemberg et soldés pstr l'Angleterre contre l'ennemi commun.

M. de Hudaboldt, plénipotentiaire prussien, envoya également sa note, qui était une paraphrase mieux écrite de celle de M. d'Anstett, né Fiançais. Pour prouver son impartialité ] dès la prèinière difficulté, le ministre du médiateur fut de l'avis des alliés. La suite de la correspondance 'présentera sous son vrai jour la question du oongrè« de Prague. Par cela seul elle serait jugée si les^antécëdens que nous avons mis religieusement dous "les yeuK da lecteur n'avaient pas d'avance fixé son jugperaient sur là singulière représentation (le l'intermède de Prague, sur la réunion de ce

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. congrès , où la forme de négocier n'était pas encore établie quatre jours avant son terme ^ où tout ce qui n'était pas Français ne parlait qu'avec une féroce impatience de ce terme , dont aucun intérêt, aucune considération , dont la loi de l'humanité, ne pourraient reculer un seul jour l'arrêt fatal. La civilisation du dix-neuvième siècle le voulait ainsi pour le bonheur du monde !

Note d: M ce Humboldt à M.' Le comte de Metternich,

« Le soussigné , ministre d'état et plénipotentiaire de S. M. le roi de Prusse, a reçu hier la note des plénipotentiaires français que S. Exe. M., le comte de Metternich , ministre d'état et des affaires étrangères, plénipotentiaire de S. M. l'empereur d'Autriche , a bien voulu lui communiquer.

» Lorsque LL. MM. le roi de Prusse et l'empereur de Hussie s'empressèrent d'accepter la médiation de la cour de Vienne , en prouvant parlà et leur désir de mettre un terme aux calamités de la guerre et leur déférence pour sa majesté impériale et royale apostolique , ils devaient supposer que. leur adversaire respecterait également cette inédiation, et qu'ils seraient mis par-là à l'abri de voir donner une interprétation, aussi fausse qu'injurieuse à leurs intentions. La note dont le soussigné vient de recevoir la communication, prouve que cette attente a été illusoire;

Toffice des plëniplotentières français manque à tous les égards durs à la cour médiatrice; il détruit d'avance les espérances de la paix en supposant gratuitement aux cours alliées âes vues contraires à son rétablissement, et il altère, au lieu de répondre d'une manière simple et naturelle aux notes du médiateur , tellement toute la question , qu'il n'y en a pas une qui y soit présentée sous son véritable jour.

» Le soussigné s'abstient d'analyser le passage qui regarde la médiation de Vienne. En rappeler les termes , serait blesser les sentimens dont sa cour a constamment fait profession envers S. M. Vempereur d'Autriche. Les idées les plus simples de médiation et la lecture de la convention du 5o juin suffisent au reste pour le juger.

» La forme des négociations ne pouvait point être convenue isolément à Dresde entre la cour médiatrice et le gouvernement français. La confiance illimitée des cours alliées dans la pretoière rend inutile toute explication ultérieure sur ce point.

» Les plénipotentiaires français ne pouvaient donc point être étonnés de ne pas voir s'ouvrir des coni'érences qui , après la proposition de la forme des transactions par écrit , ne pouvaient pas avoir lieu. Mais le soussigné aurait pu témoigner sa juste surprise du retard de l'arrivée des plénipotentiaires français, et des longueurs appointées

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à la négociation , s'il n'avait pas été dans la maf^ che de sa cour de s'en remettre en tout ce qui regardait cette négociation^ uniquement à la puis^ sance médiatrice.

» Ce sont ces égards pour la négociation bien-* veillante de sa majesté impériale et royale apostolique, qui ont seuls pu faire condescendre S. M. le roi de Prusse à laisser attendre son ministre , pendant plus de quinze jours inutilement; les plénipotentiaires français, et S. Em. le comte de Metternich trouvera certainement naturel que, sans ces mêmes sentimens, le soussigné se croi*rait en devoir de ne point continuer dans le mo-* ment actuel son séjour ici, ni s'.exposer à voir je-t ter. par la France un faux jour sur les intentions pures, loyales et bienfaisantes des cours alliées. » La forme des négociations proposée dans la note des plénipotentiaires français se juge par elle-même. Une réunion des deux formes opposées ,-de transactions par écrit et des conférences, ne serait possible qu'en dépouillant la première tellement des avantages qui l'ont fait proposer , qu'elle ne serait conservée qu'en apparence ; aussi n'a-t-ejle été usitée nulle part, et le soussigné croit presque superflu de dire qu'il doit continuer à insister sur la forme qui a été proposée par S. Exe. M. le comte de Metternich, et qui a servi de base à une*paix connue et mémorable. » Quoique la note des plénipotentiaires français

DE MIL HUIT CENT TREIZE. 'iij

affecte de relever isolément la conduite et les vues; (le k cour de Russie ( affectation qui est étendue jusqu'aux ministres des deux cours) , tandis que la marche de la Prusse et de la Russie, ainsi que celle de leurs agens , a constamment présenté le plus parfait accord , le soussigné n'a pas besoin de dire que S. M. le roi son maître n'en ressentira que doublement le passage qui y regarde son auguste allié , et tju'il serait impossible de qualifier des noms qu'il mérite. Il serait au-dessous de toute dignité d'y répondre. Les peuples ne se méprennent point sur les auteurs de leurs maux. Le souverain qui, après avoir repoussé la plus injuste des agressions, et après avoir réussi, par les efforts de ses fidèles sujets , à anéantir l'armée qui avait oslQ envahir son empire, a professé le désir le plus pur et le plus noble de ramener une paix stable et solide , n'est pas celui qui sera taxé jamais d'avoir voulu-étendre ou prolonger les malheurs de la guerre^

)) La grande et importante question dans les transactions actuelles , est sans doute celle de la paix. Or l'Europe et la postérité jugeront facilement qui des deux parties s'est opposée à son prompt rétablissement ; si ce sont les cours alliées c[iii, en partant, ainsi que la cour médiatrice, du grand principe auquel elles resteront toujoura fidèles , de ramener un état d'ordre et d'équilibre général en Europe, ont tout fait pour ne pas per-

dre un seul des instans précieux que le repos des arme^accordait à l'œuvre de la pacification ; ou si c'est le gouvernement qui , après avoir différé , sans aucun prétexte plausible , le commencement des négociations^ et après avoir fait suivre uû délai à l'autre , n'a pas hésité à faire remettre^ quatre jours avant l'expiration de l'armistice , . une note pareille à celle que le soussigné vient d'examiner , non sans une peine vive et profonde , en. voyant traiter ainsi des questions dont dépendent le bonheur et la tranquillité des nations. » Le soussigné a l'honneur , etc.

» Signé, HuMBOLDT. »

» Concordat cum originali,

» Signé, Metteenich.

» Prague, le lo août t8i3. » >

Noie de M. le comte de Mettemich,

« Le soussigné, ministre d'état et des affaires étrangères de sa majesté impériale et royale apostolique, plénipotentiaire de la cour médiatrice, en même temps qu'il s'acquitte de la communication de l'office , en date du 7 , de MM. les plénipotentiaires de Russie et de Prusse , croit devoir, répondre de son côté à la note que LL. EExc. M. le duc de Vicence et M. le comte de Narbonne, jdénipotentiaires de S. M. l'empereyr des Fran-

cais, poi d'Italie^ lui ont fait l'honneur de lui adresser avant-hiep,

» Négociateur de la convention du 3o juin , il n'a jamais consenti aux deux points antérieurs à la signature de l'acte dont fait mention la note de leurs excellences. Il suffit , pour démontrer l'erreur qui a dicté cette assertion , de l'assurance tju'il eût été contraire à la dignité de son auguste cour de prendre l'engagement d'être impartial^ comme celui de ne se lier, durant la négociation^ par aucune convention même éventuelle, et les rôles de médiateur et d'arbitre sont trop différens pour que l'Autridie, en se chargeant du premier, du consentement des puissances intéres* sées , ait pu songer à s'arroger les attributions de l'autre.

» Le soussigné ne saurait égal^nent pas admettre qu'il ait arrêté avec S. Exe. M. le duc de Bassano la forme des conférences à adopter pour les négociations. Les égards particuliers que les deux cours de Russie et de Prusse pouvaient , en raison de leur attitude politique , se trouver portées à observer , relativement aux choix de telle ou telle forme de négociation, ont, à la vérité, fait le sujet de plusieurs entretiens entre le soussigné et S. Exe. M. le duc de Bassano; mais les formes d'une négociation ne pouvant pas être unilatérale-

ToM« II. ï5^

aa6 LE PORTEFEUILLE

ment réglées par le médiateur et paï» une àei puissances prenant part à la négociation, avec exclusion des autres parties , et Tairivée de MM. les plénipotentiaires français apnt éprouvé des retards^ le ioiode de négociation fut touché par M. le comte de Bubna^ en vertu d'ordres qui lui avaient été adressés en date du 1 7 juillet , et les pourparlers à cet égard ne conduisirent à aucun résultat.

n Le soussigné proteste formellement contre l'assertion que le prétendu concert établi à ce sujet ait été motivé par la manifestation des intentions de la Russie d'ouvrir des négociations dans la vue de compromettre l'Autriche. S. M. l'empereur ne s'est chargé de la médiation entre les cours belligérantes que par sa confiance dans leur bonne foi réciproque , et sa pénétration ne pouvait pas être plus surprise que son impartiale loyauté.

» Les formes de la négociation proposée à LL. EExc. MM. les plénipotentiaires de France ne pouvaient être imprévues, puisqu'elles ont été articulées dans les ouvertures faites à cet égard par M. le comté de Bubna ; et elles sont si peu inusitées dans des transactions semblables à la présente , qu'elles ont été admises comme base dans les négociations de Teschen citées à l'appui de la proposition du soussigné. Les raisons qui l'ont engagé à les préférer alors subsistent toujours , et

DE MIL HUIT €ENT TREIZE. ^i^

il renouvelle son invitation à leurs excellences d'y adhérer de leur côté.

» Il saisit cette occasion, etc., etc. ^ etc.

» Signé f le comte de Metternich;

M t^ragùe , le 8 août 1 8 1 5 . »

• Réponse des pltnipotehtiaires français.

« Les soussignés, plénipotentiaires de S. M- Tempereur des Français, ont reçu, avec les deux notes que S. Exe. M» le comte de M etternich , ministre d'état et des affaires étrangères , pléi^potentiaire de la cour médiatrice, leur a fait l'honneur de leur adresser hier, les copies de celles de MM* les plénipotentiaires russe et prussien. Pénétrés de l'obligation sacrée que lejur impose la nature mêlne de leur mission , celle d'écarter toute discussion qui n'aurait pas pour but cie réaliser les plus chères espérances des peuples ,. les soussignés ne considéreront dans les notes qui leur ont été remises , que les points qui ont un rapport direct à l'œuvre de la paciâcation. Ils éviteront également de s'étendre en protestations de désir de la paix, parce que, quelque naturel qu'il soit de s'en honorer , ce désir règle l'esprit des négociations , mais non la marche des affaires^ qui doivent se traiter suivant les usages reçus , dans leur ordre, et en levant les difficultés à mesure qu'elles se rencontrent.

aa8 LE PORTEFEUILLE

» C'est avec autant de surprise que de regret que les soussignés ont vu que ces notes avaient pour but de rejeter une proposition qui leur avait paru y et qui est en effet la seule propre à concilier la diversité d'opinion qui s'est élevée sur la forme des négociations.

}) Dans cet état de choses, ils s'adressent avec confiance au médiateur pour lui représenter , ce qu'il est impossible de ne pas reconnaître, que la seule ouverture qui ait tendu réellement à entamer la négociation, a été faite par eux. En eflet, le dissentiment des deux parties laissant la question indécise, et l'opinion du médiateur, quelque poids que lui donnent sa sagesse et ses lumières , n'ayant pas pu la décider, les soussignés, autant par déférence pour le médiateur que par le désir d'aplanir toutes les difficultés, ont consenti à adopter entièTement le mode qu'il avait proposé , en demandant simplement qu'on admit aussi leur proposition.

» C'était donc un pas de fait ; car il serait injuste de ne regarder comme tel en négociation que le sacrifice total de ses prétentions qu'une des parties ferait à l'autre. Ils devaient espérer qu'après cette démarche de leur part , faite dans la forme que le médiateur avait désirée , il se déciderait enfin à faire valoir les motifs non moins fondés sur la raison que sur Fusage, dont ils ont appuyé leur proposition dans les fréquentes confé-

reuces officielles qu'ils ont eues à ce mjfA avec M, le comte de Metternicb. Cependaiot ils voient que les plénipotentiaires alliés^ sans combattre cette {proposition , sans répondre aux co«^id#^rtions qui l'ont dictée , sans alléguer ipéme d'autre raison que leur seule volonté , persistent dans leur prétention, et que le plâ[iipotentiaife de la cour médiatrice se range entièjpem^ït de letti' ^yh, quoi<|u'on ne puisse se dissimuler que le seul motif qu'il ait fait valoir pour justifier cette préférence ^ ne se trouve plus fo^dé de{»ûs que le» soussignés ont admis la forme qu'il pressait.

» Toutes les objections que Ton peut faire con*tre le mode qu'ils ont indi|]u4dans leur note du 6, tombent d'diles^-^mémes , si l'on réfléchit qu'iléon^ cilié toutes les prétentions, qu'il réunit tous les avaiitages des différentes foricnes, l'authienticité de la négociation par écrit , et la facilité et célébrité de la négociation verbale.

i> Il serait superflu de s'attad^er à relever lé^ trange assertion que ce mode est inusité , puisque le plus simple examen des faits auffît pour la détruire. Personne n'ignore que dans lek principaux congés dont l'histoire fait mention^ daB$ loeux où , comme à présent, on a eu à débattis des^ in-, térêts aussi com|)liqués que variés , à Munster , àNimégue, à Ryswick, cette double forme a toujours été employée- S'y refuser aujourd'hui-, n'^estce pas évidemment montrer que le but pacifique,

a5d - LE PORTEFEUILLE

qu'cm met tant de soin à annoncer, n'est pas celui qu'on se propose réellement? On affecte de nommer Teschen , de prendre pour règle ce qui a été une exception , et d'invoquer à l'appui le résultat de cette négociation^ comme si celles qui viennent d'être citées en avaient eu un moins heureux^ comme si elles n'avaient pas également réglé les intérêts des souverains, et assuré la tranquillité des états. Quel peut être, on le de-^ mande encore, le motif qui fait pnéférer une forme qu'on a suivie seulement dans une circon^ stance o^ il n'y avait qu'un olijet à traiter, et où les basés étaient même posées d'avance?

» Il est facile de jugpr par l'état actuel de k questi(m , qui l'on doit accuser des retards apportés à la négociation , ou ceux qui , élevant une prétention opposée à l'usage , repoussent une proposition qui leur assure tous; les avantages qu'ils réclament, ou ceux qui, ayant pour eux l'usage upiversellement &uivi, consentent à adopter en entier la forme choisie par leur partie adverse^ et se bornent à demander qu'on n'exclue pas une manière à^ traiter qui , malgré toutes les allégations contraires, peut seule amener de prompts résultats.

» Les soussignés se flattent que ces considérartion^ sercmt d'autant mieux senties par Si Exe. M. le comte de Metternich, qu'il n'aura pu lui échapper que si la forme exclusive des négociations par écrit offre quelques avantages , ce n'est

DE MIL HUIT CENT TRrEIZE. iSi

pas , à en juger du moins par tes^ notes qu'U a communiquées aux soussignés , celui d'aider k concilier les esprits^ Il remarquera sans doute' aussi que les propositions des soussignés ont été au contraire xme nouvelle preuve de leur constant désir d'aplanir toutes les difficultés pour arriver à la paix , lors même que leurs adversaires paraissent y avoir renoncé. Ils renouvellent donc la proposition qu'ils n'ont cessié de faire, d'échanger leurs pleins-pouvoirs, afin d'ouvrir à l'instant les négociations selon la forme proposée par le médiateur , sans exclure néanmoins la forme des conférences , pour conserver les moyens de s'ex-* pliquer de vive vœx-

» Les soussignés ont rhonneur , etc.

» Signé, C AUL-iiiN COURT , duc deVicence..

» L. Narbonise,

« Prague , le g août 1 8 1 3 ■ i)> Note de M, de Mettermch aux pttnipotentîaires français ,

c< Le ministre d'état et des affaires étrangères de sa majesté impériale et royale apostolique, plénipotentiaire de la cour médiatrice , s'est acquitté tier envers MM. les plénipotentiaires de Russie et de Prusse , de la conxmunication de la note du 9 de ce mois, que LL. EExc, MM, les plénipotentiaires français lui ont fait l'honneur de lui adresser. Il vient de recevoir en réponse,, de la part de

23ï LE PORTEFEUILLE

MM. le baron d'Anstett et de Humboldt j les notes 90U8 date de ce jour , ci-jointes en copie^ qu'il ne reut pas différer de transmettre à MM. les plénipotentiaire» français.

» Le soussigné saisit cette occasion , etc.

>) Signé f Metternich.

)>PragaeyIe ioaoûti6i5. »

Note de AT. d'Anstett à M. le comte de Mettemich.

u Le soussigné vient de recevoiï* la copie de la note que MM. les plénipotentiaires français ont adressée sous date d'hier à S. £xc. M. le comte ^ de Mettemich, plénipotentiaire de la puissance médiatrice. 11 n'a pas été surpris de voir que Ton cherche, le dernier jour des négociations, à rejeter tous les torts et sur le médiateur et sur les plénipotentiaires des puissances alliées. Cette marche n'est pas nouvelle. Du reste , tout ce que cette même pièce renferme aujourd'hui a été réfuté d'avance. Mais lorsque MM. les plénipotentiaires français, en parlant de la forme écrite, disent que nos offices ne sont point de nature à concilier les esprits, il suffit de mettre à côté de l'insulte grave qui a été faite à la Russie dans leur note du 6, la manière dont elle a été relevée, pour juger qui s'est écarté des usages reçus , lors même qu'il ne se serait point agi d'une œuvre à laquelle devaient présider la dignité et le calme qui con-

viennent à des négociations de ce genre. C'est une nouvelle raison pour les plénipotentiaires des puis^ sânces alliées de se convaincre <]ue la forme écrite était la seule admissible^ parce qu'on lira les pièces y et que d'injustes inculpati<ms retomberont sur leurs auteurs*

» Si y finalement y on s'étaie si fort de l'exemple du congrès d'Utrecht^ pourquoi donc MM. les plénipotentiaires français n'ont-ils pas jugé à propos d'en adopter les formes préparatoires , en faisant contresigner leurs pouvoirs parle médiateur? C'eût été effectivement un pas de fait. Mais ce n'est point au soussigné à discuter une question qui concerne directement la puissance médiatrice^ et il s'empresse de profiter de cette occasion pour renouveler, etc.

» Signé y d'Anstett.

» Prague, 9 juillet ( 10 août) iSi^. » Note de M. de Humboldt à M. le comte de Mettemich.

« Le soussigné , ministre d'état et plénipotentiaire de S. M. le roi de Prusse, a vu, par la note de MM. les plénipotentiaires français de la date d'hier, que S. Exe. M. le comte de Metternich , ministre d'état et des affaires étrangères , plénipotentiaire de S. M. l'empereur d'Autriche, lui a fait l'honneur de lui communiquer par la sienne du même jour, que MM. les plénipotentiaires français continuent à décliner la forme des

254 l-E PORTEFEUILLE

négociations , qui avait été proposée paF ht eour niédiatrice , et que relies de Prusse et de Russie s'étaient empressées d'acceptei*.

» Il est vrai que MM < les. plénipotentiaires fkin*çais disent dans, leur office- qu'ils adoptent entiè** rement le mode proposé , en demandant simplemcait qu'on admette aussi leur proposition. Mais comme il est évident que les formes de transactions par écrit et des conférence^ont été propo-» sées par S. £xc. M« le comte de Metlternich comme deux formes entièrement différentes et même opposées^ dans son office du 29 j^uillet^ il est claiF que leur réunion ne peut se faire sans que le mode des transactions par écrit , joint aux con* férences , ne perde par4à tout ce qui le caracté* rise , et ne soit réellement sacrifié à l'autre , qui^ à son tour^ &i l'on y joignait des transactions par écrite n'en présenterait pas moins tous les incon^ véniens si bien développés dans la note précitée.

» Voilà ce que le soussigné croit avoir exposé dans sa note du 7 de ce mois; il s'étendrait néanmoins encore davantage sur ce sujet, si la date de la note de MM. les plénipotentiaires français et celle de sa réponsene l'en empêchaient. Forcé de s'expliquer encore sur le mode des négociations , le Jour même où elles devraient être terminées, il croirait inutile d'entrer dans un plus ample détail.

» Cette date y la suite et la teneur des pièces qui ont été échangées , et la marche entière de la négociation^ dispensent également le soussigné de répondre aux différentes inculpations directes et indirectes que renferme la note de MM. les plé^ nipotentiaires français^ et, s'estimant toujours heureux lorsqu'il peut éviter de répliquer à des cpmmimications peu faites pour concilier les esprits , il se borne simplement à renouveler à S, Exe. M. le comte de Metterniçh les assu-i rances de sa havite considération.

>X 5*/g^«ef% HUMBOLDT.

w Concordat cum originali ,

» Signé, Mettermch^

y Prague y le lo août i8iZL* ^

Réponse des plénipotentiaires français ,

« Les soussignés, etc. , viennent de recevoir la note que S. Exe. M. le comte de Metternich, etc., leur a fait l'honneur de leur adresser, à laquelle était jointe celle de MM. lés plénipotentiaires de Russie et de Prusse. Ils pourraient commencer par relever dans ces notes plusieurs imputations au moins inexactes qui leur sont faites, telles que celle qu'ils auraient demandé la forme des négociations d'Utrecht, négociations qu'ils tiouX point citées, ne pouvant ignorer qu'elles ont eu

lieu sans l'intervention d'un médiateur ^ et celle qu'ils se seraient refusé à faire rectifier la cc^ie de leurs pleins-pouvoirs par le plénipotentiaire de la puissance médiatrice. Mais, fidèles a leur résolution d'écarter tout ce qui peut entraver la marche des né^iations , ils se borneront à r^K>ndre aux assertions nop moins inexactes, mais d'une beaucoup plus grande importance , que contiennent ces mêmes notes*

» Les plénipotentiaires alliés fondent l'avantage de la forme qu'ils ont proposée sur ce qu'on lira toutes les pièces de la négociation. Loin qu'on puisse assurer les plénipotentiaires SQussignés: d'avoir voulu s'envelopper d'un voile, comiùe on semble l'indiquer, qui plus qu'eux a témoigné le désir de cette publicité, puisque non-seulement ils ont adopté cette forme , maïs encore en demandant des conférences, pour y ajouter l'avantage de la discussion verbale, ils ont proposé qu'il fût tenu un protocole qui put conserver jusqu'aux paroles de chacun des négociateurs? .

» Le passage qui regarde la date des notes , et qui parait préjuger l'époque à laquelle les négociations doivent être terminées, né semble-t-il pas être une nouvelle preuve de la crainte qu'ont toujours paru avoir les plénipotentiaires alliés de les voir s'ouvrir ? Ces mots , dernier jour des négociations, amènent une réflexion bien douloureuse ^^ en donnant à penser qu'on renonce dés à

présent à toute idëe de conciliation , tandis que la ccmvention signée à Neumarck ^ en établissant un terme avant lequel il n'est pas permis de dénoncer l'apniistice, n'en fait nullement une obligation, et n'annonce d'ailleurs en aucune manière que, ce terme arrivé, les négociations doivent cesser. Le médiateur ne regarde-t-il pas comme le plus saint des devoirs de concourir à faire reje- ter une interprétation qui détruirait l'espoir d'un rapprochement que les soussignés hâtent de tous leurs vœux et de tous leurs efforts?

» Les réponses des plénipotentiaires alliés ne discutent point et réfutent encore moins les raisons présentées par les soussignés dans leur note d'hier j ils croient devoir insister auprès du médiateur pour le prier d'intervenir enfin avec tous les moyens que lui donne le rôle dont il s'est chargé , pour engager les plénipotentiaires de Russie et de Prusse à discuter les questions au lieu de les trancher, et à adopter enfin la seule proposition qui puisse amener un heureux résultat, puisqu'elle n'exclut aucun moyen de conciliation , ^t assure à chaque partie tous les avantages qu'elle tient à conserver.

» Les soussignés se flattent donc que ces explications détermineront le médiateur à faire sentir à MM. les pléaipotentiaires russe et prussien que la raison, l'esprit de conciliation, et le désir

a38 LE PORTEFEUILLE

sincère de la paix , sont du côté de ceux qui défendent les principes et les usages de tous les temps.

» Ils saisissent avec empressement , etc*

» Signé f Caulai.\court , duc de Vicence.

» L. NaRBonnt:.

»> Prague , le 7 août 1 8 1 3 . »

tendant ces discussions officielle^, utie négociation secrète, sortie de l'arsenal politique de Napoléon, traversait le champ de bataille de Prague, et elle arrivait au château de Brandeis dans le portefeuille de M. de Metternich. La scène était changée à Dresde si elle ne Tétait pas a Prague. Ce n'était plus l'Autriche qu'on voulait écarter et punir au profit de la France et de la Russie. L'Angleterre domine à Reîchenbach, et il n'y a plus moyen d'y rappeler les amitiés de Tilsitt ou d'Erfurth, ni les propositions de Wîlna, pour empêcher la guerre de 1812, ni celles de Moscou pour y faire la paix. L'Angleterre^ qui n'est qu'incogijiito sur le terrain de la politique continentale , et qui a refusé à M. de Wessemberg d'être comprise parmi les puissances contractantes , a un intérêt de premier ordre à ne pas souffrir que la paix du continent puisse se faire à Prague. Elle a bloqué toutes les avenues qui mènent à la ligue du Nord ; mais le château

DE MIL HUIT CENT TREIZE. aS^

tle Brandeis est hors du rayon de sa juridiction ; la médiation y a mis sa sauvegarde; et, s'il est accessible à l'Angleterre , il n'est pas fermé à la France. C'est à son beau-père que s'adresse 'directement Napoléon, à qui la paix est refusée partout ailleurs. C'est sa dernière tentative ; il la croit suffisamment protégée par le lien de famille, doublement politique, qui a placé sur le trône de France une archiduchesse et un héritier de son sang. Tel est le parti définitif dont l'instruction du duc de Bassano parlait à MM. de Vicence et de Narbonne. C'est en leur envoyant ses instructions sur la réponse à faire à la note de M. de Metternich, du ^29 juillet, réponse qui fut remise le 6 août , que le 5 il expédiait au duc de Vicence une lettre confidentielle par laquelle il lui prescrivait de demander un entretien particulier au comte de Metternich, auprès duquel, après avoir déclaré que Tempereur Napoléon avait intérêt à ne pas différer la reprise des hostilités, quand même l'Autriche prendrait parti contre lui, il avait ordre, de la part de l'empereur, et par une voie extra-ministérielle^ de faire une démarche qui devait , sous le sceau de l'honneur, rester inconnue des plénipotentiaires des allies et du comte de Narbonne lui-même. « Cette démarche à pour objet de savoir de quelle manière l'Autriche entend flue la paix peut se faire , et si lempereur Napoléon , adhérant à ses

a4o LE PORTÇFEUILLE

propositions , V Autriche ferait cause commwie ai^ec la France, ou si elle resterait neutre...,. Aussitôt que l'empereur sera certain du mot de rAutriche , il donnera des instructions à ses plénipotentiaires* Par ce moyen , la paix ou la guen* serait décidée en même temps* La simplicité de cette démarche porte avec elle le cachet de l'homme qui la fait faire et de toute sa fermeté. M. de Metternich doit donc penser qu'il faut se mettre à la dernière limite , et ne rien proposer qui soit déshonorant pour l'empereur Napoléon* » L'empereur François devait être seul instruit de cette proposition , que le duc de Yicence seul devait traiter avec son ministre ; elle ne devait être connue des souverains alliés, pour mener ensuite à la pacification ou générale ou continen* taie , que si la France et l'Autriche étaient d'ac^ cord entre elles sur les moyens de la faire : ce que la présente démarche devait déterminer. Si le succès répondait à l'attente de Napoléon , il triomphait par la politique y comme il venait de triompher par les armes , et en un moment il remontait du rôle d'accusé de l'Europe , à celui non de son dominateur, mais peut-être de son arbitre. Alors y par une pacification dans laquelle il ordonnait à son plénipotentiaire de faire entrer quelques stipulations tendantes à faire recon*naître par l'Angleterre des principes plus favorables à la liberté de la navigation, il se relevait

DE MIL HUIT CENT TREIZE. Ht

tout entier, hii et la France , des désastres de la campagne de Russie; et, après les ayoii' vengea par trois victoires, il obtenait de l'Europe le titre qu'à Campo-Formio, il avait reçu de la France, celui de pacificateur.

A la réception de cette lettre confidentielle , le duc de Vicence avait vu M. de M etternich ; et, lé ' 6 août , il rendait compte au duc de Bassano de l'entretien secret qu'il avait eu avec le ministre du médiateur. M. de Metternich lui avait dit fc qu'il recevrait cette communication comme une marque de la haute confiance que son maître ap^ précièrait. Mais iqu'il regrettait que l'empereur Napoléon n'eut pas Jugé à propos de faire cette oih verture à l'époque de l'arrivée du duc de Vfceuce^ qu'il y vivait alors le temps de consulter la Russie et la Prusse, si on se fût entend^, tandis qu'il ne restait que trois jours; qu'il irait, le lendemain 7, rendre cjompte à l'empereur son maître; qu'il espérait élre de retour eu quatre ou cinq heures , et qu'il s'empresserait de faire connaître «I duc de Vicence sa réponse , sulxfrdonnée à cequ'il lui avait dit sur le ferme du lo , et sur lim-* possibiliié pour Cjàutriche de rester neutre. ^ M. de Metternich avait observé cependant « qu'il eut été plus simple que l'empereur Nap(!^an proposât ce qfu' il jugeait convenable. » Et le duc de Vicence avait répondu « que la question était d'autant plus simple, que le cabinet autrichien

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