Tome II. aS
wNupoléQn dut «entendre ce sigoal. Mus, après U$ rerérs ihultiplîés que venaient d'éprouiFer<se$ ai^ mes sur tontes les directions, après les p»*tes irrëparaUes éprouvées à yne si grande distance delà France, aprè^ l'arrivée successive des jenforts inépuisables de la ligue du Nord ,, et les défections allemandes ,qui appauvrissaient et compromettaient son armée, il devait renoncer auiplan dt)përation9 -qu'il avait adopté. Il avait fait tout ce) qu'il avait .pu &ire pour se maintenir ; il ne pouvait pas espëi|er de reconquérir dans une seule gi^ande bataille .tout ce qu'il avait perdu. Une victoire éclatante^ remrportée sur le terraui où il s était {^acë , décioiait sou armée et ne détruisait pas un ennemi. tour* jours renaissant qui. avait pour auxiliaires tousie» peuples dont il oecppait le territoire. Il . devait rassembler ses forcer et les ét2d)lir derrière, la Saale, encore retentissante des premiers exploite de cette cam|iagne ; il s'appuyait sur ses magasins d'£rfupth l sur ses dépqts de Mayénce; il était Je maître de la grande route militaire de la France» Alors il ouvrait une autre cam{»gne^ et quelle qu'en eût àé l'issue, l'événement eût été loin d'être aussi, désespéré , que celuiqui résulta et iquî devait .résulter^ de Ja marche combinée de l'im-* mi^nse armée des alliés sur Leiffôick. . . ...
. D'ailleurs l'extension démesurée de s&base.et de sa lijgne de commuaication a\çec le Rhin exposait ses flancs et ses derrières à touteales insultes des
troupes légères des alliés ^ l)ui èhlevaient les dé* pôts^ les contoîs et, les petits détachemens qui itaient en marche pour joindre l'armée.
Le général saxo^Thielmanb^ qui avait déserté à Torgau , se battait Contre son souverain , met*^ tait à profit ses contaaissances locales du pays>/ et avec un corps considéi^able ' de partisans jiyait inondé les contrées arrosées par la Saale; Le co*lonel autrichien Mensdorf parcourait tous les environs de Leipsick« A cette époque; le» Aile-mands avaient réduit a la plus siinple expression la cause de leur indépendance politique; ils!8n avaient fait celle de leur liberté civile , et partout l'obéissance • au souverain di^araissait devant l'opinion nationale : ils étaient loin de croire;que ce serait an profit de leurs souverains qu'ils méconnaissaient alors leur autorité. L'empereur Napoléon résolut de mettre un terme aux brigan^; dages des partisans* A cet effet, il détacha le gé^ néral Lefebvre-Desnouettes avec une partie de; la cavalerie de la garde et trois régimens de hussards. Le général atteignit, le a4 septembre, Je général Thielmann près de Mersebourg , le battit, lui reprit ses prisonniers , et le força 4^, se retirer sur Zwickau. A la suite de cette affaire, le géaé* rai français occupa Altenbourg. Sur ces entrefaites, l'hetman Platow, avec ses cosaques et. un corps d'infanterie et de cavalerie autrichienne, était sorti de Bohème et arrivé à Chemnitz le ,a6 :
il marcha sur Altenbourg. Lefebvre-Desnouettes avait méprisé les avis qui lui étaient arrivés de toutes parts ; il se laissa surprendre dans ses bi- Vouaçs j et , menacé sur ses flancs y il fit sur Zeitz une retraite précipitée qui lui coûta un millier d'hommes. On peut, sans hésiter, laccuser d'imprudence avant l'affaire, et de maladresse pendant le combat. Cet échec ouvrit aux partisans alliés les routes de France , et depuis lors il devînt à peu près impossible de rassurer les communications. Les partisans harcelèrent sans relâche le corps du maréchal Augereau*, qui de Wûrtzjbourg devait rejoindre l'armée. Le général Lefebvre- ÎDesnouettes s'était retiré à Weissenfels.
D'un autre côté, le général Czemichew, détaché de l'armée du prince royal avec trois mille chevaux, parcourait la Westphâlie, et poussait jusqu'à la capitale dé ce royaume. Le 5o septembre, il se présenta devant Cassel, où le général AUix, qui commandait avec deux bataillons, fut bientôt forcé de capituler, et l'ennemi entra en maître dans la ville; mais instruit de l'approche de quelques troupes françaises, Czernichew n'y resta que peu de jours , et avec un immense butin il se replia, le 4 octobre, sur l'Elbe, après avoir porté à l'insurrection ce royaume si mal assis et si malintentionné.
Cependant l'opiniâtreté que mettait l'empereur à conserver la ligne de l'Elbe décida les sou^^e-
DE MIL HUIT ÇEWT TREIZE. SSg
raîps alités à adopter un nouveau plan d'opérations qu'ils auraient pu prendre qttîn2Se Jours plus tôt :%ce fut de réunir les deux ai*mëes de »Pcilogne et de Bohème pour agir sur le flanc droit de l'armée française, tandis que celles de Silésiè et du Nord opéreraient de concert contre sa gauche. Pour faire face à un tel orage ^ Napoléon ne vit d'autre moyen que de se renforcer du corpatf observation que le duc de Gastiglione aVait organisé à Wûrtzbourg , et qui pouvait se monter à près de vingt mille hommes; illut envoya l'ordre de le joindre. Ce corps offrait une faible ressource dans la masse de notre armée , tandis que sa présence sur Jes frœitiéres de la Bavière devait servir à sou- • nir cette puissance , et l'empêcher peut-être de se déclarer contre nous. Le départ du maréchal fut le signal delà défection de cet ancien alliéyqui bientôt grossit de toutes ses troupes les rangs ennemis^ Telle était la position de l'armée française verâ la fin de septembre. La garde , les premier , troisième , cinquième ^ onzième et quatbrziéme corps occupaient Dresde, et les cafmps de Weissig et de Pirna. Le deuxième corps était à FrieyB^rg. Le roi <|[e NapIeSy avec le sixième corps et le premier de cavalerie était à Meissen et Grossenfaayn:; le maréchal Ney ^ avec le quatrième etseplième, dani las environs de Dessàu; lé prince Poniatowski y avec son huitième corps let la cavalerie dut général Lefebvre-Desnouettes , occupait Pening el Allen*
se© LE PORTEFEUILie
bourg. Le troisième corps de cavaleriô était à Leipsick, et le due de Castiglicme^ avec sbii îcorps et le cinquième de cavalerie^ était en marche et i'approcbai t de léna .
Dii côté des alliés > l'armée de Bohème^ sous Jes ordres du prince de Schwartzénberg^ était campëe entre Aussig et Brux , ayant le corps dé Klehau rers les débouchés de Ghemnitz. Blûcher^ arec l'armée de Silésie, était à -Bautzen^ et le prince royal, avec l'armée du Nord, s'étendait' dé Hertzberg jusqu'à Jerbdt..Le général Benin^en^ avec son armée dé Pologne , était entré'ën ligne , et avait fait sa jonction avec l'armée de Bohème à Xeutmêritz; et, comme nous l'aToasI dit, l'arrivée de ce i*enfort considérable fut pour les alliés le aignal de la reprise db huts opérations offensives «
Il'honneur de porter* lès premiers coups dans lé second acte de ce drame sanglant fut réservé au général Blûc^her, Le< lo septei]»brê, il quitta son quartierrgénéral de Bautzen ; et , après avoir désigné le corps du général Czerbatow et la divi* sion Btlbiia |iôu!r ouvrir la Lusace, il se mît en mbuventent avec le reste de ses troupe^ , et arriva le lendemain à j^sterwerda, La cav^k^ie du géhé« rai Latoùr-^Mauhourg , qui âe trouvait à Grossen-^ hayn, reçut l'otdrede repasser l'Elbe, et de join* dre le sixième corps à Meisseh. Blûcher, pour masquer sa marche, fit suivre nôtre cavalerie par celle du général Wassiiczikow ^ commandant
DE MIL HUIT CEIfT TREIZE S6i
J'avatit-gaiMÎe du corps de Sacken , et fit faire quelques ^émousiratîons d'attaque sur la tête de pont de Meîssén. Mais le maréchal Ney ne fut pas la dupe de leette manœuvre, et, jugeant que Tintention de Blucber était de pasfseir YElhd plus bas , il fit pprtfîr le général Bertrand , avec le quatrième corps , dans la nuit du i". au 2 octobre ^ à WarlenboUrg avec ordre d'y prendre position.
CependantBlûcher, continuant sa marche , arriva le 2 octobre à Jessen , au confluent de l'Elbe et de la Schwartz-Elster. Dans la nuit. du 2 au 3 , il fi| jeter deux ponts, et se prépara à passer l'Elbe. A cînlj heures du matin , le général Yorck passa le premier ; les deux divisions Morand èft Fontaneïli, avantageusement postées à Wkrtenbourg , repoussèrent toutes les attaqués de l'enneihi jusqu'à deux heures du soîr; maisBlûcher, sentant toute l'importance d'énlèvér cette position qui arrêtait sa marché , détacha le prince de MeckleiibouTg, avec des forces considérables, pour tourner là droite des Français , et s.'emparer du village de Osledden, sur lequel elle s'appuyait. Ce mouvement eut lieu, et lé général Bertrand fut forcé de se retirer , avec une perte de prés dé cinq cents hommes , sur Dûben et Kembèrg/ Le 4 9 1^ resté de l'armée prussienne passa: sUr la rivé gauche de l'Elbe, à^l'excepticai du général Thûmeh , qui fut laissé devant Wittembcrg pôiu* en con-* tinuer le siège, •
36î LE PORTEFEUILLE
Le mouvement des alliés était général. Le '\ prince royal effectuait de son côté le passage de la rivière à Rosslau et Acken. Le maréchal Ney^ qui n'avait avec lui que le faible corps du gé&éral Reynier, dut se retirer de Dessau sur Bîtterfeld, et vint àDelitsh^ où il fut joint le 5 octobre par le général Bertrand. Le 6 , le prince royal porta son quartier-général à Dessau , et ce joiir-là Blûcher était à Dûben.
' La grande armée alliée avait au^si fait un mouvement par sa gauche , * pour pénétrer en Saxe par la route de Sebastiansberg à Ghemnitz ; elle fut remplacée dans sa position deT'œplitz par l'armée de Pologne. Le 4 > l'avant-garde du général Klenau entra dans Chemnitz ; elle y fut attaquée par des troupes du prince Poniatowski, et en fut délogée; mais l'apparition de l'hetman Platow , qui venait de Zwickau sur le flanc droit des Polonais y força le prince à se retirei' sur Penig et Mittveyda, et le généralissime Schwartzenberg port^ , le 5 .octobre , son quartier-général à Marienberg.
' Lord Aberdeen avait présidé aux trois traités qui , le 9 septembre , avaient uni la Russie à l'Autriche , l'Autriche, à la Prusse , et la Prusse à la Russie. Il fut ainsi le témoin et le garant prépondérant des ratifications/ des coftventions politiques et militaires discutées et arrêtées à Trachemberg et à Reichembaôh^ entre la Grande-Bretagne
et ces trois puissances; mais il manquait , à l'exemple du traité de Tœplitz du 9 septembre, un traité particulier entre les cours de Londres et de Vienne, qui cimentât d'une manière indissoluble les nouveaux engagemens. Ce pacte eut lieu le 5 octobre , et fut signé aussi à Tœplitz par lord Aberdeen et le comte de Metternîch, sous le nom de traité d alliance préliminaire. Six mois après, le i«'* mars 1814, ce fut à Chaumont, après que la quadruple alliance eut été préparée aux conférences de Troyes, que ce traité préliminaire fut converti en traité définitif. L'Autriche engageait toutes ses forces et l'Angleterre tous ses moyens contre T ennemi commun* Cette odieuse désignation avait été inventée par l'Angleterre aitx conventions de Reichenbach , légitimé au' traité de Tœplitz le 9 septembre, et consacré enfin par l'Autriche elle-même dans le protocole <fe celui du 5 octobre. Il était dans la force des choses que l'Angleterre cherchât à lier, même aux dépens des plus respectables convenances, le beau-père de F ennemi commun y qui recevait ses subsides. Mais l'empereur François, inalgré la reconnaissance qu'il pouvait devoir aux libéralités de l'Angleterre, marchait avec une politique encore . trop incertaine pour qu'il se fût décidé à, signei* Cie traité, qui était le .complément , le lien légal du précédent, si, dès la fin de septembre, il n'avait été
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assuré de la .défection prochaide de la Bavière.
La diplomatie de cette époque eut dés formés toutes militaires I parce qu'ejle fut sans ^essa improvisée par les événeméns de .la guerre, La guerre était devenue une spéculation de cabincî?^ les agens de cette nouvelle diplomatie étaient naturellement des généraux, qui entamèrent souvent de leur propre chef des négociations aussi extradiplomatiques qu'elles étaient . extra-militaîrea. Telles avaient été celle du généi^al Schwartzentierg à Minsk et depuis à Varsovie /celle dti général Yprck à Poscheraun, et enauitecelle du |;énéral Bulow; telles» au milieu delà bataille deLeîjpskk, avaient été celles des génëratix saxons avec le général Bernadotte, qui employa letir artillerie d<5»t «il manquait; et telle était alors celle du princ6<de ïleuss ^ commandant une armée autrichienne* sur rinn avec le comte de Wrèdç, qui commandait l'armée bavaroise contre lui. Le 8 octobre , le traité de coopération, aussi contre t ennemi commun^ fut signé à Ried par les deux généraux; ainsi il ne manquait plus rien à TAutriche poui; sa sécurité, et alors elle devint plus sincèrement rênnemie delà France. '
Napoléon n'a point été trahi par le roi de Bavière; ce prince, dont tous les souvenirs sont frâ^nçais, avait écrit lui-^méme à 'rempa^ur qu'il ^spër^it pouvoir conserver l'alliance jusqu'à la lin de novembre; ifiais il avait dû 7>BceVoir la loi
de sa pi'opre arn]|é6 et transiger promptemeni avec * le poids. de'la j[mtôsance autrichienne,, qui , dans h position, où elle veinait d'être placée par la rup* twfe de Prague^ pouvait hautement rappeler à la 9avi|^e.s^ jaÊttciens ressentimens. Il en^ fut de même du roi de Wurtemberg, le plus actif et le plus dévoué des alliés de Napoléon : ce prince ravéi:tiL.iégalenîent que rbeure de sa défection ^t4it yetiue pour lui et son armée. Le même systèine^ de:loyauté était suivi également par le grandduc de. Bàde/ qui ainsi que TAutriche et la Bavière, avait un lien de famille avec Napoléon. L'empereur rendait une éclatante justice à ces ^ souverains, cpntre lesquels, mêfic dans leé rigoureuses circonstances où le plaçait tout à coup ; la perte du seul secours sur lequel il se plaisait ^O0ore à sereposer-^ il ne lui échappa jamais le inoindmirepipche. En faisant généreusement la part d'estime qui l'attachait personnellement au caractère de ces princes , il faisait aussi celle de riodignati'oniqqe mentaient leurs cabinets et leurs généraux , qui avaient si amplement ex;gloité dans ses jours heureux l'amitié qu'il portait à leurs maîtres. ^ . • ..
Napoléon voit son terrain subitement dégarni autour de lui, et les tentes qui le couvrent coupées par de longs intervalles. Le roi de Saxe iui reste seul ayec soà excellente armée. Napoléon est l'hôtë de ce prince dans sa capitale ; le roi est
l'hôte de Napoléon dans son camp. Mais combien de temps pourra durer encoce cette double hospitalité que menace la tempête germanique! H n'est déjà plus question entre ces deux souverains de compter sur la résidence de Dreide ; et Nestor n'aura bientôt plus d'autre palais que la tente d'Achille.
Le 5 octobre^ Napoléon^ dans son cabinet, calcule et discute froidement avec lui-même les secrets de sa position militaire. Il est entouré de ses cartes y des rapports de ses armées, iPmarche à grands pas et dicte rapidement ses idées et ses doutes ; il manœuvre en présence du secr^aire de son cabinet. •
Première note. — Position des ennemis.
« Il paraitcertain que l'armée ennemie de Silésie s'est portée sur Wittemberg, et que la grande armée de Tœplitz fait un mouvement sur sa gauche.
» L'armée ennemie de Silésie ne peut être évaluée à moins de soixante mille hommes avec les corps d' Yorck , de Blûcher et de Langeron.
» L'armée de Berlin, composée du corps suédois, d'un corps russe et des corps de Bulow et de Tauenzien, ne doit pas être moins forte.
Il y aurait donc àur le bas Elbe une armée décent vingt mille hommes; il est toutefois à savoir si elle n'a pas fait un détachement vers Hambourg.
» L'arméedeTcBplitz^ composée des Autrichiens, d'un corps prussien et d'un corps russe, ne peut pas être évaluée à moins de cent vingt mille hommes.
)) Le projet des coalisés serait donc de faire marcher deux grandes armées Tune par la droite , l'autre par la gauche , et d'obliger l'empereur à quitter Dresde. »
Deuxième note. — Positions de V armée françaist,
a Le quatrième et le septième corps , sous les ordres du prince de la Moscowa , sont sur Je bas Elbe.
» Le duc de Raguse, avec le premier corps de la cavalerie , et le troisième d'infanterie, sur Tilenbourg et Torgaw. Ces deux armées forment ensemble une forite de quatre-vingt mille hommes couvrait la gauche. •
» Le premier, le quatorzième, le deuxième, le cinquième et le huitième forment une force de soixante-dix mille hommes couvrant la droite.
» Enfin , le onzième ^ la garde et le deuxième corps de cavalerie , formant une force de soixante mille hommes, sont au centre. »
Troisième note. — Que convient-il de faire?
i< Il sera constaté ce soir si toute l'armée de.Siilésie, ou seulement une partie, a marché surv Wittemberg.
568 l.E PORTEFEUlLl/F.
» Dans Tune et rautf e hypothèse , on pourrait reprendre Toffensive par la rive droite et se porter sur Torgaw avec la garde et le onzième corps , s'y joindre aux deuxième et troisième , et ainsi , avec une armée de cent mille hommes , déboucher de Torgaw par la rive droite sur les ponts de Fennemi.
' » Tous les corps qui couvrent la droite seTeploîeraieht devant l'ennemi sur Dresde, aussitôt qu'il aurait aperçu le mouvement, et s'il le fallait;,, évacueraient Dresde pour se porter sur Torgaw, »
Autre projet.
» Ce projet consisterait à porter tputes les forcer sur Leipsick, en abandonnant entièrement Dresde.
» A cet effets le onzième, la gan^ et fe deuxième corps de cavalerie se mettraient en marche sur Wurtzen \ le troisième et le ciiiqqième se porteraient sur Colditz; le premier et le jquatorzième se porteraiept si^r Dresde.
» Ayant fait ainsi le sacrifice des magasins , des fortiCcatioiis et de ^hôpital , on essaierait de battre l'aile droite de. l'ennemi, et si l'on réussissait, on reviendrait sur Dresde.
w Si l'on ne réussissait pas à battre l'aile droite de l'ennemi, parce quVUe se retirerait trop loin, on serait évidemment contraint à prendre là ligne de la Saale. »
DE Mti: HUIT CENT TREIZE. 369
Timsième projet.
« Fortifier Faile gauche du onzième corps, et di tendre dana cette situation les; évëaemens. >ji
Dresde, S octobre i8tX Autres notes sur la situation de l'armée^
« Il est impossible de passer les quartiers d'hiver à Dresde , sans une bataille.
» U y a deux plans à suivre,
» L'un de garder Dresde et de chercher à avoir une bataille, afin d'y revenir et de retrouver tout da^s le même état ^ si on la gagne ;.
^ L'antre de quitter Dresde en tièrenient; tâcher d'avoir une bataille,. et, si on la gagne, revenir à Dresde en poussant l'armée autrichienne en Bohème. On n'arriverait donc à Dresde qu^accidentellement , parce que , même après la bataille gagnée, il n'y a pas d'Elbe pendant l'hiver et peu d'offensive possible en Bohème , et que dès lors Dresde ne peut être centre d'opérjitions. U est bien plus naturel d^ètre à Leipsick ou à Magdebourg} »
Aîouuemens dans le premier plan,
u Si Ton voulait conserver Dresde , il faudrait-
agir de la manière suivante :
» Dbnner la gardé dé Dresde au premier et an
quinzième corps ;
ToMK II. 24
ij0 LB PORTEFEUILLE
D Laisser le deuxième , le cinquième et le huitième en observation sur Chemnitz et Freyberg, et marcher pour livrer bataille avec les sixième , troisième^ quatrième^ Septième, onzième et h garde, u
Mouvemens dans le second plan.
Ci II faudrait placer , dès après demain , le deuxième , le cinquième et le huitième corps , le dernier sur Altenbourg et non plus sur Dresde, occupant Chemnitz, mais comme si Ton venait de Leipsick; mettre en marche le premier et le quatorzième sur Dresde , pour suivre le mouvement , ou bien faire venir le premier et le qua*torzième pour les placer également sur la route de Nossen , à peu près à la hauteur de Waldheim, ayant ses derrières à Leipsick. »
Différence des deux plans,
« Dans le premier plan, étant obligé de laisser le^ . deuxième et cinquième corps , les derrières sur Dresde , ils pourraient être prévenus par Fennemi qui se porterait sur Âltembourg, et dès lors arriverait si promptei^ent sur Leipsick que cette ville se trouverait immédiatement exposée, ^ que les troupes qu'on aurait laissées à Dresde pourraient, pai* les moindres fautes, être corn*promises , et au lieu d'évacuer Dresde en être chassées.
n n&ns le second plan , comme on formei^ait de suite deux armées qu'on placerait sui^le-champ dans rordre naturel où on se trouve ^ conserver la position centrale pour marcher sur la droite ou sur la gauche»
n L'empereur s'en allant de Dresde , le premier et le quatorzième corps , le deuxième et le quinzième ne comprendraient pas leur position^ ne pourraient pas lier leurs opératicms^ et pourraient se trouver coupés.
I) Dans le premier plan , j'ai laissé ces corps pour garder Dresde ; il faudrait donc que sa majesté se chargeât de ce rôle, et qu'elle restât à Dresde , ou aux environs. Dans ce cas , on perd beaucoup de chances sur la gauche ; il est même douteux que sa majesté, n'y étant pas en pér« sonne, il fût avantageux de livrer bataille; Si on venait à la perdre, la position deviendrait telle qu'il faudrait se sauver de l'Elbe sur U Saale. »
Ni l'un ni l'autre de ces plans ne sera suivi* ' La nouvelle du passage audacieux de l'Elbe par Tarmée de Silésie force Napoléon à abandonner promptement la capitale de la Sai^e. Il espère surprendre Blûcher dans sa marche et le rejeter de l'autre côté du fleuve* Ces nouvelles et cette espépance ont interrompu tout à coup sa méditation stratégique. Sur-le-champ il ordonne à sa garde.
au troisième et au onzième corps, de se diriger sur Meîssen , sur les deux rives de l'Elbe.
Pour couvrir cette marche , le maréchal Macdo-, naldy avec sept bataillons et quelques escadrons ^ se porte par Fishbach sur Stolpen , où §e trouve le général Bubna avec sa division. Après une démonstration d'attaque et un léger engagement , le maréchal se retira et joignit le onzième corps, que commande le comte Gérard. Le roi de Naples , de son côté , rassemblait à Freyberg les deuxième^ cinquième et huitième corps. Il devait observer les mouvemens de la grande armée de Bohème*
Le 7 octobre, à six heures du matin , Napoléon partit de Presde. Ce ne fut pas sans regret qu'il quitta te point central de ses opérations; mais il y laissa malheureusement deux de ses meilleurs généraux , le maréchal Saint-Cyr ayec le quatorzième corps, et le comte de Lobau avec le premier, formant ensemble un effectif de trente mille hommes, qu'il ne devait plus revoir. Plusieurs officiers généraux que leurs blessures empêchèrent de suivre , y restèrent aussi , et les hôpitaux étaient pleins de nos malades et de nos blessés. Napoléon espérait battre les alliés et revenir encore à Dresde;' peut-être aussi redoutait-il l'effet que. produirait en Allemagne l'évacuation de la capi-. taie de la Saxe. Tant qu'il y laissait deS: forces et des forces imposantes , son mouvement ne paraissait qu'un changement de front. Cependant le
temps des illusions était bien passé, et, dans foiis les cas , la présence du corps de Sàint-Cyr à Leipsick eût été bien plus utile. Qu'importait , en e^ fet, si Napolébn gagnait la bataille , l'abandon d'une position qu'il eût reprise facilement au bout de quelques jou rs S'il la perdait , trop de difficultés s'opposaient à la retraite de Saînt-Cyr, et ia France perdait une armée de trente mille ■hommes, comme à Dântzick^ etc.
Le fidèle roi de Saxe, malgré son grand âgé, voulut suivre la fortune dé Napoléon , et partit avec une partie de sa famille , peu d'heures aprèsy se dirigeant sur Leipsick.
Le 8 ail soir , Napoléon trouva à Wurtzeh sa garde et les troisième et onzième corps» Lé 9, il se porta sur Eulemburg , où ayant rallié les corps des généraux Reynier et Bertrand et du duc de Raguse , toutes ces troupes réunies pouvaient former une masse de cent vingt-cinq mille hommes. Il comptait surprendre le général Blûcher > empêcher sa jonction avec l'armée du Nordi M aurait plus sûrement rempli ce but, en se portant rapidement d'Eulemburg sur Delitsch , et attaquant la droite de l'armée de Silésie, il l'aurait oU battue , ou forcée de repasser l'Elbe ; mais il suivit sa route sur Dûben. Le général ennemi^ prévenu de son approche, sortit par une manœuvre hardie du mauvais pas où il se trouvait. Avec les corps des généraux Langeron et Yorck^
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il passa la Mulde et joignit le prince royal à Zœrbig. Le général Sacken avec son corps était à Mockrena; ayant reçu un peu tard son ordre de mouvement pour suivre l'armée , à son arrivée à Dûben il y trouva Favant-garde de Napoléon. Prévenu sur ce point , il n'eut d'autre ressource que de tourner rapidement par sa droite ; il parvint à passer la Mulde à Raguhn, et rejoignit Blûcher le lo. Le seul fruit de cette expédition fut un convoi considérable de vivres y qui fut pris par les lanciers du général Golbert^ après en avoir dispersé l'escorte^
Les deux armées alliées étaient réunies ^ mais toujours résolues d'éviter la bataille jusqu'à la coopération de l'armée de Bohème; les deux généraux ennemis replièrent leurs armées sur la Saale ; l'armée de Siiésie vint à Halle, et celle du Nord à Rothenburg. Le prince royal laissa le général Tauenzien à Dessau y pour couvrir ce point et éclairer la route de Berlin. Par cette marche hardie y les alliés évitaient le combat , se plaçaient sur le» communications de Napoléon , et ils se trouvaient en mesure d'opérer leur jonction avec leur grande armée.
Napoléon, voyant que les généraux alliés lui échappaient , essaya de les ramener sur l'Elbe en menaçant Berlin. Le ii , il continua son mouvement ; le général Reynier, avec le septième corps, eut l'ordre de se porter sur Wittemberg; le m ,
DE MIL HUIT CENT TREIZE. %jS
il ciéboueha par cette ville, et ay^ant attaqué le général Thûmen , qui la bloquait , il le força à s'éloigner , le poussant par Coswig sur Rosslau. Dans le même temps, le maréchal Ney attaqua Dessau avec le troisième corps ; le général Tauenzien, après une perte de près dç trois mille hommes et de trois pièces de canon , au passage l|| la Mulde , se retira sur Rosslau^ et après avoir repassé l'Elbe et détruit le pont, il se réunit au général Thûmen ; ils se retirèrent ensemble par Zerbst sur Postdain e JBerlin, Le i3, le général Reynier rentra à Wittemberg*
Ces divers mouvemens parvinrent cependant à tromper 1^ prince royal , et, craignant une vé*ritable. attaque sur Berlin, il se mit en marche pour couvrir cette capitale; le 1 3 il repassa la Saale et vint à Cœthen. Fendant ce temps, Na*poléon avec le gros de son armée était à Dûben^ attendant dans cette position le parti que prendraient les deux généraux alliés , par suite de ses démonstrations sur Berlin*
Mais son attention fut bientôt absorbée par des nouvelles de la plus haute importance. Ce fut le i4 qu'il reçut à Dûben la nouvelle positive de la déclaration de guerre <le la Bavière. U jugea facilement toutes les conséquences de cette dé^ faction qui devait entraîner nécessairement celle de Bade et du Wurtemberg. Les généraux de Wfède et le prince de Reuss devaient réunir
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ieurs atrmdeSy et se- porter direetement sur fa Ircmttére de France y qui depuis Huningue jus^ qu'à Mayeâçe était tout«-à-fait dégarnie. Le» nouvelles aussi de la portion de son armée qu'il avait laissée sous les ordres du roi de Naples ne permirent plus à Napoléon de balancer sm* le pai^ qu'il «avait à prendre^ et il se hâta de ga-* ^er Leipsick^ afin de ne pas y être prévenu par la réunion des armées combinées » et de ne pas se voir ainsi couper toute communication atvec la France. L'armée du roi de Naples avait été forcé& auss» de se reployer sur Leîpsick , par les mouvement de la grande armée de Bdième qui débouchait par Ghemnitz; le 6 octobre , W général Klenau poussa jusqu'à Penig, et le général Wittgen-* stein arriva prés d'Altenbourg. Ces deux points étaiejQt occupés par le corps du prince^ Ponia*^ towski ,. qui avait chassé d'Altenbourg le» corps de partisans après la défaite du général Lefebvre Desnouettes« Le roi de Naples maintenait à Frey* berg la communication de la ligne intérieure d^ l'armée française^ mais après le départ de Napoléon de Dresde , il fut obligé de manœuvrer par sa droite pour la conserver. Il se porta le 6, avec la cavalerie du général Kellermann et le deuxième corps d'infanterie^ sur OEdern, força le passage de la Flœhcbach^ surprit le général anglais Murray^ lui fit quelques centaines de prison^ niers , et le força de se replier sur Walkirchen.,
Le 7> le j^iiice F<miatow$kj| év£|(ma Alteabourg^ .se retirant sur Frohburgi et Klenau, ayant attaqué Penig , força le général polonais Sulkowski à se replier sur Rochlitz.
Le roi de Naples quitta sa position de Scbel*»seaberg le 8. Pour couvrir cfa mouvement 1 le prince Poniatowski se reporta sur Penîç, et en chassa, les Autrichiens. Mats 1^ lendemain lé général Klenau revint %. la .ehavge> ?^t ayant fail attaquer c€tte ville pendant qu'une de ses divisions marchait par Lunzenau, le prmee). pour ne pas être tourné par $a gauche /se replia sur Rochlîtz où il trouva le roi 4e Impies. Le 10, le général Dahlèn, débouehapt de Frohburgi eut un engagement très-vif avec notre cavalerie; le combat se soutint pendant quelque temps; mai$ le roi de Naples ayant appris que tout le corps de Wittgenstein faisait un mouvement sur sa gauche, il Se retira sur elle. Le lendemain il prit position avec les deuxième, cinquièiiie et huitième corps et sa cavalerie, à Wachau et Lîébertwolkowitz, ayant des avant-piostes à Thrana , Gross-Possna , et Naunhof.
Le quartier-général de l'armée alliée était le 1 i à Altenbourg. Les corps de Wittgenstein, Klenau et Kleist étaient à Borna et environs : leurs avantgardes livraient journellement des combats, en se rapprochant de Leipsick.
Cependant le duc de CastigUone, conformément
aux ordres qu-il avait reçus ^ était en marche avec son corps d'armée, pour joindre l'empereur. Parti de Wurtzboui^ le 26 septembre, il était à Naumbourg le 9 octobre. Le prince Maurfce de Litchenstein y rénni avec les partisans de Tfaielmann, devait entraver sa maixAe; mais ay«»t voulu se mettre en travers de la route y entre Naumbourg et Weissenfels, au village de Wethau, le maréchal Auger e au culbuta vigoureusement sa troupe, avec la cavalerie venue d'Espagne, et le força à se retirer sur Zeit2, par Pretscfa. Le 12 octobre le maréchal entra dans Leipsick. Le même jour, le général Giulay, détaché de la grande armée de Bohême , se porta sur Weissenfels , et s'empara de l'hôpital, qui renfermait dou^e cents blessés.
Napoléon n'avait pas plus tôt quitté Dresde, que le général Beningsen, avec l'armée de Pologne, et le général CoUorédo , laissés par le prince généralissime pour garder la position de To^litz, et couvrir cette partie de la Bohème, se mirent en marche. Le 8 octobre, l'avant-garde de CoUorédo était à Zchist. Le même jour, le général Bubna fit attaquer la tête du pont de Pirna., sur la rive droite de l'Elbe; la garnison, hors d'état de résister, se réfugia sur les bateaux et se rendit à Dresde. Le 9 , le comte de Lobau avec le premier corps était à Gîppersdorf : il y fut attaqué ; trop faible pour soutenir un combat sérieux ^ il se re-
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tira sur Dohna> et rentra dans Dresde. Le lo^ l'ennemi poussa une reconnaissance jusque sous le canon de la ville ^ et après avoir laissé le général Tdktoy avec vingt mille hommes pour en faire le blocus y le général fieningsen prit avec le reste de ses forces la route de Leipsick, en passant par €olditz« Le général autrichien Chasteler conser-* vait la position deTœplitz avec dix mille hommes. ' Cependant la grande armée alliée n'avançait que lentement dans sa marche ; cette lenteur pou* vait être commandée par la prudence. Un mou* v^nent un peu hasardé pouvait la faire tomber sur la masse de nos forces ^ et par une ttction isolée , dont le succès n'aurait pas été douteux pour les armes de Napoléon^ elle pouvait perdre tout l'avantage de ce plan d'opérations concentriques^ qui devait réunir toutes les forces alliées dans les {daines de Leipsick. Le i5 octobre, les avant-* postes que les Français avaient laissés à Thrana^ Gross-Possha et Naunhof , furent attaqués et repou$sé^surWachauet'Liébertwolkowitz.Le i4^ le prince de Schwartzenberg envoya les deux corps de Wittgenstein et de Klenau , pour faire une grande reconnaissance sur Leipsick et s'assurer des forces françaises sur ce point, avec ordre de ne point avoir d'engagement sérieux* Le général Pahlen avec sa cavalerie, soutenue par le corps de Wittgenstein , se porta sur Wachau , par les villages de Grobem et de Gossa , que l'avant-garde
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française Venait d'évacuer, tandis que Klenau se portait, sur Liébertwolkowitz. Le roi dé Naples avait ramassé une masse de près de trois mille hommes de cavalerie , dont quelques régimen^de dragons qui venaient d'Espagpe .et qui avaient joint l'armée avec le corps dû marédial Augereau; il s'attaeha à conserver sa position et à ne pas céder le terrain, mais bientôt, emporté par sa témérité ordinaire, il se précipita sur la cavalerie du comte de Fabien. La plaine de Wacbau devint le théâtre d'un combat sanglant. Après plusieurs charges meurtrières, la cavalerie française avait l'avantage; elle ramenait l'ennemi le sabr^ dans les reins , lorsque l'apparition de douze escadrons de cuirassiers prussiens, secondés de la cava* lérie de Klenau, vint interrompre ce succès; et par une charge combinée refoula le roi de Naples dans ses positions. La canonnade de part et d'autre se soutint jusqu'à la nuit. Ce combat eut un funeste résultat, celui de fane presque disparaître cette belle réserve de cavalerie, qui aurait pu rendre de si grands «^rvices les jours suivans. Le roi de Nuples pouvait manœuvrer sans compromettre inutilement une arme dont la moindre fraction était si précieuse à coûserver. Dans la matinée du i4> Napoléon quitta Dûben, et arriva le soir dans les environs de Leipsick; une partie de sa garde était avec lui : l'on voyait dans le lointain les (eux du combat que soutcuail
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le TOI de Naples, du côté de AVachau, Le roi de Saxe arrivait en itiême temps avec sa suite. Le* ^eux souverains eurent une entrevue sur la gràndeToute, et le yoi entra dans Leipsiçk. JVa-r poléop établit son quartier-général à Reudnitz, ayant autour de lui la garde , et le corps du ma-a r^chal Macdonald. Le quatrième, traversant Leîp-v siçk, alla occuper Lindenau, et garder les ponts çur l'Elster et la Pleiss ; le sixième corps rétro-% grada fie Delitsch .à Lindentbal , le septième était; à Ëi^leraburg et le troisième encore à Dûben. Le, i;oi de Napl^s, avec les deuxième, cinquième et huitième corps et celui du maréchal Augereau, appuya sa droite à Dcelitz , et sa gauche à Liébert-, wolkowitz, Leméme jour, le prince de Schv^Fartzenberg avait son quartier-général à Pégau : Blûcher s'avança de Halle sur Skenditz, et le prince royal était dans les environs de Zœrbig.
Le jour qui devait décider de la nouvelle existence politique de l'Europe approcha^» C'est dans les plaines de Leipsiçk , que va se dénouer ce drame terrible ; c'est dans des flots de sang que les àrftiées des quatre grandes puissances de l'Europe , ayant leurs. souverains à leur tête , vont se disputer cette suprématie , objet de tous leurs yœuxi c'est dans le. même lieu, où deux siècles auparavant le modèle des rois et des héros , l'immortel Gustave Adolphe, combattit avec une poignée de
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Suédois et de Saxons pour les libertés de rAUe-* magne. La haine du nom français a réuni tous le9 peuples du Nord et de FEst ; les uns entraînés pai* des promesses trompeuses de liberté , les autres ne suivant que la volonté de leurs maîtres , mais tous guidés par cet instinct jaloux de la gloire de là: France, accourent pour se partager ses dépouilles*' Cinq cent mille hommes seront rassemblés sur ce champ de bataille ^ où trois mille pièces de canon doivent vomir la mort. Les alliés comptent trois cent quarante-neuf mille combattans, dont cin-* quante-quatre mille de cavalerie. Napoléon n'a à opposer à cette masse effrayante de soldats que cent cinquante-cinq mille hommes > dont vingt-deux mille de cavalerie. Malgré cette immense disproportion, Napoléon est loin de désespérer de sa for-* tune et de celle de la France. Quelques mécontentemens, quelques inquiétudes que les mauvais succès , les privations de tout genre , et les défections* des alliés aient excités dans Tarmée fran*çaise , tout se taira le jour de la bataille. Le soldat français n'aura jamais donné une preuve plus éclatante de sa constance héroïque; jamais il n'aura affronté la mort avec plus de fermeté que dans ces journées de glorieuse et déplorable mé* moire. La trahison et les chances imprévues pro* voqueront , aggraveront son malheur , mais partout où il aura combattu , il laissera des traces et
des souvenirs de sa valeur» L'ennemi quel qu'il soit rendra justice à son héroïsme^ et la postérité^ en se rappelant le coup fatal qui aura abattu les Français , saura qu'ils ne sont pas tombés sans gloire*
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