‹ Portrait de Éléazar de Chandeville, neveu de Malherbe. Tiré du Cyrus de Mlle. de ScudéryChapitre 2 sur 6 · XJ · texte numérisé non relu

XJ

« l'imprimeur au lecteur.

> Le bazard m'ayant mis dans les mains les Vers de feu Monsieur de Chandeville, et sçacbant combien d'estime avoit leur Autheur parmy toutes les personnes de la Cour, j'ay cru que ce n'estoit pas faire un désagréable présent au Public, que de luy donner les ouvrages d'un gentilhomme si plein de mérite. Bien que la mort nous l'ait rayy à sa vingtiesme année, et qu'une si courte vie semble ne luy avoir pas permis d'y faire ses derniers efforts, je m'assure pourtant, qu'à la beauté du stile, qu'à la cadence du vers, et qu'à la force de l'imagination, tu le croiras ce qu'il estoit, je veux dire digne Neveu du grand Malherbe. Lis et juge I •

Les Diverses Poésies de feu monsieur de Chandeville parurent en 1639, chez Augustin Courbé. Elles forment un petit volume in-4*

— xij — de seize feuillets, extrêmement rare. Nous ne les connaissons que par une copie manuscrite (peu exacte peut-être), faite sur l'exemplaire de la Bibliothèque Impériale. Quant au genre, c'est la poésie, pleine de recherche et de concetti, d'entre Malherbe et Corneille. On en pourra juger par ces vers qui terminent la première élégie :

Fermez-vous donc, mes yeux, l'eicès de mon martyre Sera cru, si la mort m'empêche de le dire ; Ma plainte est iautile et vos pleurs superflus. On Terra mon amour quand tous ne verrez plus!

Les défauts de ChandeviUe sont ceux de son temps. Huet lui trouve un rare talent. « Il faisoit des vers si beaux, si touchants et si passionnés, dit Mlle de Scudérj', qu'il étoit aisé- de voir qu'il n'avoit pas l'âme indifférente ; et ceux du grand Therpandre son oncle (Malherbe), qui a tant eu de réputation, n'étoient pas plus beaux que les siens. » Noos aussi, nous croyons

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