ALEXANDRE II
CLVl* PONTIFS. — DS 1061 A IO73*
Dix-septième schisme.
Le 3o septembre 1061 , fut consacré sous le Bom d*Â]exandre II , Anselme Badages , milanais , éréque de Lucques. Il imita le maui^ais exemple de ses prédécesseurs y en conservant, durant sa vie, la jouissance de son éyèché. On n'avait point de^ mandé au roi Henri IV , la confirmation de Tacte qui constatait sa nommination. On ne fit aucun cas de ce que le pape iSicoIas avait stipulé dans le concile qu'il avait tenu ; bien que les expressions de son décret qui en émanait eussent été rédigées avec intention , de manière qu'on eut Tair d'y avoir satisfait par la seule notification de l'élection d l'empereur , et sans qu'on fut tenu d'attendre sa confirmation.
L'impératrice , veuve Inès , qui , en sa qualité de tutrice, gouvernait l'empire, se sentit vivement offensée de cet acte de mépris. Elle ordonna qu'il
34^1 fût fait une nouvelle élection de pape à la diète de Bâle. Gadaloo , érêque de Parme , fut élu le 28 octobre, et prit le nom d'Honnoré II. Il fut condamné comme antipape par les évéques Italiens et Allemands, le 27 octobre 1062 , en concile d9 Osbor ; mais Honoré II , entouré de sa cour et de ses partians , continua de remplir ses fonctions pon-* tificales. Je ne pense pas que lelection d'Alexandre II fut nulle ; mais alors la loi fut violée autant, et même plus qu'elle ne le fut lorsqu'on 1 oSg , on élut Benoit X. Pourquoi l'élection de celui-ci futelle déclarée nulle , et valable celle d'Alexandre ? parce qu'ainsi l'exigeaient les intérêts de Rome. Cadaloo qui mourut l'an 1064 9 procéda toujours comme véritable pape, sous le nom d'Honnoré II, traitant d'antechrist et d'excommunié, le pape Alexandre II , et l'insultant même dans Rome où il avait des partisans. En même temps Alexandre excommuniait l'empereur Henri , comme protecteur de Cadalqo.
Le génie du cardinal Hildebrand, qui disposait
de tout à Rome depuis Léon X, était la cause de
/''ce désordre et de plusieurs autres sujets de trouble
qui agitèrent ce pontificat. Saint Pierre d'Amiens
fit à ce sujet un distique très-piquant, que voici :
Papam rite colo , sed te prostratus adoro ^ Tu facis hune dominum , te facit ilic deum.
Je rends au pape le tribut de vénération que je
dois; mais prosterné à tes pieds, je t'adore. Tu fiiis le pape seigneur , lui te fait Dieu.
On nous parle aussi de miracles faits par 4l6xaQ* dre II ; quant à moi )e ne crois point à ceux d'un homme qui, â chaque instant et pour des motifs quelconques , lançait les foudres de Texcommunication, à ceux d'un honrnie qui, à peine parvenu au suprême degré du sacerdoce , viola les lois et les droits de son souverain,, usurpa la souveraineté de la Calabre , de Capoue , de la Sicile et de l'Apulie , pour la donner à ceux que son prédécesseur disait être pires que des tigres et des bêtes féroces ; et qui enfin se jeta dans mille affaires temporelles et peu dignes du successeur de Saint-Pierre.
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GREGOIRE yil,
Civil' PONTIFE. — DB IO73 A .lo86.
Diz-huitiëme schîsine.
Le moment est arrivé de faire le portrait (Tun pape que je peiudraià , s'il n^eut* été canonisé et mis au rang des saints , avec des couleurs qui le représenteraient comme le plus grand des monstres que Fambitionait pu former. Je dirais qu'il fut la source , le principe et la cause de mille guerres et de mille morts par le système qu'il adopta^ qu'il consolida , qu'il consacra , et dont il voulut qu'on suivit désormais l'exemple dans l'exercice du pouvoir pontifical , je pourrais dire enfin qu'il paraît im{>ossible qu'un seul homme ait été capable de causer autant de maux qu'en causa Grégoire YII. Les Églises catholiques d'Allemagne , de France et de plusieurs autres états ne voulurent pas admettre la bulle de canonisation; elles ne reconnaissent point ce pontife pour saint , ni ne le vénèrent comme tel. Des considérations politiques portèrent TEglise d'Espagne à se conformer à la décision du
Saint-Siège; mais les hommes de lettres qui savent donner aux choses la couleur qui leur convient, disent que quand-même les raisons manqueraient pour reconnaître dans la canonisation des saints , le jugement des hommes, celles que nous offre la canonisation de Gr^oire YIl suffiraient. On s'y abstient de déclarer que les âmes jouissent du ciel; les plus grands pécheurs sont sauvés s'ils meurent avec une contrition sincère de leurs péchés. La controverse tombe seulement sur la question de savoir si la conduite et la vie de cet homme furent vertueuses jusqu'à ce degré d'hé« roisme qui les rend dignes d'être proposées pour modèles au peuple chrétien. Pour ce qui concerne le culte à rendre à Grégoire, comme saint, il e^ confondu avec tous les autres qui , le i •* novembre, sont offerts à notre vénération , sans qu'il soit nécessaire de connaître leurnom, ni aucune circonstance de leur vie , ainsi qu'on en use à l'égard de ceux qu'on parvient à faire canoniser à force de sollicitations. Je ne puis m'empéeher de citer avec éloge la décision que prit la congrégation des moines de l'ordre de Saint-Benoît des Pays-Bas, vers le commencement du XVII siècle ; ils décrétèrent que toutes les causes pendantes, relativement à la canonisation de moines , seraient suspen dues : d'abord parce que le nombre de ceux de leur ordrequlàvaient étécanonisés, était déjà considérable, et-parte que l'expérience leur démontrait que la dévotion que l'on avait aux anciens saints
dimtouait à mesure que celle qu'on accordait aui nouveaux , devenait une dévotion à la mode.
Hildebrand naquit à Sienne, ea Toscane , il fut moine de l'ordre de Saint-Benoit , à Sainte-Marie du Mont Aventin , à Rome , et ensuite à Cluni en Bourgogne. C'est de là que Léon IX le fit venir pour le mettre à la tête de Tabbaye de Saint-Paul , avec te titre de cardinal. Nicolas II le fiit ensuite archidiacre de Borne. Pendant ces deux pontifiiicats , et ceux de Victor II , d'Etienne IX et d'Alexandre II y il commanda avec plus d'autorité que ces cinq papes qui s'en défieraient entièrement à son sentiment. On lit dans l'office ecclésiastique de sa fête , le verset d'un pseaume qu'il écrivit, dit-on ^ par hazard étant encore enfant , 4çfnin€^Uur A 'tnari uBgue ad tn^^rti : H damMMT^ <£wi^ mer juêqu'à i autre % c'e$i^à-dire , ii dominera eur tout 4e monde chrétien* Je regarde ce}a comme une fable , composée après coup, pour lui donner une certaine odeur de prophétie i mais cette seule anecdote, envisagée sous un autre point de vue , devait nuire à sa canonisation. Le système quidon* nerait à un souverain poiitife la domination sur les hommes, se trouve réprouvé, dans l'évangile , .par Jésus- Christ , et s'oppose diamétralement A celui de Saint-Piçrre et des douse premiers papes qui , étant plus près de la source des traditions originales de Jésus et de ses apôtres , connaissaient mieux que les modernes le véritable esprit dw christianisme et du sacerdoce»
Pendant les s S années qui précédèrent boa élection, il commanda plus en pontife qu^en cardinal : Saint-Pierre Damien, son collègue, fit bien connaître par son distique btin que Hildebrand était le dieu d'Alexandre IL Les légations et l'élection de ^icolas II, lorsque Benoit X était déjà sur le trôoe pontifical, seront un étemel témoignage que la résistance que Grégoire écrivit avoir opposée à ceux qui travaillaient à son élection , n'était que feinte : sa conduite postérieure confirma cette Térité. Je ne soutiendrai pas avec ses ennemis, qu'à Tàge de plus de soixante ans, il ait vécu en concubinage avec la comtesse Hatilde qui en avait trente, iM qu'il ait donné du poison au pape Alexandre' pour rendre la chaire vacante , ni qu'il ait acheté à prix d'argent le suffrage des électeur», quoique ses ennemis lui aient ptouvé tout cela, soit par témoins, soit par des lettres qui, maintenant que l'intérêt des parties a c^ssé , méritent peu de confiance ; naais tous les papes et tous les cardinaux présens et futurs auraient beau se réunir pour faire l'apologie de ce successeur de Saint-Piearre, il résulterait toujours de l'examen attentif de sa vie, queHildebrand Grégoire fut ambitieux, despote, oi^eilleux , arrogant , inflexible , vindicatif, imprudent , injuste ; qu'il méprisa les maximes évangéliques qui font de l'humilité et du désintéressement une vertu ; qu'il fut un appréciateur avare des grandeurs humaines pour sonÉgUseet pour sa dignité, et qu'enfin il fit périr un plus grand nombre
d'hommes que les autres papes des siècles IX et X, qu'il citait lui-même comme mauvais.
Voyons quelques traits de sa conduite. Il fut élu pape le 22 avril loyS; il n'en donna aucun avis à l'empereur Henri IV. Ce souverain s'en plaignit , et Grégoire chercha à lui persuader qu'il n'avait pris aucune part à son élection; il fit plus , il écrivit à quelques personnages pour les engager à porter l'empereur à cie pasl'approuver. Quel événement pour Hildebrand ,'[]si le résultat eut été conforme à ce qu'il avait fait semblant de désirer! Cependant Henri IV confirma son élection , et Grégoire Yll fut consacré le 3o juin. Aussitôt qu'il crut son pouvoir bien établi, il se conduisit mal envers l'empereur. H méditait le projet de dépouiller les souverains laïques du droit d'investiture des évéchés et «des abbayes, droit qu'ils possédaient depuis trèslong-temps, soit sous ce nom, soit sous un autre: ils l'exerçaient par le moyen de l'anneau et du bâton ou de quelques autres signes qui sont le -symbole de la puissance , et qui ne sont pas si opposés à l'esprit de l'Eglise, que les papes, ne consultant que leurs intérêts, ont cherché à le persuader. La réponse de l'empereur fut bien simple ; il dit qu'il n'avait usurpé aucun droit, et qu'il ne devait pas nuire à ses successeurs , en se laissant dépouiller de celui que lui avaient transmis ses ancêtres. Grégoire, irrité, regarde dès-lors comme ses ennemis tous les rois chrétiens; il leur impute le crime de simonie dans la provision de dignités et
de bénéfices ecclésiastiques, parce qu'ils faisaient usage des investitures. II les menaça non-seulement de Texcommunlcation et de publier qu'ils avaient été anathémàtisés comme ennemis de l'Eglise, mais de délier leurs vassaux du serment de fidélité.
Cet attentat n'était pas si inoui que le disent les auteurs de XArt de vérifier les dates ^moi^ il l'était quanta la manière et aux circonstances. Les écrits publiés sur la vie des papes antérieurs, établissent que le pape Innocent !•* excommunia l'empereur Arcadius; Martin I*', l'empereur Constant II; Grégoire III , l'empereur Léon ; Adrien II , l'empereur Charles II, dit le Chauve ; Alexandre II , l'empereur Henri IV ; Jean VIII , Sergius , duc de Naples , parce qu'il fit la paix avec les Sarrazins ; Etienne VII , Hugues le grande duc de France, parce qu'il faisait la guerre au roi Louis IV , dit d'Outre-Mer , contre lequel il s'était révolté ; qu'Etienne II excommunia tout ceux qui oseraient s'opposer à l'établissement de la nouvelle dinastie de Pépin , roi de France; Etienne V, tous ceux qui favorisaient l'établissement de la nouvelle dinastie des Capets. Zacharie délia les Français du sermc^it de fidélité envers leur roi Childéric III , et ordonna qu'ils jurassent d'être fidèles au nouveau roi Pépin. Mais qu'est-ce que tout cela , comparé à l'actioB de porter les nations , par leur propre mouvement , à la révolte contre leurs souverains, et d'employer le prétexte de la religion pour exciter des tumultes, des guerres civiles, des incendies.
des homicides, des vols, des sacrilèges, des adul«* tères, des violences, la misère publique, le dé^ peuplement des pays, et ce nombre considérable d'actions criminelles, d'horreurs et de maux qui épouvantèrent V Allemagne , l'Italie et presque toute r Europe. L'invention de cet épouvantable attentat était réservée à Grégoire YII. L'extirpation de la simonie en était le prétexte, et le but réel celui de la faire exercer exclusivement par les R<Hnains. La simonie ne cessa point ; elle changea de théâtre. Les péchés ne furent pas moins nombreux, mms les personnes des pécheurs nû furent plus les mêmes. On ne nomma plus aux investitures , naais la partie essentielle était dans les provisions pontificales. Si l'on cherche la cause première des péchés et des guerres qui désolèrent les siècles sulvans, on la trouvera dans les principes que Grégoire YII établit ; ils donnent au pape le droit de disposer indirectement des royaumes , en excommuniant les rois , en dégageant les vassaux du serment de fidélité , et en offrant le royaume à d'autres catholiques, sous la condition qu'ils se confesseront redevables de leur droit de souveraineté , au souverain pontife.
Grégoire VII fomenta le soulèvement des Saxons, et donna lieu à celui des Allemands etdes Italien». Il fit nommer empereur, Rodolphede Souabe, beau* frère de Henri. Il est impossible de rien imaginer qu'il n'ait tenté pour perdre celui«<^. On ne sera pas surpris que ce monarque ait cherché à lui
rendre la pareille, en créant le schisme qti*on dut prévoir par l'élection de Tanlipape Guilbert, qui prit le nom de Clément IIL II était facile aussi de calculer les maux qui en forait la suite. Rien n'est comparable à rorgueilleuse témérité que Grégoire montra lorsqu'il fut question de la réconciliation avec Tempereur. Ki Sergius, ni aucun des papes barbares des neuvième et dixième siècles, n'antaîoit imaginé une conduite aussi arrogante et aussi contraire à l'espdt de TEvangile et à tout ce que nous offrent les vies des anciens papes. L'empereur arrive A Canosa, et on le garde pendant trois }0«rs dans le fossé de la citadelle , entre deux murailles, un pieds, sans autre vétemens qu'une tunique d'une laine grossière, sans suite, et tant aucune marque distinctive de dignité. On exige ensuite de lui qu'il confesse publiquement, dans une diète impériale, que, dans tout ce qu'il a fait 9 il a agi sans raison , et qu'il est indigne de régner. H<enri accepta uon-seulement des condi<' ttoQg aussi humiliantes , mais il fut encore obligé d'en admettre de plus dures. Grégoire l'absout de l'excommunication , lui donne le corps de notre seigneur Jésus-Christ pendantla messe, et nonobstant cela , quelques jours après , il écrit aux Allemands qu'il avait soulevés contre leur souverain , de ne pas le reconnaître pour roi , puisqu'il ne lui avait pas rendu l'Empire ni la dignité royale.
il eut recours à tous les mçnsonges inventés par lui ou par ses adulateurs pow* persuttder , soit par
des lettres, soit par Tentremise de ses légats, que le droit de Dommer ou de confirmer presque tous les souverains, ou d approuver le droit héréditaire des nouveaux possesseurs, appartenait a l'Eglise Ilomaine qui devait recevoir d'eux des tributs de reconnaissance, et serment de vasselage et de fidélité. C'est ainsi qu'il le déclara à l'Empire de Constantinople , aux royaumes d'Espagne , de France, et à plusieurs autres Etats. On ne peut lire sans scandale ses lettres qui n'offrent qu'un tissu de mensonges sans nombre, sur cette affaire. Si les canonisations n'inspiraient quelque respect aux catholiques, nous ne pourrions donner au pape Grégoire YII d'autre titre que celui d'imposteur. Quant à l'Espagne, il ne se borna pas â déclarer qu'il avait des droits sur le royaume^mais il fit don au comte Rouci , chevalier français , de tout le territoire dont il ferait la conquête sur les Maures, à condition qu'il se reconnaitrait feudataire du Saint-Siège. Rien de tout cela n'eut lieu. Avec de semblables mensonges , il parvint à introduire dans les royaumes de Castille et d'Aragon, la liturgie alors en usage à Rome , à la place de celle qui« avait été conservée dans toute sa pureté depuis les premiers siècles. Le Père Henri Plorez composa sur cette affaireun excellent ouvrageayant pour titre i* Espagne sacrée. 11 fit voir que la liturgiegothique d'Espagne était la litui^ie primitive de Rome , et. que la différence qu'on y remarquait du temps de Grégoire YII, consistait dans les changem^ns opérés.
))ar les Komains et non par les Espagnols dans \ei temps intermédiaires.
L^abus de la puissance spirituelle et son mélangé aTec la politique mondaine furent notoires dans la conduite de Grégoire Yll envers les normands, sottverailis de l'Angleterre et des Deux-Siciles. Aujourd'hui il lance contre eux les foudres de l'excommunication, il les traite de tyrans, d^aiitechrist et d'ennemis de l'Eglise ; le lendemain il les absout, il les flatte ^ il les loue^ il exagère leur bonté parce qu'ils se soumettent a faire la guerre à Henri lY. Les conjurés d'Allemagne lui reproehèreot ayec raison de les avoir abandonnés après les avoir jetés dans le précipice. Grégoire voulait qa'on lui déférât l'élection du roi, et que le premier serment de célui*ci*fut celui de vasselage et de fidélité au Saint-Siège ; il se conduisit envers les rois de France et leurs évéques avec duplicité et sidvant les occurrences. Il écrivit en faveur du pouvoir qu'il usurpait de détrôner les rois, et l'on ne voit dans ses écrits qii'un abus de la sainte écri« tore , des pères de l'Eglise , et le soin qu'il prend de cacher tout ce que l'histoire ecclésiastique offre de contraire à ses projets , comme l'a dit le cardi* nal de Fleurie
Enfin ^ je suppose que tout ce qu'on a dit contré lui 9 relativement à la sensualité , à la simonie ^ aux homicides 5 et à tant d'autres vices grossiers , ne^ soit que des calomnies ; il demeurera encore démontré que l'on ne vit peut-être jamais un homme xox£ lé â5
plus ambitieux, plus téméraire, plus arrogant, plus intrigant , ni phis méchant ; d'autant plus, perni* cieux , qu'il sanctifiait ses passions, en les cachet sous le voile hypocrite de la religion et du respect qu'inspirait le Saint-Siège. Il mourut àSaleme, le ^5 mai io85 , exilé de Rome, à cause, suivant ses dernières paroles, de son amour pour la justice. S'il le pensait ainsi , sa bonne foi aura sauvé soa âme ; mais elle ne commandera pas àropiniou; il faut à celle-ci d'autres titres que des canoni* salions.
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VICTOR Uli
UVIU* PONTIFE. — M loS5 À 10^7.
Suite du dîx«luiitièoie
0ésiKÉ , abbé du monastère de Mont-Cassia , et cardinal romain, fut élu pape le 24 mai 1086, une année après la mort de son prédécesseur. Il refosa la tiare , à-peu-près pendant une autre année, c'est pourquoi il ne fut consacré que le 9 mai 1 087 , ftous le nom de Victor III, et mourut le 16 sep*
tembre de la même année. Dans les quatre tnoîs de son pontificat , il confirma Texcommunicatioa lancée par Grégoire Vil contre l'antipape et Tempcreur ; mais Clément III , non-seulement était reconnu pour véritable pape, par le parti de Henri lY, en Allemagne et en Lombardie , maià par une grande partie du peuple de Rome , où il faisait &a résidence, protégé par le préfet Cencius, qui gouvernait la ville au nom de l'empereur : ainsi Victor III n'était maître que de Saint-Pierre et de la ville située sur l'autre rive du Tibre , et tout au plus eut-il quelquefois l'Ile de ce fleuve. Un tel état de chose devait faire naître dans Rome des factions sanguinaires , et y produire les guerres civiles. Les partisans de Victor étaient soutenus par les armes de la comtesse Matilde , par celles de Roger de Sicile et des princes ses adhérens. Il est diffidle de dire en peu de mots les malheurs que ce schisme causa en Italie , en Saxe , et dans tout le reste de l'Allemagne.
On fut en proie à tant de maux , parce que les papes s'étaient mis dans un état contraire à celui de Saint-Pierre. Si on ne leur eût pas accordé une puissance temporelle , un moment eut suffit pour éteindre le schisme , comme Théodoric , toi d'Italie, fit cesser celui de Symmaque, et comme cela arriva dans d'autres circonstances, que nous avons déjà fait connaître. La position dans laquelle Victor se trouvait ne Tetapécha pas d'envoyer une escadre en Afrique, avec des troupes de débarque-
fnent pour châtier les Sarrazins , et pour faire la conquête des peuples qui habitaient les côtes de la mer. On peut considérer cette expédition comme lavant-coureur des croisades, que nous verrons commence^ sous le pontificat suivant. On dit que Victor mourut empoisonné. Il est constant que les çardin^u^ Richard, abbé de Marseille, qui avait été légat en Espagne, et {lugues, archevêque de Lyon, Tundes trois que Grégoire. Vil jugeait convenable de nommer , ambitionnaient le ppnti-: ficat.
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