‹ Portrait politique des papesChapitre 116 sur 190 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

eu lieu , ai les pdpes eussent marché sur les traces des douze premiers pontifes.

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URBAIN m,

rtuii* POHTIFI. —DE 11 85 ▲ 1187.

Hubert Cribeu > natif et archevêque de Milan 1 cardinal du titre de Saint-Laurent , fut élu pape le a 5 novembre 1 185 , sous le nom de Urbain 111. U mourut à Ferrare le 1 0 octobre 1 1 87^ La mort arrêta la marche rapide de son ambition , de son orgueil et de son avarice. Il avait débuté dans celte carrière aux dépens de la paix de l'empire et de ritalie ; car, quoiqu'on lui eût représenté les maux que causaient la conduite et le système qu'il avait adoptés , il avait pris la résolution d'excommunier l'empereur Frédéric I**. La mort seule l'en empêcha. Les évéques d'Allemagne réunis à Geilehausen, lui écrivirent : ils le suppliaient d'éviter une démarche qui serait la cause de tant de maux. La lettre 4iu'ils lui adressèrent, prouve que le pontife avait

suscité la révolte de Crémone, et qu'il travaillait au Bouièvement de plusieurs autres villes de l'Italie; quTrbaio avait violé le concordat relatif au droit d'investiture, en consacrant larchevéque de Trêves, avant que l'empereur Teût mis en possession de l'archevêché , et avant qu'il eut prêté i ce souverain le serment de fidélité pour les fiefs impériaux ; qu'il conserva la possession de Milan, malgré les règles établies, et qu'il exerçait sans cesse des exactions dans son diocèse et dans lessuffragans, ce qui appauvrissait les églises des terres de l'empire. Le pape reçut cette lettre à Vérone , et, transporté de colère, il voulut excommunier Tempcreuretceux quileprotëgeaienti Leshabitans de Vérone lui représentèrent qu'il devait s'abste-, nir d'un tel acte , dont le résultat pourrait être à craindre, puisqu'ils étaient les bons serviteurs de ] empereur. Il se retira à Ferrare , où la înort mit fin à ses projets.

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GRÉGOIRE Vlir,

, cLXxùi' povTVE. — ser 1187.

' ALB)!ftt , natif 4e Benevent, caûrdina^ chancelier , fut élu fiapc lè a 6. octobre 1 1^7 , sous le nom de Grégpiré.Tin ; il mourut le 1 7 décembre de la même àmiée. Dans ce court espace de temps , il chercha à enflammer les esprfts , pour entreprendre une nouvelle guerre dé, oroisade en £ai¥eur du royaume de Jérusalem. Telle était la manie religieuse de ce Siècle.

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CLÉMENT m.

cukit* wmwmu *^ tm 1187 4 1191.

Vkvh Htcot^n , natif df ftome , eapdfaial Aféque de Palestrioe , fut élu pape à ^Ue le i^déeembre 1 137 9 8OU8 le nom de Clément IH <, €l mourut lé i27 marsi 1 191. Il fit la paix avec les Romains qui étaient en guerre avec le Saint-Siège depuis 1 144 t relativement au droit de la puissance temporelle. Mais , pour le revendiquer , il consentit à une condition cruelle qui lui fut imposée par le sénat ; savoir, qu'il sacrifierait les habitans de Ttuculum et de Tivoli à la vengeance des Romains , parce qu'ils avaient pris les armes pour aider les papes ses prédécesseurs à subjuguer le sénat. En acceptant ce^te condition , Clément démentit son nom , et accrédita , autant qu'il soit possible de l'imaginer , son ambition de commander dans Rome. Il soumit immédiatement au Séint-Siége , les églises du royaume d'Ecosse : et cette mesure qu'il venait de prendre , il la vendit au roi comme une faveur , afin que les évéques ne pussent pas excommunier

le roi comme 11 le craigaait : mais, dans la réalité, tout l'avantage était pour le Saint«*Siége, qui voulait exercer les fonctions de métropolitain.

Pour se faire une idée de corruption et d'avarice de la cour de Rome, il suffit de connaître la convention faite depuis avec Richard, roi d'Angleterre. Il se plaignit, par iintermédiaire du cardinal Octavien, évéque d'Ostie, de ce qu'on avait reçu, au nom du pape, sept cents marcs d'argent, pour la consécration de Tévéque du Mans , quinze cents pour la légation de Tévéque d'EIi , et une certaine somme énorme pour empêcher la déposition d'Elfe de Meaumort , évéque de Bordeaux , accusé par son çlep^. Il est impossible , disait le roi , de suppor* ter plus long-temps une simonie aussi horrible qu6^ pellQ qu'on exerce â Rouie.

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CELESTIN III,

CKIXV PONTlfB. — DE 1 igi ▲ iigft.

Iaonte Bobogardi, cardinal diacre, du titre de Sainte*Marie de Cosmedin , fut élu pape le 3o mars 1191 , sous le nom de Célestin III, et mourut le 8 lanyier 1 1 98 , i Fâge de quatre-vingt-deux ans. Il livra aux Romains le village de T^tscuiufn , en exécution du traité de son prédécesseur. Il prévoyait que les Romains avaient le projet d'exercer de cruelles vengeances : cela eut lieu en efiet , car ils brûlèrent presque tous les habitans. On frissonne d'horreur, lorsqu'on apprend que c'est le souverain pontife de la religion d'humilité , de dou; ceur et de paix, qui livra ces malheureux à la mort. Roger de Hobeden, historien anglais et contempo* rain , rapporte que Célestin en procédant au couronnement de l'empereur,, renversa dun coup de pied la couronne impériale, afin qu^un car* dinal , après l'avoir ramassée , la donnât au roi des Romains. Si ce récit est conforme à la vérité , l'orgueil était parvenu à son comble chez le succès-

seur des papes qui se trouvaient très-honorés lorsque les empereurs , fils et petits-fik de Constantin , les admettaient dans leurs palais â leur présenter leurs hommages respectueux. Il excommunia Léopold, duc d'Autriche , et mit ses Etats en interdit, parce qu'il avait fait prisonnier Richard, roi d*An-> gleterre, lorsque celui«ci revenait de la Palestine. L'action de Léopold pouvait être repréhensible ; mais celle de Célestiu fut un abus de pouvoir spirituel dicté par l'ambition de soumettre â la puissance pontificale toutes les affaires, même les plus e&tvadrdinaires et les plus étrangères à la juridiction du Saint-Siège. Il . excommunia aussi Tempe*- Teur Henri YI ^ pour la même cause^ Celui-ci mourict peu de. temps après; le pape défendit qu'on l'enterrât eu terre sainte , et ne leva cette défense •que lorsqu'on eut restitué au roi Bichard taut ce que ce souyeripn avait payé pour sa rançop ; outre cela. Sa Sainteté eûgea pour ielle et pour set car- -dinaiix^9 miUè'marGs d'argent» Il papratt que la si» ' mente n'étaiit défi^q^due ipa^À ceu^.^! n'étaient pa» -ftomaîns.

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