GREGOIRE IX
Ç.^UTIU* 1»0NTIFE. — D» 1387 A 1^4 >>
UoouRi » natif d'Agnania , prof ipce de Campanie , çoifsin du pape lonoceat III, cardinal éTéque d*Ostie, fut élu papie, le ipinara 1397, et mourut le 11 août i24i* Ce souverain pontife montra autant et même plu» d'ambition ^ d*avarice et 4'orgueil que son cowii^ lufiocent. L'eipérience de ce poptificat , de ceux qui précédèrent depmii Grégoire YII, et d^^.suivana jusqu a Clément XIII, Ter9 le milieu du dix -hwtième aiède , noua dé<moptre d'une manière hiatoriqu/e et presque m»tli4m£f tique , que la dpmination temporelle occupait beaucoup pli^s l'esprit des papes que la direo** tion spirituelle de rÉglîse catholique, quokpiea effort^ que Ton fit pour couvrir tout du prétexte de la religion en abusant du texte tronqué de l'Eoritu^e qu'on interprétait avec la plus .grande violence, et que méchamment on appliquaità contre sens : que l'abus de la nouvelle doctrine de lancer d'office l'excommunication contre les rois , de
délier les vassaux du serment de fidélité , de susciter des guerres temporelles contre les souve»* raÎBS, sous le prétexte qu'ils méprisaient les armes spirituelles de Texcommunication , de les déclarer hérétiques, schismatiques et ennemis de l'Eglise ;• caip cet abus troubla Tordre civil en Europe. Ces deux causes et l'insatiable soif de l'or contrarièrent tellement la paix , qu'on ne peut pas être sarpris en voyant tant de nations se séparer de l'Eglise romaine , depuis l'époque où l'on vit paraître la secte de Valdo , jusqu'à celle qui vit naître oeHe des Calvinistes. C'est envain que les écrivains Romains du X VP siècle et des deux siècles suivans ontfaitdes efforts pour dénaturer certains faits, et en démentir d'autres ; ceux que l'on avoue ^ sont en si grand nombre et d'une telle nature , qu'il estimposable de disculper même les papes , à plus-' ferle raison les cardinaux , les évéques et les ecclé* siastiques de la cour de Rome.
Grégoire IX excommunia et déposa Tëmpereur Frédéric II, parce qu'il n'accomplissait pas, disaim il, le vœu qu'il avait fait d'aller combattre en Pa-^ lestine. Ce fut en vain que ce prince lui ptoûVa> qu'une maladie très-grave l'en avait empécbé ; ators. ce souverain part pour l'Asie , et lorsqu'il arrachait au Soudan les villes de Jérusalem , deBethléem , do Nazareth plusieurs autres, Grégoire ordonne au: patriarehe de Jérusalem , aux grand - maîtres des (^dves Teutoniqùe, des Templiers et de Saint-Jean, de rdMUtLdonner et de le persécuter parce qu'il
ètait.excottiinuûié , et qu'il était parti sans la pei^ mission du pape. Grégoire ne s'arrêta pas à cette injustice; il souleya les peuples de la Londtardie et de la Sicile y il les porta à la réyolte , il pervertit le roi Jean de Brena, qui avait perdu le trône de Jérusalem , et qui était gendre du même Frédéric* Il lui propose de se mettre à la tête des rebelles ; Jean accepte la proposition, et, au nom du pape, il fait la guerre à son beau-père ; il brûle les villes, les villages; il souffre que les troupes de Sa Sainteté violent les couvents de religieuses , qu'ils abusent de celles-ci , qu'ils commettent toutes les iniquités que l'imagination pourrait inventer. Frédéric revient de la Palestine , il fait la conquête de ses états , qui lui avaient été enlevés pendant son absence, il réduit le pape à sentir l'urgence d'une réconciliation pour ne pas se voir prisonnier et pour éviter sa perte. Grégoire absout l'empereur des censures ecclésiastiques, et fait amitié avec lui; mais, quelque temps après, il l'engagea à revenir â la Terre-Sainte , et n'ayant pu l'obtenir, 11 protège ouvertement les Lombards nouvellement soulevés, en leurs fournissant des secours eu armes et en argent. Frédéric se voyant insulté , prend les armes contre le pape et les rebelles ; la victoire se déclare pour lui ; il s'empare de File de Sardaigne , où il place , pour roi , HeTisius , son fils naturel. Grégoire excommunie de nouveau Frédéric ; il le déclare déchu de la couronne impériale ; il offre Tempireâ Saint-Louis, roide France, pour son frère Ro-
bert , comte d'Artois. Le saint monarque lui répondit qu'il regardait la déchéance de Frédéric comme injuste; qu'il ne lui reconnaissait pas de pouvoir pour la prononcer, et encore moins pour disposer de ses états. Le monarque français ajouta à cela beaucoup d'autres déclarations qui méritent d'être lues. Les électeurs ecclésiastiques, les ar«chevéques de Mayence , de .Trêves , de Cologne ^ les électeurs séculiers, le comte palatin du Rhin comme sénéchal de l'empire , le duc de Sane comme maréchal, le marquis de Brandebourg comme premier valet-de-chambre , et le roi de Bohême comme échanson , écrivirent tous au pape dans le même sens, et en des termes très-expressifs. Frédéric marcha à la tête d'un armée; en même temps il publia plusieurs manifestes contre Grégoire et contre ses attentats ; il disait que l'orgueil , l'ambition, l'arrogance, la colère, les vengeances et les mauvaises intentions de ce pape, toutes contraires à la doctrine de Jésus - Christ et à l'exemple de Saint-Pierre, l'avaient rendu indigne d'être le chef de la religion catholique; il exhortait tous les princes chrétiens à châtier avec rigueur ce pon-tife , à redouter les attentats de la cour de Rome contre tout roi qui ne se rendait point l'esclave du pape , et à se mettre en garde contre ces dangers , en réduisant les pouvoirs pontificaux aux objets spirituels, et ne permettant en aucune manière que les papes se mêlassent des affaires temporelles.
L'empereur s'approcha de Rome; on lui fit de» propositioQS de paix, et pendant les négociations, Grégoire mourut, abhorré ûes Romains qui s'étaient révoltés deux fois contre les vexations et le^ abus de pouvoir de celui qui se disait le serviteur des serviteurs de Dieu^ lorsqu'en même temps, par l'intermédiaire des moines dominicains et franciscains , il vendait , dans toute la chrétienté, les indulgences et les dispenses du vœu d'aller faire la guerre en Palestine. Tout cela se faisait au grand scandale de ceux qui étaient encore restés les partisans sincères du pouvoir pontifical. Enfin , il exigeait du clei^é la dixième partie de son revenu, sous le titre de Frais de Croisades.
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CÉLEStIN IV,
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GopsFioi DK CâATiLlON , Bé à UlUik , tnoiDé 4^ Tordre de Ckeaux ^ cardinal , éréque de Sabine, fut élu pape à la fia d'octobre ia4i > flous le nom de Célestin lY ^ et mourut le 1 7 noyembre suivant. On a soupçonné qu'il avait été empoisonné par Roman , cardinal de Saint- Ange , évéque de Porto , qui avait eu quatre suffrages | et qui ne passait pai pour scrupuleux.
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