BENOIT XII
CXCTU* FONHFE. — DK l334 A l^i^l.
Jacqiiss Focrnier , de Saverdun , dans le comté de Foix, moine de Tordre de Glteaux, et cardinal/ prêtre du titre de Sainte-Prisce , fut éleyé à la papauté, le âo décembre i3349 sous le nom de Benoit XII , et mourut le 25 avril 1 34a. U fut le troisième pape français qui tint sa cour à Avignon , sans songer à visiter TEglise de Rome , à laquelle il' fut toujours étranger. On commence à trouver, sur les images de ce pontife, la tiare avec les deux couronnes ; on présume , néanmoins , que cet usage avait été déjà introduit par Clément Y ou Jean XXII: quoiqu'il en âoit , il est certain que leur« prédécesseurs n'en portèrent qu'une , et qu'avant Gr^ goire YII , la tiare était sans couronne.
Benoit XII ouvrit des conférences ^ pour rclablîr la paix entre la cour de Rdme et l'empereur Louis y de Bavière; mais les propositions qu'il envoya , furent jugées inadmissibles par les princes d'Allemagne. Mécontent de ne pas être écouté , il eut recours aux censures comme son prédécesseur, et les rendit même plus sévères. L'empereur, d'accord avec la diète de l'empire, publia UH manifeste, dans lequel il déclarait que le royaume d'Allemagne, appelé des Romains, était électif et indépendant du Saint-Siège ; que celui d'Italie devait en être regardé comme une dépendance depuis la conquête de Charlemagne , et que les deux états composaient un empire qui ne dépendait que de Dieu , la cérémonie du couronnement par les papes étant sans importance, et ceux-ci n'ayant jamais obtenu aucun droit sur l'empire.
Benoît XII entreprit aussi de dépoililier du royaume de Sicile , Pierre II , fils et sucfeesseur de Frédéric II ; maïs ce prince défettdit l'entrée de ses états à quatre moines franciscains, qui y<m^ lurent y entrer avec les premières bulles , et ii continua d'exercer les droits de la s'OtiveralDeté, malgré les censures du pape.
La Hongrie , la Pologne , la Suède et d'autres pays ne furent pas à l'abri des prétentions de Benoit XII. Il voulut en régler les affaires politiques, comme premier maître du monde et roi des ro», à qui tout devait obéir : cette conduite n'était
quune conséquence de la doctrine qu'avaient répandue partout les Au^stins , les Dominicain!^ et les Franciscains , qui traitaient d'hérétique Topinion contraire. Les princes commirent ici une ^nde faute , en favorisant ce système , dont ils profitaient quelquefois , lorsque l'ambition , l'envie d'obtenir le titre de la royauté , ou d'affaiblir la puissance de leurs ennemis , leur rendaient utile ou nécessaire Fintervention du pape.
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