ZOZIME
XU* PONTIFE, — DK 4*7 ^ 4^8'
Ce Pape , choisi le dimanche ^ 8 mars 4^7^^ mort le 26 décembre 418, laissa , durant son court pontificat d'un an neuf mois et quelques jours ^ de puissans témoignages du même esprit d'ambition et de despotisme dans le gouvernement universel de l'Église, que le Pape Victor avait commencé à manifester au second siècle ^ et qui, depuis lui , avait'touj ours été , comme nous l'avons vu, prenant de nouvelles forces.
Je laisse de côté tout ce qu'il fit contre Pelage y Céleste et plusieurs autres de son opinion, , bien que je pusse fortement censurer sa conduite, si )e me laissais entraîner par les déclamations de M. Prudhomme. Mais il n'en est pas de même de l'abus excessif d'autorité qu'il fit en nommant Patrocle évêque d'Arles, son vicaire pour les provinces ecclésiastiques et civiles de France , nommées alors l'une la province de Narbonne et deu^jt,. les provinces de Vienne et Dauphiné. I! lui confia le.pouvoir de donner des lettres formées , c'est-4-
dire, testimoniales 9 à tous les membres du clergé qu'il lui plairait de choisir, afin qu'eu tertu de ces lettres, ils (tissent reçns à commimion partout où il leur conviendrait de se présenter. Il l'autorise également à ordonner (c'est ce que nous appelons aujourd'hui consacrer) jles évèquesdans les trois provinces désignées ; à connaître de toutes les causes ecclésiastiques qui s'offriraient à I exception des causes majewtes qu'il se réservait â lui-même ; enfin , à nommer les juges qui devaient prononcer dans ces causes.
Un excès de cette nature produisit tous les mauvais efiets qu'on en devait attendre. Les évoques métropolitains de ces provinces et même les évéques diocésains qui n'étaient pas métropoli* tains , se trouvaient lésés par chacun des articles du plein pouvoir donné au vicaire Pontifical. Ils ne purent supporter patiemment un tel émpiétement« La paix de l'Église gallicane fut troublée , et il en résulta un certain schisme très-funeste; car, tandis* que quelques évéques voulaient maintenir leurs droits, les autres consentaient à l'usurpation par respect pour le siège de Saint*Pierre, qui, déjà , commençait à être vu avec un respect superstitieux , c'est-à-dire , avec l'idée que la vénération qu'il devait inspirer consistait à laisser le Pontife romain faire, au nom de Samt- Pierre , tout ce qui lui conviendrait , sans autre responsabilité que celle du tribunal de Dieu.
Cette maxime^ qui commença en France par
celle que nous écrivons , puisqu'elle bous montre toute la force de Tinteryention du souverain temporel, dont la décision y mit fin. L'empereur Honorîus terminale schisme de sa propre autorité^ en ordonnant qu'on regardât Bonifacc seul comme: véritable pontife. Je ne fais aucun cas ki des déclamations de M. Prudhomme, fondées sur une narration peu sincère. L'histoire ecclésiastique do Fleury est plus iidelle, et lesdocumens originaux qu'on y cite suffiraient seuls pour indiquer le de-^ gré d'usurpation où en étaient arrivés les Papes des siècles précédens , qui voulaient faire oublier la dépendance dans laquelle leurs prédécesseurs avaient vécu , et l'aveu fait par eux , en mille occasions , que le souverain temporel disposait d'une foule de prérogatives qu'ils voulurent faire rentra ensuite dans la dépendance unique du pouvoir spirituel.
Zozime mourut le 26 décembre 4 1 8 , et le préfet de Rome Symmaque, bien qu'idolâtre, exhorte le peuple à laisser le clergé se choisir librement et tranquillement un nouveau Pape. Plusieurs évoques du voisinage de Rome se réunii^nt aussitôt pour célébrer l'élection. Le 27, avant que les offices des funérailles fussent terminés , l'archi-* diacre de Rome , Eulalius , se rendit à l'église de Saint-Jean-de-Latran avec tous les diacres de la ville, quelques prêtres et une grande quantité d*hommes du peuple. Il ferma les portes du temple , et en sortit Pape. L'évêque d'Ostie à qui ap«
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pàrténait, d*a|Mrès un ancien usage, la prérogatiré de consacrer les Papes » lui donna la consécration le dimanche suivant, 2g du mois.
D'im autre côté, ayant que la consécration eût été faite , immédiatement après les funérailles dé Zoiime, presque tous les prêtres de Rome,, une grande partie du peuple et quelques éféques s'é** taient d^à retirés dans Féglise de Théodore, et avaient résolu d'élire Boniface , ancien prêtre de la Tille. lia députèrent trois pirétres pour aller à l'égUse de Latran, et signifier à ceux qui y étaient réunis de ne pas aller plus ayant, sans ccmimuni-^ quer ce qulls faisaient à la majeure partie du clergpé de Rome, rassemblée dans le temple de Théodore. Les partisans d'EutaUuê traitèrent mal les députés , et ne tinrent aucun compte de leurs prières. Nous yenons de yoir, en effet, qu'ils ayaiesat procédé a la consécration.
Le préfet Symmaque fit comparaître, en sa présence, les principaux partisans de Boniface, le samedi a8 de ce nM)ia, et leur signifia de ne rien faire qui fût contraire aux règles , car, auti^ment,* il en pimirait la yiolation. Geux-*ci, crurent ou fiaignirent de croire qu'ils ne manquaient pas aux règles en assemblant , «nsi qu'ils le firent, le dimanche 2g déjà cité, dans l'église de Saint-» Marcelhis, neuf éyèques, soixante-dix prêtres et une grande multitude de peuple. Là , ils consacrèrent solennellement Boniiace ; tandis qu*â Ijatran , l'éyèque d'Ostie en faisait autant d'Eula*
lia
lius. Boniface fut conduit, en poijâpè et au bhilt des applaudissemens/ dans le temple de Sainte- Pierre.
Le même )oup, Symmaque écrivit à Tempereur Honorius, à Ravenne, pour lui donner acte du tout, et lui dire que, puisqu'il appartenait à sa ma* jesté d'inyaKder Tune des deux élections et d'ap-prouver l'autre , il attendait ses ordres à cet effet; Le 3 janvier 4^9 1 HonoriuB ordonna qu'on teint Etdalius pour légitime Pape, et que Boniface sortit de Rome. Le préfet Symmaque reçut cet ordre le 6 janvier au soir, jour de la grande solennité et de la procession en l'honneur de la fête de l'Epiphanie. U fit signifier à Boniface le décret impé-rial, annonce certaine des séditions populaires, des morts horribles , des désordres et des mal^ heurs de toute espèce qui en devsdent. résulter.
Les électeurs de Boniface écrivirent à l'anpereur , et lui racontèrent l'affaire à leur manière , pour prouver que l'élection d'Euldius était séditieuse, illégitime et contraire aux réglemens. Ils promettaient de comparaître tous devant Sa Ma* )esté avec Boniface lui-même â leur tête , et de* mandaient qu'on exigeât la même soumission d'Eulalius et de ses partisans, afin que Sa Majesté pût prononcer avec connaissance de cause. Hono* rius approuva la justice de cette demande, et le i5 du même mms il écrivit à Symmaque qu'il eût à suspendre l'exécution de son rescrit du 3 janvier , et à ordonner aux deux partis de comparaître à Ra-
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tenne le 8 février, Mn% peine pour celui qui ne se présenterait pas , de perte totale de ses droits.
Ed même temps , rfiinpereur ordonna à plu-fleurs éréqttes estimés d'Afrique, dltalie et de France, de Ée rendre à Ratenne pour y former un concile et prononcer sur la question du schisme romain. Symmaque, sous la date du âS pinvîer, écriyit à TEmpereur que , de son côté, il afmt exécuté les ordres contenus dans sa lettre <hi tS. Les évéques réunis furent de tant d*avis différent , que l'Empereur se vit forcé de convoqiter tm autre concile plus nombreux que le premier pour le i^ ^^9 ordonnant qu'Achilles^ éréqiiQ, de Spolette^ remplit provisoirement à Rome les fonctions de Pape, surtout pendant les iiHes de la I^âq^es du 5o mars 419- Eulalius et Bonifac^ devaient toujours , en attendant , résider hors de la ville. C'est-tâ le sujet de la lettre qu'U écrivit au préfef en date du 1 5 du même mois de mars. Parmi le^r évéques nouvellement convoqués, les plus célèbres étaient Saint -Paulin, Saint- Augo^io, Saint- Alipius, Saint-Evodius et Aurèle, primat d'Afrique.
Eulalius refusa d'obéir au décret impérial. Au mépris de ses ordres , il entra â Rome le 1 & mars. AclMlleay évéque de Spolette, arrive le ai pour eiécuter les ordres de TEmpereur. Les partisans qu'Eulaliu» avait partni le peuple se soulevèrent et causèrent de grands troublés, que le préfet, malgré le secours des principaux citoyens, ne put