‹ Portrait politique des papesChapitre 32 sur 190 · HORMISDAS · texte numérisé non relu

HORMISDAS

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Cb souverain pontife fut éln le 16 juillet 5\^jet mourut le 6 août 525, Son élection fut célébrée en présence du fameux Gassiodore ^ consul de Rome^ secrétaire du roi Théodoric , par lequel il avait été autorisé à intervenir dans Télection , lafin de paci* fier et d'éviter les dangers d'un autre schisme. Mes lecteurs peuvent remarquer en combien de cas différens le souverain temporel intervint aux élections des papes , ou confirma celles qui avaient été faites sans l'assistance du magistrat Tous ces exem* pies, répétés depuis la conversion de Constantin* le-Grand, sont autant de témoignages qui s'élèvent contre les usurpations de Grégoire VU et de ses successeurs , dont l'oi^ueil ambitieux refusait d'accorder aux empereurs d'Allemagne, succès*

i37 Kan de Charlemagne , un droit légitimement ac-> ifms, et passant audacieusement d'une extréihité i lautre , osait s'attribuer le droit d'intervenir à l'élection , à la confirmation et au couronnement des rois et empereurs , qu'ils ont même déposés ^dquefois.

Le pape Hormisdas obtint, après un schisme de trente-cinq ans, en 5 18, la reconciltatic«i de l'éfj&ae de Constantinople. Les écrirains qui sont toujours prêts à envisager l'histoire du côté le plus favorable aux papes , admirent la fermeté déployée par les souverains pontifes Félix III , Gélase I*', Anastase II , Symmaque et Hormisdas , contre les empereurs Zenon, Anastase I** et Justin I**, aussi bien (|ue contre les patriarches de Constantinoi^e Acacias, Frabitus, £upl)émius, Macédonius, Tisiothée et Jean IL Celui qui lit avec un œil philosophique et impartial l'histoire de ce schisme, ne peut ({u'étre scandalisé de la dureté des papes et de leur fougueuse ambition. Partout on les voit prétendre à une obéissance ujoiverselle , sans vouloir jamais rien céder, même daps l'kitérét dé TE- ^ise et de la charité chrétienne y tout en parlant toujours de leur amour pour la religion et de leur zèle pour la conserver pure.

Le schisme commença l'an 4^4 » P^^ suite de l'excommunication lancée par le pape FéUx III contre le patriarche Acacius, accusé d'avoir eu des rapportsavec quelqùesévéqueshérétiques eutychéens, ennemis du concile général de Chalcédoine. L'em-

perour, le pâtriarahc et pimteiirs évéques mAprp- Bèt^m Mtte eiteonmMMârritkte , et ea fondèrent |a tofoUité iHr ce qu'Aeadtts était ^réviliablsraéiit catholique, et q«e ses rapports «vcô ks enlieitiiâ 4u coiktile étaieAitoHt-à^fait éttanyers aux afeiros religieuses, et ne s'étendaient qu'à dc& întéiéts c^ iFils^ Lef pape »'offimsa, aiiathéKl«tt«at le p»tritrclie, le 4éôlai» diéposé de Mn sîége , et s'axpliqfua. m^ i^einpcreur^i termes très-injurieiix^ Acatiné imm^ vnf : dii hn nemmâ des svceessears ; le pope ec^ éùmmoL qu'on effaçlC des diptkpties am caUiogQM «^es évèqiies morts, le non d' Acacias;^ on refuM de Im obéir* Plusienn fois , et particuIièroBeat à dhaque fois qu'uA uduTeatt pape succédait èFélra,. oû* tentait d'amener une recoDeiMation, san» jamms^ pouvoir l'étaUir, unifiaentent par kl résisttaBcé oppotéepar les papes, qaai;refusaîe]ittoiitdeclmano«le^ mcmJt, tantqu'cmn'aiivait pas effifcé éo» diptiqueis Ir iMMiKd'unliomaàeexcottimuwë parlesucdeSBeurde Saiot-^Piecre* L^empemui' Justin et le patriarôhe Jeaai. H consetttiyent enfin à tout ce qiie desnea^ dait le pape Bormisdas, afia de satisfaii» aux dè^ sirsf des cktétàeûs^ d'Orient qui étaient fbr^ niécaii*^ teiia d» schisme et en versaient la fiiote sur lea empereurs et les patriarches.

N'était-ce point une obstination coufadUe dans les papes que de se refuser à une rêcandJutiocir par d'aussi lauépàbleB motifs? De quelle importance étaif-ild'efiisicer le nom d'Acacms? Les papea vou;Iaient par là faire triompher ia pulesaiKee

; car, du re«te, le» pafK^ avouaictU'qii-Acaciiis était bon catholique ; qu'il avait coadasmé la doctrine des eutycfaéens, et déCendn la doctrine da concile de Chalcédoine. On avait fondé 80»a* communication sur sesliaisons ayte-leshérétèqua», mab le véritable motif en était dans la niaiivaise disposition des papes contre les patsiarcbes de Constantinople. Depuis l'élévation honorifique de ce dernier au concile général de l'an 584 > ^^^^^^ ^ papes «valent été leurs rivftui , prévoyant déjà le grand pouvoir que la cour d^Orieilt apposerait au leur, et présumant bien que les évéquM de Robm déclineraient peu â peu, même dans l'Occid^at». d<mt les empereurs avùent fixé leur Béjom* à R»> nenne. Le concile de Cfaalcédeine , en 45 1 9 cdorfirma ces soupçons en élèvent au rang de patriav-* chat à Juridiction un évéché qui n'était «que pa«triarchat honoraire, et en éteirnisant le souvenir de la véritable origine de l'extension donnée aux pouvoirs du primat romain. Les pontifes ne purent soufirir ni l'un ni l'autre. Saint-Léon-le-Grand ne comptait pas au nombre de ses vertus celle de se conformer aux nouveautés de son temps. Si un si grand saint a donné tant de preuves de son ambition excessive pour l'agrandissement de son siège , et de sa jalousie contre le siège de Constantinople, ::i*s successeurs pouvaient encore mieux manifester do tels sentimens.

Il serait inutile de chercher d'autres motifs so-

lides de la dureté des papes contre Acacius et ses successeurs.

Le pape Hormisdas se mit en opposition à luimême par cette conduite , puisqu'il ayait des liaisons avec le roi Théodoric, hérétique arien, et avec tous les hérétiques qu'il lui plaisait de connaître. Même dans l'affaire de cette reconciliation avec l'empereur et le patriarche de Constantinople, il crut devoir prendre l'avis de Théodoric , et fit à cet effet le voyage de Rome à Rav^nne. Il reçut aussi de Théodoric l'ofirande de quelques dons pmir l'élise de Saint-Pierre de Rome, bien que cela fût expressément défendu par les canons. Recevoir les offrandes des hérétiques , c'est en effet communiquer avec eux dans les choses divines , et ' jamais Acacius ni les eutychéens n'en étaient venus â cette extrémité, tant la passion nous aveugle dans ce qui se rapporte immédiatement à nos intâ*éts !

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JEAN r.

tui* poNTins. — Ds 5â3 A S26.

Cb pontife fat envoyé â Constantinople comme ambassadeur extraordinaire du roi Théodoric^ près de l'empereur Justin, pour le prier de ne I^us persécuter les Ariens, et de leur rendre les ^lises dont il les ayait dépouillés, protestant que, de son côté, il en agirait de même à Fégard des catholiques d'Italie. Justin cessa la persécution ^ mais ne rendit pas les églises. Le pape , de retour iRavenne, fut mis en prison, et y mourut de maladie peu de temps après. Les Romains placent Jean I*' au nombre des saints martyrs. Il serait bien difficile de prouver qu'il le fut. La cause de son emprisonnement était purement politique ; il était accusé de prévarication dans son ambassade. Ce qu'il y a de vrai , c'est que s'il eût agi avec sincérité, il aurait contraint Justin à restituer les églises.

Si l'on veut avoir un nouveau témoignage de la -constance avec laquelle les papes soutenaient leifr

dystème, od peut le trouver dans la conduite de Jean V arec Epiphanius , patriarche de Gonstantinople. Celui-ci offrit au pape son église patrlarchale pour y célébrer l'office diyin, s'il le trouvait bon. Le pontife romain ne voulut accepter que sous la condition' d'avoir un siège distingué audessus de celui 'd'Epiphanius. Bien qu'une telle demande fût contraire aux canons qui assurent à chaque évéque le premier rang dans sa propre église, Jean répondait à cela qu'il était l'évéque de toutes les églises du monde .chrétien , et qu'ainsi chaque é^se lui appàrt^ait en propre. Ou voit dé|i l'esprit dominant des papes.

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