‹ Portrait politique des papesChapitre 4 sur 190 · LIN · texte numérisé non relu

LIN

rMMUR FOJITIFB. — DB 67 A 78.

t-^LiUf originaire d'un village de Toscane, ert regardé comme le premier successeur immédiat de Saint-Pierre. Saint-Irénée , voulant prouver l'exi&tence de la véritable Église au milieu du deuadème siècle , disait que le douzième Pape était alors t Eleuthère , qui avait succédé à Sotère, qui » avait succédé à ijiicet , qui avait succédé à Pie , »^i avait succédé à Hygin, qui avait succédé »à Télesphore» qui avait succédé à Sixte, qui » avait succédé à Alexandre , qui avait succédé à »Évari8te, qui avait succédé à Clément, qui avait » succédé à Anaclet , successeur de Lin , premier «évéque de Rome, après les apôtres Pierre et »Paul. > TertuUien, au troisième siècle, a dit que Saint-Clément avait succédé à Saint-Pierre, au souverain pontificat. Il serait de fort peu d'importance de décider du droit de primauté entre les deux derniers, si le doute où se trouvent à ce sujet les savans^ n*était pas un allument de plus pour

pnwrer l'incertitude et l'ofaKutité du coimnencenteat de l'Églùc romaine. Si c'eût été par une disyoMitùm, divine que toute l'Église cbrétieime devait être aTeuglémeut soumise à Tobéisfance de l'Evéqne de R<»nc , serait-il vraisemblable qu'on eAt été tenu dans une aussi complue igoorance sur ce point. Comment expliquer un aussi profond iiience au milieu des nombreux ouvrages publiés sur le christianùme, au premier et au deuxième siècle! Saiot-Jean l'ôvangéliste, qui vjécut dur4at . tout le premier siècle , a laissé son Évangile , l'Apocalypse et une épitre; Heimas écrivit en g» sob livre du Poêtevttj et Saint-Clément son épitre aux Corinthiens , eu 97. A peu de temps de là , Saint- ^nace , évéque d'Antioche , Saint -Polycarpc, , érèque de Smj'me, et Saint-Papias, évéque d'Hiéropolis, en Phrygie, composèrent leurs divers ouvrages. Avant eux , défà Saint-Justin , Quadratu# et Aristide avaient fait paraître leurs apologies des chrétiens et de la religion qu'ils professaient. Car dès les premiers temps 00 avait eu à comhattre des hérésies. Cerinthe, Cerdon, Simon Magus, Apollonius de Thyanes , Hébion , Carpocrate^ Basilides et plusieurs autres donnèrent naïssance à des coatroversesdans lesquelles Saint-Lin et seg-successenrs au sîége épiscopal de Rome , auraient dA taire éclater leur droit de primauté sur le reste des évêques de la chrétienté ; m^ia il n'est pas plus bit meotion d'nne telle prérogative à que si elle n'eût jamais existé. Chaqu

ton dioiièse, surreillait la pureté de la foi, condamnait'les erreurs qui s'y propageaient, et en donnait poDctuelleincntariftauxévéques voisins, pour qu'ils vissent à prendre les mêmes soins. Si ceuxpci se rangeaient à son opinion, ils lui écrivaient pour lui communiquer leur approbation, et -la doctrine commune était alors regardée comme canonique. Si au contraire leur opinion différait de la sienne, ils lui faisaient part de leurs raisons, et ■ la discussion s'établissaitentre eux. C'est ainsi que les choses se passaient à l'égard des opinions des I^rétiques que j'ai nommés, et des autres hérésiarques du premier et du deuxième siècle , à moins qu'on ne trouve dans l'histoire ecclésiastique des actes qui nous prouvent le contraire.

L'enislence de Saint-Lin même n'est garantie par aucun témoignage plus ancien que celui de Saintfrénée , évéque de Lyon , qui vivait cent ans après la mort de cet Evéque de Rome. Il faut, par conséquent, ajouter peu de foi à ce qu'on nous rap^ porte du prétendu martyre que lui fit souffrir Saturnin , avec une ingratitude d'autant plus hon- 1«ise, qu'il devait à Saint-Lin d'avoir chassé les démons du corps d'une de ses filles. On ne sait pas non plus ce que c'était que ce magistrat supposé. Vespasien était alors empereur; tes consuls étaient Lueius-Césène-Commodc , Vérus et Catus, :scus. Il n'existait à cette époque aution dirigée contre les chrétiens, qui fut ordonnée , eu 71, par le

Yespasiên , contre ceux en particulier qu'em prét^idait issus de David, était terminée, et cfu^ d'aUleurs Linus , dont le nom et la patrie indiquent assez une origine italienne, ne pouvait être compris dans une telle csrtégorie. Ce n'est donc que sur de bien faibles preuves historiques qu'on le rérère comme martyre.

<*wiwaa>»<<<>»%%<www<i»%>i<^»%%%»»w<^^w>i<»%»»l»v»»»%»%t[<M«%>lft^^ > » wMlim

CLET,

11* ?0î0rTFB. — DE 78 ▲ 91.

Selon Tordre chronologique généralement suivi,' Clet fut le second évéque de Rome. Son nom même nest pas déterminé d'une mimière certaine. Sainte Irenée 1 appelle Anaclet , et c'est ce dernier nom qui a été généralement adopté dans les temps modernes. D'autres en font deux personnages distincts, fan Clet, successeur de Linus, et Anaclet, suc*cesseur de Clément. Cette incertitude suffirait leole pour montrer le peu de données que nous avons pour nous arrêter à aucune des mons. Il serait bien étrange que Jésus

la

permis une telle ignorance, rektivement a la èuc^ cession de celui qu'il aurait créé son ficaire sur la tsrre, et à qui il aurait donné des pouvoirs aussi illimités que prétendent en avoir les Papes mo^ demes. Quelque petit qu*aît été un royaume, nous savons aujourd'hui de science certaine quais en ont été les rois , et nous en serions réduits i re« courir à des faits épars pour déterminer le nom d'im monarque aussi puissant qu'on nous représente celui de rÉglise*.

Tout ce que nous avons dit du pouvoir , de la sainteté et du martyr de Saint-Lin peut aussi s ap* pliquer à Saint-Clet. Ce fut l'empereur Domi tien,, qui , en 93 , commença la deuxième persécution , deux ans après la mort de Saint-Clet* Il faudrait des preuves bien fortes pour croire â son martyre avant le décret de la persécution générale.

vvv^\%^»w»M;vwwv»MA<¥Wvvw^%^%vvvww»v^^MAM^^M)^^M^»%%»»vwvww<^^%%%»»^^

Page 1