CLEMENT
m* PONTIFE. —DE 91 A 100.
se faire que le pape Saint-Clément ait qui administo^t TÉgUse romaine en 6 1 ,
îclon ce qu'on peut en conclure cle l'épître de Sf.- Paul ; il pourrait se faire aussi que te fut un autre âitfèTent de celui-là. Beaucoup d'historiens ont répété, d'après Eusèbe, éTêque de Césaréc, que Saint-Pierre Tavait désigné pour son successeur ^ parce qu'il en avait été accompagné depuis son Toyage à Rome, mais que Clément, par humilité, s'était laissé précéder par Linus et par Clet. Cela «t invraisemblable en soi et plus invraisemblable encore quand on compare les époques. Si Clément avait accompagné Pierre à Rome en 43, pour laîder dans la conversion des païens , nous devons le supposer Agé au moins de vingt-cinq ans ; il aurait eu à ce compte cinquante-neuf ans en 67, et qua* tre-vingt-4roÎB ans en 91. H serait peu croyable qu'après avoir renoncé au pontifîcat, lorsque ses services pouvaient être utiles , il l'eut précisément accepté quand il ne pouvait plus être bon à rien. Cette objection reçoit une nouvelle force de Fhîstoire qu'on fak de sa vie ; on dit qu'il vécut jusqu'à la an du siècle premier , et qu'il fut alors condamné aux travaux publics. Suivant ce calcul, Clément aurait été âgé de quatre-vingt-douze ans. De semblables invraisemblances demandent de fortes preuves.
On ajoute <flie Clément trouva dans l'île où il fut déporté deux mille chrétiens mourant de soif; que Clément découvrit par miracle une^j|||^he ; et que l'empereur Trajan en étant inforij^^Rntà-
cher avec des cordes /une énorme pierre au cou de* Saint-Clément, pour qu'on le jetât ^ a la» mer, ce qui fut en effet exécuté. On peut ajouter une telle tradition au nombre infini des fables qui se rencontrent dans les actes des martyrs. Trajan était un empereur juste , et quoique sur de fausses in-* formations il ait certainement persécuté les chrétiens , il n'avait pas publié son éditen Tannée i oo, et il le révoqua en 104» aussitôt que Pline le jeune, préfet du Pont et de By thinie , lui eut fait voir que les chrétiens étaient des sujets tranquilles, fidèles, et purs des crimes qu'on leur imputait.
On suppose que Samt-Clément divisa le terri** toire de la ville de Rome en sept paroisses , nommant dans chacune un notaire pour recueillir des informations sur la vie et les aventures des màrtyrs, et écrire leurs histoires particulières^ Telle» est l'origine des nombreux actes des martyrs qui nous sont parvenus, parce que les évéques des autres villes iaiitcrcnt cet exemple. Il n'existe aucune preuve qui ramène la fondation d'un tel Aablissemeut à des temps beaucoup plus modernes. Il est de fait qu'il y a dans plusieurs des actes des sainta de telles impostures, que les Romains eux-mêmes» intéressés à les accréditer, reconnaissent qu'ils renferment beaucoup de choses incroyables; aussi ont-ils eu le soin de dire que c'était quelques hé- TéiifUÊÊÊj ennemis de l'Eglise romaine ^ qui les av^flHvrompus en les copiant infidèlement, en
Ta)otitantce qu'ils « regardaient, comme favorable à leurs erreurs, et supprimant tout ce qui était osntcaire à leur but.
En supposant vraie cette solution , il en résulterait encore que nous ne sommes obligés d'adopter aucun des actes, puisque nous ne pouvons reconnaître les falsifications qui y ont été introduites. D'un autre côté, les Romains ont avoué, en- différentes occasions, que plusieurs écrivains catholiques des siècles barbares avaient imaginé des histoires des miracles, alléguaut, comme excuse de leur ignorance, que cela était utile pour exciter â honorer les saints d un culte plus particulier. Cet exemple a été malheureusement suivi au douzième siècle et dans les siècles suivans , par les moines et les religieux, dans les histoires qu'ils nous ont données de leur ordre.
En résumé, nous ne savons rien de certain sur Saint-Clément, si ce n'est qu'il fut Evêque de Rome, et qu'il écrivit une épître à Tévêque et à l'église de Corinthe, sans avoir, pour l'époque où cela«arriva, une certitude chronologique. Le reste a toutes les apparences de la fable.
Les Papes n'auraient pas eu autant de censeurs , s'ils s'étaient appliqués à imiter l'exemple de Lin , Clet , de Clément et de quelques autres que nous citerons bientôt. On ne saurait trouver dans aucun monument historique digne de crédit, le moindre indice qui fasse croire que ces Evéqi|g|É|e Rome
aient été regardés comme revêtus d'<|H^ autorité
tiniverselle pour rien ordonner en leur qualité de chef.
L*épitre de Saint-Clément aux Corinthiens est purement exhortative et écrite, par des motifs pri* yés, en réponse à une autre qu'il avait reçue de cette église. Il pourrait même se faire , sans rappeler ce que nous avons déjà dit, que Clément ne fût pas même pape , au moment où elle fut écrite ; Tabbé Fleury fait remonter la date de cette épître jusqu'à l'année 80, peu après l'élévation de Vespasien à l'empire. Si cela était avéré, il s'en suivrait que l'évêque et l'église de Corinthe ne se soumettaient pas au Pape, même en matière de consultation, puisqu'ils n'avaient jamais correspondu avec St.- , Clet.