D'UN PEINTRE GENEVOIS
S'il est un livre difficile à analyser, impossible à décrire, échappant par la fantaisie à toute espèce de critique, se dérobant par l'imagination et le charme à toute espèce de sévérité, défiant par sa personnalité toute espèce de classification, c'est bien celui-ci. Le livre est l'homme, a-t-on dit; et, sous ce rapport, ceux de monsieur ïopffer ont, parmi les productions du second ordre, un mérite et un attrait des plus curieux à examiner. Ils sont empreints sans exception d'une telle originalité, ils passent par des routes littéraires si peu fréquentées, ils t'ont faire à l'esprit un chemin auquel il est si peu accoutumé, qu'au premier instant
il lui est impossible de porter un jugement de quelque valeur sur eux. Ce n'est qu'après une longue halte, et lorsque réblouissement est tout à fait dissipé, qu'il finit par apercevoir les sentiers adroitement dissimulés qui ramènent aux grands centres littéraires, et par trouver un terrain semblable sur lequel il peut solidement établir ses termes de comparaison.
Monsieur Topffer est un descendant légitime des écrivains fantaisistes. Parmi les auteurs anciens, il se rattache à Rabelais, à Sterne surtout, à Diderot dans Jacques le fataliste; parmi les modernes, il a quelque chose de la verve spirituelle de Nodier dans le Roi de Bohême. Comme eux tous, il a cette délicieuse horreur du droit chemin, il se jette avec bonheur à gauche et à droite dans des sentiers inaperçus, où Ton est tout étonné et tout charmé de le suivre, et, quand par hasard il reparaît sur la grande route de son sujet, les fleurs qu'il rapporte sont si jolies et si parfumées, qu'on n'a pas la force de le blâmer de sa disparition. Et pourtant, au milieu de tous ces frères illustres, il a su se créer une originalité qui lui appartient en propre. Né à Genève, l'esprit calviniste et rigide de la république vient souvent, et comme à son insu, modifier la libre fantaisie qui voudrait remporter trop loin. 11 a beau faire, l'esprit français l'envahit. Il a beau s'abandonner, le tuf genevois résiste. C'est, sous ce rapport, une curieuse étude à faire, que de suivre, en le lisant, le combat que se livrent chez lui le cœur et la raison. Le cœur l'entraîne, il l'emporte clans les belles régions de l'idéal ; il le berce dans les bras de la nature, dont il a un sentiment exquis; mais la raison est derrière lui qui le surveille et le ramène durement à terre dans le
triste domaine du réel. Lui-même a dépeint cette lutte dans nn des plus charmants chapitres de son livre d'une façon trop remarquable pour que nous ne le laissions pas parler. r< Quand j'y songe, dit-il, une lutte pénible s1 établit entre ma raison et mon cœur : que faire ainsi partagé? La raison est mon régent, il dit vrai, je dois le croire ; mais le cœur est mon camarade, et je fraye avec lui. Avec lui, je remonte le courant des âges, et, arrivés dans quelque antique asile, nous y posons notre tente au pied de ces beaux hêtres qui cachent l'ogive d'un vieux portail.... Avec lui encore, l'oserai-je dire? nous nous moquons du régent.... Ainsi les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » Monsieur Topffer est tout entier dans ces lignes, et, pour qui connaît ses ouvrages, il est impossible de ne pas reconnaître la finesse et la vérité de cette appréciation. Monsieur Topffer est connu en France depuis peu de temps. Se consacrant à Genève à l'éducation des enfants, et ayant pour ses élèves une affection que ceux-ci lui ont bien rendue, des croquis grotesques, qu'il faisait à ses moments perdus et dont on publia des exemplaires à Paris, révélèrent les premiers cet esprit tVhumottr et de bon sens. Personne n'a oublié le succès qui accueillit l'apparition de l'histoire de monsieur Vieux-Bois, de monsieur Jabot, et, plus récemment encore, de monsieur Cryptogame. Malheureusement le plus original de ces albums, les Voyages du docteur Festus, est connu de peu de personnes, et c'est là surtout que l'on peut apprécier tout ce que monsieur Topffer avait de verve, de drôlerie et d'imprévu dans l'esprit. Ce qu'il a dépensé de fantaisie grotesque dans ce livre est incroyable, et c'est précisément cette raison
qui en empêchera la publication. L'auteur regardait cette série de plaisanteries sur le culte exclusif de la science comme une débauche d'esprit qui ne pourrait trouver grâce que devant un cercle d'intimes excessivement restreint. A notre sens, il a eu tort: nous sommes convaincu que les qualités comiques qui distinguent les Voilages du docteur Festus eussent été vivement appréciées en France, et que ce recueil était appelé à un succès bien plus grand encore que celui des autres albums du spirituel Genevois. Jusque-là monsieur Topffer ne s'était dévoilé que comme caricaturiste, lorsque, grâce à monsieur de Maistre, la publication de ses Nouvelles genevoises vint révéler à un petit nombre de lecteurs un côté inconnu jusque-là du talent de monsieur Topffer. Ce fut l'auteur du Lépreux de la cilé d'Aoste, dont le succès en France alarmait la modestie, qui parla le premier à son éditeur des productions d'un instituteur inconnu, de Genève, productions remarquables à tous égards, et appelées, disait-il, à un succès bien plus mérité que les siennes.
Le nombre des lecteurs des Nouvelles genevoises fut très-restreint d'abord, puis peu à peu il s'augmenta, le charme gagna de proche en proche, et maintenant la Bibliothèque de mon oncle est dans le souvenir de tous les esprits, le Presbytère dans le souvenir de tous les cœurs. Le succès avait donné des lettres de grande naturalisation à monsieur Topffer. Après les Nouvelles parurent successivement le Voyage en zigzag, recueil d'observations, d'histoires, de rêveries, d'impressions de l'auteur pendant les excursions qu'il faisait tous les ans, à la tête de sa bande de charmants drôles, dans les cantons de la Suisse et jusque dans les premières
marches de la Lom hardie. Le roman de Iiosa et Gertnule parut Tan dernier, précédé d une intéressante notice de messieurs Sainte-Beuve et de la Rive; et, enfin, la publication des Menus Propos, ouvrage auquel monsieur Topffer a travaillé à bâtons rompus pendant dix ans, vient de mettre le sceau sur cette réputation tranquille et modeste. Nous ignorons comment cet esprit caustique eût accueilli le succès auquel est destiné son livre; mais, hélas! pour lui comme pour tant d'autres, le succès est venu comme la justice, en boitant, pede clando, et c'est sur un tombeau que s'est allumée l'auréole dont il couronne ses élus. Monsieur Topffer est mort à la fin de 1846. C'est aux bons soins de ses amis que nous devons la publication posthume des Réfl exions et menus Propos d'un peintre genevois. Par une triste coïncidence, il semble lui-même avoir prévu cette fin prématurée, et, sous ce rapport, je ne sais rien de navrant comme ces lignes qui commencent le livre sixième : « Né avec le siècle, j'en ai l'âge, et la pensée que ce frère jumeau est irrévocablement destiné à me survivre .bien des années rend pour moi plus déterminé, en quelque sorte , et plus visiblement prochain que pour beaucoup d'autres, le terme de mon existence ici-bas. »
Il commence, lui, sa quarante -quatrième année. Pour un siècle c'est l'âge mûr à peine ; pour un homme, c'est l'approche du déclin, des froidures, des feuilles mortes qui jonchent l'allée au bout de laquelle s'ouvre le cimetière.
« ... Cependant ils continuent de jouer, dit-il plus loin en parlant de ses enfants, et la vue de ces cyprès, dont les cimes funèbres dépassent là-bas le mur d'en-
ceinte, ne les a point distraits encore de la fête que c'est pour eux de vivre. »
Dans la pensée de Fauteur, les deux volumes des Menus Propos ne devaient être d'abord qu'un petit traité du Lavis h l'encre de Chine dans lequel il « ne se proposait, comme il le dit lui-même, que d'effleurer à propos de ce titre-là quelques menues questions de paysage. Par malheur (ses lecteurs disent par bonheur) , les menues questions tiennent aux grosses, et, dans ce jardin de l'art, l'on ne se baisse pas pour y cueillir quelques fleurs qu'on ne sente, à la résistance, qu'elles tiennent par leurs racines aux profondeurs du sol.» Ainsi donc le sujet a pris, sous sa plume, des dimensions moins restreintes. Il a coudoyé en passant les questions qui se rattachent à l'art, et il a bien fallu se retourner pour leur demander compte de leur présence. Puis, de digressions en digressions, il est vite arrivé au principe éternellement pendant, éternellement débattu, du beau dans les arts, et, en fin de compte, son petit traité est devenu deux gros volumes, dont l'un, le second, est entièrement consacré à l'examen approfondi de cettedernière question. Nous n'essayerons pas de le cacher, ces discussions sur le beau nous paraissent oiseuses, ces définitions ne définissent rien du tout. Ces hautes spéculations philosophiques, ces raisonnements plus ou moins logiques appliqués à l'art, qui est surtout une chose de sentiment et de complète liberté, ne lui sont d'aucune utilité. L'artiste, comme le poëte, est créateur avant tout, et vouloir l'astreindre h des règles prescrites, vouloir lui tracer une ligne dont il ne doit pas dévier sous peine de salut, c'est vouloir l'exiler de son véritable et seul domaine, l'idéal ;
c'est vouloir couper les ailes à l'oiseau. A chaque instant monsieur Topffer semble, avec juste raison, chercher à éviter une définition. « Winckelmann, dit-il quelque part, a écrit toute sorte de choses excellentes sur le beau, et à propos du beau ; mais, quelque part, au lieu de se contenter de rôder autour de ce Protée, il veut mettre le pied dessus, et il le manque. »
La plus excellente chose qu'ait écrite Winckelmann sur le beau, c'est : « Qu'il est plus facile de dire ce qu'il n'est pas que dédire ce qu'il est. Je trouve ceci tellement juste, réfléchi, approprié à son objet, que je m'en fais la seule définition que j'accepte. » Et un peu plus haut, dans le chapitre où il déclare d'emblée « qu'il se refuse
net à formuler une définition du beau. » «Définir
le beau, dit-il, c'est déjà, selon nous, méconnaître sa nature et nier sa liberté; tout comme définir la pensée dont il émane et avec laquelle il se confond, c'est déjà méconnaître l'essence de cette pensée et en restreindre les attributs. C'est surtout, et inévitablement, prendre ce qui en est tout au plus une seule condition, et pas même absolue, pour ce qui est la source elle-même; un filet d'eau, si l'on veut, pour le fleuve tout entier.» Et pourtant il est emporté malgré lui par le démon de la définition qui le talonne, et voici la formule qu'il hasarde au commencement de son second volume : « Le beau de l'art procède absolument et uniquement de la ensée humaine affranchie de toute autre servitude que celle de se manifester au moyen de la représentation des objets naturels. » L'immortel aphorisme de Platon : « Le beau, c'est la splendeur du vrai, » en apprend plus long sous tous les rapports que le volume de monsieur Topffer, et a le mérite d'être beaucoup plus concis.
Mais, si l'auteur, selon nous, pèche quelquefois par le fond, combien il se relève par les détails! et comment reprocher au sol sur lequel on marche son peu de profondeur, en voyant les fleurs éblouissantes, les verdures tranquilles qui le couvrent de tous côtés? Les digressions dont est plein le premier volume feraient la fortune de bien des auteurs moins originaux. « Gomment se passer des digressions? dit-il; elles sont le repos gagné sur un temps d'effort, et, si nous voulons bien nous comparer aux manœuvres qui travaillent à la sueur de leur front, c'est à condition qu'on nous ait laissé, comme eux, interrompre l'ouvrage par intervalles pour aller dormir sous un chêne, ou flâner le long de la marge fleurie d'un ruisseau. » Si nous voulions nous arrêter sous tous les chênes où il s'endort, le suivre le long de tous les ruisseaux près desquels s'égare le doux flâneur, nous ne pourrions jamais arriver à la fin de notre tâche. Jamais Sterne, dans ses meilleurs moments, dans l'histoire de l'homme au long nez de Strasbourg ou dans celle de la châtaigne indiscrète, a-t-il été plus railleur et plus fin que monsieur Topffer, lorsqu'il se moque du jésuite Duhalde, donnant sérieusement la recette pour faire de bonne encre de Chine, dans laquelle il faut mettre, dit-il, « des plantes ho hiang et kansung, des gousses appelées tehu ya-tsnokho, et du suc de gingembre, etc., etc.? » Quel trait d'égoïsme artistique profondément vrai que celui où il consent à donner à ses amis du papier français pour laver à l'encre de Chine, en conservant pour lui son Wattman anglais ! Le chapitre entier où il traite, en termes si simples et si attendrissants, de l'affection que l'on porte aux objets inanimés, n'est-il pas aussi plein
de sentiment qu'une page de l'histoire de Gervais de Charles Nodier? Lorsqu'il poursuit de ses railleries les malheureuses victimes des arts dits d'agréments, lorsqu'il déverse à pleines mains le ridicule sur les insensés qui vont cherchant des maîtres partout, quand ils ont la nature ouverte devant eux, ne manie-t-il pas, comme un soldat éprouvé, cet impitoyable bon sens qui fut une arme si terrible entre les mains de Voltaire et de Diderot? Mais que nous servirait de continuer cette nomenclature plus longtemps? C'est au livre même qu'il faut renvoyer le lecteur, en lui souhaitant une partie du plaisir que nous avons éprouvé à suivre cet esprit délicat et railleur par toutes les échappées qu'il lui plaît d'ouvrir dans son sujet.
Il est cependant un point sur lequel il nous est impossible de ne pas chicaner monsieur Topffer. Nous voulons parler de l'aigreur qu'il met dans ses attaques contre la formule de l'art pour l'art et contre son auteur, monsieur Hugo. Ce n'est pas ici le lieu de discuter la valeur intrinsèque de cet aphorisme et de rechercher, question beaucoup plus creuse que profonde, s'il conduit droit au matérialisme ou à l'idéalisme en littérature. Monsieur Topffer est un partisan de la première déduction. Il se pourrait bien, comme cela arrive pour toutes les propositions mal formulées ou mal comprises, que celle-ci conduisît aussi bien à l'une qu'à l'autre de ces déductions. Dieu nous garde d'essayer de le prouver, et de rhabiller à neuf cet aphorisme lancé jadis étourdiment dans une préface plus brillante que sérieuse. Mais ce que l'on pardonne difficilement à monsieur Topffer, c'est l'acrimonie dont il poursuit le poëte lui-même. Cela gâte son livre par endroits. Quelle
que soit la manière dont on juge monsieur Hugo, on ne peut, sans être taxé d'injustice ou de mauvaise foi, passer devant ce nom sans s'incliner comme devant une des gloires littéraires de notre époque. Et d'ailleurs, est-ce bien à lui, qui écrit élégamment notre langue pour un étranger, mais dans le style duquel une critique un tant soit peu sévère pourrait trouver une foule d'inversions hasardées, d'hypallages douteuses, d'ellipses forcées, de tournures de terroir, Alielvétianismes (si je puis m' exprimer ainsi) peu corrects, de juger aussi sévèrement un homme qui manie les mots avec une aussi étonnante habileté et dont les études et les connaissances en linguistique ont forcé les grammairiens et les lexicographes de le compter au nombre des autorités littéraires les plus respectées? — Nous ne le pensons pas.
En résumé, monsieur Topffer est un artiste, et, chose plus rare dans cette catégorie de travailleurs, a un vif et vrai sentiment des doctrines de l'art. Nous n'en voudrions pour preuve que ces justes récriminations contre les tendances de l'école de David, sur lesquelles il revient à deux fois, comme s'il craignait que l'on ne se méprît sur le fond de sa pensée. Nous ne pouvons résister au plaisir de citer encore. « Tels tirent de l'antique, dit-il, leur beau idéal, mais en ce sens, le seul qui, à leur point de vue, ne soit point absurde, que l'antique est plus rapproché de la nature, dont nous nous sommes éloignés. C'est une erreur. Et ceux qui ont mis en pratique cette façon de voir, par exemple, en peinture, l'école de David, ou, dans le drame, Alfieri, ou, dans l'ode, Lebrun, ont prouvé presque plaisamment. si Ton considère ce qu'ils se proposaient, combien, par ce
chemin-là, un s'éloigne sûrement du but que l'on croit approcher. — L'école de David, dit-il plus haut, estimable à d'autres égards, menait tout droit à ce que l'on appelle le dessin académique, dessin de types moulés sur la statuaire antique, nature vivante et réelle. Avec ce principe, Fart, faute de se retremper constamment à son unique source, la nature, chemine à part d'elle, sans s'en éloigner, sans s'en rapprocher. »
Cependant, malgré cet hommage tacite rendu aux tendances de la jeune école, qui recherche, avant tout, la nature et la vie sous ses aspects les plus multiples, l'ouvrage de monsieur Topffer sera peu lu, peu compris, et surtout de peu de profit aux artistes, race toute de premier mouvement, et qui, pour nous servir des propres expressions de monsieur Topffer, « aime peu à raisonner sur son art. Leur vie est toute d'impressions : philosophie, ils s'en moquent; raisonnement, ils bâillent; déductions, ils s'endorment. Enfants gâtés, mais surtout enfants qui n'aiment que leurs jouets et boudent leur rudiment; philosophes en ceci, pourtant, qu'ils jouissent beaucoup sans s'enquérir pourquoi , comment. Le comment, le pourquoi, gâtent tant de choses! » Monsieur Topffer a fait, en ce peu de lignes, la meilleure et la plus ingénieuse critique que l'on puisse adresser à son livre. Ce que Ton peut encore lui reprocher, c'est un manque de simplicité qui résulte nécessairement de cette alliance du sentiment et de la moquerie qu'affectionne monsieur Topffer, mais qui iinit quelquefois par fatiguer. Je ne sais pourquoi, en écrivant ces lignes, les noms de Voltaire et de Rousseau se présentent à notre esprit : l'un fils légitime, l'autre fils adoptif de la patrie de monsieur Topffer; il semble
({ue les deux genres si divers qui les caractérisent client déteint sur lui, et qu'il ait voulu les mélanger à dose égale dans son œuvre. Ce défaut d'unité dans l'allure, cette absence de parti pris, produit une hésitation perpétuelle dans l'esprit du lecteur, et par contre une méfiance dont il a peine à se débarrasser complètement quand il essaye de porter un jugement sérieux sur Hauteur. C'est la principale raison qui fera toujours ranger monsieur Topffer parmi les écrivains de second ordre.
Inutile donc aux artistes, mais appelé à un légitime succès auprès des gens du monde, des hommes de finesse et de goût, auxquels il fera passer de charmantes heures, tout en leur donnant des idées justes, des aperçus vrais et souvent profonds sur une branche de fart dont on se fait une très-fausse idée généralement. C'est une spécialité à laquelle les peintres seuls entendent quelque chose, dit-on d'habitude ; et, sous ce prétexte, les plus bizarres erreurs, les plus singulières hérésies, ont pu faire un chemin très-rapide dans l'esprit de diverses classes de la société. Les Menus Propos d'un peintre genevois en détruiront, nous en sommes convaincu, quelques-unes.
FRANÇOIS GU1ZOT.