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niera jamais, lorsque, dans une fête, elle esl frappée par l'indifférence d'un convive qu'elle a déjà rencontré d'une façon fortuite el mystérieuse : jeune homme simple, bon, spirituel, froid, mais non austère, sur lequel viennent s'émousser les traits les plus aigus de sa coquetterie. Après avoir usé de (nus les moyens [unir lui faire comprendre qu'elle aime pour la première luis de sa vie, el qu'il est l'objet de cet amour, se voyant accusée de jouer un rôle indigne d'elle, elle va s'empoisonner, quand Maurice, qui n'attendait plus qui- cette preuve suprême, lui ouvre ses bras el lui fait racheter par une \ ie de bonheur et de dévouement la platitude et l'inutilité de son existence précédente. Cette donnée, qui n'est pas neuve, c'est celle de la Courtisane amoureuse, à |nis. sous la plume de monsieur Feuillet, des développements d'un charme tout nouveau. Madeleine est un caractère de fen [ue l'auteur se plaîl à étudier et à orner de toutes sortes de façons. C'est l'émotion, la sensibilité vraie se cachant sous une apparence desécheresse railleuse, comme sous une armure
dont il faut du soin et du tact | r dénouer les pièces
Le curé Miller, qui ne parait que dans une scène esl indiqué par quelques traits, mais si réels, si vivants, que c'est la figure qui frappe le plus dans Rédemption. Quelle onction, quelle indulgence, quel esprit, danssa conversation avec Madeleine l'incrédule! ivec quelle délicatesse il indique à cette nature rebelle le joug sous lequel elle passera un jour! J'aime moins Maurice, auauquel je reproche de manquer de -naturel. Maurice aime Madeleine, et viseà l'excentricité pour en être
remarqué. En affectanl de la dédaigner, il i un rôle
qui sérail charmant chez un \ ieux diplomate, mais qui
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lé ciel! le Dieu Je justice et de bonté a déjà fermé la blessure dont je l'avais frappée; mais celle que j'ai oùvertu du même coup dans mon cœur saignera jusqu'à ce que la mort l'ait cicatrisée : ainsi je payerai bien cher la triste victoire de mon orgueil... Adieu, adieu, madame' que le bon ange de vos nuits vous répète les vœux île l'ami que vous n'entendrez plus. »
( // fléchit le genou el pose ses lèvres sur lu frange des rideaux. )
Madame d'Krmei., se soulevant et lui mettant la main sur la tête : « Courbe-toi. vieux Sicambre, et adore ce que lu as brûlé. »
Que l'on me permette une remarque. Monsieur Feuillet, en faisant dépasser la soixantaine à ses deux personnages, s'est évidemment trompé. Ces délicates pensées d'amour, les mots harmonieux qui les expriment. jurent dans la bouche de deux vieillards aussi âgés. Ce
ne si m t certainement pas deux jeunes gens qui s'ai nt.
mais oe ne simi pas des sexagénaires non plus, el nous pensons qu'en retirant une vingtaine d'années à chacun d'eux, l'auteur eût été tout aussi vraisemblable, el eût débarrassé le lecteur d'une arrière-pensée pénible qui le poursuit pendant toute la scène. Nous ne citerons Alix el la Clef d'or que pour mémoire. Alix est sans doute l'œuvre d'une extrême jeunesse, et, dans la Clef il' m-, le changement déforme, qui, de dramatique dans la première partie, devient epislnlaire dans la seconde, esi un défaut dont la rapidité de l'action souffre forcément. D'ailleurs, l'idée première el les développe nients qu'elle a reçus sonl tellement embrouillés, qu'après plusieurs lectures, el en rendant justice à certains détails remplis de fraîcheur, nous avouons ne pas I a-
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