LITTÉRATURE
Lorsque l'on étudie assidûmem les productions de l'école littéraire qui depuis vingt ans el plus s'est formée sniis la bannière de la liberté dans l'art, on \ reconnaît trois impulsions diverses, mais nullement contraires, qui peuvent se résumer en trois noms autour desquels viennent se grouper de près ou de loin tous 1rs autres : Victor Hugo, George Sand et Alfred de Musset.
Victor Hugo est, avant tout, le peintre de la nature
extérieure, suit physique, suit raie. Tous les senti-
ments \ iolents que l'âme n'a pas la force de contenir, la colère, la haine, la vengeance, tous les effets éclatants de la création ont été rendus par lui avec un talent qu'il est inutile de nier. Avec sa forme vive et nette, avecsa passion de l'antithèse, dont le défaut est précisc-
m de saisir trop violem ni l'esprit, avec son vers
frappé, avec sa prose cisçlée en relief comme une pièce
M r»AITS A LA PLUME.
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désir el l'orgueil s'irritant l'un Faune, e'esl l'histoire de l'homme incessammenl dévoré par la soil de l'idéal. aspirante étreindre le rêve d'un Dieu, et toujours douluureusemeni i;iiiiciu; à la réalité par sa nature bornée et finie. C'est, enfin, cette pensée que les anciens nous ont transmise dans le symbole de Prométhée attaché au rocher, et livrant aux étreintes du vautour ses entrailles immortelles. De quelque façon que l'on juge le roman de Lélia, et malgré îles taches de mauvais <>oùl i|ue l'inexpérience de l'auteur et le temps où il fut écrit ne suffisent pas pour faire excuser, il serait injuste de ne pas reconnaître que depuis Faust etManfred jamais pareille plainte d'orgueilleux blessé n'avait été exhalée par une voix plus harmonieuse et plus puissante. Glorifiant surtout les facultés de l'homme, laissant apercevoir sous I énergie de son appétition la puissance de ses moyens, madame Sand devait s'adresser el s'adresse. en effet, à l'intelligence.
Monsieur de Musset, au contraire, est le poëte des natures tendres et îles cœurs aimants. C'est, l'historien îles sentiments ardents, mais cachés, qui consument
silencieusement une ai t j urent avec elle. Il est
dit-il, dans le drame de la Coupe ci tes lèvres :
Il est deux roules dans la vie L'une solitaire el Iteurii , i ini !■' 1 1 ud s i pente chérie S m se plaindre el sans soupirer.
L'autre, < omme un toi renl >.ms digue h. m une élci nelle fatigue,
Sous les pieds de l'enfanl | ligui
Roui i h | v d'Ixion,
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