‹ Portraits à la plumeChapitre 3 sur 65 · I .m-iii Plu · texte numérisé non relu

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• I. lui quiinil il i nu

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de l'amour. C'esl ce qu'il a exprimé dans les vers suivants.

.l'aime ! — Voilà le mol i|iie la nature entière

Crie au vent <|ui remporte, à l'oiseau qui le suit !

Sombre et dernier soupir que poussera la terre

Quand elle tombera dans l'éternelle nuit !

Ali! vous le murmurez dans vos sphères sacrées,

Étoiles du matin, ce mot triste et charmant !

La plus faillie de vous, quand Dieu vous a créées,

A voulu traverser les plaines éthérées,

l'our chercher le soleil, son immortel amant

Elle s'est élancée au sein des nuits profondes.

Mais une autre l'aimait elle-même ; — et les mondes

Se sont mis en voyage autour du firmament,

Aussi, si monsieur Hugo et madame Sand s'adressent plus directement à l'imagination et à l'intelligence, monsieur Alfred de Musset parle avant tout au cœur, et, des trois parts, ce n'est pas la moins bonne qu'il s'est réservée.

Au mili lu déplorable industrialisme qui déshonore notre littérature, le bagage de monsieur de Mussel peut paraître bien léger, et c'esl un des premiers mérites du poëte de n'avoir pas voulu forcer l'attention publique à s'occuper de lui, Toutes ses œuvres tiennent dans quelques volumes ; mais, si peu nombreuses qu'el- I ut. ces pages contie m plus de choses el devront arrêter plus longtemps l'attention de tout lecteur de goûl que tel ouvrage interminable que je pourrais citer. En outre, monsieur de Musset a eu le bon esprit de ne pas vouloir faire concourir ses œuvres au développement de n'importe quelle ambitieuse théorie littéraire faite après coup. Il n'a pas voulu non plus

ALFRED DE MUSSET. lii

violemment la foule au débul n'est pas de notre goût, il cache presque toujours une grande insuffisance. Les gens qui esealadeni les fenêtres el qui brisent les vitres en entrant nous ont fait trop souvent pénétrer à leur suite dans une chambre vide pour que nous ne nous en défiions pas. Heureusement ce n'était pas le

cas de nsieur de Musset : tout ce que contient ce pn -

mier recueil se ressent nécessairement du manque d'habitude et de l'extrême jeunesse de l'auteur, mais sous une forme à laquelle un goûl même ordinaire trouve trop souvent à blâmer ou entrevoit déjà une force réelle et une véritable originalité. La scène où la Camargo — dans les Marrons du feu— essaye par tous les moyens possibles de rallumer dans le cœur de Rafaiil un amour éteint ne manque ni d'observation, m

de justesse; et, si les transitions des divers uve nls

de sim cœur ne -uni pas faites avec toute l'habileté que l'on p iui ; >■'< dé irer, au moins chacun d'eux est-il

dessi l'une manière très-nette et très vive. La cène

où Rafaël raconte à l'abbé Desiderio l'histoire de ses amours avec la I lamargo porte déjà l'empreinte de cette mélancolie qui tirera plus tard de magnifiques accords

de l'instrument du poêle. Ces vers n nt— ils pas pleins

de charme et de vérité :

— Un beau "in i 'i commenl se lil l'affaire,

• La i ■ se lovail cette nuit-là si claire,

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