ALPHONSE K A U
délicatesse des teintes employées. Là, comme toujours. monsieur Karr s'est livré à son goût pour les digressions; et, si elles ne sont pas plus spirituelles que les autres, c'eût été difficile, an moins rentrent-elles plus directement dans l'ensemble du sujet. La verve des scènes du l'atelier du peintre Huguet, et les aventures ai iivuses d'Abert Ghaumier, les ont justement vulgarisées. Ce n'est pas un moyen bien original que la mystérieuse intervention d'Anselme, et il n'a pas dû coûter de grands frais d'imagination à l'auteur; cette intervention n'est pas d'ailleurs assez bien déguisée pour que le lecteur puisse être incertain un instant sur la conclusion à laquelle elle aboutira ; mais il serait fastidieux d'insister sur ce point, surtout après l'émotion franche el naturelle de la reconnaissance finale. Il n'\ a pas île mauvais moyens quand le résultat est aussi bien réussi que celui-ci.
Feu Bressier esl une suite de nouvelles reliées entre elles par une idée des plus originales. Avec la légèreté de talenl de monsieur Alpl se Karr, cette for
qui n'exige pas des caractères longtemps soutenus
comme le r an, lui offrait l'incontestable avantage
île pouvoir laisser et reprendre son sujet s;in> choquer l'esprit parce manque de cohésion. Un vieillard, sec, avare, désagréable en tous points, meurt de regrel de s'être vu dévalisé par des voleurs. Sun âme s'échappe gaiement de -un corps, et, fatiguée d'avoir habité cette
huile enveloppe, se pr el de ne plus revenir sur terre
qu'en prenant naissance dans les baisers de deux amants sincèrement épris. Elle commence donc ses voyages, et, après une année de recherches infructueuses, au mois il.' niai, lorsque tous les parfums de la
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ALPHONSE KAIlli. 79
de pucerons qui s'agitent sur la feuille du rosier. Lorsqu'il aborde ce sujet, son style change tout à coup d'une façon très-remarquable, sa phrase perd la pointe acerbe qui la quitte rarement, elle s'assouplit et se punir et, si je pois m : \priiurr ainsi se pénètre du parfum des buis, de la brise et des Heurs. Que l'on relise l'hymne au printemps dans Geneviève, et la scène d'amour entre Tony et Clotilde dansée dernier roman. Monsieur Karr est lier de ce sentiment et des connaissances qu'il lui a dû de posséder, et ce n'est pas moi qui aurai le courage de l'en blâmer au milieu des ouvres de tous ces bavards, faisant de la nature par mode, comme on faisait du cimetière, il y a vingt ans. parlant des fleurs avec outrecuidance, leur donnant des produits impossibles, le bleu aux camélias, pai exemple, ei uni' odeur enivrante aux dalhias, et qui n'onl peut-être jamais possédé un pol de giroflées de six sous sur l'appui de leur fenêtre.
Le Voyage autour île mon jardin est composé avec
la meilleure partie de eel amour et de celte science. I II
ami pari pour un long voyage. Il abandonne sans regret ses joies, ses amours, ses chères accoutumances de tous b^ jours, pour aller à travers mille fatigues chercher le iliuii de raconter des mensonges au rel Il
proinel i l'smi qu il laisse derrière lui de Im Ecrire les scènes étranges ou singulières qu'il rencontrera; tandis que celui-ci, sans quitter son jardin, lui fait le récit de spectacles autrement curieux et intéressants
fil auxquels il assiste |HCM|lie du pas de sa porte II
i euiei ci.nii Dieu d'avoir placé près de lui tanl et de si pures richesses. \vec le récil des amours de- fleurs de leur naissance de leur r| lisscmenl el île leur
PORTE MT^ \ LA PLI m
1rs mille rli — i liai manies <|in ..■ut .1 vivent d'uno vie commune: sans tombel un ieul h fadeur ou le reu»|
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