‹ Portraits à la plumeChapitre 25 sur 65 · A H SE NE HOUSSAYE · texte numérisé non relu

A H SE NE HOUSSAYE

On trouve rarement îles vers mieux frappés que

ceux-là \ Si cette pièce semble tracée avec le pinceau éclatant

du m;iiin' de Cadore, l'invocation qui ouvre le volume,

à Diane chasseresse, est ciselée dans In plus pur panlé-

lique :

0 lillc île Ulone! idéale habitante Des hnlliers où jamais ne passent les hivers; Binm-lie sœur d'Apollon a la Ivre éclatapte, Diane aux (tèclics d'or, iiispire-moi des vers

Quelques pages de prose sont répandues dans ce recueil : les Si/rènes, la Source Y Hélène, de Zcuxis, la Chanson du vitrier. Je n'approuve pas ce mélange de vers ei deprose, quoique la dernière, la Chanson du vitrier, soil un modèle d'émotion simple et terrible et de narration précise. Mais l'oreille, accoutumée au rhythme poétique, ne s'habitue pas, surtout pour peu d'instants, à la forme sévère de la prose. Il en résulte une dissonance, que nous engageons monsieur Houssayd a faire disparaître.

Plusieurs petites pièces, décorées par l'auteur du nom lYIsolines, doivent être nçtées ici. parce qu'elles prou-

"A ci propos, n adr erons une rc que à M Huussaye

Lui, qui a été à Venise, a pu s'assurci sur pince de ce que valenl

les traditions, et n'ignore pas, sans d que la belle L-iiu i de

lin., h, ,1a tableau 'la Musée, n'a jamais élé la fille do Pnlnu le

Vieux, el que rie justifie rr litre dé maUruie du Titien, que

Lépicié, y crois, est le premier ù lui avoir donné dans sua catalogue Celte ad nblc i réi • • fut la maîtresse .1 Alphonse de Fei

rare, qui l'épousa après li t de sa première Peu Lucrèce

H lui taisant cliiingci son mim de l.nur.i conl lui plu

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cile d'imaginer tout ee que ce canevas peui recevoir d'ornements. Monsieur Houssaye y a fait entrer quelques contes, où l'on retrouve, avec plaisir, ce mélange de réel et d'idéal, de rêve et de vérité, de larmes et de sourires, qui constitue son originalité. Mois, là où le récit, qui se jouait à l'aventure tout à l'heure, qui sautait comme un oiseau chanteur, de brancheen branche, >ur L'arbre de la fantaisie, prend des proportions d'austère beauté, e'esl dans les pages consacrées ;i la mémoire d'un ami, Edouard Ourliac, emporté, parla mort, à la moitié de sa route. Le stvle prend de la concision el de l'éloquence, chaque mot porte. Ce n'esl plus un poëte qui parle, c'est un cœur qui bat, c'est un homme qui pleure, c'est un ami qui se souvient. Il j avait, en effet, chez Ourliac, des facultés dont le développement avait été long et retardé par i\<i> circonstances contraires, qui, au momenl où la mort l'a pris, subissaient une dernière et affreuse transformation, ■ mais qui, ces épreuves passées, eussent brillé d'un éclai remarquable. Balzac, qui s'j connaissait, ne s'\ était pas trompé, et son éloge i\» beau roman de Suzanne est une pleine des ressources qu'il avait découvertes dans l'intelligence i\f notre pauvre camarade. En redi-

sani ce nom presqu iblié, en essayant de lui donner

mu' gloire qui lui a manqué, monsieur Houssaye a fait plus encore que de belles pages, il a fait une belle action.

Dans le chapitre consacré aux souvenirs d'enfance, il n'\ ,i pas un mot de trop, el le portrait du grandpère est tracé i te u squisse d'Adrien Brauwer.

Je me demande, en terminant, si ce que j'ai dil de ces deux volumes peul en dopnei une idée impartiale

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IMtOSPER MERIMEE.

L'un, comme Galderon et comme Mérimée, Incruste un plomb brûlant sui la réalité, Découpe ù son flambeau la silhouette liuiuainc, En emporte le moule, et jelie sur la scène Le plâtre de la vie avec sa nudité.

l'as un coup de ciseau mu h sombre effigie Rien qu'un masque d'airain tel que Dieu l'a fondu Cherchez-vous la morale cl la philosophie .' Rêvez, m vous voulez. — Voilà ce qu'il a vu

C'est ainsi que monsieur Alfred de Musset apprécie monsieur Mérimée, el on ne saurai! mieux caractériser el en moins de mots, le talent de l'auteur de Colomba. C'est, pour le dire en passant, une faculté accordée à presque tous les écrivains remarquables de juger du mérite de leurs confrères d'une façon très-nette el très précise. Depuis le succès de Colomba, monsieur Mérimée m a donné que de rares productions qni n'ont i ien

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on se servait Fort agréablement vers I8ô5. — ne remarquent pas que c'est à ce scepticisme que l'on doit la pointe d'ironie qui donne de l'intérêt à ses ouvrages.

lin autre mérite qui découle du premier, c'est le style. Monsieur Mérimée se rattache, par son âge et par ses débuts, à l'école romantique, cette école qui a fait plus de bruit q le besogne, et donl le principal définit, on pourrait presque dire Ni première qualité, est l'absence de pensée Malgré l'aveuglement de ceux qui l'entouraient, monsieur Mérimée a su résister, et n'a p.is pensé que la langue française, qui n'avail pas paru trop pauvre à Pascal, à Molière, à Bossuet, à Rousseau, à Voltaire, pour rendre leurs idées, fût insuffisante pour exprimer 1rs siennes, .le le loue de ce bon sens, cette vertu éminemment française, dont il recueille maintenant 1rs fruits. Son style est clair, nerveux, concis, et rend avec précision les idées ou les faits. Il dit ce qu'il veut dire sans obscurité, sans confusion et

■ ■il même temps sans aridité. Il es! économe, mais i

pas pauvre, el coule sur la pensée comme une eau limpide sur le sable du fond. Sans jamais chercher l'effet, H le rencontre souvent, el du plus saisissant que je sache. Bien des auteurs modernes, avec toutes leurs phrases sonores, n'onl jamais produit l'impression de V Enlèvement de la Redoute, de Maileo Falcone, el surtout de la Vénus ri'lllr. un chef-d'œuvre de narration .

Enfin, monsieur Mériméea pour lui une science trèsétendue el très diverse. Il ne sait pas, à la manière des savants qui digèrenl mal leur science, et que l'on a • parés juste ni ■> des bibliothèques renversées la

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