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Monsieur Planche, en encourageant les débuts de la jeune école, avait très-nettement envisagé la question, et compris de suite que cette école tirait son droit d'existence de principes contraires à ceux que l'école de David avait l'ail accepter sans discussion. Aussi pénètre-t-il jusqu'au vif et montre-t-il toute l'insuffisance de cette école. Mais la question n'était déjà plus là : l'agonie de l'école de David était trop évidente pour que monsieur Planche, qui n'aime pas à perdre ses phrases, se donnât la peine de s'y arrêter; un danger plus pressant l'appelait : c'était de signaler l'écueil de l'école intermédiaire, qui, affectant de choisit ce qu'elle regardait comme bon dans l'école agonisante et dans l'école naissante, n'aurait eu | r résultai que de souder ensemble des tendances qui s'excluent réciproque
ment, et, en dernière analyse, n' 'ait conduit qu'à la
médiocrité. Monsieur Delaroche représentait en peinture ccitc école, que monsieur Casimir Delavigne personnifie en littérature. C'est dans cette lutte, c'est dans les pages qu'elle a inspirées à monsieur Planche, qu'il faut chercher le véritable intérêt du Salon <l<- 1831, el le véritable service qu'il a rendu à l'art moderne. Le genre improductif de monsieur Delaroche qui. an point de vue esthétique, n'a aucune raison d'être, cette
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Indélicatesse de jugement qui fait appuyer plus ou moins sur les défauts ou sur les qualités suivant leur importance, c'est l'impassibilité qui ne tient aucun compte des cris que l'amour-propre blessé pousse autour de lui. C'est par là que, malgré qu'on en ait dit. le critique est essentiellement créateur ; car ces précieuses qualités ne s'acquièrent ni par l'étude ni par la réllexion; la nature seule les donne ou lesretireà son gré. J'ai dit que monsieur Planche recherchait le fond et la forme, et j'ajoute bien vite que le premier de ces aspects l'attire plus que le second Ce n'est pas que, dans l'examen de celui-ci, il ne base ses arrêts sur des preuves convaincantes : grammairien consommé et presque érudit, connaissant la valeur des mots et les lois qui régissent leur disposition rationnelle, c'està-dire la syntaxe, ferré sur la rhétorique, avant pénétré les secrets de la prosodie, il saura en passant relever un solécisme, renverser une phrase mal construite, blâmer un vers faux, une rime boiteuse, un hémistù be douteux ; mais il fait bon marché lui-même de cette facile érudition à laquelle il recourt suffisamment pour rester dans la science el ne pas tomber dans le pédan-
tisme. Le premier mérite de nsieur Planche c'est de
s'être attaché, surtout au fond, à l'idée qui enfante les œuvres. A chaque production qu'il examine, il commence par demander son acte de naissance, par rechercher si e'esi un enfant légitime nu nue fille naturelle par s'infor r de la pensée qui a présidée sa formation, et de celle que le style cache dans ses plis. Puis. lorsque les titres lui om paru en règle, il appelle la logiqi i la murale -i son aille, interroge les personnages qui s'agitent pour savoir si les actes que l'au-
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On se souvient de la lutte soutenue par monsieur Planche contre monsieur Victor Hugo; lutte que le premier n'avait pas cherchée et devait être loin de pré- Miir. mais dans laquelle son adversaire lui faisait trop beau jeu pour qu'il pût reculer, et dont il ne lui fut pas difficile de sortir vainqueur. Et ceci se démontre pièces en main. Que l'on veuille bien relire et comparer les ouvrages de monsieur Hugo et les critiques de monsieur Planche, et l'on sera frappé d'une chose: c'est de trouver les uns si vieillis, si passés, parlant un langage devenu si bizarre; et les autres actuelles, frappantes, paraissant avoir été écrites hier. Autant ceux-ci sont empreints de mauvais goût et d'exagération, autant l'effet mélodramatique y domine, autant l'épreuve do temps leur a été funeste ; autant, au contraire, celleslà sont sobres et sensées, autant la modération de la raison s') fait sentir a chaque ligne, autant elles semblent avoir été tracées par quelqu'un de désintéressé daos la question, qui préfère chez loi comme chez les autres la solidité a l'éclat.
Ces critiques mirent toute l'école en rumeur. On porta contre monsieur Planche, dans un style et avec une violence habituels a toutes les mauvaises causes. les accusations de traître et de renégat : se fondant soi ce que, lors des commencements du cénacle, il avait
été un des plus .iclils soutiens de loulisieiir HugO. L'ac-
cusé s'est chargé de répondre a cette accusation cl d'expliquer cette scission dans un article aussi noblement pensé que correctement écrit, intitulé les Amitiés littéraires, où il définit le ride que le critique est
appelé a jouer auprès du poët i de l'artiste, ce qu'ils
gagnent tous deux dans cet échange commun de leurs
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Vous donnez sottement vos qualités aux autres.
Quant à l'objet de la lutte en lui-même, tout en reconnaissant que, partout où monsieur Planche a attaqué, le combat n'a pas été long, il faut dire cependant que, touché par les défauts de monsieur Hugo bien plus que par ses qualités, il n'a pas assez tenu compte de ces dernières, qui doivent être énumérées dans toute appréciation impartiale. En second lieu, el que les classiques me le pardonnent, mais monsieur Planche n'a
pas assi'z compris que l'époqui monsieur Hugo s'esl
manifesté exigeait peut-être les exagérations qu'on lui reproche maintenant. Il fallait sortir de suite, et a quelque prix'que ce fût, de la déplorable littérature di' la Restauration. A ce moment la porte que l'on choisissait el la manière dont on la franchissait importail peu. Celles, m i isieur Hugo eût consenti a mettre
un peu plus de pensée dans ses œuvres, un peu plu, ■ le correction el de sérieux dans son style, le mouvement auquel il ;i présidé Ile sérail p;is lolllbe ibill< le
discrédit où lui-même l'a précipité; mais alors il fallait de l'audace, et un contemporain n'eût pas dû être indifférent a cette audace. Si l'absolu existait, les critiques de monsieur Planche ne seraient que ju te mai comme toul est relatif, comme monsieur Hugo m peul pas b'isoler du milieu ou il a vécu, des années
i "it MAITS \ i \ PLI Ml ■u il ir.n.ull lit, Je i'. |. ...|M. li tiers ire, .m milieu de laquelle il .1 romhaltu, |« crois • | » i opinion eucle. sui le rôle qu'il .i joué il ne I ni i monsieur Plan