‹ Portraits à la plumeChapitre 33 sur 65 · I.i rrilii|ue jusi|u' im\ plus i de li puyeho · texte numérisé non relu

I.i rrilii|ue jusi|u' im\ plus i de li puyeho

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unique d'un être plus changeant que l'onde, se mêlant à je ne sais quel besoin de réhabilitation d'une nature dégradée; si, comme Adolphe, en ressentant la, lourdeur d'une chaîne que nous n'avions pas la force de rompre, la honte de notre faiblesse ne s'était pas tournée en haine contre un être autrefois adoré, l'œuvre de l'abbé' Prévost et celle de Benjamin Constant auraient depuis longtemps rejoint dans l'oubli cette avalanche de romans qui tombe sur nous depuis soixante ans et plus. Le mérite de monsieur Planche est d'avoir dépouillé ces pages terribles de la moralité qu'elles contiennent, et de l'avoir, avec la délicatesse d'un chirurgien consommé, faite palpable pour tous. Il a analysé les maladies dont souffrent Manon et le chevalier, Ellénore et Adolphe; il y a porté le scalpel avec recueillement et résolution, il en a détaillé une à une les phases Cl les péripéties, et le résultai île ses observations a été d'éclairer un repli inavoué et secret du cœur humain. Il a foi l'histoire philosophique là où l'abhé Prévosl et Benjamin Constant avaient fait l'histoire littéraire.

Je place sans hésiter à côté de ces deux articles le travail de i sieur Planche >u\ la Nouvelle de monsieur

Mérimée, intitulée la Double Méprise, dans laquelle, avec une clairvoyance pénible à forced'être vraie, il caractérise ei définit les trois sortes d'amour que l'on peul

éprouver : ai ir des sens . nu ■ de tête . amour de

cœur, et où, en s'inclinanl devant ce dernier, il en reconnaît la rareté, et constate combien sont îlpres et difficiles ;i suivre les sentiers qui conduisent aux suprêmes et inaltérables joies qu'il donne. L'union du devoir

et 'li! honneur, si souvent chercl par les philosophes

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bien je pense, celle de tant d'écrivains que le public appelle originaux parce qu'ils sont bizarres.

Toutes les études contenues dans les deux volumes publies par monsieur Planche ne sont pas de la même luire, et, faites sur des œuvres et des hommes essentiellement transitoires, auraient dû ne pas trouver place dans cette galerie consacrée à la haute littérature. De ce nombre est le travail sur la réception de monsieur Scribe à l'Académie. Je sais tout ce qu'il j a de singulier à voir l'auteur de la CamariUèrie siéger dans une assemblée (|ui a pour mission de veiller à la conservation de la langue et du style; mais, en bonne conscience, monsieur Scribe n'avait pas assez d'importance pour figurer ;m milieu îles portraits littéraires. Sa physionomie n'est pas assez tranchée pour un portrait, et ce ne sera jamais un homme littéraire. Je ferai la même remarque pour l'étude sur monsieur Ponsard. La tentative de cet auteur a pu avoir du retentissement à une époque mi toutes les a\enues etaielll gardées pal' les eania-

rades romantiques, el il \ avail de l'audace, je le reconnais, a tenter de rompre la ligue; mais là Valeur de Lucreceei â'Agnès de Mèraràe\ lises isolément est peu de chose, et, sauf une certaine recherche de style, ne surpasse pas de beaucoup toutes les tragédies île second ordre. L'oubli dans lequel sonl tombées ces deux pièces, l'indifférence qui depuis a accueilli Charlotte Corday, prouve que la lumière qui a enveloppé un instant monsieur Ponsard n'étail qu'une I iôre de reflet, .le m'é

tonne qu'avec sa sûreté de goûl habituel monsieur Plan elle n an pas été frappé île cette vérité.

Mais, en compensation il a été bien inspiré en reproduisanl l'article sur monsieur de Chateaubriand

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GUSTAVE PLANCHE. ltl main Pilun. Guériri, Géricault, ont déjà été pour lui l'occasion de déployer une érudition profonde dans ces matières, mais dont la forme trop aride enlève parfois tout l'attrait. Ses travaux sur les célébrités contemporaines sont infini ni supérieurs. L'article de monsieur de Béranger, œuvre complète en son genre, celui où il condamne, au nom de l'histoire moderne, rapetissée j usqu'à la légende, du respect pour l'infortune oubliée, du bon sens méconnu, du sens moral entièrement absent, l'Histoire de lu Révolution de monsieur Michelet, l'appréciation bienveillante des comédies de monsieur Augier, prouvent une fois de [dus que monsieur Planche est plus sympathique à la littérature qu'à Tari plastique, et que ses connaissances, ses goûts, son jugement, trouvent tout intérêt à s'j exercer.

Est-il nécessaire de parler de son style, et n'est-il pas évident que, pour remplir son rôle d'Aristarque, la première condition était *\f ne pas tomber dans les lauies qu'il signalait chez les autres? Il n'a pas failli à ce devoir, et il est parvenu à donnera son st\le une pureté et une correction qui deviennent de plus en plus

rares chez i s. Il est clair qu'il travaille sa pensée

avant de l'exprimer, qu'il la débarrasse de tout ce qui pourrait gêner su marche, qu'il la coordonne d'une façon logique el rationnelle. On comprend tout ce que son style gagne de clarté à cette préparation intellectuelle. Sa phrase devient précise, ferme et bien nourrir ; il esl inhabile aux longues périodes, mais il aime .1 condenser sa pensée dan-- une forme axiomatique

c te el nette c te une épée. Parfaitement sûr de

ce qu'il a à due, il ne rec i en aucun cas aux néologis 9 'm mè à la néologie, dont le bui n'est sou-

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renl que de jeter du « igue dans l'esprit du lecteur II lion ni d'ampleur mail il eotiun critique, .•1 m i.ii

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Vers 1850, il y avait au coin de la rue de Vaugirard et de la rue du Regard un atelier de sculpteur où se

ré ssait parfois une assez singulière société de jeunes

"■en-. A les mhi érl;iirés par le rellel d'une lampe, dans la pénombre de cette grande salir, chevelus comme des Mérovingiens, barbus comme des sapeurs, dans des accoutrements plus ou moins bizarres; à entendre leur conversation relevée de mots monstrueux nu terribles, un coi pu se croire tombé dans un conciliabule de bandits h revenu au bon temps des romans de Ducray- Duminil ou îles mélodrames de Guilbcrl de Pixérécourt. Ce n'étaienl rien moins que des gens féroces cependant, ou du moins leur férocité était fort innocente et ne s'exhalait qu'en sarcasmes et en imprécations inoffensives contre les classiques et les bourgeois

dévoués régulièrement aux dieux infernaux. C'étaient

de jeunes romantiques fort doux et assez timides au

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impitoyablement expulsé. Au fond, on était un peu convaincu que les chefs rlu cénacle — poètes d'un incontestable talent, je le reconnais — ouvraient et fermaient le cycle des écrivains français; mais, comme une semblable opinion eût été difficile à soutenir, oïl allait chercher dans le seizième siècle et dans la preinii'iv moitié du dix-septième des admirations faciles, des paravents littéraires dont la valeur ne pût pas porter ombrage aux idoles vénérées.

J'indique là le côté ridicule et exubérant. C'était, pour me servir d'une expression vulgaire, une jeunesse qui jetait ses gourmes et qu'il ne fallait pas trop prendre au sérieux. Mais, l'agi; et l'expérience arrivant, ces soirées fébriles allaient faire ger r dans

toutes ces têtes, et suivant l'aptitude de chacun, le désir de l'étude, [e goûl d'un travail réfléchi et d'une comparaison moins superficielle, tout eu leur laissant un sentiment assrz élevé des belles choses pour les faire rarement tomber dans la vulgarité. Il y aurait une étude délicate et charmante» faire sur la naissance, la formation el l'accroissement île cette seconde division du romantisme, plus jeune plus ardente, moins circonspecte que la première commandée par les chefs, qui se jeta eu aveugle a son secours, lui lii passer des munitions dont elle c nençail à manquer, et, prenant l'armée ennemie eu flanc par un feu de journalistes bien dirigé, aida puissi tent. à conquérir le

champ il' bataille. A considérer d'ailleurs les choses avec impartialité, la violence de la réaction se comprend lorsque l'un songe à quel régime de littérature

ennuyeuse était soumise la liai depuis quarante ans,

Pour qui a lu les i res de monsieur Liice de I aneival

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1er jusqu'à présent, entre les procédés de versification de l'abbé Delille et ceux de la plupart des faiseurs de vers de l'école romantique. Je parle de la seconde, qui voulait èire plus novatrice que les novateurs. Il est même bien difficile de croire que cette ressemblance ne soit pas entrer pour beaucoup dans l'anathème dont l'auteur de V Imagination a été plus spécialement chargé par ceux qui lui dérobaient son invention en égorgeant l'inventeur. Ce sont, des deux côtés, la même fureur de concetti, les mêmes interminables descriptions, les mêmes éternelles énumérations, qui, sifflées sans pitié dans un sens, sont écoutées avec respect dans un autre. Je veux bien croire que la crème de Delille parût par trop fade; mais le vin de ces messieurs était singulièrement frelaté; et, entre les deux extrêmes, se trouve précisément la place du véritable talent. Il faut d'ailleurs rendre justice à qui de droit, et il esl hors de doute que la jeune école, qui, pour la forme, pillail Delille sans hésiter et sans s'en douter, apportait au fond un élément que celui-ci a rarement rencontré : la poésie. La lecture d'une douzaine de strophes ÏAl bertus peut au besoin convaincre les plus incrédules. Cette similitude qui frappe au début de monsieur Gautier réparai! par instants dans ses œuvres postérieures, el on la retrouve moins dissimulée que jamais dans sa dernière production, dans le Voyage en Italie, suite de descriptions sans l'ombre de pensée qui, moins les renseignements exacts, pourrait faire concurrence, comme forme littéraire, aux Guides du Voyageur i

(i'esi que, si l'on apprécie n sieur Gautier dans

i en emble de ses œuvres, on ne tardera pas ■< s'aper

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monsieur Gautier porte bien lourdement la peine d'avoir franchi cette limite.

Le style de monsieur Gautier compte beaucoup d'admirateurs sincères; mais ici encore on est la dupe d'une erreur contre laquelle, avec un peu de sang-froid, il n'est pas difficile de se prémunir. Si le style ne doit pas se préoccuper des idées, ou s'il peut en recouvrir de bizarres ou rie monstrueuses; si, en second lieu, cette enveloppe ne s'obtient qu'en luisant la langue au lieu de l'assouplir, qu'en prenant dans les lexiques spéciaux des mots que les dictionnaires usuels se gardent bien de donner; si, en empiétant sur un art qui de son côté s'adresse à un genre de sensations déterminées, "ii fait de son style non pas un tableau, mais une palette chargée au hasard de couleurs brillantes et incohérentes ; oui, monsieur Théophile Gautier a un stj le des plus remarquables et des plus expressifs. Mais, s'il faut demander autre chose à l'écrivain; >i. comme le sang siius la chair, il faut d'abord chercher la pensée sous les nuits, et de là passant à la formule, si cette formule doit être autre chose qu'un vain assemblage de phrases sonores souvent mal soudées ensemble, si la

place des mots n'est pas plus arbitraire | ■ l'harmonie

intellectuelle que leur choix n'est facultatif pour l'harmonie physique : si, pour tout dire, le stj le est soumis a des lois fixes et invariables qui sont le fait, hon pas d'un rhéteur impuissant ou chagrin, mais bien de l'observation attentive, scrupuleuse, incessante des phénomènes il'1 la pensée humaine, je crois qu'alors il faudra

uii il indulgence | i admirer sans beaucoup de re

irictions le style de monsieur Gautier. Ce sont là, j'ai

hftte de le dire après appréciation aussi sévère, des

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d'être sans mérite, la Morte amoureuse. Grâces en soient rendues à messieurs Sainte-Beuve et de Balzac.

La Comédie de la Mort est le second et le dernier volume de poésies publié par monsieur Théophile Gautier. Comme Alberius, ce volume est divisé en deux parties : la Comédie de la Mort, proprement dite, espèce de poëme fantastique qui rappelle par trop le déplorable genre qui avait envahi la littérature vers 1855, et une suite de poésies détachées.. La Comédie de lu Mort est divisée elle-même en trois parties intitulées : Portail, la Vie dans la Mort, la Mort dans la Vie. Le Portail introduit le lecteur dans l'œuvre. C'est une suite de tercets dont la forme affectionnée par l'auteur s'est, en effet, très-ingénieusement assouplie entre ses mains. 11 a su allier dans quelques-uns, avec un singulier bonheur, la peinture de l'expression avec la vivacité de l'image. Témoins ceux-ci :

Quels passagers charmants, têtes fraîches et rondes, Désirs aux seins gonflés, espoirs, chimères blonde! ! Que d'enfants de mon cœur entassés sur le ponl !

Pour ces chercheurs d'un monde étrange et magnifique, Colomba qui n'ont pas su trouver leur Amérique, En funèbres caveaux creusez-vous, 0 mes vers!

Puis, u lez hardiment comme les cathédrales,

Allongez-vous en tours, tordez-vous en spirale, Enfoncez vos |ii^ i au cœui des i eux ouverts

Vous, oiseaux de l'i ir h de la fanlaisii

Sonnets, ù blancs ramiers du ciel de poé i1 ' Posez votre pied ro i i<»it d«mon clochei

PORTRAITS \ l \ PLI MB.

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TIIKOl'IULE GAUTIER.

A moi tes petits pieds, la main tifiucc el ta bi Et ce premier baiser que ta pudeur farouche Refusait à l'amour.

Ces vers sont charmants, mais esl-ce leur place? Si l'antithèse, poussée à l'excès, n'était pas tombée sous le ridicule, cette idée baroque d'un ver de terre, s'tinissant à une gracieuse jeune fille, serait peu faite pour donner gain de cause à cette figure deïhétorique. Plus loin, l'auteur se trouve en face du crâne de Raphaël, auquel il fait pousser contre l'art moderne une imprécation plus éloquente (pie méritée, et au moins singulière dans la bouche de monsieur Gautier, qui a rarement eu recours à cette banale comparaison. La strophe suivante vaut la peine d'être citée :

Vos peintres auront beau, pour voir comme elle csl faite,

Ti'lll lier i-lll !■•■ Irlll- mains l't li'Inui'lUT nia lèle:

Mon secret est à moi.

Ils copieront mes tons, ils copieront mes poses, Mais il leur manquera ce que j'a\ lis, deux choses

L'amour avec la foi !

Puis l'aube parait, les morts se cal nt, el qous entrons dans la troisième partie de cette composition : la Mûri dans lu Vie.

L'auteur suppose que bien des êtres vivants n'ont plus que le corps d'actif, que l'âme s'est envolée pour toujours de ces cadavres ambulants, et, par une suite d'idées dont la corrélation n'ésl pas facile à saisir, il

l'ait défiler tour à tour devant ts le docteur Faust,

hou Juan et Napoléon, regrettant tous trois la carrière qu'ils onl parcourue el se reprochant >\f ne pas avoir donné un autre hui à leur vie. Fausl maudit la science

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THÉOPHILE (iAUTltK. 155

On s'étonne d'ailleurs du choix de ce sujet riiez un écrivain qui passe à bon droit pour un admirateur passionné de la beauté physique, el qui, dans le même volume, s'est donné de si vigoureux démentis dans les vers suivants :

Je me sentais heureux et plein île folle ivresse bc penser qu'en ce siècle, envahi /eir la presse, Dans ce Paris bruyant et sale à faire peur, Sous le règne fumeux des bateaux à vapeur, Malgré les députés, la Charte et les ministres, Les hommes du progréa, les cafards et les cuistres, On n'avait pas encor supprimé le soleil Ni dépouillé le vin de son manteau vermeil ; Que la femme était belle et toujours désirable, Kt qu'on pouvait encor, les coudes mu- la table, Auprès de sa maîtresse, ainsi qu'aux anciens jours, Célébrer le printemps le vin et. les amours.

Outre la sensation de vitalité et de jeunesse qui déborde dans ces vers, j'\ remarque encore un air d'aristocratie hautaine que monsieur Gautier a développé plus au long dans la pièce adressée h unjeune Tribun, dont voici quelques passages :

Ne faites pas sortir le tonnerre des Grncques D'une bouche formée aux chants élégiaques; Laissez celte besogne aux orateurs braillards, Qui, le pied sur la borne et les cheveux épars, Jurent à ces gredins tout grouillants de vermine

Qu'ils mit vraiment, sauvé l'.ume de la ruine.

Évidemment, en composant cette malencontreuse Comédie de lu Mort, monsieur Gautier a (ait violence à aon talent el à ses instincts.

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1 ii- les Juin, l le premiei ouvi ...• en prose de monsi

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TUEQPUILE GAUTIER 157

l'on consacre sa vie à sa recherche et à sa possession, en mettant de côté tout mouvement des facultés intellectuelles.

Je veux bien admettre que, par esprit de réaction et pour mater plus victorieusement la chair en révolte contre l'esprit dans tout le polythéisme ancien, la religion chrétienne ait été trop loin dans sa réprobation contre la matière, et ail négligé plus qu'il ne le fallait une enveloppe qui a aussi sa beauté; mais, de là à la réhabilitation en forme de la chair, il y a loin, et, en laissant le côté philosophique et prenant celui exclusivement littéraire, un dithyrambe en deux volumes, sur les seules poésies île la matière, duquel on aura élagué avec soin la peinture du moindre mouvemenl de l'âme, fût-il fait avec plus d'adresse et de charme encore que Mademoiselle </<• Maupin, ne constituera jamais nue œuvre sérieuse, el arrivera forcémenl à des détails qui pourront la faire regarder par îles gens scrupuleux comme un mauvais livre. Je sais bien que

Ce ll'esl pas à ces "ens-là que s'adresse nu ruinan el

que l'auteur peut toujours se mettre à l'abri derrière

de fort I tes intentions; mais cette excuse est bien

difficile à admettre, et je crois qu'aux yeux du public l'intention c'est rien et le livre est tout. Or, le livre

donl nous parlons, pris dans son ensemble et e -

gligeam les détails, esl une suite de peintures fort habiles, fort ingénieuses et spirituelles la plupart du temps, mais fatigantes, parce qu'elles ne représentent que la superficie et n'ont aucun heu qui les unisse

cuire elles, aucun senlimenl rai sur lequel elles s'ap-

puient. La dernière scène du roman, cell i Madeleine de Maupin. s;his ; ni1. Sans enli; ineiil de

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agonisant. » La pensée sans doute ne s'aperçoit pas très-nettement au milieu de cette mélodie phraséologique, les idées y sont entortillées; mais il vous reste dans l'oreille je ne sais quel murmure musical, comme le, résonnement d'une harpe entendue le soir à travers les bois. C'est précisément là ce que je reproche à monsieur Gautier; je voudrais que les étoffes qu'il agite devant nos yeux fussent moins séduisantes, et que l'on sentit plus souvent un être rivant s'agiter dessous. C'est surtout là le défaut de mademoiselle de Maupin. L'auteur ne s'en est pas caché : « Le monde où je vis n'est pas le mien, et je ne comprends rien à la société qui m'entoure. Le Christ n'est pas venu pour moi, je suis aussi j:aien qu ' Alcibmile et Phidias. Je n ii jamais its cueillir sur le Gol gotha les Heurs de la passion, et le fleuve profond qui coule du liane du crucifié, et fait une ceinture rouge au monde, ne m'a pas baigné de ses Ilots ; mon corps rebelle ne veut point reconnaître la suprématie de l'âme, et ma chair n'entend point qu'on la mortifie. Je trouve la terre aussi belle que le ciel, et je pense que la correction de la forme est la vertu. La spiritualité n'est pas mon fait. » Plus loin : « Le côté simple et naturel des choses ne se révèle à moi qu'après tous les autres, et je saisirai toul d'abord

l'exrentriq i le bizarre. » Cet aveu a son prix. « Je

comprends parfaitement une statue, je ne c prends

pas un homme; où la vie commence, je m'arrête el recule effrayé com si j'avais vu la tête de Méduse. Le

phénomène de la vie me cause un étonnement dont je ne puis revenir. En revanche, je comprends parfaitement L'inintelligible; les données les plus extravagantes

me Semblenl fol t naturelles, el ]'v entre avec une la. i

l'i'iu it vii— \ i \ ri i mi lilc singulière > i os rilalions que je ,

■ pendant tout le roman, monaieui Gautiei lient ■ rquable foi Im pr«>m me U \ianpin osl un livre ilnnl la lecture

■ i • -il attrister prol léntent i pus que la littérature inlé-

i • [ * 1 1 pensent i|uc I m i ■! éci ire uc de»

plus île i.il.iii plu> .1 h. in. h- - (arulk* plu*

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