SAINT-MARC GIRARDIN
de Lucrèce Borgia, deux œuvres pour lesquels monsieur Saint-Marc GirarJin a réservé tous ses anathèmes. De quelque façon que Ton juge ces créations, tout esprit impartial y reconnaîtra pour principe la pensée même qu'j a voulu mettre l'auteur, à savoir : que la plus grande dégradation, soit physique, soit morale, que l'abjection la plus profonde, conserve toujours un côté par où l'âme peut revenir au bien, une échappée par où pénètre la rédemption; il reconnaîtra, pour nous servir des expressions du poëte : « qu'au fond de tout homme, si désespéré et si perdu qu'il soit. Dieu a mis uni' étincelle qu'un souffle d'en haut peut ton jouis raviver, qui' la cendre ne cache point, que la fange même n'éteint pas : — l'âme. » Qu'une semblable thèse, étudiée dans une nature comme Triboulet et Lucrèce Borgia, soit excessivement délicate à soutenir, je l'accorde ; qu'il \ ;iii ou au moins imprudence et bien certainement impuissance à la développer d'une manière convenable, cela peut être; mais que, pour avoir bon marché do ces fautes, un esprit d'une valeur inconlislahlc comme celui de monsieur Saint-Marc Girardin. aborde le sujet on dessous connue s'il craignait de le voir de face, c'est juger un édifice en en examinant les caves, c'est condamner un tableau en le regardant par derrière, c'est surtout vouloir s'attirer, de gaieté de cœur, le reproche de mauvaise loi littéraire. C'est, en outre, faire trop beau jeu a ses adversaires que de passera côté de la faute sans la signaler, et d'en aller chercher là où il n \ en a point. L'aveuglement cor iluit monsieur Saint-Marc (iirardin jusqu'à examiner
longuement certaines pièces de Voltaire, Mérope, OEclipc, Adélaïde Duguesclin. Or, tout en rondant jus-
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SAINT-MARC GIRARDIN. ixi
d'une chose, c'est que, dans les épanchements les plus intimes d'Orso et de Colomba, la jeune fille garde toujours pour son frère aine, pour le chef de la famille, une déférence qui tient plus du respect filial que de l'amour fraternel. Cette nuance devait échapper au savant professeur, mais je ne comprends pas qu'il se soit aussi étrangement trompé sur le fond même de l\i'ii\ re.
Quant au reproche de mauvaise foi que je lui adresse, je veux en citer un exemple tel, que le doute ne soit plus permis. Dans le chapitre intitulé Des jures dans lu comédie, après avoir examiné la situation d'Harpagon et de Mithridate à l'égard de leurs fils Cléanthe et Xipharès, situation identique, puisque chaque père arrache par une ruse, à la femme aimée par son lils, l'aveu de son amour, monsieur Saint-Marc Girardin, arrivé' à la scène du quatrième acte de V Avare, où Cléanthe repousse loin de, lui les menaces ridicules de son rival, se demande de quelle façon le théâtre mo-
dei i ùi traité une scène pareille, s'il l'eût rencontrée.
Comme il eût été forl embarrassé de trouver cette situation dans le théâtre moderne, qui, disons-le à sa louange, a toujours professé un profond respect pour
le senti ni paternel, il l'invente à sa façon, compose
une scène ridicule, comme beaucoup de marchands de mélodrames ne voudraienl pas en faire, subterfuge qu'il croit expliquer de la façon suivante : •< Un de
nies amis, romancier et dramaturge célèbre, a bien
voulu, a ma prière, écrire la scène dans le ton du
dn Ii'l'lie et l'uni pal cette s le péroraison :
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ilu mot : s Je n'ai que faire de n^ dons. » 'Joël est,
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