‹ Portraits à la plumeChapitre 43 sur 65 · RODOLPHE TOPFFER · texte numérisé non relu

RODOLPHE TOPFFER

marches do la Lombardie. Le roman de flosa et Gertrtule parut l'an dernier, précédé d'une intéressante notice de messieurs Sainte-Beuve et de la Rive; et, en ■ fin, la publication des Menus Propos, ouvrage auquel monsieur Topffer a travaillé à bâtons rompus pendant dix ans, vient de mettre le sceau sur cette réputation tranquille et modeste. Nous ignorons comment cet esprit caustique eût accueilli le succès auquel est destiné son livre; mais, hélas! pour lui comme pour tant d'autres, le succès est venu comme la justice, en boitant, pede claudo, et c'est sur un tombeau que s'est allumée l'auréole dont il couronne ses élus. Monsieur Topffer est mort à la fin de 1846. C'est aux bons soins de ses amis que nous devons la publication posthume des Réflexions et menus Propos d'un peintre genevois. Par une triste coïncidence, il semble lui-même avoir prévu cette lin prématurée, et, sous ce rapport, je ne sais rien de navrant comme ces lignes qui commencent le livre sixième : « Né avec le siècle, j'en ai l'âge, et la pensée que ce frère jumeau est irrévocablement destiné à me survivre bien des années rend pour moi plus déterminé, en quelque sorte, et plus visiblement prochain que pour beaucoup d'autres, le terme de mon existence ici-bas. »

Il commence, lui. sa quarante -quatrième année. Pour un siècle c'est l'âge mûr ,i peine ; pour ou homme, c'est l'approche do déclin, des froidures, des feuilles moiies qui jonçhenl l'allée au boni de laquelle s'ouvre le cimetière.

<( ...Cependant ils continuent déjouer, dil H plus loin en parlant de ses enfants, el la \ ue de ces cj près, dont les cimes funèbres dépasseni la bas le mur <\'ru-

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c'est vouloir couper les ailes à l'oiseau. A chaque instanl monsieur Topffer semble, avec juste raison, chercher à éviter une définition. « Winckelmann, dit-il quelque part, a écrit toute sorte de choses excellentes sur le beau, et à propos du beau; mais, quelque part, au lieu de se contenter de rôder autour de ce Protée, 'il veut mettre le pied dessus, et il le manque. »

La plus excellente chose qu'ait écrite Winckelmann sur le beau, c'est : « Qu'il est plus facile de dire ce qu'il n'est pas que de dire ce qu'il est. ,1e trouve ceci tellement juste, réfléchi, appropriée son objet, que je m'en fais la seule définition que j'accepte. » Et un peu plus haut, dans le chapitre où il déclare d'emblée « qu'il se refuse

net à formuler une définition du beau. » «Définir

le beau, dit-il, c'est déjà, selon nous, méconnaître su nature et nier sa liberté; tout comme définir la pensée donl il émane et avec laquelle il se confond, c'est déjà méconnaître l'essence de cette pensée el en restreindre les attributs. C'est surtout, et inévitablement, prendre ce qui en est tout au plus une seule condition, il pas môme absolue, pour ce qui est la source elle même; un filet d'eau, si l'on veut, pour le fleuve tout entier. » fit pourtanl il es) emporté malgré lui par le démon de la définition qui le talonne, et voici la formule qu'il hasarde au commencemenl de son second volume : » Le beau de l'art procède absolument ci uniquemenl de la en ée humaine affranchie de toute autre servitude que celle de se manifester au moyen de la représentation des objets naturels. » L'im rtel aphorisme de Platon :

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plus long sous tous les rapports que le volume de monsieur Toplier. e| ;i lelllél'ile d'être l»':i licolip plus eolicis.

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