‹ Portraits à la plumeChapitre 5 sur 65 · I. I' imbro lio m Ii g il intui ics · texte numérisé non relu

I. I' imbro lio m Ii g il intui ics

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auquel une de ses strophes a eu l'honneur de servir d'épigraphe — il en a fait une personnification du désir. Selon monsieur de Musset, don Juan n'est plus ce débauché vulgaire, ee type de l'inconstance banale, qui ne trompe ses victimes que pour les tromper et par l'instinct d'une mauvaise nature; c'est un courageux el infatigable explorateur, cherchani de bonne foi à travers toute espèce de fatigues, de luttes el de désespoirs, à saisir le fantôme de son désir, et qui, faute d'j être parvenu ici-bas. va bravement demander à une autre vie le mot de l'énigme. Je ne sais si, en prenant ce personnage à ce point de vue, monsieur de Musset a scrupuleusement suivi le caractère que lui prête la tradition littéraire; mais je crois pouvoir affirmer qu'il en a fail une grande et originale création, el qu'il l'a plutôi élevé qu'abaissé, bien que l'auteur s'en défende forl spirituellement, il est é\ idenl que le stj le de ce poëme, ihm^ les premières strophes el dans presque toul le premier chant, rappelle de trop prés celui de Byron dans le poëme du même uom ; mais il s'en écarte dès qu'il tire ses idées de son propre fonds, el personne ne peut avoir le droil de revendiquer comme sienne la lui me qu'il a su leur donner.

Par un singulier rapprochement, madame Sand aussi, dans l.rlbi, a touché au personnage de don Juan, et, bien qu'elle lui ail donné des proportions autres el moins élevées que monsieur de Musset, en plusieurs endroits pourtant elle a cru pouvoir se servir de la forme du poëte el mettre en prose plusieurs de ses strophes. Il est vrai qu'elle a fail ces emprunts avec intelligence el qu'elle les a habilemenl dissimulés; mais un œil un peu exercé ne s'\ trompe pas. el re«

AL F 11 EU DE MUSSET. i'i

dans lus chronologies élémentaires, n'en ont pas moins une existence parfaitement constatée dans L'esprit des poètes. — Tout li' 1 1 1 < 1 1 u l L- connaît l'histoire de Lorenzaccio, ce neveu d'Alexandre de Médicis, qui après s'être fait le bouffon et le compagnon de débauche de son oncle, finit par le poignarder. C'est ce faii dont s.'est emparé monsieur de Musset. Usant de la liberté accordée au poëte tragique d'interpréter l'histoire selon sa pensée, il a fait de Lorenzaccio un Brulus jeune, qui, enlevé à sa vie innocente et studieuse par le désir d'arracher sa patrie à ce qu'il croit le despotisme d'Alexandre, poursuit cette pensée avec d'autant plus d'ardeur, que, pour la faire réussir, il ;i dû dire un éternel adieu à la vie d'austérité et de vertu

suivie jusque-là. Lorenzaccio esl éviden nt fou:

e'esl un fanatique placé sous l'obsession d'un rêve sauvage dont il lui serait facile de se réveiller; mais alors la vie factice qu'il s'est créée n'existerait plus pour lui, 1 1 I on comprend que chaque pas le rapproche nécessairement de son crime. Aussi peut-on rej ard< : Lm n zaccio comme une fort curieuse étude sur la folie san glante de l'assassinat politique. Mais nous abordons ici une question de psychologie sociale qui n'esl plus de notre compétence, et nous rentrons dans notre n le en disant que. ru dehors de toute appréciation morale, plusieurs scènes du drame de Lorenzaccio i ni admirablement traitées. On peut citei celle o la marquise

Cibo avi à son mari que, en son absence, elli s'est

li\ rée à Alexandre de Médicis plulôl que 'I ■ res ter sous

la dépendance du cardinal qui | de n ecret, et

■ i ette arme, voudrait lui faire j r à son profil

le rôle de maîtresse favorite.

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ALFBED DE MUSSET. 29

petit clerc Fortunio'i Et, au milieu de tout cela, quel esprit, quelle verve, quel entrain, quelle originalité dans les scènes d'Octave et du conseiller, de maître Bridaine et de dame Pluche, de l'oncle Van Buck et de son neveu, de Marinoni et du prince de Mantoue! Quelle mélancolie railleuse, quel pénible désenchantement dans le dialogue de Fantasio usant stérilement toutes les facultés de son intelligence à la recherche d'un bonheur impossible, et de ce brave Spark qui a su le prendre tout simple et tout trouvé tel que Dieu le lui envoyait! Le mérite de ces différentes pièces est principalement dans la forme que revêt la pensée, et iloni il est bien difficile à une critique, même aussi favorable que la nôtre, de donner une idée précise el exacte. Les sentiments qu'elles éveillent est tout. Il faut les lire et rêver.

Le succès du Caprice, joué sur la scène du Théâtre-Français, a été pour le public el pour les gens du monde une révélation de ce talent que les personnes d'étude admiraient depuis dix ans. Ce succès était mérité, je ne le conteste pas; mais je ne voudrais pas, comme je le vois faire souvent que l'on jugeât monsieur de Musset sur cette pièce, qui ne montre que le côté le moins intéressant de son talent: le marivaudage. Le juger sur un Caprice, serait porter sur un jugement faux. Monsieur de Musset a certaine ni beaucoup

d'esprit, personne ne le lui refuse, mais il a en même

temps de l'originalité el du naturel, et il i aeilleur

usage à faire de cet esprit que de le jeter dans le moule de Marivaux, il doit, lui qui aime tanl à « boire dans son verre, q le remplir d'uu vin plus naturel el plus généreux. De la passion faite sur une pointe d'aiguille,

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veur fie monsieur de Musset, mira peut-être un terme plus prochain qu'on ne le pense. le conviendrai, si l'on veut, que cette œuvre manque d'attrait, mais j'y trouvé un mérite qui l'ait vite oublier cette imperfection : la vérité, (l'est le douloureux récil d'un de ces enfants au cœur jeune, mais à l'intelligence froide el \ ieillie par cette perpétuelle contemplation d'elle-même doni on a tant abusé il y a quinze ans. La plupart des œuvres qu'a produites ce type sont tout simplement ridicules, paire qu'en voulant l'exagérer elles en ont l'ail des caricatures; mais la Confession es! restée dans les limites de la vérité, el par conséquent de l'intérêt.

Ce livre, d'ailleurs, ;herche pas. comme ses pareil-,

à glorifier cette hideuse maladie; il en raconte les phases el les péripéties: c'est i aliste a les recueillir et à \ chercher un remède. Les quelques lignes placées en tête de ce livre l'expliquenl parfaite-

nieiii : « A\ani été atteint jeu ncore, dit-il, d'une

maladie morale abominable, je raconte ce qui m'esl arrivé pendanl trois ans. si j'étais seul malade, je n'en dirais rien; mais, comme il \ en a beaucoup d'autres que moi qui iuffrenl du même mal, j'écris poui ceux là sans trop savoir s'ils \ feront attention- car,

dans le cas où pers n'j prendrait garde, j'aurai

encore retiré ce fruit 'le me- paroles de m'être mieux guéri moi-même, et, comme le renard pris au piéj j'aurai rongé mon pied captif. »

La fable du roman est d'une grande simplicité. I n jeune homme Oi I ive, aime éperdumenl une femme qui le trompe pour un de ses amis. Octave se sépare d'elle, et, dans la retraite où il esl allé cachai 5n don leur, il trouve une jeune veuve Briffilte rlonl il de-

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VLl-r.EH DE MUSSET. " île pensée ou de style: soit que, comme dans Huila, on peigne l'effet d'un sentiment ou d'une idée chez un autre; soit que, comme dans les Nuits, un se prenne soimême pour sujet d'étude, et qu'en ouvrant son cœur mi en raconte les douleurs, les désespérances et les pardons. RoUa appartient encore, par le sujet au genre exagéré, à la mo'de lors des débuts de l'auteur, et que sa sympathie [mur lord Byron ne pouvait lui

l'aire abandonner facilement; par le sujet seule ni

et c'est beaucoup, car la forme est d'une élévation et d'une ampleur que l'on n'a pu égaler, niais auxquelles je ne connais pas de supérieures. Les cent premiers

vers de ee pueine snlll 1 1 ; 1 1 1 < la llleiiluire de tullt bouillie

pour lequel la littérature moderne n'est pas un vain mut.

J'arrive enfin aux Nuits. Je ne connais rien de plus beau et de plus complet, stj le. pensée, hauteur de sentiment, que les quatre pièces qui portent ce nom.

En les écrivant, isieur de Musset ;i marqué sa place

;'i côté de 1 1 c > — plu- grands poètes et de nos plus purs écrivains. Il s'est dégagé de toute influence étrangère, a pri- son propre cœur pour sujet, et a trouvé les plus magnifiques accents que la douleur et l'abandon puissent arracher a une .'une humaine. Ce que je dis des Nuits peut s'appliquer à VÊpître h monsieur de Lamartine, qui leur sert, en quelque sorte, de complément. I.e poëte rappelle les déchirements de - sœui

ii la première trahison d'une maîtresse adorée, sa Mesnie m il fermée saigne encore du coup reçu, sa poitrine se soulève et sanglote au souvenir des douleurs

passées; mais le bel 'unie pas avec le sang, linjuie

;iU'r le- larmes le malheur a été poui cette ; une

I'mM |; \ir- \ I \ PI l Ml .

VLFRED DE MUSSET, poètes politiques ne nous avaient pas habitués. \.e> Stances snr la naissance du comte de Paris, celles sur la mort de monsieur le duc d'Orléans, la Réponse à monsieur Becker, sont là pour le démontrer; mais toutes ces qualités sont réunies, et, pour ainsi parler, condensées dans VEpîlreà la paresse. Lorsque l'auteur, après avoir énnméré quelques-uns des travers on de malheurs de notre époque, arrive à la fièvre poli liq t. s'écrie :

Vieux galons de Rousseau, défroque de Voltaire, etc.

il semble vraiment que l'espril de prophétie l'ail inspiré el lui ail fait voir les hontes que nous avons tra versées cl l'avenir qui nous attend. Jo ne pense pas. comme l'a dit un éminent critique, que la vocation do monsieur de Musset le porte vers la satire. — Monsieur de Musset a une valeur autrement supérieure à celle de satii ique, — mais je crois qu'il a tort de ne pas faire résonner plus souvenl la corde qui vibre d'une façon

i veuse el si mâle dans VEpître a la paresse. Si.

pour nous servir de ses propres expressions, nous avions à lui •• jeter une l\ re au nez, » ce serait pn ci v uii'iii celle sur laquelle il a chanté la paresse. Quelques sonnets doux, tristes el contenus, éparpillés dans li volume, montrent clairemenl qu'il arrive enfin au

cali i à la plénitude de son talent, comme Georgi

s,- 1 m < I après les Lettres d'un voyageur, c Vie

tor Hugo après Rny Blas el les Rayons et les Ombres, s'il en esl ainsi, el que monsieur de Mussel comprenne qu'il doil ù lui même, à su gloin , aux inunes générations qui arrivenl el sur lesquelles il a

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.11 | •! « ■ — il influence qu'il ne l'imagine -..n* .)• -ni*- lui -

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que nous venons .1 appr Il m mil- 1 1 jrelt infinimeni 'I

m il, c'i si l'r*pe> • de nouvelle intitulée Snmmi Cet oubli est d'autant plus s ire li plu. sin

Il semble en i.i lisant, que l'on *..ii soi m. m.- sous l'influei

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