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ADOLPHE TH1ERS. Ui
miers tâtonnements d'un talent qui s'ignore el qui cherche sa voie. Je sais bien qu'avant de trouver une ligne on hésite, on en essaye plusieurs avant de s'arrêter à une. Sous re rapport, les débuts d'un homme devenu impôt tant dans un tout autre genre méritent de captiver un instant l'attention et d'être traités avec soin. C'est ce que nous allons essayer de faire pour la brochure publiée il y a vingt-sept ans par monsieur Thiers sur le Salon de 1822.
Avant d'entrer ru matière, nous avons besoin de prendre toutes nos réserves. Il est bien entendu qu'ici nous n'envisageons monsieur Thiers que connue critique d'art, et que l'homme politique esl toul à fait bois de cause. Notre sévérité, si l'on croit en trouver dans cet article, ne porte essentiellement qm- sur l'auteur ilu Siilmi de 1822, et nous espérons avoir su allier avec convenance les devoirs du juge avec les égards que l'on doit à un homme de la valeur el de la position de monsieur Thiers. Nous n'oublierons pas le respect que mérite celui qui. au milieu de l'ébranlement île notre société, a été' un de ses premiers et de ses plus fermes soutiens. Sa ligne politique, nous tenons à le constater, est donc tout à l'ait en dehors de nos appréciations. Paulo minora canamus.
En 1822, monsieur Thiers était un jeune I une
sans fortune, sans nom, sans protecteurs, mais admi
ralliement dofté de la nature, rempli île finesse, île vivacité, d'intelligence, île promptitude d'esprit, et surtout d'ambition, ce qui ne gâte jamais rien quand on connaît soi irite et ayanl hâte de quitter la modeste chambre qu'il occupai! île moitié avec son ami monsieur Mignel, pour un théâtre plus digne de ses
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ADOLPHE THIKIIS. 245
de salut. Un discutait longuement les œuvres d messieurs Blondel, Picot, Heim, Bidault, etc.; et tant d'autres. Monsieur Thiers, qui a la prétention d'aimer les arts. est. quoi qu'il lasse, un esprit trop net. trop précis, trop peu enthousiaste, pour bien comprendre ce vague demi-jour, cette atmosphère de fantaisie, ce je ne sais quoi d'indéfini et d'indéfinissable, où se bercent les lèves de l'imagination et où s'épanouit à son aise la magnifique Heur de l'art. Ces contours secs, arrêtes, méthodiques, devant- lesquels on s'extasiait alors, devaient le séduire, et le séduisirent en effet. Aussi dans sa brochure pivud-il pour point de départ de ses jugements, pour critérium de ses opinions, les préceptes de David ; et, bien qu'il s'en soit tout à l'ail écarté dans un endroit, il n'en est pas moins vrai que l'édifice de son esthétique repose sur David ; et que l'exception dont nous parlons ne sert qu'à confirmer la règle générale.
Monsieur Thiers l'ait précéder ses remarques sur les tableaux de considérations sur l'art, et d'un coup d'œil rétrospectif sur la peinture depuis Giotto jusqu'à nos jours. C'est dans cette espèce de préface que l'on trouve sa profession de foi artistique et les principes généraux sur lesquels il base ses jugements. Dans un premier chapitre, écrit du reste de ce style clair, facile, ingénieux, mais trop froid pour un sujet semblable, et dans lequel on peut déjà pressentir l'admirable narrateur de l' Histoire <lc l'Empire, monsieur Thiers se jette .1 corps perdu dans des définitions plus ou moins banales du goût, du beau, du beau absolu, du beau relatif, etc., etc. J'ai déjà eu occasion de dire tout ce qu sens ces recherches ont de creux el de sté*
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jours la même corde qui résonnera, et le même doigt qui la fera vibrer. Je crois que poser la question ainsi, c'est, non pas la résoudre, elle est insoluble, mais la simplifier, et réduire l'argument à rien. Les exemples d'ailleurs ne manqueraient pas. Est-ce que la ïïiobé. ou le Laocoon, ou la Madeleine de Rubens, ou les Pesetas d'orde Quintin Metzys, ou les Vieillards de Rembrandt ne vaudraient pas par hasard la Venus de Médias ou V Antinous, ou les Viergesie Raphaël, ou leCAajieau de paille de ce même Rubens, ou les éblouissantes Courtisanes de Titien .' Est-ce que le Buisson de Ruysilael, les Intérieurs de Van Ostade, de Craesbècko, d'Adrien Brauwer, de C. Bega, seraient inférieurs aux colonnades de Lorrain, aux paysages du Poussin, de Vélasquez ou du Dominiquin? Bien hardi serait celui qui se prononcerait en dernier ressort suc cette question, qui, Dieu merci! ne sera jamais résolue. L'art ne connaît pas ces étroites barrières. Semblable au soleil et rayonnant comme lui, il dispense à toussa bienfaisante lumière, sans s'inquiéter îles vaines distinctions que cherchent à créer les critiques ou les rhéteurs.
Dans un second chapitre, monsieur Tbiers recherche
longuement qui des littérateurs les artistes esl le
|du> apte à juger sainement du mérite d'une œuvre d'art, et, sans résoudre la question, il finit par dieu que le juge véritable ce serait celui qui, « sans appartenir exclusive ni à la classe des littérateurs ou des peintres, joindraità la connaissance suffisante >\u matériel d'un art la poétique générale des autres, qui connaîtrai! ce qui est propre à chacun et commun à tous. » Pardon, mais la question, qu'estrelle devenue? Pour
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