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gente : il avait les mains pleines, il n'avait plus qu'à les fermer, la mort les lui ouvrit violemment, et ces biens, si péniblement amassés, tombèrent en poussière sur une tombe.
On raillait volontiers monsieur de Balzac de ses préoccupations de bien-être; on avait ri de l'appartement de la rue Richelieu, on avait plaisanté ses jardins, on s'était moqué de sa maison de Passy; mais au fond on s'intéressait à lui, et, par un revirement bien commun à l'opinion publique, on racontait des merveilles impossibles el ridicules de la maison des Champs-Elysées, comme si l'on eftl voulu lui donner par anticipation le luxe que l'on désirait pour lui. On comprenait qu'il \ avait là une lutte gigantesque contre l'adversité, on pressentait un lutteur trempé de façon à ne pas lâcher; et, sans avoir été un deuil général, on peut affirmer que ce public, si indifférent etsi banal, ressentit, quand cette mort fut annoncée, autre chose que le regrel de perdre un de ses i iseurs. La lin de l'homme l'attristait autant que le silence du romancier.
J'ai eu l'honneur de voir monsieur de Balzac dans ses dernières années, lorsqu'il s'occupail d'orner digneiiii-n i sa jolie maison de la rue Beaujon, et j'ai pu étudier les naïvetés e1 les impatiences de cette organisation dont l'intelligence seule s'était exercée et qui avait conservé un cœur d'enfant. L'imagination j jouait un rôle
incroyable, imagination vive, ardente, facile trop
facile même, car elle permettait à monsieur de Balzac d'aborder les sujets les plus divers, les plus opposés. les plus étrangers aux préoccupations de toute sa vie avec une énergie qui laissail l'interlocuteur indécis de avoii i le Parisien avail toute sa tête, ou si le Tou
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