AUGUSTIN R BROHAN
tiendra. Elle entre dans les intentions de l’auteur comme si elle avait reçu ses confidences; elle n’a pas besoin de rien souligner.
En résumé, mademoiselle Augustine Brohan est une des actrices les plus complètes que nous ayons : il ne lui reste plus guère à acquérir, et si cela lui plaît, il ne lui restera plus rien du tout.
Je le disais l’autre jour, la modestie est une sottise , dans les arts surtout ; une vérité plus incontestable encore , c’est que la bonté absolue est une duperie. Les bons sont perpétuellement les victimes de ceux qui sont moins bons qu’eux , et de ceux qui ne le sont pas du tout. On ne leur sait pas gré de ce qu’ils font, sous prétexte que c’est leur habitude et qu’ils ne pourraient pas faire autrement ; mais on les querelle si une fois ils manquent à ce qu’on attendait d’eux. Ils ne retirent aucun bénéfice de leur dévouement, on ne les en aime pas plus : l’habitude est prise de les voir ainsi.
Au contraire, sHine personne, plus avare de son cœur et de ses services, veut bien vous porter de l’intérêt ou chercher à vous être utile, c’est une douce surprise, et on est d’autant plus heureux que c’est inattendu, d’autant plus re-